{"id":66442,"date":"2005-05-25T00:00:00","date_gmt":"2005-05-25T00:00:00","guid":{"rendered":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/2005\/05\/25\/session-de-decryptage-ce-que-washington-pense-de-ses-relations-avec-leurope-a-lheure-de-la-menace-du-non\/"},"modified":"2005-05-25T00:00:00","modified_gmt":"2005-05-25T00:00:00","slug":"session-de-decryptage-ce-que-washington-pense-de-ses-relations-avec-leurope-a-lheure-de-la-menace-du-non","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/2005\/05\/25\/session-de-decryptage-ce-que-washington-pense-de-ses-relations-avec-leurope-a-lheure-de-la-menace-du-non\/","title":{"rendered":"<strong><em>Session de d\u00e9cryptage : ce que Washington pense de ses relations avec l&rsquo;Europe \u00e0 l&rsquo;heure de la menace du \u201cnon\u201d<\/em><\/strong>"},"content":{"rendered":"<p><h2 class=\"common-article\">Session de d\u00e9cryptage : ce que Washington pense de ses relations avec l&rsquo;Europe \u00e0 l&rsquo;heure de la menace du non<\/h2>\n<\/p>\n<p><\/p>\n<p><p>\t25 mai 2005  Le petit messager John Vinocur nous ayant livr\u00e9 <a href=\"http:\/\/www.iht.com\/articles\/2005\/05\/23\/news\/politicus.php\" class=\"gen\">un texte d&rsquo;atmosph\u00e8re<\/a> sur ce qu&rsquo;on pense \u00e0 Washington de la possibilit\u00e9 d&rsquo;un non \u00e0 la Constitution, allons-y de notre travail de d\u00e9cryptage. Ainsi, <em>in illo tempore<\/em>, les kremlinologues s&rsquo;attelaient-ils \u00e0 la t\u00e2che de comprendre ce qu&rsquo;on pensait au Kremlin, \u00e0 telle ou telle occasion, avant 1985 (jusqu&rsquo;\u00e0 l&rsquo;arriv\u00e9e de Gorbatchev, l&rsquo;homme de la <em>glasnost<\/em>) ; ainsi faudrait-il officialiser le pl\u00e9onasme assez lourdingue de washingtonologue (am\u00e9ricanologue serait d&rsquo;un abord s\u00e9mantique plus sympathique mais il impliquerait les Am\u00e9ricains, ce qui serait injuste pour eux) pour mener le travail de d\u00e9cryptage de ce qu&rsquo;on pense \u00e0 Washington.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tCe texte de Vinocur est finalement assez surprenant. Nous avons tendance \u00e0 l&rsquo;appr\u00e9cier comme tr\u00e8s v\u00e9ridique, parce que les m\u00e9thodes de communication du syst\u00e8me font que, sur de tels sujets, en de telles circonstances, l&rsquo;action de d\u00e9formation de la propagande ou du virtualisme est minime. Du point de vue de ceux qui ont d\u00e9cid\u00e9 de faire l&rsquo;article, de ceux qui l&rsquo;ont fait (y compris ceux qui ont collabor\u00e9 en r\u00e9pondant aux questions du petit messager), il s&rsquo;agit bien d&rsquo;un message : il s&rsquo;agit de signifier d&rsquo;une fa\u00e7on la plus large possible ce que Washington pense de la situation en Europe \u00e0 la lumi\u00e8re de l&rsquo;\u00e9volution des perspectives (menace du non) du r\u00e9f\u00e9rendum en France (et aux Pays-Bas puisque, de plus en plus, on a tendance \u00e0 lier les deux \u00e9v\u00e9nements). Dans le chef du syst\u00e8me, cette mission d&rsquo;\u00e9valuation et d&rsquo;information est trop importante pour qu&rsquo;on la d\u00e9forme sciemment.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tEssayons de d\u00e9crypter.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t&bull; D&rsquo;abord, il n&rsquo;y a aucune joie particuli\u00e8re \u00e0 Washington pour l&rsquo;\u00e9ventuelle possibilit\u00e9, soit d&rsquo;un affrontement intra-europ\u00e9en, soit d&rsquo;une d\u00e9sunion europ\u00e9enne. Cela nous para\u00eet compl\u00e8tement vrai, et correspondre \u00e0 la complexe psychologie de l&rsquo;am\u00e9ricanisme : autant Washington d\u00e9nonce l&rsquo;Europe comme un concurrent, un faux-fr\u00e8re, un alli\u00e9 r\u00e9calcitrant ou pleutre, autant Washington complote pour d\u00e9sunir l&rsquo;Europe dans telle ou telle circonstance,  autant Washington juge paradoxalement avoir besoin d&rsquo;un partenaire stable et puissant quand on se met, dans les bureaux de l&rsquo;administration et des <em>think tank<\/em>, \u00e0 penser d&rsquo;une mani\u00e8re appuy\u00e9e et qui se veut raisonnable. Insistons sur notre conviction \u00e0 cet \u00e9gard : <strong>cela n&rsquo;est pas feint<\/strong>. L&rsquo;histoire est absolument pleine, depuis plus d&rsquo;un demi-si\u00e8cle, des manifestations de cette contradiction. D&rsquo;une fa\u00e7on g\u00e9n\u00e9rale et assez logique selon la psychologie contradictoire de l&rsquo;am\u00e9ricanisme, c&rsquo;est quand l&rsquo;Europe semble aller bien qu&rsquo;elle est d\u00e9nonc\u00e9e parce qu&rsquo;elle est crainte ; c&rsquo;est quand elle semble aller mal qu&rsquo;on appuie l&rsquo;option unitaire parce qu&rsquo;on craint alors de perdre ce partenaire stable dont on r\u00e9alise qu on a besoin.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t(Cette tendance pro-unitaire des US est \u00e9galement historique : \u00e0 la base de la construction europ\u00e9enne, on trouve , \u00e0 c\u00f4t\u00e9 des efforts des Europ\u00e9ens partisans de la chose, une volont\u00e9 am\u00e9ricaine de renforcer l&rsquo;Europe en en faisant un bloc qui serait un partenaire, une puissance compl\u00e9mentaire [et, on l&rsquo;esp\u00e8re, ob\u00e9issante] de la puissance US, et, on l&rsquo;esp\u00e8re \u00e9galement, l&rsquo;agr\u00e9able se joignant \u00e0 l&rsquo;utile, un grand march\u00e9 o\u00f9 les complications europ\u00e9ennes qui sont le casse-t\u00eate des investisseurs yankees pourraient \u00eatre r\u00e9duites. Le Plan Marshall fut lanc\u00e9 pour unir l&rsquo;Europe autant que pour la relever \u00e9conomiquement.)<\/p>\n<\/p>\n<p><\/p>\n<p><p>\tVinocur : \u00ab <em>European credulity can be challenged or even offended when the Americans insist a self-confident and united partner is preferable to a stumbling, negative, self-obsessed one.<\/em><\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t\u00bb <em>But officially, and in truth, there will be no flush of schadenfreude in Washington if the referendums in France on Sunday and then in the Netherlands on June 1 are voted down in demonstrations of democracy&rsquo;s eternal contrariness. (Although very private, off-message titters, perhaps 30 seconds&rsquo; worth, may be tolerated in certain quarters here.)<\/em><\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t\u00bb <em>For one thing, a negative outcome requiring Europe to rethink its future path very likely means slowing down the entry process of Turkey and Ukraine into the EU &#8211; both projects for Europe&rsquo;s future that the Americans stand behind. The more advanced candidacies of Romania and Bulgaria, both Bush administration buddies, could falter too. All this does not go in the direction of the administration&rsquo;s notion that an enlarged, coherent EU partner is actually its best possible European play.<\/em> \u00bb<\/p>\n<\/p>\n<p><\/p>\n<p><p>\t&bull; Une deuxi\u00e8me attitude disant que, finalement, rien ne changera, que ce soit oui ou non, est r\u00e9sum\u00e9e par cette phrase: \u00ab <em>Still, in terms of American policy, a high administration official said that relations with Europe won&rsquo;t change that much as a result of the referendums, whatever happens.<\/em> \u00bb Cette attitude est explicit\u00e9e de deux fa\u00e7ons, qui correspondent \u00e0 deux humeurs particuli\u00e8res du syst\u00e8me.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t&bull; La premi\u00e8re est que cela ne changera pas grand&rsquo;chose parce que, de toutes les fa\u00e7ons, l&rsquo;Europe ne compte plus gu\u00e8re. C&rsquo;est la r\u00e9action un peu m\u00e9prisante de l&rsquo;<em>hubris<\/em> am\u00e9ricain, particuli\u00e8rement actif \u00e0 l&rsquo;encontre des Am\u00e9ricains. \u00ab <em>If the possible existence of an EU Contingency Plan B in the event the constitution is voted down makes for heavy debate in Europe, there just isn&rsquo;t a just-in-case scenario on Washington&rsquo;s side. Not worth the effort. Don&rsquo;t necessarily call this disdain; rather, the reality here these days is that Europe constitutes a subordinate, less-than-central issue.<\/em> \u00bb<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t&bull; La deuxi\u00e8me explication est la plus int\u00e9ressante et la plus fondamentale : la conviction US est qu&rsquo;une certaine hostilit\u00e9 et une m\u00e9sentente de perception fondamentale engendrant une s\u00e9paration de substance des strat\u00e9gies europ\u00e9enne et am\u00e9ricaine caract\u00e9risent d\u00e9sormais en substance les rapports USA-Europe. Curieusement, les Am\u00e9ricains se rapprochent ainsi de la r\u00e9alit\u00e9 d&rsquo;influence de la situation europ\u00e9enne, contre les r\u00e9alit\u00e9s de comptabilit\u00e9 qu&rsquo;ils ne cessent eux-m\u00eames de brandir. Cela signifie qu&rsquo;ils donnent une dimension europ\u00e9enne \u00e0 l&rsquo;opposition du couple franco-allemand (qui r\u00e9unit 4 \u00e0 5 pays sur 25) et une dimension anecdotique aux 18 pays de l&rsquo;UE (10 \u00e0 l&rsquo;Est, 8 \u00e0 l&rsquo;Ouest) qu&rsquo;ils avaient r\u00e9ussi \u00e0 r\u00e9unir en soutien de leur politique irakienne en janvier f\u00e9vrier 2003.<\/p>\n<\/p>\n<p><\/p>\n<p><p>\t\u00ab <em>Basically, what I&rsquo;d say, based on conversations last week, is that America doesn&rsquo;t see the probability of a shift in European strategic attitudes as a result of the referendums. Indeed, like the Europeans, the day after a negative vote the Bush administration would be faced with insisting that everything in Europe was fine, nothing had changed, and that the EU&rsquo;s trans-Atlantic relations were a brilliant example of mature continuity.<\/em><\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t\u00bb <em>On Europe&rsquo;s notional place in the world, the fact is the administration, quite rightly, can&rsquo;t imagine a new, chastened tone emerging that would differ from Chirac or Schr\u00f6der&rsquo;s current honk on their distance from the United States. Or find any sudden European interest in completely abandoning its still possible arms sales to China, or in telling North Korea to behave, or insisting to the Chinese that they push the North Koreans in the direction of reason.<\/em><\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t\u00bb <em>Just the same, the administration is taking aim at the accusation that it is openly contemptuous of a Europe it&rsquo;s seen to regard as unable to face strategic problems beyond its front yard. Or, for those who consider that contempt reasonable, rebutting the charge the United States is insufficiently subtle to entice Europe to a higher level of involvement on the widest strategic questions.<\/em> \u00bb<\/p>\n<\/p>\n<p><\/p>\n<p><p>\tNotre conclusion: de fa\u00e7on assez inattendue mais finalement pas illogique, les probl\u00e8mes de l&rsquo;Europe sont, pour les Am\u00e9ricains, l&rsquo;occasion de comptabiliser leurs propres querelles avec les Europ\u00e9ens et de les juger in\u00e9luctables, en m\u00eame temps que de pr\u00e9coniser une attitude r\u00e9aliste et m\u00eame attentiste impliquant de ne pas tenter de profiter de ou d&rsquo;accentuer les divisions europ\u00e9ennes. C&rsquo;est une attitude qui rappelle la politique am\u00e9ricaine de l&rsquo;<em>apeasment<\/em> avec l&rsquo;URSS, pendant la Guerre froide. (On sait qu&rsquo;on ne se r\u00e9conciliera pas avec l&rsquo;URSS mais on la m\u00e9nage et on participe m\u00eame \u00e0 la consolidation de sa stabilit\u00e9 pour stabiliser les relations qu&rsquo;on a avec elle.) Il n&rsquo;est pas interdit de juger cela ironique.<\/p>\n<\/p>\n<p><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Session de d\u00e9cryptage : ce que Washington pense de ses relations avec l&rsquo;Europe \u00e0 l&rsquo;heure de la menace du non 25 mai 2005 Le petit messager John Vinocur nous ayant livr\u00e9 un texte d&rsquo;atmosph\u00e8re sur ce qu&rsquo;on pense \u00e0 Washington de la possibilit\u00e9 d&rsquo;un non \u00e0 la Constitution, allons-y de notre travail de d\u00e9cryptage. 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