{"id":66127,"date":"2004-11-14T00:00:00","date_gmt":"2004-11-14T00:00:00","guid":{"rendered":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/2004\/11\/14\/a-quoi-sert-falloujah\/"},"modified":"2004-11-14T00:00:00","modified_gmt":"2004-11-14T00:00:00","slug":"a-quoi-sert-falloujah","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/2004\/11\/14\/a-quoi-sert-falloujah\/","title":{"rendered":"A quoi sert Falloujah ?"},"content":{"rendered":"<p><h2 class=\"common-article\">A quoi sert Falloujah ?<\/h2>\n<\/p>\n<p><p>\t14 novembre 2004  O\u00f9 qu&rsquo;elle en soit r\u00e9ellement, la bataille de Falloujah a apport\u00e9 d&rsquo;ores et d\u00e9j\u00e0 deux enseignements op\u00e9rationnels importants :<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t D&rsquo;une part, les Am\u00e9ricains sont trop peu nombreux pour tenir le pays dans une situation d&rsquo;une insurrection contr\u00f4l\u00e9e tactiquement et coordonn\u00e9e strat\u00e9giquement par les rebelles, comme c&rsquo;est de plus en plus le cas. C&rsquo;est une situation strat\u00e9gique classique dite de la couverture trop courte : on concentre des forces dans un point pour remporter une victoire tactique et, pour cela, on d\u00e9garnit d&rsquo;autres points o\u00f9 les rebelles peuvent intervenir avec une assez grande impunit\u00e9. (Selon <a href=\"http:\/\/www.telegraph.co.uk\/news\/main.jhtml?xml=\/news\/2004\/11\/13\/wirq13.xml&#038;sSheet=\/news\/2004\/11\/13\/ixnewstop.html\" class=\"gen\">le Daily Telegraph du 13 novembre<\/a> : \u00ab <em>Insurgent attacks across Iraq stretched American forces to their limits yesterday when rebels appeared to be in control of at least two cities, and the operation in Fallujah entered its most dangerous phase. The holy city of Najaf became the seventh city to be placed under a night-time curfew with insurgents across the Sunni Triangle, the country&rsquo;s most volatile region, united in their determination to use the battle for Fallujah as a rallying call to terror.<\/em> \u00bb)  Le r\u00e9sultat strat\u00e9gique g\u00e9n\u00e9ral est plus que m\u00e9lang\u00e9 pour les Am\u00e9ricains. Il l&rsquo;est d&rsquo;autant plus que l&rsquo;appoint des forces irakiennes gouvernementales est rien moins que s\u00fbr : lorsqu&rsquo;elles sont confront\u00e9es aux rebelles en position d\u00e9fensive, sans la pression am\u00e9ricaine autour d&rsquo;elles pour les soutenir, elles d\u00e9sertent pour rejoindre les forces adverses (et non pour simplement fuir le combat).<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t\u00a0Cette \u00e9volution a \u00e9t\u00e9 rendue possible parce que, indiscutablement, la r\u00e9sistance a fortement gagn\u00e9 en coordination et en discipline, particuli\u00e8rement sur le territoire sunnite. D&rsquo;autre part, elle a appris \u00e0 se d\u00e9placer d&rsquo;une fa\u00e7on assez ordonn\u00e9e, selon des ordres donn\u00e9s par une hi\u00e9rarchie, derri\u00e8re l&rsquo;apparent d\u00e9sordre. (Toujours selon <a href=\"http:\/\/telegraph.co.uk\/news\/main.jhtml;sessionid=JIKJK4Y2K5ZL1QFIQMFCM5OAVCBQYJVC?xml=\/news\/2004\/11\/14\/wirq14.xml&#038;sSheet=\/news\/2004\/11\/14\/ixworld.html\" class=\"gen\">le Telegraph, du 4 novembre cette fois<\/a> : \u00ab <em>Abu Haider, 47, a mechanic who escaped with his family on Friday, said: I saw many fighters with their faces covered, coming out beside us, carrying light weapons and their telephones. I asked one how he had managed to arrange a lift to the city. He replied, It is the order. We have to choose another field to fight on outside Fallujah.&rsquo;<\/em> \u00bb) C&rsquo;est-\u00e0-dire qu&rsquo;il s&rsquo;agit d&rsquo;une r\u00e9sistance qui n&rsquo;est plus d\u00e9sesp\u00e9r\u00e9e, pour laquelle les voitures-suicide ne sont plus un acte de d\u00e9sespoir mais un syst\u00e8me d&rsquo;arme comme un autre. (C&rsquo;est revenir \u00e0 la conception initiale du <em>kamikaze<\/em> qui, au d\u00e9part, dans l&rsquo;id\u00e9e de l&rsquo;\u00e9tat-major japonais pendant la guerre, \u00e9tait \u00e9galement un syst\u00e8me d&rsquo;arme comme un autre. Les intellectuels occidentaux peuvent gloser sur l&rsquo;\u00e9tat de la psychologie des individus qui commettent ces actes, reste qu&rsquo;il s&rsquo;agit l\u00e0 d&rsquo;abord d&rsquo;une r\u00e9alit\u00e9 militaire faisant partie d&rsquo;un ensemble strat\u00e9gique.)<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tComme on voit, on a employ\u00e9 dans ces deux points deux termes diff\u00e9rents pour d\u00e9signer les adversaires des Am\u00e9ricains : rebelles et r\u00e9sistants. Cela marque l&rsquo;enjeu dialectique de la guerre en cours en Irak. D&rsquo;autre part, cela marque bien qu&rsquo;il s&rsquo;agit d&rsquo;une guerre, ce que la bataille de Falloujah a officiellement confirm\u00e9. Du coup, c&rsquo;est une d\u00e9faite dialectique pour les Am\u00e9ricains parce que la guerre \u00e9tait cens\u00e9e \u00eatre termin\u00e9e depuis le 9 avril 2003, comme l&rsquo;observe avec rage un observateur peu suspect d&rsquo;hostilit\u00e9 \u00e0 l&rsquo;encontre des Am\u00e9ricains, <a href=\"http:\/\/www.iht.com\/articles\/2004\/11\/11\/opinion\/edfried.html\" class=\"gen\">le commentateur du New York Times Thomas Friedman<\/a> :<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t\u00ab <em>I got a brief glimpse of Secretary of Defense Donald Rumsfeld&rsquo;s news conference on Monday, as the battle for Falluja began. I couldn&rsquo;t help but rub my eyes for a moment and wonder aloud whether I had been transported back in time to some 20 months ago, when the war for Iraq had just started. Watching CNN, I saw the same Rummy joking with the Pentagon press corps, the same scratchy reports from the front by \u00a0\u00bbembedded reporters,\u00a0\u00bb the same footage of U.S. generals who briefed the soldiers preparing for battle about how they were liberating Iraq.<\/em><\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t\u00bb <em>There was only one difference that no one seemed to want to mention. It wasn&rsquo;t 20 months ago. It was now. And Iraq has still not been fully liberated. In fact, as the fight for Falluja shows, it hasn&rsquo;t even been fully occupied.<\/em> \u00bb<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tFalloujah pourrait \u00eatre un tournant politique de la bataille de l&rsquo;Irak, ou de la guerre am\u00e9ricano-irakienne si l&rsquo;on se place dans la perspective strat\u00e9gique de l&rsquo;attaque du 19 mars-9 avril 2003 consid\u00e9r\u00e9e comme <a href=\" http:\/\/www.dedefensa.org\/article.php?art_id=895\" class=\"gen\">une simple premi\u00e8re phase du conflit<\/a>. Il a \u00e9t\u00e9 mis en \u00e9vidence \u00e0 l&rsquo;occasion de la bataille de Falloujah que les deux adversaires sont, au niveau strat\u00e9gique du champ de bataille irakien, dans un rapport de force et d&rsquo;organisation beaucoup moins disproportionn\u00e9 qu&rsquo;il ne para\u00eet au premier abord. Les experts anglo-saxons s\u00e9rieux, ceux qui soutiennent d&rsquo;habitude \u00e0 100% les th\u00e8ses du Pentagone, <a href=\"http:\/\/fairuse.1accesshost.com\/news2\/latimes392.html\" class=\"gen\">l&rsquo;admettent aujourd&rsquo;hui sans r\u00e9ticence<\/a>. Tout comme les Am\u00e9ricains, les rebelles, ou r\u00e9sistants, sont capables d&rsquo;une coordination strat\u00e9gique entre les diff\u00e9rents th\u00e9\u00e2tres d&rsquo;op\u00e9ration tactique.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tLes Am\u00e9ricains, par leur incapacit\u00e9 \u00e0 livrer une guerre asym\u00e9trique, jouent gros et jouent risqu\u00e9. (Mais ils jouent gros et risqu\u00e9 parce que ce qui les int\u00e9resse n&rsquo;est pas vraiment la situation sur le terrain ou le bien-\u00eatre d\u00e9mocratique des Irakiens, mais l&rsquo;impact politique et m\u00e9diatique, \u00e0 Washington notamment, de l&rsquo;affaire. Une bataille et une victoire in\u00e9vitable \u00e0 Falloujah aujourd&rsquo;hui sont une n\u00e9cessit\u00e9 politique pour tenter de verrouiller le scrutin de janvier, ou l&rsquo;apparence de scrutin qu&rsquo;importe.)<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tLes Am\u00e9ricains ont voulu \u00e0 tout prix retrouver une forme de combat qui leur est famili\u00e8re, avec des unit\u00e9s s&rsquo;affrontant dans des batailles rang\u00e9es o\u00f9 leur puissance de feu peut s&rsquo;exprimer. Le probl\u00e8me, c&rsquo;est qu&rsquo;ils ont montr\u00e9 \u00e0 cette occasion que leurs adversaires pouvaient tirer profit de cette sorte d&rsquo;engagement, pour alimenter leur propre guerre asym\u00e9trique,  notamment en alimentant des attaques l\u00e0 o\u00f9 les Am\u00e9ricains ont d\u00fb d\u00e9garnir (dans ce cas ; l&rsquo;asym\u00e9trie des moyens ou des tactiques devient une asym\u00e9trie g\u00e9ographique, mais, paradoxalement, au d\u00e9savantage des Am\u00e9ricains). En haussant la guerre asym\u00e9trique, les Am\u00e9ricains haussent \u00e9galement le statut de leurs adversaires. Bient\u00f4t, on pourrait commencer \u00e0 appeler les rebelles des r\u00e9sistants, voire les Irakiens tout court.<\/p>\n<\/p>\n<p><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>A quoi sert Falloujah ? 14 novembre 2004 O\u00f9 qu&rsquo;elle en soit r\u00e9ellement, la bataille de Falloujah a apport\u00e9 d&rsquo;ores et d\u00e9j\u00e0 deux enseignements op\u00e9rationnels importants : D&rsquo;une part, les Am\u00e9ricains sont trop peu nombreux pour tenir le pays dans une situation d&rsquo;une insurrection contr\u00f4l\u00e9e tactiquement et coordonn\u00e9e strat\u00e9giquement par les rebelles, comme c&rsquo;est de&hellip;&nbsp;<\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":0,"comment_status":"","ping_status":"","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"neve_meta_sidebar":"","neve_meta_container":"","neve_meta_enable_content_width":"","neve_meta_content_width":0,"neve_meta_title_alignment":"","neve_meta_author_avatar":"","neve_post_elements_order":"","neve_meta_disable_header":"","neve_meta_disable_footer":"","neve_meta_disable_title":"","_jetpack_memberships_contains_paid_content":false,"footnotes":""},"categories":[10],"tags":[4336,857,3895],"class_list":["post-66127","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-faits-et-commentaires","tag-falloujah","tag-irak","tag-marines"],"jetpack_featured_media_url":"","jetpack_sharing_enabled":true,"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/66127","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=66127"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/66127\/revisions"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=66127"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=66127"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=66127"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}