{"id":65881,"date":"2004-02-26T00:00:00","date_gmt":"2004-02-26T00:00:00","guid":{"rendered":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/2004\/02\/26\/les-reliefs-du-desastre\/"},"modified":"2004-02-26T00:00:00","modified_gmt":"2004-02-26T00:00:00","slug":"les-reliefs-du-desastre","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/2004\/02\/26\/les-reliefs-du-desastre\/","title":{"rendered":"<strong><em>Les reliefs du d\u00e9sastre<\/em><\/strong>"},"content":{"rendered":"<p><h2 class=\"common-article\">Les reliefs du d\u00e9sastre<\/h2>\n<\/p>\n<p><\/p>\n<p><p>\t26 f\u00e9vrier 2004  Aujourd&rsquo;hui, toutes les vraies mauvaises nouvelles pour le Royaume-Uni sont d&rsquo;origine am\u00e9ricaine. Elles mettent en \u00e9vidence combien la crise de la guerre irakienne n&rsquo;est pas sp\u00e9cifiquement celle d&rsquo;une circonstance politique comme une autre mais celle d&rsquo;une strat\u00e9gie d&rsquo;alignement sur les USA depuis plus d&rsquo;un demi-si\u00e8cle.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tOn retient ici deux affaires qui \u00e9clairent le cas anglo-am\u00e9ricain :<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t&bull; <a href=\"http:\/\/www.iht.com\/articles\/131274.html\" class=\"gen\">L&rsquo;abandon des poursuites contre Katharine Gun<\/a>, l&#8217;employ\u00e9e du GCHQ. Il s&rsquo;agit d&rsquo;un cas qui a bien peu de pr\u00e9c\u00e9dent : le gouvernement britannique abandonne des poursuites contre une de ses employ\u00e9es dont il sait pourtant qu&rsquo;elle a accompli un acte qui rel\u00e8ve <em>stricto sensu<\/em> des plus graves atteintes \u00e0 la s\u00e9curit\u00e9 nationale. Mais on sait bien que ce n&rsquo;est pas si simple. Dans cette affaire Katharine Gun n&rsquo;est pas une sc\u00e9l\u00e9rate, elle est une h\u00e9ro\u00efne. <a href=\"http:\/\/www.guardian.co.uk\/Iraq\/Story\/0,2763,1156450,00.html\" class=\"gen\">Le Guardian r\u00e9sume ainsi l&rsquo;affaire<\/a> :<\/p>\n<\/p>\n<p><\/p>\n<p><p>\t\u00ab <em>On Friday January 31 2003, at the high-security GCHQ compound on the outskirts of Cheltenham, <\/em>[ Katharine Gun] <em>was doing her job as usual, translating Mandarin Chinese into English, when an email from America came to her attention. I thought, Good God, that&rsquo;s pretty outrageous&rsquo;, she recalls. She printed out a copy, put it in her bag, took it home, and spent the weekend stewing about it. She didn&rsquo;t discuss it with anyone. On the Monday she was still just as angry  indignation was fuelling me on, she remembers  and so she passed the email to a friend on the outside, whom she knew was in touch with journalists. But she heard nothing more, and almost forgot about it.<\/em> <\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t\u00bb <em>In February, as an opponent of the looming war, she travelled to London, to take part in the march. She bought books about Iraq. But it wasn&rsquo;t until a month later, on Sunday March 2, that a customer visiting Gun&rsquo;s local newsagent would have witnessed a small woman with shoulder-length blonde hair, holding a copy of the Observer newspaper and unable to stop herself shaking.<\/em> <\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t\u00bb <em>The email, splashed across the paper&rsquo;s front page, came from a US National Security Agency official named Frank Koza and was marked top secret. As much of the world now knows, it requested British help with what amounted to a dirty tricks campaign: a plan for the bugging of offices and homes in New York belonging to UN diplomats from the six swing states, countries whose support would be vital if Washington and London were to win a Security Council resolution authorising the invasion of Iraq. Within a week, Gun had confessed to her role as the leaker, left GCHQ, been arrested, and spent a night in police custody. Eight months later, she was charged with breaking the Official Secrets Act, facing the threat of a trial and a two-year prison sentence. Yesterday, at the Old Bailey, the case was finally dropped. The prosecution declined to offer any evidence, prompting speculation that the government was desperate to avoid being forced to reveal, in the course of a trial, details of its own legal advice on the war.<\/em> \u00bb<\/p>\n<\/p>\n<p><\/p>\n<p><p>\tOn voit le gouvernement britannique dans la situation d&rsquo;accepter, voire de donner implicitement sa b\u00e9n\u00e9diction au bout du compte, \u00e0 un acte qui serait jug\u00e9 en temps normal de la plus extr\u00eame gravit\u00e9. Seule la rocambolesque aventure irakienne peut mener \u00e0 de telles situations, simplement parce qu&rsquo;un proc\u00e8s Gun aurait \u00e9t\u00e9 un proc\u00e8s de la l\u00e9galit\u00e9 de la guerre d&rsquo;Irak, et que la r\u00e9alit\u00e9 extraordinaire est que le gouvernement britannique aurait probablement perdu ce proc\u00e8s-l\u00e0. Pire encore : ce proc\u00e8s aurait pu \u00eatre celui des rapports anglo-am\u00e9ricains au niveau du renseignement, et de la mise en question de ces relations du point de vue des Britanniques, du fait qu&rsquo;ils sont conduits par les Am\u00e9ricains \u00e0 r\u00e9aliser des actions ill\u00e9gales et dommageables sans en obtenir le moindre avantage. (C&rsquo;est une constance de la coop\u00e9ration anglo-am\u00e9ricaine, depuis 50 ans, de voir les Britanniques \u00eatre charg\u00e9s par les Am\u00e9ricains de faire des sales coups que ces m\u00eames Am\u00e9ricains ne veulent pas accomplir.)<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tKatharine Gun est libre, et c&rsquo;est d\u00e9sormais une h\u00e9ro\u00efne. Et personne, finalement, ne trouve \u00e0 y redire ; la guerre irakienne et l&rsquo;alignement sur les USA ont abaiss\u00e9 \u00e0 un tel degr\u00e9 l&rsquo;honorabilit\u00e9 et la l\u00e9gitimit\u00e9 du gouvernement britannique qu&rsquo;en cette occurrence, effectivement, c&rsquo;est l&rsquo;action de Katharine Gun qui semble avoir \u00e9t\u00e9 honorable et l\u00e9gitime.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tPar ailleurs, cette affaire laissera des traces profondes dans les rapports entre les services de renseignement US et britanniques. Les Am\u00e9ricains tendent d\u00e9sormais \u00e0 consid\u00e9rer les Britanniques comme peu fiables et infiltr\u00e9s par des citoyens britanniques suspects. Le fait que Katharine Gun ait \u00e9t\u00e9 une militante anti-guerre a \u00e9t\u00e9 retenu par les Am\u00e9ricains comme un motif d&rsquo;alimenter la plus grande suspicion \u00e0 l&rsquo;encontre des Britanniques.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t&bull;  Le deuxi\u00e8me cas n&rsquo;est pas plus exaltant pour les Britanniques. Le quotidien <em>Guardian<\/em> signale l&rsquo;\u00e9chec des Britanniques  <a href=\"http:\/\/www.guardian.co.uk\/Iraq\/Story\/0,2763,1156512,00.html\" class=\"gen\">dans l&rsquo;obtention de contrats de reconstruction en Irak<\/a>.<\/p>\n<\/p>\n<p><\/p>\n<p><p>\t\u00ab <em>Top-level lobbying by British ministers on a trip to Washington on behalf of UK companies trying to win work in Iraq has been rebuffed by White House officials. The trade minister, Mike O&rsquo;Brien, insisted at a reconstruction conference on Tuesday that his visit had been successful, but well-placed sources argue differently.<\/em> <\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t\u00bb <em>Confidential papers seen by the Guardian show the US national security adviser, Condoleezza Rice, phoned Tony Blair&rsquo;s office to discuss the issue after she read a leak about the concerted lobbying in this newspaper on February 13. But Mr O&rsquo;Brien and Tony Blair&rsquo;s trade envoy, Brian Wilson, were told clearly there could be no special efforts to help win deals for UK firms. The White House is sympathetic but officials there say they cannot intervene in a procurement process handled by the Pentagon, said a well-placed source.<\/em> \u00bb<\/p>\n<\/p>\n<p><\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tOn touche l\u00e0 \u00e0 une situation o\u00f9 l&rsquo;ironie le dispute \u00e0 l&rsquo;incr\u00e9dulit\u00e9, qui fait savourer d&rsquo;autant les conseils des r\u00e9alistes qui, dans les pays anti-guerre (c&rsquo;\u00e9tait une sp\u00e9cialit\u00e9 en Allemagne, en Belgique et en France), critiquaient avec sobri\u00e9t\u00e9 la politique officielle en observant que leurs pays se privaient ainsi de contrats lucratifs. L&rsquo;exemple britannique est d\u00e9sormais confondant et doit \u00eatre \u00e9rig\u00e9 en arch\u00e9type des relations des USA avec le peu du reste du monde qui leur est favorable.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tPlus remarquable encore, l&rsquo;explication fournie sur la position de la Maison-Blanche directement sollicit\u00e9e \u00e0 plusieurs reprises (coup de t\u00e9l\u00e9phone de Blair \u00e0 Condoleeza Rice notamment), selon la source consult\u00e9e par le <em>Guardian<\/em> : \u00ab <em>The White House is sympathetic but officials there say they cannot intervene in a procurement process handled by the Pentagon.<\/em> \u00bb Le plus fort dans cette remarque est qu&rsquo;elle est sans doute vraie, tant le pouvoir est aujourd&rsquo;hui \u00e9clat\u00e9 \u00e0 Washington, o\u00f9 le Pentagone repr\u00e9sente une citadelle de puissance bureaucratique. L&rsquo;aspect rocambolesque de cette affaire, qui n&rsquo;aurait d\u00fb normalement \u00eatre qu&rsquo;une formalit\u00e9 donnant un acc\u00e8s raisonnable aux Britanniques, se poursuit avec la possibilit\u00e9 qu&rsquo;elle puisse se terminer par une intervention de Tony Blair au plus haut niveau (GW Bush), accentuant encore les tensions qui se sont d\u00e9velopp\u00e9es depuis quelques mois entre les deux hommes.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t(Dans tous les cas cette explication de la main-mise du Pentagone sur les contrats irakiens renforce l&rsquo;id\u00e9e de l&rsquo;autonomie compl\u00e8te du Pentagone dans cette mati\u00e8re. Elle donne un cr\u00e9dit suppl\u00e9mentaire \u00e0 l&rsquo;explication diffus\u00e9e \u00e0 l&rsquo;\u00e9poque sur la raison qui avait pouss\u00e9 le Pentagone, le 10 d\u00e9cembre dernier, \u00e0 rendre publique la politique d&rsquo;attribution des contrats, d&rsquo;o\u00f9 les pays anti-guerre \u00e9taient \u00e9cart\u00e9s : <a href=\"http:\/\/www.iht.com\/articles\/125015.html\" class=\"gen\">William Pfaff \u00e9crivait le 15 janvier dernier<\/a>  :<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tDowning Street et le Foreign Office \u00ab <em>believe that Washington deliberately announced that Germany and France would get no reconstruction contracts in Iraq  a perfectly gratuitous announcement, since no one was so foolish as to think they would  on the eve of the EU summit meeting in Brussels in December so as to envenom relations between Britain and the French and Germans.<\/em><\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t\u00bb <em>This, London officials assume, was meant to undermine British cooperation in a common European security policy  seen in Washington as a threat to the United States.<\/em> \u00bb)<\/p>\n<\/p>\n<p><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Les reliefs du d\u00e9sastre 26 f\u00e9vrier 2004 Aujourd&rsquo;hui, toutes les vraies mauvaises nouvelles pour le Royaume-Uni sont d&rsquo;origine am\u00e9ricaine. 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