{"id":66086,"date":"2004-09-21T00:00:00","date_gmt":"2004-09-21T00:00:00","guid":{"rendered":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/2004\/09\/21\/tony-all-alone-avec-sa-folie-irakienne-et-la-crise-du-systeme\/"},"modified":"2004-09-21T00:00:00","modified_gmt":"2004-09-21T00:00:00","slug":"tony-all-alone-avec-sa-folie-irakienne-et-la-crise-du-systeme","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/2004\/09\/21\/tony-all-alone-avec-sa-folie-irakienne-et-la-crise-du-systeme\/","title":{"rendered":"Tony, <em>all alone<\/em> avec sa folie irakienne et la crise du syst\u00e8me"},"content":{"rendered":"<p><h2 class=\"common-article\">Tony, <strong><em>all alone<\/em><\/strong> avec sa folie irakienne et la crise du syst\u00e8me<\/h2>\n<\/p>\n<p><p>\t21 septembre 2004  L&rsquo;Histoire s&rsquo;interrogera longuement : quelle mouche a donc piqu\u00e9 le s\u00e9millant Premier ministre Tony Blair, en 2001-2002 ? John Kampfner, du <em>Statesman<\/em>, \u00e9crivant <a href=\"http:\/\/www.guardian.co.uk\/Iraq\/Story\/0,2763,1307909,00.html\" class=\"gen\">dimanche dans The Observer<\/a>, r\u00e9pond ceci : \u00ab <em>Blame No 10&rsquo;s hubris and genial naivety<\/em> \u00bb, ajoutant que le Premier a ignor\u00e9 tous les avis, tous les avertissements, toutes les mises en garde. L&rsquo;explication psychologique doit en effet \u00eatre tenue comme essentielle pour comprendre le drame de Tony Blair.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t\u00ab <em>Blair disregarded these warnings because they did not fit his justification for invading Iraq  the hubris in believing that it would produce a better world, and the naivety in thinking he could influence the neo-Conservatives around Bush in the way they did it. Blair found the intricacies of diplomacy frustrating, seeing the <\/em>[Foreign Office] <em>as a repository of old-school mandarins who would always find a reason for not doing something radical like removing Saddam Hussein. The word cautious was applied pejoratively.<\/em> \u00bb<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tOn sait aujourd&rsquo;hui que la pression exerc\u00e9e sur Blair par l&rsquo;\u00e9chec irakien et ses cons\u00e9quences a \u00e9t\u00e9 telle qu&rsquo;elle l&rsquo;a conduit \u00e0 envisager une d\u00e9mission cet \u00e9t\u00e9. (Les divers d\u00e9mentis donn\u00e9s \u00e0 cette information  <a href=\"http:\/\/news.independent.co.uk\/uk\/politics\/story.jsp?story=562195\" class=\"gen\">par ses amis<\/a>, et par sa <a href=\"http:\/\/news.independent.co.uk\/uk\/politics\/story.jsp?story=562675\" class=\"gen\">femme Cherie<\/a> sont suffisamment convaincants : Blair a bien failli partir, supputation d&rsquo;ailleurs confirm\u00e9e par diverses appr\u00e9ciations donn\u00e9es \u00e0 l&rsquo;\u00e9poque, en juillet, alors que Blair \u00e9tait devenu tr\u00e8s discret dans ses apparitions publiques.)<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tC&rsquo;est un curieux destin : au travers de son ent\u00eatement et de son <em>hubris<\/em>, de son abattage et de son dynamisme, de ses d\u00e9faillances, Blair finit par installer des conditions de blocage complet du syst\u00e8me britannique. D\u00e9taillons certains faits r\u00e9cents :<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t\u00a0Blair est toujours prisonnier de l&rsquo;Irak. D&rsquo;une fa\u00e7on g\u00e9n\u00e9rale et face \u00e0 la d\u00e9t\u00e9rioration acc\u00e9l\u00e9r\u00e9e de la situation, son aveu tr\u00e8s r\u00e9cent selon lequel <a href=\"http:\/\/www.guardian.co.uk\/Iraq\/Story\/0,2763,1308349,00.html\" class=\"gen\">un nouveau conflit s&rsquo;est ouvert en Irak<\/a> le lie \u00e0 l&rsquo;obligation o\u00f9 il se trouve de proclamer qu&rsquo;il faudra conduire jusqu&rsquo;\u00e0 la victoire (en plus des r\u00e9v\u00e9lations qui continuent \u00e0 s&rsquo;\u00e9grener sur <a href=\"http:\/\/www.guardian.co.uk\/Iraq\/Story\/0,2763,1307906,00.html\" class=\"gen\">le comportement du gouvernement Blair avant le conflit<\/a>). Dans ce domaine, Blair ne peut pas reculer, m\u00eame s&rsquo;il est d\u00e9menti en permanence (quant \u00e0 la pertinence du conflit) par des officiels britanniques <a href=\"http:\/\/www.guardian.co.uk\/international\/story\/0,3604,1309097,0.html\" class=\"gen\">qui prennent de moins en moins de gants<\/a>.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t\u00a0Pour autant, Blair ne veut pas perdre la main au niveau int\u00e9rieur, et il ne la perd pas. Au contraire, il porte <a href=\"http:\/\/politics.guardian.co.uk\/labour\/story\/0,9061,1302815,00.html\" class=\"gen\">de nouveaux coups s\u00e9v\u00e8res<\/a> \u00e0 son ami-rival Gordon Brown, qui attend de pouvoir lui succ\u00e9der. Les derni\u00e8res nominations de Blair dans son gouvernement renforcent sa position face au Chancelier de l&rsquo;\u00c9chiquier Gordon Brown et, paradoxalement si l&rsquo;on songe \u00e0 la faiblesse intrins\u00e8que de sa position, renforcent la position de Blair au centre de la sc\u00e8ne politique britannique.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t\u00a0Par contre, tout cela ne renforce pas le parti travailliste, au contraire. La perspective \u00e9lectorale <a href=\"http:\/\/news.independent.co.uk\/uk\/politics\/story.jsp?story=560846\" class=\"gen\">est d\u00e9sormais catastrophique<\/a> pour les travaillistes. Le parti paie l&rsquo;impopularit\u00e9 de Blair, la guerre en Irak, etc, en m\u00eame temps qu&rsquo;il se trouve incapable de se d\u00e9barrasser de Blair.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t\u00a0R\u00e9sultat, une situation \u00e9tonnante aujourd&rsquo;hui, avec un parti lib\u00e9ral qui commence \u00e0 envisager de jouer un r\u00f4le central lors des \u00e9lections, et dans l&rsquo;organisation du pouvoir apr\u00e8s. Les lib\u00e9raux estiment qu&rsquo;il y aura la possibilit\u00e9 d&rsquo; <a href=\"http:\/\/politics.guardian.co.uk\/libdems2004\/story\/0,14992,1308363,00.html\" class=\"gen\">un accord avec la Labour<\/a> pour exercer le pouvoir.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tTout cela d\u00e9crit une crise sans pr\u00e9c\u00e9dent du syst\u00e8me politique britannique. Ce qui se passe est que ce syst\u00e8me est incapable de se d\u00e9barrasser d&rsquo;un homme devenu extr\u00eamement impopulaire mais qui reste tout-puissant en son coeur et qui l&rsquo;encha\u00eene \u00e0 une cause d\u00e9j\u00e0 perdue et, en attendant, compl\u00e8tement paralysante, apr\u00e8s l&rsquo;y avoir entra\u00een\u00e9 contre son gr\u00e9. Le syst\u00e8me britannique est fondamentalement bas\u00e9 sur le parlementaire. Son fonctionnement d\u00e9pend du bon fonctionnement et de la coh\u00e9sion des partis qui le composent (quasiment deux grands partis qui, \u00e0 eux seuls, assurent les responsabilit\u00e9s du pouvoir). Aujourd&rsquo;hui, ces partis sont tous extraordinairement divis\u00e9s, comme ils ne l&rsquo;ont jamais \u00e9t\u00e9. On trouve aujourd&rsquo;hui des d\u00e9put\u00e9s travaillistes par dizaines qui sont plus proches de certains conservateurs que de leurs coll\u00e8gues (et vice-versa pour les travaillistes). Il est donc impossible de trouver des majorit\u00e9s alternatives, ou de r\u00e9unir des majorit\u00e9s constructives dans ces partis (par exemple, pour mettre un Blair en minorit\u00e9).<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tLa vertu du syst\u00e8me britannique est dans sa stabilit\u00e9, c&rsquo;est-\u00e0-dire sa capacit\u00e9 \u00e0 r\u00e9aliser la politique d\u00e9cid\u00e9e avec souplesse et adaptation. Cette crise du fonctionnement du syst\u00e8me est la pire crise qui puisse survenir au Royaume-Uni. Le paradoxe est qu&rsquo;elle survienne avec l&rsquo;un des plus puissants Premiers ministres de l&rsquo;histoire du Royaume-Uni ; et pour une cause (la crise irakienne) dont il est de plus en plus \u00e9vident qu&rsquo;elle ne concerne en rien les int\u00e9r\u00eats fondamentaux du pays. <\/p>\n<\/p>\n<p><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Tony, all alone avec sa folie irakienne et la crise du syst\u00e8me 21 septembre 2004 L&rsquo;Histoire s&rsquo;interrogera longuement : quelle mouche a donc piqu\u00e9 le s\u00e9millant Premier ministre Tony Blair, en 2001-2002 ? 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