{"id":66410,"date":"2005-05-13T00:00:00","date_gmt":"2005-05-13T00:00:00","guid":{"rendered":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/2005\/05\/13\/pas-de-plan-b-voire\/"},"modified":"2005-05-13T00:00:00","modified_gmt":"2005-05-13T00:00:00","slug":"pas-de-plan-b-voire","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/2005\/05\/13\/pas-de-plan-b-voire\/","title":{"rendered":"<strong><em>Pas de \u201cPlan B\u201d? Voire&#8230;<\/em><\/strong>"},"content":{"rendered":"<p><h2 class=\"common-article\">Pas de Plan B? Voire&#8230;<\/h2>\n<\/p>\n<p><\/p>\n<p><p>\t13 mai 2005  Les deux grands arguments <strong>politiques<\/strong> des partisans du oui en France sont de l&rsquo;ordre de la rupture. Le premier est une sp\u00e9culation dramatique, outranci\u00e8re et passionn\u00e9e, dans tous les cas d\u00e9form\u00e9e (qui ignore le vrai poids et la place de la France en Europe), sur la marginalisation de la France en Europe en cas de non. C&rsquo;est un sophisme : on ne marginalise pas dans un syst\u00e8me un composant de ce syst\u00e8me qui lui est central. Les Britanniques, montrant en cela leur finesse des affaires diplomatiques, ont fait un sort \u00e0 cette affirmation lorsqu&rsquo;une source au Foreign Office a offert cette formule : \u00ab <em>If Britain alone votes no, it is a problem for Britain. If France votes no, it is a problem for Europe.<\/em> \u00bb<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tLe deuxi\u00e8me argument des partisans du oui, contredisant d&rsquo;ailleurs en substance le premier, est qu&rsquo;il n&rsquo;existe pas de plan B pour l&rsquo;Europe (les sp\u00e9culations sur un \u00e9ventuel plan B indiquent bien qu&rsquo;un non fran\u00e7ais serait \u00ab <em>a problem for Europe<\/em> \u00bb). L&rsquo;expression plan B est h\u00e9rit\u00e9e, bien entendu, des Am\u00e9ricains, qui s&rsquo;engagent toujours dans des aventures strat\u00e9giques risqu\u00e9es avec une telle certitude de la victoire qu&rsquo;ils en oublient d&rsquo;envisager ce qu&rsquo;ils devraient faire (le plan B) au cas o\u00f9 la victoire ne serait pas au rendez-vous. Autrement dit, pour le cas europ\u00e9en : personne n&rsquo;a pr\u00e9vu ni pr\u00e9par\u00e9 quelque formule que ce soit en cas de rejet de la Constitution, dont un non fran\u00e7ais serait l&rsquo;acte essentiel.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tEn marge de ces affirmations catastrophiques, il y a eu des indications pr\u00e9cises mais auxquelles on ne s&rsquo;est pas attard\u00e9, qui leur apportent un d\u00e9menti s\u00e9rieux. La plus remarquable de ces indications fut cette r\u00e9ponse apport\u00e9e par le Commissaire europ\u00e9en Franco Frattini, en charge de la justice, de la s\u00e9curit\u00e9 et des libert\u00e9s, au <a href=\"http:\/\/www.lefigaro.fr\/referendum\/20050427.FIG0116.html\" class=\"gen\">Figaro du 26 avril<\/a> :<\/p>\n<\/p>\n<p><\/p>\n<p><p>\t\u00ab Le Figaro.  <em>Que se passera-t-il en Europe si la France vote non au r\u00e9f\u00e9rendum sur la Constitution ?<\/em><\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t\u00bb Franco Frattini.  <em>Sur le plan politique, d&rsquo;abord, ce sera bien plus grave qu&rsquo;un non britannique, car le processus d&rsquo;int\u00e9gration europ\u00e9enne va se bloquer. Ce blocage durera dix-huit mois ou plus encore. L&rsquo;Europe ne pourra pas aller plus avant sans la France. Sur le plan juridique, ensuite, le Conseil europ\u00e9en n&rsquo;a pas \u00e9voqu\u00e9 clairement les cons\u00e9quences d&rsquo;un rejet du trait\u00e9 par un ou plusieurs pays. Mais avec un non fran\u00e7ais, il sera difficile de continuer \u00e0 parler de Constitution, ou de trait\u00e9 constitutionnel. A mon avis, on va devoir rouvrir le d\u00e9bat public europ\u00e9en. Si la France, pays fondateur, vote non, cela d\u00e9montrera qu&rsquo;il y a un d\u00e9ficit de l\u00e9gitimit\u00e9 populaire en Europe. Il faudra alors engager le d\u00e9bat bien plus largement, notamment avec les Parlements nationaux.<\/em> \u00bb<\/p>\n<\/p>\n<p><\/p>\n<p><p>\tFrattini ne donne qu&rsquo;une indication g\u00e9n\u00e9rale. Il nous dit que l&rsquo;on chercherait un plan B, donc qu&rsquo;il peut y en avoir,  mais il ne nous dit pas qu&rsquo;il y en a ou qu&rsquo;on y travaille de fa\u00e7on tr\u00e8s pr\u00e9cise. C&rsquo;est sur ce dernier point que nous apportons des pr\u00e9cisions, venues de sources diplomatiques en contact constant avec la diplomatie allemande. Ces pr\u00e9cisions nous disent qu&rsquo;il y aurait d&rsquo;ores et d\u00e9j\u00e0 une grande activit\u00e9 sur le th\u00e8me d&rsquo;un plan B et que le chancelier Schr\u00f6der s&rsquo;y active.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tCes sources indiquent qu&rsquo; \u00ab <em>en cas de victoire du non en France, le chancelier Schr\u00f6der pourrait proposer une formule pour la formation d&rsquo;un noyau dur europ\u00e9en, \u00e9ventuellement en-dehors ou \u00e0 c\u00f4t\u00e9 des structures formelles de l&rsquo;UE.<\/em> \u00bb Il s&rsquo;agirait de tourner autour de la formule du sommet de Tervueren (avril 2003, r\u00e9union dans la banlieue de Bruxelles des Fran\u00e7ais, des Allemands, des Belges et des Luxembourgeois pour faire avancer la d\u00e9fense europ\u00e9enne), peut-\u00eatre en y ajoutant les Espagnols de Zapatero. Ces m\u00eames sources s&rsquo;interrogent sur la France \u00e0 ce propos, puisque son non pourrait \u00eatre per\u00e7u comme anti-europ\u00e9en,  mais cette interrogation nous semble purement formelle bien entendu. La France participerait \u00e9videmment \u00e0 une telle initiative.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tCes m\u00eames sources signalent que les Allemands ont \u00e9volu\u00e9 d&rsquo;une mani\u00e8re fondamentale du point de vue de la s\u00e9curit\u00e9. \u00ab <em>Pour la s\u00e9curit\u00e9 europ\u00e9enne, ils placent d\u00e9sormais l&rsquo;Europe en premi\u00e8re place comme cadre d&rsquo;organisation, et l&rsquo;OTAN en seconde place. Jusqu&rsquo;ici, la formule \u00e9tait invers\u00e9e, avec l&rsquo;OTAN en premi\u00e8re place.<\/em> \u00bb Pr\u00e9cision capitale : cette \u00e9volution n&rsquo;est pas le fait du seul gouvernement et de la gauche allemande. L&rsquo;opposition d\u00e9mocrate-chr\u00e9tienne y souscrit, ce qui refl\u00e8te une \u00e9volution g\u00e9n\u00e9rale de ces milieux de la droite allemande, qui prennent leurs distances de leur atlantisme traditionnel.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tUne telle formule de la recherche d&rsquo;un noyau dur europ\u00e9en a sans aucun doute la logique pour elle. La pire chose qui est arriv\u00e9e \u00e0 l&rsquo;Europe ces derni\u00e8res ann\u00e9es, c&rsquo;est l&rsquo;\u00e9largissement, qui compromet d\u00e9finitivement tout projet s\u00e9rieux d&rsquo;int\u00e9gration europ\u00e9enne, dans tous les cas dans quelques domaines importants et dans les sch\u00e9mas existants. Il est clair que l&rsquo;opposition constat\u00e9e en France \u00e0 la Constitution europ\u00e9enne s&rsquo;appuie en bonne part sur l&rsquo;opposition \u00e0 cette catastrophique initiative d&rsquo;\u00e9largissement, dont l&rsquo;effet ne cesse de s&rsquo;aggraver avec les autres adh\u00e9sions envisag\u00e9es de fa\u00e7on chaotique.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tIl est d&rsquo;autre part certain que l&rsquo;existence d&rsquo;une alternative \u00e0 la situation actuelle en cas de vote n\u00e9gatif fran\u00e7ais, surtout vers une formule de noyau dur, contribuerait, ou contribuera fortement \u00e0 rendre le vote n\u00e9gatif beaucoup plus assur\u00e9.<\/p>\n<\/p>\n<p><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Pas de Plan B? Voire&#8230; 13 mai 2005 Les deux grands arguments politiques des partisans du oui en France sont de l&rsquo;ordre de la rupture. 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