{"id":66348,"date":"2005-04-22T00:00:00","date_gmt":"2005-04-22T00:00:00","guid":{"rendered":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/2005\/04\/22\/les-britanniques-songent-ils-a-un-saint-malo-ii\/"},"modified":"2005-04-22T00:00:00","modified_gmt":"2005-04-22T00:00:00","slug":"les-britanniques-songent-ils-a-un-saint-malo-ii","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/2005\/04\/22\/les-britanniques-songent-ils-a-un-saint-malo-ii\/","title":{"rendered":"Les Britanniques songent-ils \u00e0 un Saint-Malo II?"},"content":{"rendered":"<p><p>Les Britanniques sont particuli\u00e8rement inquiets des perspectives des probables restrictions US <a href=\"http:\/\/www.dedefensa.org\/article.php?art_id=1486\" class=\"gen\">sur les transferts de technologies<\/a>. Ils sont effectivement ceux qui se trouvent les plus menac\u00e9s, dans la mesure o\u00f9 leur politique des quinze derni\u00e8res ann\u00e9es les a engag\u00e9s fortement avec les Am\u00e9ricains, les mettant \u00e0 la merci de ceux-ci pour les technologies n\u00e9cessaires \u00e0 certains grands domaines strat\u00e9giques.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tDes sources europ\u00e9ennes signalent, dans la logique de cette situation, un r\u00e9cent d\u00e9veloppement des deux ou trois derni\u00e8res semaines: les Britanniques se tournent vers les Fran\u00e7ais pour les presser d&rsquo;envisager des partenariats bilat\u00e9raux o\u00f9 les deux pays d\u00e9velopperaient ces technologies et en s\u00e9curiseraient r\u00e9ciproquement l&rsquo;approvisionnement. Les Fran\u00e7ais, qui disposent de fortes capacit\u00e9s technologiques autonomes, sont en effet les seuls en Europe \u00e0 pouvoir offrir aux Britanniques une porte de sortie de cette situation de contrainte extr\u00eamement dommageable qui leur est impos\u00e9e par les Am\u00e9ricains.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tDes d\u00e9veloppements int\u00e9ressants sur les questions de d\u00e9fense durant la pr\u00e9sidence britannique de l&rsquo;UE (juillet-d\u00e9cembre 2005) constituent une hypoth\u00e8se acceptable et qu&rsquo;il est int\u00e9ressant de garder \u00e0 l&rsquo;esprit. Peut-\u00eatre est-il significatif de noter que, parmi les sujets d&rsquo;\u00e9tude en cours aujourd&rsquo;hui au Royal War College britannique, on trouve un historique et une analyse des accords de Saint-Malo. (Les accords de Saint-Malo, initiative britannique majeure de d\u00e9fense europ\u00e9enne, ponctu\u00e8rent, six mois apr\u00e8s, le constat d&rsquo;une d\u00e9sastreuse pr\u00e9sidence europ\u00e9enne (janvier-juillet 1998) du Royaume-Uni, conduisant ce pays \u00e0 rechercher une initiative permettant de r\u00e9tablir sa position europ\u00e9enne.)<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tCi-dessous, voici ce que nous publiions dans la rubrique <em>Journal<\/em> de notre Lettre d&rsquo;Analyse (<em>de defensa<\/em>-papier) du 10 janvier 2005, \u00e0 propos de cette hypoth\u00e8se:<\/p>\n<\/p>\n<p><\/p>\n<p><p>\t\u00ab <strong><em>Les Britanniques entament leur pr\u00e9sidence europ\u00e9enne (juillet-d\u00e9cembre 2005) avec le handicap d&rsquo;une pr\u00e9paration psychologique d\u00e9sastreuse,  as usual d&rsquo;ailleurs (en 2005 comme en 1998): derri\u00e8re le cat\u00e9chisme transatlantique, il y a le soup\u00e7on de l&rsquo;alignement<\/em><\/strong><\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t\u00bb <em>En novembre et d\u00e9cembre 2004, dans l&rsquo;attente de la pr\u00e9sidence britannique de l&rsquo;UE pour janvier-juillet 2005, l&rsquo;habituel sentiment s&rsquo;est propag\u00e9. En gros, il revient \u00e0 ceci, selon une source \u00e0 la Commission europ\u00e9enne: Tout le monde a commenc\u00e9 \u00e0 se dire qu&rsquo;il fallait boucler les dossiers urgents avant le 1er juillet 2005, ou bien les reporter \u00e0 la pr\u00e9sidence autrichienne, en janvier 2006, parce que le sentiment g\u00e9n\u00e9ral est qu&rsquo;avec les Britanniques on ne pourrait rien faire de s\u00e9rieux. C&rsquo;est l\u00e0 une \u00e9volution psychologique particuli\u00e8rement int\u00e9ressante, qui a un pr\u00e9c\u00e9dent, qui est la pr\u00e9c\u00e9dente pr\u00e9sidence britannique (janvier-juillet 1998). Cette \u00e9volution psychologique conduit en g\u00e9n\u00e9ral les autres pays de l&rsquo;UE, lorsque le Royaume-Uni parvient \u00e0 une place centrale dans le processus europ\u00e9en, \u00e0 lui retirer toute confiance dans ses capacit\u00e9s \u00e0 fournir une orientation europ\u00e9enne \u00e0 cause de ses liens avec les \u00c9tats-Unis. Le r\u00e9sultat revient \u00e0 conclure que la pr\u00e9sidence britannique est une pr\u00e9sidence perdue&rsquo;, au cours de laquelle il ne faut pas esp\u00e9rer de grandes initiatives ni d&rsquo;avanc\u00e9e europ\u00e9enne significatives. D\u00e8s le mois de d\u00e9cembre, poursuit notre source, les Britanniques se sont aper\u00e7us de cette \u00e9volution et ont commenc\u00e9 \u00e0 s&rsquo;en inqui\u00e9ter tr\u00e8s s\u00e9rieusement. Mais, bien s\u00fbr, que peuvent-ils faire contre cela? Au contraire, cette prise de conscience ne fait qu&rsquo;acc\u00e9l\u00e9rer le processus. Conscients de provoquer cet effet, les Britanniques tendent \u00e0 perdre le sens de l&rsquo;initiative, ou bien ils prennent des initiatives maladroites: bref, ils en arrivent \u00e0 se conduire comme si les pr\u00e9ventions contre eux \u00e9taient justifi\u00e9es,  \u00e0 un point o\u00f9, finalement, un observateur press\u00e9 mais non exempt de bon sens conclurait qu&rsquo;elles le sont effectivement. Il est tr\u00e8s probable que la pr\u00e9sidence britannique va \u00eatre une pr\u00e9sidence de stagnation, d&rsquo;isolement et de paralysie, exactement comme fut celle de janvier-juillet 1998, qui provoqua la profonde impression d&rsquo;une situation catastrophique chez Tony Blair. Une telle perception d&rsquo;isolement en Europe impliquait pour le Premier ministre britannique que l&rsquo;un des deux piliers de sa politique (l&rsquo;activisme europ\u00e9en, \u00e0 c\u00f4t\u00e9 de l&rsquo;engagement avec les \u00c9tats-Unis) \u00e9tait branlant, sinon inexistant. La r\u00e9action de Blair fut de tenter de r\u00e9parer cette catastrophe en lan\u00e7ant une grande initiative europ\u00e9enne. C&rsquo;est de cette fa\u00e7on que naquit le processus de Saint-Malo. D\u00e8s ao\u00fbt-septembre 1998, Charles Grant, alors poisson-pilote de Blair, se mit \u00e0 \u00e9mettre des hypoth\u00e8ses et \u00e0 les soumettre \u00e0 ses correspondants en Europe, mais surtout \u00e0 Paris parce qu&rsquo;il s&rsquo;agissait d&rsquo;une initiative de d\u00e9fense. Le 23 septembre 1998, ces premiers sondages se concr\u00e9tisaient de fa\u00e7on plus publique par un article du Financial Times pr\u00e9sentant l&rsquo;id\u00e9e d&rsquo;une relance du processus de d\u00e9fense europ\u00e9enne. A l&rsquo;automne qui suivit, les contacts se multipli\u00e8rent, essentiellement avec Paris que les Britanniques consid\u00e8rent comme le seul partenaire s\u00e9rieux en Europe au niveau de la d\u00e9fense (ils ne le disent pas mais ils le savent). Cela aboutit, en novembre 1998, \u00e0 un document britannique dont certaines propositions recelaient un aspect r\u00e9volutionnaire dans le sens de la d\u00e9fense europ\u00e9enne. Le document servit de base \u00e0 l&rsquo;accord de Saint-Malo du 3 d\u00e9cembre 1998, qui \u00e9tait le deuxi\u00e8me sommet franco-anglais des rencontres biannuelles r\u00e9guli\u00e8res entre les deux pays. Ce pr\u00e9c\u00e9dent nous conduit \u00e0 faire l&rsquo;hypoth\u00e8se que si, effectivement, la pr\u00e9sidence britannique de 2005 ressemble \u00e0 celle de 1998, elle pourrait, elle devrait \u00eatre suivie d&rsquo;une initiative europ\u00e9enne britannique tentant de r\u00e9parer les d\u00e9g\u00e2ts. L&rsquo;hypoth\u00e8se doit \u00eatre d&rsquo;autant plus envisag\u00e9e que les Britanniques se trouvent aujourd&rsquo;hui bien plus engag\u00e9s avec les Am\u00e9ricains qu&rsquo;ils ne l&rsquo;\u00e9taient en 1998, \u00e0 un point o\u00f9 le r\u00e9\u00e9quilibrage europ\u00e9en s&rsquo;impose d&rsquo;autant plus. Une autre hypoth\u00e8se est que les Britanniques aillent plus vite et tentent de proposer de nouvelles initiatives pendant leur pr\u00e9sidence, toujours dans le domaine de la d\u00e9fense, pour d\u00e9bloquer ce qu&rsquo;ils percevraient comme une situation de blocage pour eux au niveau europ\u00e9en. On devrait \u00eatre tr\u00e8s vite renseign\u00e9 \u00e0 propos de la possibilit\u00e9 d&rsquo;une telle perspective.<\/em> \u00bb<\/p>\n<\/p>\n<p><\/p>\n<p><p>\tMis en ligne le 22 avril 2005 \u00e0 11H05<\/p><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Les Britanniques sont particuli\u00e8rement inquiets des perspectives des probables restrictions US sur les transferts de technologies. 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