{"id":65934,"date":"2004-04-14T00:00:00","date_gmt":"2004-04-14T00:00:00","guid":{"rendered":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/2004\/04\/14\/lhabituel-dilemme-de-blair-les-shake-hands-qui-tuent\/"},"modified":"2004-04-14T00:00:00","modified_gmt":"2004-04-14T00:00:00","slug":"lhabituel-dilemme-de-blair-les-shake-hands-qui-tuent","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/2004\/04\/14\/lhabituel-dilemme-de-blair-les-shake-hands-qui-tuent\/","title":{"rendered":"<strong><em>L&rsquo;habituel dilemme de Blair (Les \u201cshake-hands\u201d qui tuent)<\/em><\/strong>"},"content":{"rendered":"<p><h2 class=\"common-article\">L&rsquo;habituel dilemme de Blair<\/h2>\n<\/p>\n<p><\/p>\n<p><p>\t14 avril 2004  Vendredi, Blair sera \u00e0 Washington, tenant par l&rsquo;\u00e9paule son ami GW, les deux hommes plus que jamais unis devant la t\u00e2che hercul\u00e9enne de conduire l&rsquo;Irak vers la d\u00e9mocratie. Il sera en effet question d&rsquo;h\u00e9ro\u00efsme, de gloire, de fardeau des d\u00e9fenseurs de la libert\u00e9, donc de d\u00e9mocratie. Face \u00e0 l&rsquo;\u00e9vidence des faits, le ridicule de ces affirmations fleuries, qui ne manqueront pas dans les discours officiels, mesure l&#8217;embarras de Blair (Bush, lui, ne se doute de rien) devant les difficult\u00e9s extraordinaires du fiasco irakien.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tMais il y a des choses autrement s\u00e9rieuses \u00e0 traiter. Parmi elles, d&rsquo;\u00e9ventuels rapports de Blair avec l&rsquo;adversaire de GW, si l&rsquo;issue des \u00e9lections en faisait le futur pr\u00e9sident am\u00e9ricain. Probl\u00e8me d\u00e9licat, on pourrait m\u00eame le qualifier de dilemme,  mais \u00e0 la mesure de l&rsquo;\u00e9trange politique de Blair pour ce domaine, s&rsquo;\u00e9puisant \u00e0 suivre les m\u00e9andres de la politique int\u00e9rieure US,  dilemme important et dilemme d\u00e9risoire \u00e0 la fois.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t<a href=\"http:\/\/news.independent.co.uk\/uk\/politics\/story.jsp?story=511262\" class=\"gen\">The Independent s&rsquo;attache \u00e0 cette question, aujourd&rsquo;hui<\/a>, dans un court article. Il nous dit que le dilemme est plus ou moins r\u00e9solu, par l&rsquo;absence tr\u00e8s \u00e0-propos de Kerry de Washington. Quelques extraits de cet article :<\/p>\n<\/p>\n<p><\/p>\n<p><p>\t\u00ab <em>So there will be no meeting with John Kerry, the man who will be Democratic Party candidate and, as such, favoured by the Labour Party. Conveniently, Mr Kerry is out of Washington for the Easter recess. Clearly, the Prime Minister does not want to do anything that might offend Mr Bush at a critical time in Iraq.<\/em><\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t\u00bb <em>Mr Blair knows that John Major got himself into a pickle when Mr Clinton believed his Tory government had helped the Republicans in the 1992 US campaign by trawling Home Office files about his days at Oxford. Mr Major insisted it was untrue, but the damage was done.<\/em><\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t\u00bb <em>So Mr Blair has ordered the Labour Party to remain at arm&rsquo;s length from its natural allies in the Democrats so as not to offend President Bush. It is a far cry from the days when Philip Gould, Mr Blair&rsquo;s pollster, was installed at the Clinton campaign headquarters at Little Rock in 1992. Contacts will continue but below the waterline.<\/em><\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t\u00bb <em>Most of Mr Blair&rsquo;s ministers believe a Kerry presidency would be a good thing. But some Labour strategists regard him as unproven, a bit of a leap in the dark. For all Mr Bush&rsquo;s faults, he is a strong leader.<\/em><\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t\u00bb <em>So there are divided opinions among Blair&rsquo;s advisers about whether a Kerry or Bush victory would be best. On the face of it, the defeat of President Bush by a man who had questioned his case for war in Iraq would be a big setback for the Prime Minister.<\/em><\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t\u00bb <em>But there is another school of thought: without the unpopular, rather dangerous George Bush, Mr Blair would be free to be his own man, and perhaps given another chance by liberal voters who detest him for being Bush&rsquo;s poodle.<\/em><\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t\u00bb <em>The Prime Minister has always believed that British politics follows the American curve. A Bush defeat would be seen as a rejection of the war in Iraq and could leave Mr Blair isolated in the world and exposed when he faces the electorate next year.<\/em> \u00bb<\/p>\n<\/p>\n<p><\/p>\n<p><p>\tFaut-il commenter ces observations ? Elles exposent assez bien la d\u00e9solante position o\u00f9 Tony Blair se trouve \u00e0 cause de ses rapports avec GW, jusqu&rsquo;\u00e0 l&rsquo;ahurissant constat que Blair pourrait se retrouver, dans le cas d&rsquo;une d\u00e9faite de Bush, \u00ab <em>isolated in the world and exposed when he faces the electorate next year<\/em> \u00bb. Ainsi, Blair aurait son destin li\u00e9 en partie \u00e0 une r\u00e9\u00e9lection de Bush alors que la plupart des analyses et l&rsquo;essentiel de ce qu&rsquo;il nous reste de bon sens disent que la d\u00e9faite de GW devrait \u00eatre la meilleure chose possible pour les relations internationales, \u00e9ventuellement pour une am\u00e9lioration des tensions transatlantiques et ainsi de suite. Il est difficile de trouver imbroglio plus contradictoire et plus d\u00e9solant.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tSur cette question du <em>shake-hand<\/em> Blair-Kerry qui n&rsquo;aurait donc pas lieu, nous publions ci-dessous un commentaire extrait de notre \u00e9dition du 10 avril de la Lettre d&rsquo;Analyse <em>de defensa &#038; eurostrat\u00e9gie<\/em>. (Bien entendu, au moment de la r\u00e9daction du commentaire, la nouvelle annonc\u00e9e par <em>The Independent<\/em> selon laquelle Blair ne rencontrera pas Kerry en public n&rsquo;\u00e9tait pas connue.)<\/p>\n<\/p>\n<p><\/p>\n<p><p>\t[<strong><em>Ci-dessous: extrait de la Lettre d&rsquo;Analyse de defensa &#038; eurostrat\u00e9gie, rubrique Journal, Volume 19, n\u00b014, 10 avril 2004.<\/em><\/strong>] <\/p>\n<h2 class=\"common-article\">Les shake-hands qui tuent<\/h2>\n<\/p>\n<p><\/p>\n<h3>Blair et ses habituels dilemmes, cette fois avec un tr\u00e8s s\u00e9rieux: faut-il ou ne faut-il pas serrer la main de John Kerry? Et celle de GW, faut-il la serrer fort?<\/h3>\n<\/p>\n<p><p>\tTous les Britanniques <em>very well<\/em> inform\u00e9s le savent bien : une intervention \u00e0 peine (ou mal) dissimul\u00e9e des services de renseignement et diplomatiques de l&rsquo;ambassade britannique \u00e0 Washington, en 1992, pour aider le candidat George Bush (le p\u00e8re) tourna en un d\u00e9sastre dont le Premier ministre John Major ne se remit jamais tout \u00e0 fait. Ce fut un d\u00e9sastre pour les relations anglo-am\u00e9ricaines puisque Bill Clinton, le d\u00e9mocrate adversaire de George Bush fut \u00e9lu et garda une constante et solide rancoeur \u00e0 l&rsquo;encontre du gouvernement conservateur britannique. Il fallut l&rsquo;arriv\u00e9e de Tony Blair, en 1997, pour que les relations USA-UK retrouvent toute leur pl\u00e9nitude,  mais jusqu&rsquo;\u00e0 un point o\u00f9, \u00e0 nouveau, se pose \u00e0 Tony Blair le m\u00eame dilemme qui se posa \u00e0 John Major, et dont l&rsquo;un des termes est un d\u00e9sastre pour les relations anglo-am\u00e9ricaines. En d&rsquo;autres termes, question brutale : Tony Blair doit-il serrer la main de John Kerry ? On sait que les relations entre Blair et GW sont excellentes, apr\u00e8s un \u00e9puisant parcours du Premier ministre britannique, notamment durant la guerre irakienne. On sait aussi que GW n&rsquo;est pas en tr\u00e8s bonne forme statistique en ce moment, avec des sondages pessimistes, avec une affaire Clarke qui fait une redoutable et bruyante casserole couvrant le principal argument de la r\u00e9\u00e9lection de GW,  son incomparable stature durant la crise 9\/11 et apr\u00e8s. On sait enfin que John Kerry a acquis, d\u00e8s le d\u00e9part (en mars, nomination boucl\u00e9e) une tr\u00e8s bonne stature de candidat et menace tr\u00e8s s\u00e9rieusement GW. Alors, par un \u00e9trange signe du destin, Blair retrouve avec le fils, \u00e0 douze ans d&rsquo;intervalle, le m\u00eame dilemme que celui qui s&rsquo;\u00e9tait pos\u00e9 avec le p\u00e8re pour John Major : soutenir ou pas, de fa\u00e7on trop voyante, le Bush de service parti pour conqu\u00e9rir la r\u00e9\u00e9lection. La situation est tr\u00e8s difficile pour Tony Blair.Un camarade plut\u00f4t critique, le d\u00e9put\u00e9 travailliste Mark Seddon, <a href=\"http:\/\/www.guardian.co.uk\/uselections2004\/comment\/story\/0,14259,1180168,00.html\" class=\"gen\">aborde le probl\u00e8me dans le Guardian du 29 mars<\/a>. Il revient d&rsquo;un voyage aux \u00c9tats-Unis et il en rapporte cette impression : \u00ab <em>At a conference of academics, trade unionists and left-leaning Democrats in New York recently, I was struck by the degree of froideur felt towards Blair.<\/em> \u00bb. Il est vrai, et confirm\u00e9 de plusieurs c\u00f4t\u00e9s, que les d\u00e9mocrates sont furieux du soutien que Blair a personnellement apport\u00e9 \u00e0 GW Bush m\u00eame si, officiellement, on feint de se f\u00e9liciter \u00e0 Washington du soutien britannique \u00e0 une cause pr\u00e9tendument bipartisane (la guerre contre l&rsquo;Irak). Le dilemme est, de ce point de vue, encore plus vif que pour Major en 1992, puisqu&rsquo;il est pos\u00e9 en ces termes avant m\u00eame que la campagne ne commence vraiment. D&rsquo;autre part, on peut compter sur les r\u00e9publicains et GW pour faire ce qui sera n\u00e9cessaire pour compromettre Blair durant la campagne elle-m\u00eame, simplement parce que GW aura besoin de tous les appuis. (Et, aussi, pour d\u00e9mentir Kerry, dont l&rsquo;affirmation que des dirigeants \u00e9trangers le soutiennent [voir <em>dd&#038;e<\/em>, Vol19, n\u00b013, rubrique <em>de defensa<\/em>] a rendu furieux les r\u00e9publicains<D>; on dit que Karl Rove soi-m\u00eame soup\u00e7onne Blair d&rsquo;avoir donn\u00e9 un tel discret encouragement \u00e0 Kerry,  raison de plus pour l&rsquo;impliquer publiquement dans son soutien oblig\u00e9 \u00e0 GW.) Seddon signale qu&rsquo;on pr\u00e9parerait, du c\u00f4t\u00e9 de GW, une comm\u00e9moration des victimes britanniques de l&rsquo;attaque du 11 septembre (il y avait beaucoup de Britanniques dans les <em>Twin Towers<\/em>); par exemple, sugg\u00e8re Seddon, l&rsquo;inauguration d&rsquo;un monument pour cette comm\u00e9moration, avec pr\u00e9sence oblig\u00e9e et \u00e9clatante de Tony Blair ? Nous compl\u00e9terions: par exemple, le 11 septembre 2004, en plein d\u00e9marrage de la phase finale de l&rsquo;\u00e9lection ? On mesure le probl\u00e8me ainsi pos\u00e9 au Britannique, avec le cauchemar des hypoth\u00e8ses contradictoires : serrer chaleureusement la main de GW le 11 septembre 2004 alors que Kerry pr\u00e9c\u00e8de GW de 5% dans les sondages ? Prendre ses distances, garder une certaine r\u00e9serve, alors que GW referait son retard et l&#8217;emporterait finalement sur Kerry d\u00e9but novembre 2004 ? Seddon commente que les poign\u00e9es de main yankees \u00e9ventuellement destin\u00e9es au Premier ministre suscitent bien plus de sueurs froides \u00e0 Downing Street, bien plus d&rsquo;h\u00e9sitations, d&rsquo;interrogations,  que la poign\u00e9e de main avec Khaddafi, ou la poign\u00e9e de main avec Zapatero, sous l&rsquo;oeil torve et furieux d&rsquo;un Aznar en fin de parcours. Cela, au moins, ne fait pas le moindre doute. Il est ainsi ais\u00e9ment montr\u00e9 que l&rsquo;alliance am\u00e9ricaine de Blair pose \u00e0 ce dernier, et \u00e0 son gouvernement et son parti, bien plus de probl\u00e8mes que ses divers adversaires avec lesquels, \u00e0 un moment ou l&rsquo;autre, il est conduit \u00e0 composer et \u00e0 s&rsquo;arranger. On attend qu&rsquo;on nous r\u00e9v\u00e8le, dans l&rsquo;autre colonne, les avantages concrets pour les Britanniques de cette politique pro-am\u00e9ricaine.<\/p>\n<\/p>\n<p><\/p>\n<h3>Le dilemme de Tony Blair est un peu plus accentu\u00e9 que celui que connaissent les autres dirigeants amis des USA, mais il revient aux m\u00eames questions : l&rsquo;Am\u00e9rique peut-elle revenir \u00e0 une position supportable (pour les autres) et faut-il aider \u00e0 cela?<\/h3>\n<\/p>\n<p><p>\tCette fois, laissons de c\u00f4t\u00e9 l&rsquo;aspect purement anglo-am\u00e9ricain (les <em>special relationships<\/em> et la duperie qu&rsquo;elles constituent) pour nous attacher au probl\u00e8me intrins\u00e8que pos\u00e9 \u00e0 Blair : faut-il ou non soutenir Kerry et le montrer ? (Il y a deux questions dans cette question, ou, plut\u00f4t, deux degr\u00e9s de la m\u00eame question, car le soutien \u00e0 Kerry peut \u00eatre secret, ce qui est un premier degr\u00e9, tandis qu&rsquo;il acquerrait un poids bien plus consid\u00e9rable s&rsquo;il \u00e9tait public.) En r\u00e9alit\u00e9, cette double question est assez hypocrite : il appara\u00eet aujourd&rsquo;hui hors de doute qu&rsquo;un dirigeant politique, dans tous les cas europ\u00e9en (les seuls pays \u00e0 compter dans cette occurrence sont europ\u00e9ens), puisse envisager un soutien public marqu\u00e9 \u00e0 John Kerry. A tous \u00e9gards, une telle d\u00e9marche serait jug\u00e9e folle, maladroite, inappropri\u00e9e, etc ; il n&rsquo;est pas certain, du reste, qu&rsquo;elle le soit, et, dans certaines circonstances, elle pourrait \u00eatre jug\u00e9e comme sage et avis\u00e9e. Une seule exception, pour l&rsquo;instant, mais qui doit \u00eatre \u00e9videmment soulign\u00e9e avec force comme \u00e9tant une exception \u00e0 cause des circonstances : l&rsquo;Espagnol Zapatero a signal\u00e9, dans une interview qu&rsquo;il \u00e9tait partisan de la victoire de Kerry. Cette affirmation a \u00e9t\u00e9 si frappante qu&rsquo;elle a conduit Kerry \u00e0 intervenir aupr\u00e8s de Zapatero, dans une d\u00e9marche tr\u00e8s inattendue, pour lui demander de maintenir les forces espagnoles en Irak (Zapatero veut retirer les 1.600 soldats espagnols qui s&rsquo;y trouvent). Zapatero a refus\u00e9 en des termes finalement assez chaleureux, montrant qu&rsquo;il faisait la diff\u00e9rence entre Kerry l&rsquo;\u00e9ventuel futur pr\u00e9sident et l&rsquo;actuelle politique de GW Bush, avec ses effets en Irak. Cet \u00e9pisode pr\u00e9cise encore le dilemme dont nous parlons ici, car l&rsquo;intervention de Kerry \u00e9tait objectivement un soutien \u00e0 la politique de GW Bush au nom de l&rsquo;attitude \u00e9vidente de soutien \u00e0 la politique de son pays, quelle que soit cette politique,  dans tous les cas, dans certains cas, celui de l&rsquo;Irak \u00e9tant le cas o\u00f9 une condamnation de la politique GW en Irak ne devrait pas dispenser de rechercher \u00e0 assurer la s\u00e9curit\u00e9 dans ce pays,  ainsi raisonne Kerry, comme divers dirigeants non-US, peu inclin\u00e9s \u00e0 soutenir GW. On voit qu&rsquo;il s&rsquo;agit l\u00e0 d&rsquo;une attitude classique de la part de Kerry mais elle trouve aujourd&rsquo;hui une illustration dramatique et exemplaire parce que la question irakienne est au coeur de la politique de GW, donc de ce que les adversaires de GW voudraient voir changer dans la politique US si Kerry l&#8217;emportait. Justement, toute la question est l\u00e0 : l&rsquo;attitude de Kerry, demandant \u00e0 Zapatero de laisser les forces espagnoles en Irak, est-elle un accident conjoncturel ou une n\u00e9cessit\u00e9 structurelle ? Il s&rsquo;agit de savoir si John Kerry saura modifier la politique de GW s&rsquo;il est \u00e9lu, s&rsquo;il le voudra (c&rsquo;est une chose), s&rsquo;il le pourra (c&rsquo;en est une autre). La question est loin d&rsquo;\u00eatre tranch\u00e9e et notre approche serait certainement plus pessimiste qu&rsquo;optimiste (tenant compte du fait que l&rsquo;optimiste dans ce cas est celui qui pense que Kerry va tout changer). Les dirigeants \u00e9trangers ont donc ce dilemme, et la position de Blair est particuli\u00e8rement int\u00e9ressante \u00e0 cet \u00e9gard. Pour lui, la question des relations avec les USA est sans doute aussi importante que celle de la politique \u00e9trang\u00e8re US, elle l&rsquo;est peut-\u00eatre m\u00eame plus. Pour Blair, il est peut-\u00eatre, il est sans doute plus important de maintenir des relations privil\u00e9gi\u00e9es (ou soi-disant telles, n&rsquo;oublions jamais cette r\u00e9serve compl\u00e8tement fondamentale) avec les USA, donc avec GW Bush pour l&rsquo;instant, que de changer\/de voir changer la politique \u00e9trang\u00e8re des USA. Ce choix \u00e9vident aujourd&rsquo;hui,  choix si contestable pourtant,  deviendrait demain, en cas de victoire de Kerry, compl\u00e8tement remis en question ; alors, la politique naturelle deviendrait de rechercher une nouvelle politique \u00e9trang\u00e8re am\u00e9ricaine (sans \u00eatre certain de l&rsquo;obtenir), \u00e9galement pour avoir de bonnes relations avec les USA. Les Britanniques (et les autres non-US dans une mesure moindre) vont devoir affronter cette incertitude jusqu&rsquo;en novembre prochain, sans aucune garantie d&rsquo;avoir la moindre certitude apr\u00e8s l&rsquo;\u00e9lection de novembre (notamment au cas o\u00f9 Kerry serait \u00e9lu). L&rsquo;ambigu\u00eft\u00e9 des positions officielles non-US vis-\u00e0-vis de la politique de GW continue et continuera \u00e0 faire des ravages.<\/p>\n<\/p>\n<p><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>L&rsquo;habituel dilemme de Blair 14 avril 2004 Vendredi, Blair sera \u00e0 Washington, tenant par l&rsquo;\u00e9paule son ami GW, les deux hommes plus que jamais unis devant la t\u00e2che hercul\u00e9enne de conduire l&rsquo;Irak vers la d\u00e9mocratie. Il sera en effet question d&rsquo;h\u00e9ro\u00efsme, de gloire, de fardeau des d\u00e9fenseurs de la libert\u00e9, donc de d\u00e9mocratie. 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