{"id":66221,"date":"2005-02-04T00:00:00","date_gmt":"2005-02-04T00:00:00","guid":{"rendered":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/2005\/02\/04\/un-discours-sans-ceremonie\/"},"modified":"2005-02-04T00:00:00","modified_gmt":"2005-02-04T00:00:00","slug":"un-discours-sans-ceremonie","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/2005\/02\/04\/un-discours-sans-ceremonie\/","title":{"rendered":"<strong><em>Un discours sans c\u00e9r\u00e9monie<\/em><\/strong>"},"content":{"rendered":"<p><h2 class=\"common-article\">Un discours sans c\u00e9r\u00e9monie<\/h2>\n<\/p>\n<p><\/p>\n<p><p>\t4 f\u00e9vrier 2005  <a href=\"http:\/\/www.guardian.co.uk\/usa\/story\/0,12271,1404600,00.html\" class=\"gen\">Dans son article du 3 f\u00e9vrier dans le Guardian<\/a>, Sidney Blumenthal, qui ne s&rsquo;en laisse pas conter, r\u00e9sume l&rsquo;\u00e9tat d&rsquo;esprit du discours sur l&rsquo;\u00e9tat de l&rsquo;Union par ces mots : \u00ab <em>President Bush&rsquo;s state of the union address adds the element of euphoria to the utopianism of his inaugural speech. Coming between the two speeches, the Iraqi election has given him a significant event over which to drape his universal abstractions.<\/em> \u00bb<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tLe discours sur l&rsquo;\u00e9tat de l&rsquo;Union a \u00e9t\u00e9 durci ces derniers jours par Michael Gerson, le discret et n\u00e9anmoins \u00e9vang\u00e9liste <em>speechwriter<\/em> du pr\u00e9sident. C&rsquo;est depuis l&rsquo;\u00e9lection irakienne que cette op\u00e9ration a \u00e9t\u00e9 effectu\u00e9e. Elle vise \u00e0 exploiter l&rsquo;image d&rsquo;une victoire m\u00e9diatique et virtualiste consacrant la th\u00e8se am\u00e9ricaine que l&rsquo;appareil am\u00e9ricaniste a r\u00e9ussi \u00e0 imposer dans les milieux m\u00e9diatiques \u00e9videmment sensibles \u00e0 toute affirmation de la puissance am\u00e9ricaine, et dans les milieux politiques \u00e9trangers les plus affaiblis.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tLe durcissement se trouve exprim\u00e9 dans l&rsquo;avertissement direct adress\u00e9 \u00e0 la Syrie et, surtout \u00e0 l&rsquo;Iran. Pour GW, la victoire des \u00e9lections de dimanche est l&rsquo;application, voire la sanctification imm\u00e9diate de son discours d&rsquo;investiture sur la libert\u00e9. D&rsquo;autres pays, durant ce second terme, pourraient, devraient en \u00eatre les nouveaux exercices pratiques ; c&rsquo;est sans aucun doute le sens que GW donne \u00e0 ses avertissements. La m\u00eame tactique que celle du discours d&rsquo;investigation, mais invers\u00e9e, a \u00e9t\u00e9 utilis\u00e9e: donner la soi-disant substance du discours selon une appr\u00e9ciation biais\u00e9e par des confidences calcul\u00e9es mettant en \u00e9vidence une soi-disant ouverture vers des n\u00e9gociations, puis \u00e9mettre cet avertissement qui durcit brutalement l&rsquo;atmosph\u00e8re. Le <em>Guardian<\/em> a parfaitement illustr\u00e9 l&rsquo;effet de la manuvre en \u00e9ditant simultan\u00e9ment deux textes, <a href=\"http:\/\/www.guardian.co.uk\/usa\/story\/0,12271,1404625,00.html\" class=\"gen\">le premier<\/a> rapportant les confidences (\u00ab <em>Bush defuses Iran strike fears, President emphasises need for negotiation<\/em> \u00bb), <a href=\"http:\/\/www.guardian.co.uk\/usa\/story\/0,12271,1404625,00.html\" class=\"gen\">le second<\/a> rapportant le durcissement (\u00ab <em>Bush warns Syria and Iran over terror<\/em> \u00bb). Le journal note cette \u00e9volution dans son second texte: \u00ab <em>The state of the union address to Congress had been billed as reconciliatory, but, along with a series of references to alliances and international initiatives, there were some blunt words.<\/em> \u00bb<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tD&rsquo;une certaine fa\u00e7on, cette manoeuvre tactique rattrape la premi\u00e8re (celle du discours d&rsquo;inauguration). Le discours du 20 janvier, pr\u00e9sent\u00e9 sans chichis ni pr\u00e9cautions, avait \u00e9clat\u00e9 comme une bombe \u00e0 retardement : d&rsquo;abord peu de r\u00e9actions, le temps de se frotter les yeux, puis <a href=\"http:\/\/www.dedefensa.org\/article.php?art_id=1351\" class=\"gen\">la r\u00e9alisation de ce que cela nous disait implicitement<\/a>, enfin un <em>tsunami<\/em> de commentaires effar\u00e9s et affol\u00e9s. Cela avait forc\u00e9 parall\u00e8lement l&rsquo;\u00e9quipe Bush \u00e0 mettre en piste quelques officiels bien inform\u00e9s pour faire savoir au monde entier que GW avait dit cela mais qu&rsquo;il ne l&rsquo;avait pas dit vraiment.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t(Certes, GW a dit cela et il le pense vraiment, c&rsquo;est sa pens\u00e9e pur sucre. Il n&rsquo;est pas manipul\u00e9. Il est transcrit. Comme l&rsquo;observe S\u00e9bastien Fath dans <em>Dieu b\u00e9nisse l&rsquo;Am\u00e9rique<\/em>, le faiseur de discours du pr\u00e9sident, Michael Gerson, \u00e9piscopalien de tendance \u00e9vang\u00e9liste, \u00ab <em>n&rsquo;influe pas directement sur le fond des discours du pr\u00e9sident, qu&rsquo;il conna\u00eet bien. Il se contente de transcrire, avec le plus de style et d&rsquo;efficacit\u00e9 possible, la pens\u00e9e de son boss<\/em> \u00bb.)<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tL&rsquo;\u00e9quipe GW, avec GW en t\u00eate, n&rsquo;a pas dig\u00e9r\u00e9 cette reculade rendue n\u00e9cessaire par son inattention en mati\u00e8re de manipulation de la communication. Elle a donc proc\u00e9d\u00e9 \u00e0 l&rsquo;op\u00e9ration inverse, cette fois en ma\u00eetrisant le processus: d&rsquo;abord des fuites pour faire dire que le discours sur l&rsquo;\u00e9tat de l&rsquo;Union serait <em>soft<\/em>, tr\u00e8s consensuel, comme on l&rsquo;attend et l&rsquo;esp\u00e8re partout avec une confiance fi\u00e9vreuse. Puis un discours qui renouvelle les menaces habituelles, cette fois appuy\u00e9es sur le cimier br\u00fblant du casque du crois\u00e9 de la libert\u00e9, donc sans qu&rsquo;il soit n\u00e9cessaire de beaucoup s&rsquo;\u00e9tendre sur le th\u00e8me dans le texte. En nommant l&rsquo;Iran et la Syrie, tout le monde a compris.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t\u00ab <em>Bush also showed he has not lost his appetite for regime change and muscle-flexing<\/em> \u00bb, <D>note David Corn dans un texte \u00e9trange de <em>The Nation<\/em>, o\u00f9 l&rsquo;on per\u00e7oit <a href=\"http:\/\/www.thenation.com\/capitalgames\/index.mhtml?bid=3&#038;pid=2171\" class=\"gen\">une certaine fascination du progressiste d&rsquo;opposition pour l&rsquo;esprit simple de l&rsquo;ange exterminateur<\/a> que nous fait go\u00fbter le bon GW. Corn continue : \u00ab <em>He warned Iran to abandon any pursuit of nuclear weapons, vowing that America will stand with Iranians who seek liberty. He placed Syria in the crosshairs. There was no reference to the axis of evil, but Bush did move Syria ahead of North Korea in the you-better-worry-next category.<\/em> \u00bb<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tAinsi tout le monde a-t-il l&rsquo;air de trouver tout cela,  ces menaces r\u00e9it\u00e9r\u00e9es, confirm\u00e9es, etc  comme la chose la plus naturelle du monde, le petit four au <em>five o&rsquo;clock tea<\/em>. La banalisation du discours belliciste de GW entreprise <em>de facto<\/em> par certains commentaires, m\u00e9dias, appr\u00e9ciations, etc., donne aujourd&rsquo;hui un plein effet. L&rsquo;op\u00e9ration par rapport au discours d&rsquo;inauguration a r\u00e9ussi. Les fuites pr\u00e9alables ont install\u00e9 un climat apaisant, qui tendait \u00e0 confirmer la reculade d&rsquo;apr\u00e8s le 20 janvier. Le discours lui-m\u00eame, durci comme on l&rsquo;a vu, permet d&rsquo;introduire les vraies et bonnes menaces que les commentateurs ayant suivi dans la voie de l&rsquo;apaisement ne rel\u00e8veront pas trop pr\u00e9cis\u00e9ment pour ne pas assombrir le climat. Pour ce qui est de la r\u00e9alit\u00e9, on sait d\u00e9sormais \u00e0 quoi s&rsquo;en tenir. <\/p>\n<\/p>\n<p><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Un discours sans c\u00e9r\u00e9monie 4 f\u00e9vrier 2005 Dans son article du 3 f\u00e9vrier dans le Guardian, Sidney Blumenthal, qui ne s&rsquo;en laisse pas conter, r\u00e9sume l&rsquo;\u00e9tat d&rsquo;esprit du discours sur l&rsquo;\u00e9tat de l&rsquo;Union par ces mots : \u00ab President Bush&rsquo;s state of the union address adds the element of euphoria to the utopianism of his&hellip;&nbsp;<\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":0,"comment_status":"","ping_status":"","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"neve_meta_sidebar":"","neve_meta_container":"","neve_meta_enable_content_width":"","neve_meta_content_width":0,"neve_meta_title_alignment":"","neve_meta_author_avatar":"","neve_post_elements_order":"","neve_meta_disable_header":"","neve_meta_disable_footer":"","neve_meta_disable_title":"","_jetpack_memberships_contains_paid_content":false,"footnotes":""},"categories":[10],"tags":[1081,4435],"class_list":["post-66221","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-faits-et-commentaires","tag-blumenthal","tag-gerson"],"jetpack_featured_media_url":"","jetpack_sharing_enabled":true,"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/66221","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=66221"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/66221\/revisions"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=66221"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=66221"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=66221"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}