{"id":66344,"date":"2005-04-21T00:00:00","date_gmt":"2005-04-21T00:00:00","guid":{"rendered":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/2005\/04\/21\/avertissement-sans-frais-excessifs\/"},"modified":"2005-04-21T00:00:00","modified_gmt":"2005-04-21T00:00:00","slug":"avertissement-sans-frais-excessifs","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/2005\/04\/21\/avertissement-sans-frais-excessifs\/","title":{"rendered":"Avertissement sans frais excessifs"},"content":{"rendered":"<p><h2 class=\"common-article\">Avertissement sans frais excessifs<\/h2>\n<\/p>\n<p><p>\t21 avril 2005  Le tout-Bruxelles strat\u00e9gique ne bruisse que d&rsquo;un seul mot: <em>supply<\/em>. Cela concerne la question de la libert\u00e9 d&rsquo;obtenir des pi\u00e8ces, des sous-syst\u00e8mes, des technologies, etc., n\u00e9cessaires au d\u00e9veloppement, \u00e0 la fabrication, \u00e0 l&rsquo;usage et \u00e0 la maintenance des syst\u00e8mes d&rsquo;arme. Cette question est la cons\u00e9quence indirecte du d\u00e9bat sur la volont\u00e9 (d\u00e9faillante <em>for now<\/em>) de l&rsquo;UE de lever l&#8217;embargo de ses armes vers la Chine, et la cons\u00e9quence directe de la r\u00e9action US \u00e0 cette d\u00e9cision non-encore prise. (Voir notamment, sur ce site, <a href=\"http:\/\/www.dedefensa.org\/article.php?art_id=1480\" class=\"gen\">ici<\/a> et <a href=\"http:\/\/www.dedefensa.org\/article.php?art_id=1474\" class=\"gen\">ici<\/a>.)<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t\u00c9videmment, c&rsquo;est la r\u00e9action US qui nous importe. (Les Chinois, eux, dans les discussions internes avec l&rsquo;UE qu&rsquo;ils ont lorsqu&rsquo;une de leurs d\u00e9l\u00e9gations visite Bruxelles, se contentent de terminer leurs interventions par la remarque, pince sans rire, \u00e0 l&rsquo;intention de leurs interlocuteurs europ\u00e9ens qui viennent naturellement de leur infliger un <em>pensum<\/em> sur le respect des droits de l&rsquo;homme: \u00ab <em>Nous comprenons que vous subissez de tr\u00e8s fortes pressions ext\u00e9rieures.<\/em> \u00bb Bref, on cause en n&rsquo;ignorant rien des v\u00e9ritables enjeux.)<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tLes menaces am\u00e9ricaines de restriction de transfert de technologies portent en elles une dimension irr\u00e9sistiblement destructrice des rapports transatlantiques. C&rsquo;est la fin de la confiance, l&rsquo;Europe trait\u00e9e en ennemi potentiel, l&rsquo;Europe plac\u00e9e sous le feu du soup\u00e7on qui s&rsquo;applique aux ennemis potentiels. Peu importe que la mati\u00e8re soit quasiment nulle (il n&rsquo;y a quasiment pas de transferts de technologies sensibles des USA vers l&rsquo;Europe, tant la parano\u00efa US \u00e0 cet \u00e9gard est grande). Ce qui importe ici est bien du domaine du principe, et c&rsquo;est simplement un domaine fondamental car cette valeur (le principe de la confiance transatlantique qui a structur\u00e9 la relation USA-Europe depuis 1945) est la derni\u00e8re valeur commune soutenant la situation d&rsquo;alliance exclusive entre les USA et l&rsquo;Europe, malgr\u00e9 tous les avatars et toutes les contradictions.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tCe qui appara\u00eet aujourd&rsquo;hui, en ce moment, c&rsquo;est la perception grandissante chez les Europ\u00e9ens que les USA vont appliquer les restrictions sur les transferts simplement par soup\u00e7on. Cette perception est justifi\u00e9e principalement par le constat que la situation est sans issue. Tout le monde sent bien que l&rsquo;exigence US implicite pour lever ces soup\u00e7ons ne peut \u00eatre rencontr\u00e9e, puisque cette exigence est hors du domaine de la raison. En d&rsquo;autres mots plus concrets, il ne suffira pas que l&rsquo;Europe ne l\u00e8ve pas l&#8217;embargo en 2005, voire en 2006 \u00e9ventuellement (mais au-del\u00e0 ?&#8230;), parce que l&rsquo;exigence implicite de Washington, celle qui satisferait le Congr\u00e8s, est extravagante et absurde: ce serait l&rsquo;engagement de l&rsquo;UE que l&rsquo;Europe ne l\u00e8ve <em>jamais<\/em> l&#8217;embargo ; \u00e0 ce prix grotesque, la confiance washingtonienne serait sans doute en voie d&rsquo;\u00eatre r\u00e9tablie (avec des r\u00e9serves). Bien s\u00fbr, l&rsquo;\u00e9vidence montre que cet engagement est totalement d\u00e9raisonnable.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t[Cette perception g\u00e9n\u00e9rale est chaque jour renforc\u00e9e par l&rsquo;extravagance des Am\u00e9ricains. Lorsque le d\u00e9put\u00e9 Hunter affirme qu&rsquo;il craint, dans le cadre du programme JSF, que l&rsquo;on retrouve la technologie furtive (<em>stealth<\/em>) am\u00e9ricaine <a href=\"http:\/\/www.dedefensa.org\/article.php?art_id=1482\" class=\"gen\">chez les Chinois par le biais des Europ\u00e9ens du programme JSF<\/a>, sa d\u00e9magogie passe les bornes de la raison. La cause de ce jugement n&rsquo;est pas la vertu atlantiste et de fid\u00e9lit\u00e9 am\u00e9ricaniste des coop\u00e9rants,  quoique : si vous remplacez vertu par fascination, na\u00efvet\u00e9 et corruption psychologique,  mais le fait que les USA n&rsquo;ont jamais transf\u00e9r\u00e9 une technologie furtive \u00e0 quiconque. Cette restriction vaut m\u00eame pour les Britanniques malgr\u00e9 les affirmations vaniteuses de ces derniers et les accords de confidentialit\u00e9 qui ont surtout l&rsquo;avantage (du point de vue US) de leur interdire de travailler dans ce domaine avec d&rsquo;autres (les Fran\u00e7ais). En fait, c&rsquo;est le contraire : ce sont plut\u00f4t les Am\u00e9ricains qui ont pill\u00e9 les Britanniques, qui ont travaill\u00e9 sur la question. Les USA ne transf\u00e8rent rien de cette technologie,  m\u00eame entre services! (Lire <em>The $5 Billion Misunderstanding<\/em>, de James P. Stevenson, sur le d\u00e9sastre du A-12 de l&rsquo;U.S. Navy, entre 1985 et 1991. Si le A-12 fut un \u00e9chec si complet, c&rsquo;est principalement parce que l&rsquo;USAF refusa de transf\u00e9rer sa technologie furtive \u00e0 l&rsquo;U.S. Navy. Stevenson rapporte plusieurs fois le fait, avec un luxe de d\u00e9tails, au point o\u00f9 il nous convainc que, de ce point de vue, le rideau est et restera totalement imp\u00e9n\u00e9trable, quasiment un rideau de fer si l&rsquo;on veut une \u00e9quivalence ironique ; l&rsquo;\u00e9quivalent existe au niveau industriel, entre soci\u00e9t\u00e9s US et sur ordre des services qui contr\u00f4lent leur orientation strat\u00e9gique, y compris dans le cas de grands programmes am\u00e9ricains de s\u00e9curit\u00e9 nationale.)]<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tCette situation g\u00e9n\u00e9rale de perception vient d&rsquo;\u00eatre renforc\u00e9e par une possibilit\u00e9, \u00e9voqu\u00e9e le 19 avril dans la presse, d&rsquo;une restriction am\u00e9ricaine qui pourrait d&rsquo;ores et d\u00e9j\u00e0 \u00eatre activ\u00e9e. Elle touche les Fran\u00e7ais et l&rsquo;un des seuls domaines de la technologie des porte-avions o\u00f9 ils d\u00e9pendent des Am\u00e9ricains,  mais par facilit\u00e9 de situation et nullement par incapacit\u00e9 de d\u00e9velopper la technologie mentionn\u00e9e, cette incapacit\u00e9 pouvant \u00eatre ais\u00e9ment rattrap\u00e9e. Ci-apr\u00e8s, une d\u00e9p\u00eache AFP du 19 avril :<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t\u00ab <em>Les Etats-Unis refusent de donner leur feu vert \u00e0 l&rsquo;exportation des catapultes de fabrication am\u00e9ricaine destin\u00e9es \u00e0 assurer le d\u00e9collage des avions du futur porte-avions fran\u00e7ais, indique le quotidien La Tribune dans son \u00e9dition de mercredi. Les Etats-Unis refusent pour l&rsquo;instant de donner leur feu vert \u00e0 l&rsquo;exportation de ce mat\u00e9riel, pourtant assez peu strat\u00e9gique, vers l&rsquo;Hexagone, affirme le journal. Cette technologie de catapultage pourrait \u00eatre d\u00e9velopp\u00e9e en France, assure le quotidien. Mais il en co\u00fbterait \u00e0 la France quelque 50 millions d&rsquo;euros pour acqu\u00e9rir ce savoir-faire et cr\u00e9er les moyens d&rsquo;essais qui vont avec, ajoute-t-il.<\/em> \u00bb<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tUne telle d\u00e9cision US concr\u00e9tiserait \u00e0 peu de frais pour les Europ\u00e9ens le s\u00e9rieux des intentions am\u00e9ricaines et confirmerait leur perception. Elle constituerait une remarquable maladresse par sa valeur d&rsquo;exemple pas trop destructeur, mais une maladresse bien dans les murs et les habitudes du Pentagone. D&rsquo;ores et d\u00e9j\u00e0, l&rsquo;\u00e9tat d&rsquo;esprit est g\u00e9n\u00e9ral en Europe, et touche, malgr\u00e9 l&rsquo;exemple ci-dessus, bien plus les autres Europ\u00e9ens que les Fran\u00e7ais, et pr\u00e9cis\u00e9ment les Europ\u00e9ens engag\u00e9s dans le JSF, qui sont de loin les plus vuln\u00e9rables. L\u00e0 aussi, <a href=\"http:\/\/www.dedefensa.org\/article.php?art_id=1472\" class=\"gen\">habituelle maladresse US<\/a>.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tAu contraire, nous disent nos sources europ\u00e9ennes, les Fran\u00e7ais sont stup\u00e9faits de l&rsquo;aubaine et ravis de l&rsquo;aide que leur apporte cette affaire dans leur plaidoirie pour une Europe ind\u00e9pendante et souveraine, notamment au niveau militaire et technologique. Toute leur argumentation implicite depuis des ann\u00e9es se trouve confirm\u00e9e et les contacts urgents en cours, \u00e0 l&rsquo;initiative d&rsquo;autres Europ\u00e9ens, le leur d\u00e9montrent \u00e0 suffisance.<\/p>\n<\/p>\n<p><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Avertissement sans frais excessifs 21 avril 2005 Le tout-Bruxelles strat\u00e9gique ne bruisse que d&rsquo;un seul mot: supply. 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