{"id":66120,"date":"2004-11-04T00:00:00","date_gmt":"2004-11-04T00:00:00","guid":{"rendered":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/2004\/11\/04\/effluves-sans-suite-de-lesprit-de-munich\/"},"modified":"2004-11-04T00:00:00","modified_gmt":"2004-11-04T00:00:00","slug":"effluves-sans-suite-de-lesprit-de-munich","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/2004\/11\/04\/effluves-sans-suite-de-lesprit-de-munich\/","title":{"rendered":"<strong><em>Effluves sans suite de l&rsquo;esprit de Munich<\/em><\/strong>"},"content":{"rendered":"<p><h2 class=\"common-article\">Effluves sans suite de l&rsquo;esprit de Munich<\/h2>\n<\/p>\n<p><\/p>\n<p><p>\t4 novembre 2004  Parmi les r\u00e9actions diverses \u00e0 la r\u00e9\u00e9lection de GW Bush, il y a d&rsquo;abord celle de la France. Le <em>Daily Telegraph<\/em> sugg\u00e8re, tout en buvant du petit lait, que <a href=\"http:\/\/www.telegraph.co.uk\/news\/main.jhtml?xml=\/news\/2004\/11\/03\/ufrance.xml&#038;sSheet=\/portal\/2004\/11\/03\/ixportaltop.html\" class=\"gen\"> Chirac veut enterrer la hache de guerre<\/a>. Cela para\u00eet indubitable.<\/p>\n<\/p>\n<p><\/p>\n<p><p>\t\u00ab <em>France has hailed the US election as an important moment in world diplomacy calling it an opportunity to revive the transatlantic relationship  no matter who wins.<\/em><\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t()<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t\u00bb <em>M Barnier told RTL radio: I can&#8230; tip my hat to American democracy. A new stage is starting. It is a very important moment for the world. He said France will work with the new American administration. We have many things to do, both on the current crises  in Iraq, the Middle East, Iran, the fate of the African continent  and to renovate the transatlantic relationship, he said.<\/em><\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t\u00bb <em>But Mr Barnier repeated calls for a multipolar world in which the United States did not try to dominate world diplomacy alone. America and Europe need each other, he said. We must try to re-establish American confidence in the European project because the Americans cannot imagine building, directing and driving the world alone.<\/em> \u00bb<\/p>\n<\/p>\n<p><\/p>\n<p><p>\tD&rsquo;ailleurs, la m\u00e9thodologie est dans l&rsquo;air, et si certains pensent \u00e0 l&rsquo;esprit de Munich pour l&rsquo;occasion, on ne peut les en emp\u00eacher ni le leur reprocher. Dans son \u00e9ditorial d&rsquo;aujourd&rsquo;hui, <a href=\"http:\/\/www.guardian.co.uk\/uselections2004\/comment\/story\/0,14259,1342714,00.html\" class=\"gen\">le Guardian montre la m\u00eame tendance<\/a>. Effectivement, puisque GW est l\u00e0, comment faire autrement que (tenter de) s&rsquo;entendre avec lui ? Cela para\u00eet irr\u00e9futable.<\/p>\n<\/p>\n<p><\/p>\n<p><p>\t\u00ab <em>Mr Bush faces a clear choice at home. He can treat his mandate as a blank cheque to govern in the interests of the conservative (and for conservative read, in many cases, anti-black) voters who backed him in such numbers &#8211; shaping a conservative majority on the Supreme Court, waging war on legal abortion, amending the constitution to prevent gay marriage, unpicking affirmative action, limiting and marginalising dissent still further, flirting with the notion of declaring the USA an explicitly Christian, English-speaking nation, seeking in all things to construct the conservative Republican hegemony for which Karl Rove has long dreamed and schemed. Or he can recognise the greater wisdom and the greater long-term security that mutual respect and bipartisan reconciliation will provide to a United States, and to a wider world, in which the belief in America&rsquo;s manifest destiny is not shared with such fervour as it is among evangelical conservatives &#8211; or even shared at all. We have few illusions about the course he will take. Yet both America and the world need a handshake right now, not a clenched fist of defiance. In an interconnected world, such choices matter and shape all our uncertain futures.<\/em> \u00bb<\/p>\n<\/p>\n<p><\/p>\n<p><p>\tParlons plus s\u00e9rieusement. L&rsquo;effet r\u00e9el, g\u00e9n\u00e9ral, de la r\u00e9\u00e9lection de GW exprime plut\u00f4t <a href=\"http:\/\/www.washingtonpost.com\/ac2\/wp-dyn\/A23530-2004Nov3?language=printer\" class=\"gen\">une r\u00e9elle crainte et une incertitude angoiss\u00e9e dans la plupart des pays<\/a> du reste du monde, sauf une poign\u00e9e d&rsquo;idiots utiles. Cela n&rsquo;a rien d&rsquo;\u00e9tonnant et exprime compl\u00e8tement et pleinement la difficult\u00e9 insurmontable d&rsquo;envisager un rapprochement avec les Etats-Unis selon des termes de r\u00e9ciprocit\u00e9 acceptables. M\u00eame des commentateurs aussi farouchement optimistes sur les perspectives de coop\u00e9ration entre l&rsquo;Europe et les USA que Timothy Garton-Ash recommandent de tenter de s&rsquo;entendre avec les Am\u00e9ricains, mais, vraiment, <a href=\"http:\/\/www.guardian.co.uk\/uselections2004\/comment\/story\/0,14259,1343014,00.html\" class=\"gen\">sans la moindre illusion<\/a>.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tLa logique de cette r\u00e9\u00e9lection est-elle, au niveau europ\u00e9en, un renforcement de l&rsquo;Europe ? Certains l&rsquo;envisagent d\u00e9j\u00e0, comme, par exemple, <a href=\"http:\/\/www.guardian.co.uk\/uselections2004\/comment\/story\/0,14259,1342935,00.html\" class=\"gen\">Jackie Ashley dans le Guardian<\/a>. Mais il y a plus int\u00e9ressant \u00e0 cet \u00e9gard, parce que beaucoup plus concret : <a href=\"http:\/\/www.turkishpress.com\/news.asp?ID=32779\" class=\"gen\">la r\u00e9action de la Norv\u00e8ge<\/a>, o\u00f9 le Premier ministre a d\u00e9clar\u00e9 mercredi 3 novembre que le deuxi\u00e8me mandat de GW pourrait conduire tr\u00e8s rapidement la Norv\u00e8ge \u00e0 essayer une fois de plus d&rsquo;entrer dans l&rsquo;UE. Kjell Magne Bondevik a d\u00e9clar\u00e9 : \u00ab <em>If the distance expands between the two sides of the Atlantic I think that many people in Europe, including myself, will see a need for a closer foreign policy and security cooperation between European countries. This debate (about Norway joining the EU) could be introduced if the US continues to pursue a policy in which little importance is given to its alliance with Europe.<\/em> \u00bb L&rsquo;int\u00e9r\u00eat de cette d\u00e9claration est, d&rsquo;abord, que Mendevik \u00e9tait jusqu&rsquo;ici dans le camp du non \u00e0 l&rsquo;Europe, ensuite que l&rsquo;argument, comme on le voit, porte essentiellement sur la politique de s\u00e9curit\u00e9 et des relations ext\u00e9rieures. Cela en dit beaucoup sur l&rsquo;effet v\u00e9ritable de la r\u00e9\u00e9lection de GW, qui porte effectivement sur les mati\u00e8res fondamentales de s\u00e9curit\u00e9.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tDe toutes les fa\u00e7ons, aucun choix v\u00e9ritable ne nous est offert. Les diff\u00e9rentes d\u00e9clarations sur une coop\u00e9ration renouvel\u00e9e avec les USA r\u00e9pondent \u00e0 la logique politique, m\u00eame si c&rsquo;est une logique peu glorieuse, mais il faut avoir \u00e0 l&rsquo;esprit qu&rsquo;il n&rsquo;y a aucun espoir qu&rsquo;on puisse parvenir au moindre r\u00e9sultat, hors celui d\u00e9termin\u00e9 par la stricte consid\u00e9ration des seuls int\u00e9r\u00eats am\u00e9ricains. D\u00e8s lors, nous n&rsquo;aurons pas de coop\u00e9ration, selon le sens du mot tel que nous l&rsquo;acceptons (et pas eux), parce que les Am\u00e9ricains ne con\u00e7oivent pas une coop\u00e9ration selon l&rsquo;id\u00e9e que nous nous en faisons (association \u00e0 50-50, partage des risques et des avantages, soutien du partenaire m\u00eame dans des cas o\u00f9 l&rsquo;on n&rsquo;est pas soi-m\u00eame engag\u00e9, etc).  John Charmley, dans son livre <em>Churchill&rsquo;s Grand alliance<\/em>, donne une bonne analyse de la conception am\u00e9ricaine d&rsquo;une alliance et de la coop\u00e9ration, par rapport \u00e0 la conception britannique (et europ\u00e9enne, c&rsquo;est-\u00e0-dire la conception classique), expliquant par l\u00e0 combien les <em>special relationships<\/em> sont, depuis soixante ans, un \u00e9tonnant jeu de dupes o\u00f9 les Britanniques sont toujours les victimes, et des victimes obstin\u00e9es semble-t-il :<\/p>\n<\/p>\n<p><\/p>\n<p><p>\t\u00ab <em>La conception am\u00e9ricaine d&rsquo;une alliance s&rsquo;av\u00e9rerait, comme le cinqui\u00e8me marquis de Salisbury le mit en \u00e9vidence, tr\u00e8s diff\u00e9rente des notions britanniques. Les Britanniques faisaient l&rsquo;hypoth\u00e8se qu&rsquo;une coop\u00e9ration rapproch\u00e9e entre le pays concern\u00e9 et nous dans n&rsquo;importe quelle alliance \u00e9tait, en soi, un int\u00e9r\u00eat britannique important et, d\u00e8s lors, menait \u00e0 des r\u00e9actions concert\u00e9es m\u00eame dans les cas, comme la Cor\u00e9e, o\u00f9 les int\u00e9r\u00eats britanniques n&rsquo;\u00e9taient pas concern\u00e9es. La notion am\u00e9ricaine d&rsquo;alliance semblait diff\u00e9rer compl\u00e8tement : Ils ne disent pas que la connexion britannique est d&rsquo;une importance essentielle et appuient leur politique sur ce constat. Ils examinent chaque probl\u00e8me, d\u00e9terminent les int\u00e9r\u00eats am\u00e9ricains de la fa\u00e7on la plus \u00e9troite et agissent en fonction de cela. D\u00e9sormais, alors que la menace grandissante des Sovi\u00e9tiques allait acc\u00e9l\u00e9rer au Congr\u00e8s le vote en 1946 du pr\u00eat britannique, puis le Plan Marshall et la formation de l&rsquo;OTAN, il n&rsquo;y aurait plus de front commun qui ne feraient pas partie des int\u00e9r\u00eats am\u00e9ricains sp\u00e9cifiques. Ce constat s&rsquo;appliquait particuli\u00e8rement au Moyen-Orient.<\/em> \u00bb<\/p>\n<\/p>\n<p><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Effluves sans suite de l&rsquo;esprit de Munich 4 novembre 2004 Parmi les r\u00e9actions diverses \u00e0 la r\u00e9\u00e9lection de GW Bush, il y a d&rsquo;abord celle de la France. Le Daily Telegraph sugg\u00e8re, tout en buvant du petit lait, que Chirac veut enterrer la hache de guerre. 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