{"id":66203,"date":"2005-01-23T00:00:00","date_gmt":"2005-01-23T00:00:00","guid":{"rendered":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/2005\/01\/23\/un-tsunami-de-platitudes-a-lassaut-du-reste-du-monde\/"},"modified":"2005-01-23T00:00:00","modified_gmt":"2005-01-23T00:00:00","slug":"un-tsunami-de-platitudes-a-lassaut-du-reste-du-monde","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/2005\/01\/23\/un-tsunami-de-platitudes-a-lassaut-du-reste-du-monde\/","title":{"rendered":"Un tsunami de platitudes \u00e0 l&rsquo;assaut du reste du monde"},"content":{"rendered":"<p><h2 class=\"common-article\">Un tsunami de platitudes \u00e0 l&rsquo;assaut du reste du monde<\/h2>\n<\/p>\n<p><p>\t23 janvier 2005  Le discours d&rsquo;inauguration de GW Bush-II du 20 janvier a \u00e9t\u00e9 l&rsquo;objet d&rsquo;un ph\u00e9nom\u00e8ne d\u00e9sormais habituel: d&rsquo;abord une certaine indiff\u00e9rence \u00e0 part l&rsquo;\u00e9cho m\u00e9diatique au premier degr\u00e9, tout cela concernant un personnage qu&rsquo;on sait en g\u00e9n\u00e9ral inconsistant et une dialectique fondamentalement bas\u00e9e sur la dissimulation et la manipulation de la r\u00e9alit\u00e9 au profit d&rsquo;une autre r\u00e9alit\u00e9 (virtualisme). Puis il y a eu un int\u00e9r\u00eat a posteriori, une sorte de regain d&rsquo;int\u00e9r\u00eat si l&rsquo;on peut dire, avec une tr\u00e8s grande largeur d&rsquo;interpr\u00e9tation.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tDepuis, ce discours est l&rsquo;objet de nombreuses ex\u00e9g\u00e8ses. Sa caract\u00e9ristique principale devient alors, apr\u00e8s cette indiff\u00e9rence intellectuelle initiale, qu&rsquo;il suscite des appr\u00e9ciations tr\u00e8s diff\u00e9rentes, allant de la moquerie pure et simple \u00e0 la d\u00e9nonciation furieuse, au dithyrambe h\u00e9ro\u00efque.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tQuelques exemples.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t\u00a0Le discours est num\u00e9rot\u00e9 par William Safire \u00ab <em>among the top five of a score of second-inaugurals in our history<\/em> \u00bb. (Safire pr\u00e9cise:  \u00ab <em>Lincoln&rsquo;s profound sermon with malice toward none is incomparable, but Bush&rsquo;s second was better than Jefferson&rsquo;s mean-spirited pouting at the artillery of the press.<\/em> \u00bb). C&rsquo;est une opinion dithyrambique parmi d&rsquo;autres, disons assez habituelle de la part d&rsquo;un Safire coutumier de l&rsquo;exercice d&rsquo;encenser le pouvoir en place tout en roulant des m\u00e9caniques. La vacuit\u00e9 g\u00e9n\u00e9rale de ces commentaires moyennement super-durs, dont Safire fait une d\u00e9monstration achev\u00e9e, est consternante.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t\u00a0Il y a encore plus dur que dur, plus Safire que Safire avec Charles Krauthammer,  un client bien plus s\u00e9rieux. La th\u00e8se interpr\u00e9tative du discours, version Krauthammer, est simple: laissons les hors d&rsquo;uvre (Afghanistan, Irak) o\u00f9, d&rsquo;ailleurs, au fait, selon Krauthammer, tout ne se passe pas si mal que veulent bien dire les d\u00e9faitistes et autres agents de diverses cinqui\u00e8mes colonnes. Int\u00e9ressons-nous aux plats de r\u00e9sistance,  des pays grands comme des continents: Chine, Russie, et puis quelques miettes (Iran, Syrie, Cor\u00e9e du Nord, Cuba, Venezuela). Cela donne ceci, o\u00f9 la guerre contre la terreur n&rsquo;appara\u00eet plus que comme un hors d&rsquo;uvre, elle aussi: \u00ab <em>This is not a new Cold War. The United States will still remain the vastly predominant world power. But it is a challenge that history has waiting for us on the day the war on terrorism is won, and perhaps even before. There is no rest for the weary.<\/em> \u00bb<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t\u00a0Une approche en complet contraste est celle de la d\u00e9rision, d\u00e9crivant le discours comme quelque chose qui se rapprocherait d&rsquo;un <em>tsunami<\/em> de platitudes (nous avions \u00e9crit d&rsquo;abord oc\u00e9an de platitudes mais <em>tsunami<\/em> s&rsquo;est tr\u00e8s vite impos\u00e9 comme beaucoup mieux adapt\u00e9 \u00e0 la situation et aux ambitions du propos). C&rsquo;est le cas de Robert Parry, dans son article <a href=\"http:\/\/www.consortiumnews.com\/2005\/012105.html\" class=\"gen\">du 21 janvier sur Consortium News<\/a>, intitul\u00e9 <em>The Freedom to Follow<\/em>. Parry ridiculise un discours qui \u00e9gr\u00e8ne dix, cent <em>tsunami<\/em> de platitudes \u00e9nonc\u00e9es avec l&rsquo;air entendu qui convient: certes, affirmer que, \u00ab <em>sur le long terme, il ne peut y avoir de justice sans libert\u00e9 ni de droits de l&rsquo;homme sans la libert\u00e9 pour l&rsquo;homme<\/em> \u00bb rel\u00e8ve du dictionnaire de Bouvard &#038; P\u00e9cuchet. On pourrait ajouter que la pluie mouille et que le vent d\u00e9coiffe (sauf les chauves). <\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t\u00ab <em>So on foreign policy, Bush told Americans that rights must be more than the grudging concessions of dictators, as if there are legions of people out there who would think otherwise. In the long run, there is no justice without freedom, and there can be no human rights without human liberty, Bush said. Take that, those who think justice can exist without freedom and that human rights can exist without human liberty.<\/em> <\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t\u00bb <em>At another point, Bush may have left some listeners scratching their heads: We do not accept the existence of permanent tyranny because we do not accept the possibility of permanent slavery. Back off, those of you who accept permanent slavery or permanent tyranny. More opaquely, he added: Liberty will come to those who love it. .<\/em> \u00bb<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t\u00a0Il y a la r\u00e9action furieuse qui, au contraire, tout en se pla\u00e7ant en \u00e9tat d&rsquo;opposition comme Parry, prend le discours parfaitement au s\u00e9rieux et le voit comme un catalogue de l&rsquo;id\u00e9ologie imp\u00e9rialiste et h\u00e9g\u00e9moniste de l&rsquo;\u00e9quipe GW Bush, donc un programme pour les ann\u00e9es 2005-2009. C&rsquo;est notamment le cas de David North, <a href=\"http:\/\/www.wsws.org\/articles\/2005\/jan2005\/inau-j22.shtml\" class=\"gen\">du site WSWS.org, en date du 22 janvier<\/a>. Bien que venant d&rsquo;un trotskiste, son texte est exempt de ces lourdes r\u00e9f\u00e9rences id\u00e9ologiques qui obscurcissent le sens. North donne une tr\u00e8s bonne analyse de ce qu&rsquo;il nomme assez justement \u00ab <em>The logic of the irrational<\/em> \u00bb. L&rsquo;int\u00e9r\u00eat du texte de North, ais\u00e9ment accessible, est qu&rsquo;il se base notamment sur le texte de Krauthammer mentionn\u00e9 ci-dessus (texte qui deviendra rapidement inaccessible, sauf \u00e0 payer un droit de visite), \u00e9clairant le propos de l&rsquo;\u00e9quipe GW Bush d&rsquo;une source incontestable quant \u00e0 l&rsquo;orientation h\u00e9g\u00e9moniste.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t\u00a0Le texte de Dans Balz et Jim VandeHei du <a href=\"http:\/\/www.washingtonpost.com\/wp-dyn\/articles\/A27672-2005Jan21.html\" class=\"gen\">Washington Post du 22 janvier \u00e9galement<\/a> pr\u00e9sente l&rsquo;int\u00e9r\u00eat de pond\u00e9rer le sens du discours selon l&rsquo;appr\u00e9ciation de l&rsquo;\u00e9quipe de communication de la Maison-Blanche en fonction des premi\u00e8res r\u00e9actions. On comprend que ce discours, \u00e9videmment \u00e9crit par l&rsquo;\u00e9quipe de GW selon le th\u00e8me j&rsquo;aimerais parler de la libert\u00e9 (consigne de GW), est comme une sorte de <em>chewing gum<\/em>: certes, il signifie ce qu&rsquo;il dit mais pas compl\u00e8tement, ou avec des nuances dans tel ou tel sens selon la fa\u00e7on dont on a r\u00e9agi; du coup, on explique ce qu&rsquo;on a voulu dire, si d&rsquo;ailleurs on a voulu, etc. Le texte montre, au second degr\u00e9, le d\u00e9sert intellectuel de la pens\u00e9e politique de l&rsquo;administration. Le discours n&rsquo;expose pas une politique, il communique, avec comme but principal de faire oublier l&rsquo;Irak, l&rsquo;Afghanistan et la guerre contre la terreur, avec ses innombrables \u00e9checs. Les explications pr\u00e9tentieuses et vaniteuses de cet article n&rsquo;ont aucun int\u00e9r\u00eat, sinon de nous signaler qu&rsquo;il n&rsquo;y a rien derri\u00e8re ce discours,  hors la volont\u00e9 de Bush d&rsquo;appara\u00eetre toujours l&rsquo;extr\u00e9miste qu&rsquo;il joue \u00e0 \u00eatre depuis le 11 septembre 2001. A signaler (ci-dessous) comme d&rsquo;un certain int\u00e9r\u00eat l&rsquo;identification de ses sources, ses inspirateurs (on allait \u00e9crire: ses usurpateurs, <em>lapsus linguae<\/em> qui en dit long sur nos arri\u00e8res-pens\u00e9es).<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t\u00ab <em>The planning of Bush&rsquo;s second inaugural address began a few days after the Nov. 2 election with the president telling advisers he wanted a speech about freedom and liberty. That led to the broadly ambitious speech that has ignited a vigorous debate. The process included consultation with a number of outside experts, Kristol among them.<\/em> <\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t\u00bb <em>One meeting, arranged by Peter Wehner, director of the White House Office of Strategic Initiatives, included military historian Victor Davis Hanson, columnist Charles Krauthammer and Yale professor John Lewis Gaddis, according to one Republican close to the White House. White House senior adviser Karl Rove attended, according to one source, but mostly listened to what became a lively exchange over U.S. policy and the fight for liberty.<\/em> <\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t\u00bb <em>Gaddis caught the attention of White House officials with an article in the latest edition of Foreign Affairs magazine that seems to belie the popular perception that this White House does not consult its critics.<\/em> <\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t\u00bb <em>Gaddis&rsquo;s article is, at times, strongly critical of Bush&rsquo;s first-term foreign policy calculations, especially what he calls the twin failures to anticipate international resistance to Bush&rsquo;s ideas and Iraqi resistance to peace after the fall of Baghdad. But the article also raises the possibility that Bush&rsquo;s grand vision of spreading democracy could prove successful, and perhaps historic, if the right choices are made in the years ahead.<\/em> <\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t\u00bb <em>The former Soviet dissident Natan Sharansky also helped shape the speech with his book about the hopes of democratic dissidents jailed by despots around the world. Bush recommended the book, The Case for Democracy: The Power of Freedom to Overcome Tyranny and Terror&rsquo; to several aides and invited Sharansky, now an Israeli politician, to the White House in mid-November to discuss it, according to one official.<\/em> \u00bb<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tCe discours est int\u00e9ressant plus par ce qui a pr\u00e9sid\u00e9 \u00e0 sa manufacture (pas \u00e9criture ou r\u00e9daction ou n&rsquo;importe quoi du genre: il a \u00e9t\u00e9 fabriqu\u00e9 comme on fabrique, aujourd&rsquo;hui, un produit); les interpr\u00e9tations, les appr\u00e9ciations, etc. Politiquement, il ne nous dit qu&rsquo;une chose: GW n&rsquo;a pas chang\u00e9 d&rsquo;un iota. La d\u00e9b\u00e2cle irakienne ne lui a rien appris. Cet homme est d\u00e9finitivement ferm\u00e9 \u00e0 la r\u00e9alit\u00e9. Son \u00e9quipe \u00e9volue selon les m\u00eames principes (?).<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tCeux qui esp\u00e9raient un deuxi\u00e8me mandat plus r\u00e9aliste, plus apais\u00e9, plus conforme \u00e0 la bonne vieille politique transatlantique et autres, ceux-l\u00e0 en sont totalement pour leurs frais. GW-II va \u00eatre du super-GW premi\u00e8re mani\u00e8re. <\/p>\n<\/p>\n<p><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Un tsunami de platitudes \u00e0 l&rsquo;assaut du reste du monde 23 janvier 2005 Le discours d&rsquo;inauguration de GW Bush-II du 20 janvier a \u00e9t\u00e9 l&rsquo;objet d&rsquo;un ph\u00e9nom\u00e8ne d\u00e9sormais habituel: d&rsquo;abord une certaine indiff\u00e9rence \u00e0 part l&rsquo;\u00e9cho m\u00e9diatique au premier degr\u00e9, tout cela concernant un personnage qu&rsquo;on sait en g\u00e9n\u00e9ral inconsistant et une dialectique fondamentalement bas\u00e9e&hellip;&nbsp;<\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":0,"comment_status":"","ping_status":"","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"neve_meta_sidebar":"","neve_meta_container":"","neve_meta_enable_content_width":"","neve_meta_content_width":0,"neve_meta_title_alignment":"","neve_meta_author_avatar":"","neve_post_elements_order":"","neve_meta_disable_header":"","neve_meta_disable_footer":"","neve_meta_disable_title":"","footnotes":""},"categories":[10],"tags":[868,2631,2825,4418,3756,4417,3198,4416,4419],"class_list":["post-66203","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-faits-et-commentaires","tag-bush","tag-de","tag-democratie","tag-discours","tag-etat","tag-extremisme","tag-gw","tag-inauguration","tag-lunion"],"jetpack_featured_media_url":"","_links":{"self":[{"href":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/66203","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=66203"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/66203\/revisions"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=66203"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=66203"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=66203"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}