{"id":66236,"date":"2005-02-22T00:00:00","date_gmt":"2005-02-22T00:00:00","guid":{"rendered":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/2005\/02\/22\/la-french-touch-2\/"},"modified":"2005-02-22T00:00:00","modified_gmt":"2005-02-22T00:00:00","slug":"la-french-touch-2","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/2005\/02\/22\/la-french-touch-2\/","title":{"rendered":"La \u201c<em>French touch<\/em>\u201d"},"content":{"rendered":"<p><h2 class=\"common-article\">La <em>French touch<\/em><\/h2>\n<\/p>\n<p><p>\t22 f\u00e9vrier 2005  Le 31 janvier 2005, le porte-parole du d\u00e9partement d&rsquo;\u00c9tat, Richard Boucher, r\u00e9pondait \u00e0 des questions sur le voyage de Rice en Europe, notamment sa visite \u00e0 Paris et le discours qu&rsquo;elle projetait de donner le 8 f\u00e9vrier, \u00e0 Paris effectivement. Pourquoi Paris? demandaient les journalistes. (\u00ab <em>Yards can be written about the choice of Paris, a major speech considering the stated U.S.-European relations&#8230; would you like to get into those yards and say why she singled out the country with&#8230; in Europe with which the United States has had the most difficulty over the last few years?<\/em> \u00bb)<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tFinalement, Boucher r\u00e9pondait ceci: \u00ab <em>Well, I think the&#8230; having talked to her <\/em>[Rice] <em>a little bit about it, not extensively, but she wanted to do it in Paris because she felt Paris was one of the places where there&rsquo;s a lot of debate and discussion about the U.S., about Europe, about common goals, about how we achieve our agenda, and that she wanted to be part of that discussion.  That&rsquo;s a discussion that does go on in Europe, does go on in France, and that she wanted to be part of that discussion and put her ideas into the mix.<\/em> \u00bb<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tEn d&rsquo;autres mots, comme disent les Am\u00e9ricains: <em>Paris is where the action is<\/em>, si l&rsquo;on parle des relations transatlantiques. M\u00eame chose pour le d\u00eener, hier soir, entre Chirac et Bush,  seul d\u00eener individuel du pr\u00e9sident am\u00e9ricain durant sa visite tr\u00e8s collectiviste \u00e0 Bruxelles. Dans <a href=\"http:\/\/comment.independent.co.uk\/columnists_m_z\/andreas_whittam_smith\/story.jsp?story=613102\" class=\"gen\">The Independent d&rsquo;hier (acc\u00e8s payant)<\/a>, la Britannique Andreas Whittam Smith \u00e9crit ce commentaire, sous un titre provocateur pour une Britannique (<em>It&rsquo;s France that has a special relationship with America<\/em>), ceci qui fixe bien le d\u00e9bat:<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t\u00ab <em>Tonight, President Bush gives a dinner in honour of President Chirac. This will take place in Brussels at what will be the end of the first working day of the US President&rsquo;s visit to Europe. Put this together with the fact that two weeks ago, when the new Secretary of State, Condoleezza Rice, swung through Europe, she chose Paris as the place where she would give her most important speech. It hardly appears, then, that France&rsquo;s opposition to the invasion of Iraq has earned her lasting American disapproval. For guest lists, timetables and itineraries are all part of the language of diplomacy. What the Americans are saying to France by these gestures is  we can talk to Jacques as well as to Tony.<\/em> \u00bb<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tCertains commentateurs britanniques,  les Britanniques, les plus encalmin\u00e9s dans une catastrophique all\u00e9geance \u00e0 Washington, sont curieusement ceux qui montrent le plus de lucidit\u00e9 \u00e0 cet \u00e9gard,  pensent que la rencontre d&rsquo;hier soir se faisait sous les auspices de concurrences strat\u00e9giques fondamentales, o\u00f9 la France serait la repr\u00e9sentante et l&rsquo;\u00e9ventuelle inspiratrice du moteur europ\u00e9en. Ils avancent que le cas de la Chine (des relations avec la Chine) est un de ces enjeux strat\u00e9giques. Voici le cas de Niall Ferguson, l&rsquo;historien britannique, si peu suspect de francophilie qu&rsquo;on a l&rsquo;habitude d&rsquo;en faire un th\u00e9oricien implicite de la pr\u00e9pond\u00e9rance de l&rsquo;influence anglo-saxonne (UK et USA). Ferguson offre (<a href=\"http:\/\/www.guardian.co.uk\/eu\/story\/0,7369,1419167,00.html\" class=\"gen\">ce matin dans The Guardian<\/a>) cette interpr\u00e9tation de la rencontre Bush-Chirac, tout en disant le scepticisme extr\u00eame o\u00f9 le met l&rsquo;interpr\u00e9tation g\u00e9n\u00e9rale d&rsquo;une am\u00e9lioration d\u00e9cisive des relations transatlantiques, notamment \u00e0 cause du m\u00eame Chirac (\u00ab <em>Three reasons why the US and Europe won&rsquo;t make up  China, Iran and Iraq all loom over Bush&rsquo;s bid to woo the Europeans<\/em> \u00bb).<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t\u00ab <em>The irony is that just a few months before Bush&rsquo;s visit to Brussels, a European statesman went on a little-reported trip to Beijing. President Jacques Chirac was there ostensibly to promote trade and cultural exchanges with France. But Chirac surely had a rather grander design in mind. He knows that talk of transatlantic rapprochement amounts to little more than empty rhetoric. He also knows that Europe has an opportunity to woo China from the American embrace.<\/em> <\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t\u00bb <em>Today, as in 1972 <\/em>[Richard Nixon visit in China in February 1972]<em>, the international system has a triangular shape. Then it was the US that outwitted the Soviet Union by making overtures to China. Perhaps it is now Europe&rsquo;s turn to outwit the US by doing the same. Or has George Bush already booked his flight to Beijing?<\/em> \u00bb <\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tPour notre part, nous tentons d&rsquo;identifier la signification profonde, \u00e9ventuellement historique, de la rencontre GW-Chirac, \u00e0 c\u00f4t\u00e9 d&rsquo;\u00e9ventuels aspects strat\u00e9giques dont l&rsquo;importance serait \u00e9videmment essentielle et qui seraient \u00e9videmment la transcription politique de cette signification historique. Nous ne nous attachons aucunement \u00e0 la pr\u00e9sentation implicite et m\u00e9diatique de la rencontre GW-Chirac, qui pr\u00e9tendrait t\u00e9moigner de la substance de cette rencontre. Nous croyons bien entendu, et d&rsquo;une fa\u00e7on conforme \u00e0 nos r\u00e9f\u00e9rences fondamentales, que cette substance est faible, qu&rsquo;elle est \u00e0 la limite contraire \u00e0 la r\u00e9alit\u00e9 du courant historique \u00e0 l&rsquo;uvre, qu&rsquo;elle affirme pour ceux qui ne sont sensibles qu&rsquo;aux apparences une dialectique apaisante par souci et n\u00e9cessit\u00e9 de circonstance (n\u00e9cessit\u00e9 tactique, si l&rsquo;on veut). \u00c9videmment, cet aspect de la rencontre ne marquera pas l&rsquo;histoire.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tLa rencontre a une toute autre signification, historique celle-l\u00e0. GW rencontre Chirac parce que le Fran\u00e7ais est son grand opposant dans une \u00e9poque de bouleversement qui enfante un enjeu gigantesque pour la civilisation occidentale; GW rencontre Chirac parce qu&rsquo;il est vrai que, mises \u00e0 part les notions de puissance brute et de quantit\u00e9 dont l&rsquo;Irak est le path\u00e9tique rappel qu&rsquo;elles suffisent si peu qu&rsquo;elles en deviennent contre-productives, la France est <em>de facto<\/em> le seul p\u00f4le (mot \u00e0 la mode ou \u00e0 l&rsquo;index, c&rsquo;est selon) dessinant naturellement, on dirait par fatalit\u00e9 historique l\u00e0 encore, par r\u00e9f\u00e9rence traditionnelle, par pesanteur historique, une alternative au mod\u00e8le que l&rsquo;am\u00e9ricanisme veut imposer au monde. Ce ne sont pas deux adversaires <strong>conscients<\/strong> (aussi bien de leur opposition que de leur puissance respective) qui se sont rencontr\u00e9s hier soir, ce sont deux adversaires <strong><em>inconsciemment<\/em><\/strong> historiques. (Allons, on le sait bien : un peu moins inconscient chez le Fran\u00e7ais qui se pique de culture et d&rsquo;histoire comme tout Fran\u00e7ais, beaucoup plus chez l&rsquo;Am\u00e9ricain dont la vertu am\u00e9ricaniste principale est de ne rien savoir et de ne rien vouloir savoir de l&rsquo;Histoire.)<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t\u00c9crivant cela et \u00e9voquant n\u00e9cessairement les relations entre les USA et la France, nous ne songeons nullement \u00e0 l&rsquo;histoire habituelle des relations entre les USA et la France. Nous ne songeons nullement \u00e0 cette histoire o\u00f9 l&rsquo;on clame avec, du c\u00f4t\u00e9 fran\u00e7ais, une immense satisfaction sentimentale qui touche au narcissisme par entit\u00e9s interpos\u00e9es, que ces deux pays ne furent jamais ennemis, que l&rsquo;un aida l&rsquo;autre \u00e0 na\u00eetre avant que l&rsquo;autre ne v\u00eent sauver le premier, que les deux \u00e9changent p\u00e9riodiquement des marques passionn\u00e9es d&rsquo;amour et de haine qui illustrent surtout la force du lien qui les attache, et ainsi de suite,  qui ne conna\u00eet pas le folklore, qui fait la fortune des \u00e9diteurs rive gauche? Nous songeons au contraire aux deux forces historiques que France et USA repr\u00e9sentent, bon gr\u00e9 mal gr\u00e9, consciemment ou pas,  entre forces historiques structurantes et forces r\u00e9volutionnaires d\u00e9structurantes. C&rsquo;est aussi pour cette raison que nous \u00e9cartons les notions de force dont la comparaison (entre les deux pays) nourrit les ricanements bon chic bon genre des s\u00e9minaires transatlantiques. Nous \u00e9cartons d\u00e9cisivement la quincaillerie, dont on mesure l&rsquo;utilit\u00e9 et l&rsquo;efficacit\u00e9 r\u00e9elles chaque jour, ces temps-ci. Nous parlons de choses graves, tragiques et fondamentales.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tEn un sens, cette rencontre r\u00e9habilite le symbolisme dont ce voyage de GW en Europe est farci, et en g\u00e9n\u00e9ral un symbolisme aussi clinquant qu&rsquo;une vaisselle. Cette fois, l&rsquo;\u00e9v\u00e9nement symbolique offre une illustration et une signification historique coh\u00e9rente et puissante. D\u00e9passant et ridiculisant la dialectique de l&rsquo;apaisement transatlantique \u00e0 laquelle tous (y compris Chirac, sans qu&rsquo;il importe de savoir s&rsquo;il y croit ou non) sacrifient, il met en place \u00e0 visages d\u00e9couverts ce qui va devenir n\u00e9cessairement la confrontation transatlantique, entre USA et Europe. Cela ne signifie pas n\u00e9cessairement affrontement, parce que confrontation signifie d&rsquo;abord: \u00ab <em>Le fait de mettre en pr\u00e9sence pour comparer.<\/em> \u00bb Mais \u00e0 partir de ce qui est ici un constat et \u00e0 la lumi\u00e8re des \u00e9v\u00e9nements des quatre derni\u00e8res ann\u00e9es, on comprendra qu&rsquo;il est d\u00e9raisonnable d&rsquo;\u00eatre optimiste sur la forme que prendra la confrontation. Quoi qu&rsquo;il en soit, c&rsquo;est l&rsquo;indication que la grande crise de la civilisation occidentale, qui touche tous les aspects, de la culture \u00e0 l&rsquo;organisation du monde, entre dans sa phase politique active et ouvre le champ des \u00e9v\u00e9nements fondamentaux.<\/p>\n<\/p>\n<p><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>La French touch 22 f\u00e9vrier 2005 Le 31 janvier 2005, le porte-parole du d\u00e9partement d&rsquo;\u00c9tat, Richard Boucher, r\u00e9pondait \u00e0 des questions sur le voyage de Rice en Europe, notamment sa visite \u00e0 Paris et le discours qu&rsquo;elle projetait de donner le 8 f\u00e9vrier, \u00e0 Paris effectivement. Pourquoi Paris? demandaient les journalistes. 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