{"id":66534,"date":"2005-06-23T00:00:00","date_gmt":"2005-06-23T00:00:00","guid":{"rendered":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/2005\/06\/23\/notes-sur-un-coup-detat-permanent\/"},"modified":"2005-06-23T00:00:00","modified_gmt":"2005-06-23T00:00:00","slug":"notes-sur-un-coup-detat-permanent","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/2005\/06\/23\/notes-sur-un-coup-detat-permanent\/","title":{"rendered":"Notes sur un \u201ccoup d&rsquo;Etat permanent\u201d"},"content":{"rendered":"<p><h2 class=\"titleset_a.deepblue\" style=\"color:#0f3955; font-size:2em\">Notes sur un \u00ab\u00a0coup d&rsquo;Etat permanent\u00a0\u00bb<\/h2>\n<\/p>\n<p><p>Pr\u00e9sent\u00e9 comme \u00ab\u00a0<em>Senior Specialist in american National Government<\/em>\u00ab\u00a0, expert du CRS (Congressional Research Service) de la Library of Congress, fonctionnaire d\u00e9pendant du GAO (Government Accounting Office), Lou Fisher \u00e9tait de passage \u00e0 Bruxelles le 15 juin, \u00e0 l&rsquo; Institut Royal des Relations Internationales (IRRI). Il a parl\u00e9 sur ce th\u00e8me : &laquo; <em>From Presidential Wars to American Hegemony : The Constitution After 9\/11.<\/em> &raquo; (Voir <a class=\"gen\" href=\"http:\/\/www.irri-kiib.be\/speechnotes.htm\">sur le site IRRI<\/a> les notes de l&rsquo;Institut sur la conf\u00e9rence.)<\/p>\n<\/p>\n<p><p>Le sujet abord\u00e9 par Fisher est d&rsquo;un particulier int\u00e9r\u00eat. Nous avons eu suffisamment d&rsquo;\u00e9chos, tant de la conf\u00e9rence que d&rsquo;entretiens informels avec Fisher, pour proposer une analyse de la situation constitutionnelle actuelle \u00e0 Washington. Fisher s&rsquo;est montr\u00e9 extr\u00eamement ouvert, avec peu de restriction dans ses propos, &mdash; ce qui appara&icirc;t comme inhabituel, par rapport aux habitudes europ\u00e9ennes impos\u00e9es aux fonctionnaires, notamment des domaines de politique de s\u00e9curit\u00e9 nationale. Fisher a \u00e9t\u00e9 Interrog\u00e9 sur ce comportement (une question de l&rsquo;assistance : &laquo; <em>Comment un employ\u00e9 du Congr\u00e8s peut-il \u00eatre aussi s\u00e9v\u00e8re sur les disfonctionnements constitutionnels am\u00e9ricains sans \u00eatre mis professionnellement en difficult\u00e9?<\/em> &raquo;). En a parte , il explique qu&rsquo;effectivement sa &laquo; <em>libert\u00e9 de parole est totale<\/em> &raquo; mais qu&rsquo;il mettrait tout de m\u00eame deux restrictions:<\/p>\n<\/p>\n<p><p>&bull; Ce qui n&rsquo;est pas tol\u00e9r\u00e9, c&rsquo;est une mise en cause directe et formelle de personnalit\u00e9s du gouvernement, essentiellement le Pr\u00e9sident.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>&bull; Il peut \u00eatre licenci\u00e9 sur le champ, sans un mot d&rsquo;explication.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>Il s&rsquo;agit bien d&rsquo;une situation am\u00e9ricaine, caract\u00e9ris\u00e9e par des extr\u00eames. La libert\u00e9 de parole est en effet totale. Elle doit \u00eatre plac\u00e9e dans le cadre de la n\u00e9cessit\u00e9 de la libert\u00e9, qui est un fondement des structures am\u00e9ricanistes. Une fois pass\u00e9e l&rsquo;\u00e9motion bien compr\u00e9hensible chez nos commentateurs europ\u00e9ens devant ce qui para&icirc;t \u00eatre une proclamation extraordinaire de la vertu en-soi, il s&rsquo;agit de revenir aux r\u00e9alit\u00e9s. La plus terre-\u00e0-terre et aussi le plus significative est celle-ci: cette libert\u00e9-l\u00e0 est une n\u00e9cessit\u00e9 \u00e9conomique autant qu&rsquo;un moyen d&#8217;emp\u00eacher que ne s&rsquo;installe un gouvernement de type r\u00e9galien qui pourrait, notamment, imposer une vision de l&rsquo;int\u00e9r\u00eat public sup\u00e9rieure \u00e0 la somme de tous les int\u00e9r\u00eats particuliers.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>Pour l&rsquo;unicit\u00e9 de pens\u00e9e et de r\u00e9flexion, c&rsquo;est-\u00e0-dire l&rsquo;habilet\u00e9 n\u00e9cessaire pour ne pas \u00ab\u00a0d\u00e9passer les bornes\u00a0\u00bb (il y en a, et de fameuses) dans l&rsquo;usage de cette libert\u00e9, on compte sur le conformisme de fer qui caract\u00e9rise le syst\u00e8me. Il s&rsquo;av\u00e8re en effet que Mr. Lou Fisher peut \u00eatre licenci\u00e9 du jour au lendemain sans pr\u00e9avis ni explication ; ce n&rsquo;est pas violer la libert\u00e9 mais cela aide \u00e0 comprendre l&rsquo;int\u00e9r\u00eat o&ugrave; l&rsquo;on se trouve de ne pas d\u00e9passer les bornes ; cela aide \u00e0 mesurer la n\u00e9cessit\u00e9 du respect du conformisme.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>Si, pourtant, l&rsquo;on distingue dans tel ou tel propos, notamment de Lou Fisher, une audace proche de d\u00e9passer la borne principale, et qu&rsquo;il est demain toujours en place, on aura une bonne indication de l&rsquo;\u00e9tat assez pitoyable du syst\u00e8me, de son avancement dans la d\u00e9cadence. Le d\u00e9sordre qui en r\u00e9sulte, qui fait qu&rsquo;on ne veille plus au grain comme on faisait avant, permet de passer sous les balles&hellip; (C&rsquo;est une image.)<\/p>\n<\/p>\n<p><h3 class=\"subtitleset_b.deepblue\" style=\"color:#0f3955; font-size:1.65em; font-variant:small-caps\">&Eacute;tat des lieux constitutionnels<\/h3>\n<\/p>\n<p><p>La pr\u00e9sidence est entr\u00e9e, avec Franklin Delano Roosevelt (FDR, pr\u00e9sident de 1933 \u00e0 1945), dans une \u00e8re de transformation sans pr\u00e9c\u00e9dent, qui a conduit \u00e0 une pr\u00e9\u00e9minence absolue de l&rsquo;ex\u00e9cutif sur le l\u00e9gislatif. C&rsquo;est une situation en contradiction formelle avec les intentions des l\u00e9gislateurs des origines (les <em>Founding Fathers<\/em>). Cette situation, que Arthur Schlesinger avait qualifi\u00e9e de \u00ab\u00a0Pr\u00e9sidence imp\u00e9riale\u00a0\u00bb, n&rsquo;a fait que s&rsquo;accro&icirc;tre (s&rsquo;aggraver). Elle atteint aujourd&rsquo;hui un degr\u00e9 de tr\u00e8s grande acuit\u00e9.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>Nous ajouterons pour notre part une remarque importante. Selon notre analyse, le tournant de FDR vers la \u00ab\u00a0pr\u00e9sidence imp\u00e9riale\u00a0\u00bb s&rsquo;est fait dans des conditions tr\u00e8s particuli\u00e8res. Nous avons accept\u00e9, comme \u00e0 la fois logique et de bon sens, l&rsquo;interpr\u00e9tation de Thomas Fleming, dans <em>The New Dealer&rsquo;s War<\/em>, dont <a class=\"gen\" href=\"http:\/\/www.dedefensa.org\/article.php?art_id=561\">une recension se trouve par ailleurs sur ce site<\/a>. Ci-dessous, nous en reproduisons le passage qui concerne les circonstances de cet aspect de la pr\u00e9sidence de FDR.<\/p>\n<\/p>\n<blockquote class=\"normal\" style=\"font-size:1.05em\">\n<p><p>&laquo; <em>Fleming remonte aux sources \u00e9galement, <\/em>[&hellip;] <em>: pourquoi FDR voulait-il la guerre ? Pour cela, nous remontons en novembre 1936 et \u00e0 la premi\u00e8re r\u00e9\u00e9lection de FDR. Ce fut un triomphe, un v\u00e9ritable pl\u00e9biscite (11 millions de voix d&rsquo;avance). La situation int\u00e9rieure du pr\u00e9sident \u00e9tait pourtant catastrophique : la crise \u00e9conomique repartait de plus belle et, surtout, la Cour Supr\u00eame d\u00e9clarait inconstitutionnelles les diverses mesures du New Deal, les unes apr\u00e8s les autres. Fort de son appui populaire mais accul\u00e9 par l&rsquo;attaque de la Cour, FDR tenta un coup de force, un v\u00e9ritable \u00ab\u00a0coup d&rsquo;\u00e9tat constitutionnel\u00a0\u00bb. En mars 1937, il proposa au Congr\u00e8s une loi qui transf\u00e9rait nombre des pouvoirs de la Cour \u00e0 la pr\u00e9sidence. L&rsquo;instant est capital, et FDR croit l&#8217;emporter en s&rsquo;appuyant sur un Congr\u00e8s \u00e0 forte majorit\u00e9 d\u00e9mocrate. Mais il s&rsquo;agit d&rsquo;une affaire d&rsquo;\u00e9quilibre de pouvoir, pas de politique partisane. Une partie importante des d\u00e9mocrates vote contre le pr\u00e9sident. Sa loi est repouss\u00e9e. Le pr\u00e9sident est humili\u00e9, r\u00e9duit \u00e0 sa position d\u00e9fensive par une d\u00e9faite qui le prive de tout soutien politique s\u00e9rieux. Politiquement, sur la sc\u00e8ne politique int\u00e9rieure, FDR est un homme fini. C&rsquo;est \u00e0 ce moment, entre mars et septembre 1937 (son premier grand discours de politique ext\u00e9rieure \u00ab\u00a0interventionniste\u00a0\u00bb, \u00e0 Chicago) qu&rsquo;il effectue un tournant complet en orientant une part essentielle de son int\u00e9r\u00eat politique vers la politique ext\u00e9rieure et lance sa croisade anti-fasciste qui culminera avec l&rsquo;entr\u00e9e en guerre de 1941. Le pr\u00e9sident fini, estime Fleming, a choisi la seule voie de survie : s&rsquo;affirmer dans le seul domaine o&ugrave; aucun autre pouvoir am\u00e9ricain ne peut contester le sien, &mdash; la politique ext\u00e9rieure. (Cette attitude est universelle dans la R\u00e9publique am\u00e9ricaine. Clinton fit de m\u00eame en 1994-95 : les d\u00e9mocrates mis en minorit\u00e9 au Congr\u00e8s par les \u00e9lections de novembre 1994, dans l&rsquo;impossibilit\u00e9 d&rsquo;imposer son programme int\u00e9rieur, il se tourna \u00e0 partir du printemps 1995 vers la politique ext\u00e9rieure d&rsquo;h\u00e9g\u00e9monie. Cela commen\u00e7a par l&rsquo;intervention US\/OTAN en Bosnie en ao&ucirc;t-septembre 1995.)<\/em> &raquo;<\/p>\n<\/p>\n<\/blockquote>\n<p><p>En ce sens et de fa\u00e7on tr\u00e8s pr\u00e9cise, c&rsquo;est-\u00e0-dire historiquement r\u00e9v\u00e9lateur, la \u00ab\u00a0pr\u00e9sidence imp\u00e9riale\u00a0\u00bb est un produit paradoxal du syst\u00e8me, et peut-\u00eatre une vengeance de l&rsquo;Histoire puisque ce type de pr\u00e9sidence porte (\u00e0 notre sens) la mort de la Grande R\u00e9publique. (Cela, Mr. Lou Fisher ne le dit pas mais rien dans ce qu&rsquo;il nous dit ne contredit l&rsquo;hypoth\u00e8se.) La \u00ab\u00a0pr\u00e9sidence imp\u00e9riale\u00a0\u00bb a \u00e9t\u00e9 mise en place en s&rsquo;appuyant sur la politique ext\u00e9rieure et en se justifiant au nom de cette politique ext\u00e9rieure, parce que le pr\u00e9sident \u00e9tait fini sur le plan int\u00e9rieur, donc fini selon les conceptions du syst\u00e8me.<\/p>\n<\/p>\n<p><h3 class=\"subtitleset_b.deepblue\" style=\"color:#0f3955; font-size:1.65em; font-variant:small-caps\">&Eacute;tat des lieux constitutionnels (suite)<\/h3>\n<\/p>\n<p><p>Lou Fisher raconte, entre amis, une anecdote. Elle fixe aussi bien l&rsquo;affection et le respect o&ugrave; est tenue la Constitution aujourd&rsquo;hui (un aujourd&rsquo;hui qui remonte \u00e0 avant 9\/11 et GW), que la qualit\u00e9 des gens qui sont capables de l&rsquo;interpr\u00e9ter et de l&rsquo;appliquer.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>Le jour o&ugrave; l&rsquo;OTAN \u00ab\u00a0d\u00e9cida\u00a0\u00bb l&rsquo;attaque contre la Serbie et le Kosovo, en mars 1999, les cheveux de Lou Fisher se dress\u00e8rent sur sa t\u00eate, &mdash; d&rsquo;o&ugrave; les guillemets du verbe \u00ab\u00a0d\u00e9cider\u00a0\u00bb. O&ugrave; a-t-on vu que les USA puissent \u00ab\u00a0d\u00e9cider\u00a0\u00bb d&rsquo;une attaque contre un pays \u00e9tranger au travers d&rsquo;un simple vote d&rsquo;une organisation internationale dont ils font partie? Le lendemain, le New York <em>Times<\/em> publia en premi\u00e8re page une longue analyse d&rsquo;une journaliste, vantant la d\u00e9cision de l&rsquo;OTAN en long, en large et en travers. Fisher connaissait cette journaliste. Il lui t\u00e9l\u00e9phona pour lui faire remarquer qu&rsquo;elle chantait les louanges d&rsquo;une d\u00e9cision qui, pour les Etats-Unis, \u00e9tait totalement inconstitutionnelle. Seul le Congr\u00e8s peut prendre une telle d\u00e9cision. Une longue discussion s&rsquo;ensuivit, \u00e0 l&rsquo;issue de laquelle la journaliste admit le bien-fond\u00e9 des arguments de Fisher. A quelques temps de l\u00e0, la m\u00eame journaliste publia un nouvel article, un peu perdu dans les pages int\u00e9rieures du NYT. Associ\u00e9e \u00e0 un autre journaliste, elle y reconnaissait que, apr\u00e8s tout, la d\u00e9cision de l&rsquo;OTAN \u00e9tait, du point de vue l\u00e9gislatif am\u00e9ricain, assez suspecte.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>A quelques temps de l\u00e0, Fisher alla voir le s\u00e9nateur Tom Daschle, d\u00e9mocrate et chef du groupe d\u00e9mocrate au S\u00e9nat, pour lui parler de cette affaire et lui exposer que cette intervention, dans les conditions o&ugrave; elle avait eu lieu, n&rsquo;\u00e9tait rien qu&rsquo;un viol grossier de la Constitution. Daschle ne se laissa pas convaincre. Il discuta f\u00e9rocement l&rsquo;argument de Fisher. Enfin, pour couper court, il alla dans ses archives et sortit triomphalement ce qu&rsquo;il jugea \u00eatre l&rsquo;argument supr\u00eame : le premier article du NYT du jour de la d\u00e9cision de l&rsquo;OTAN, qui louait avec enthousiasme la d\u00e9cision de l&rsquo;OTAN.<\/p>\n<\/p>\n<blockquote class=\"normal\" style=\"font-size:1.05em\">\n<p><p>Fisher observe : &laquo; <em>Au Congr\u00e8s, aujourd&rsquo;hui, combien y a-t-il de parlementaires capables de comprendre la situation constitutionnelle : dix ? Douze ? Non, dix au maximum&hellip;<\/em> &raquo;<\/p>\n<\/p>\n<\/blockquote>\n<p><p>La fonction essentielle du Congr\u00e8s d&rsquo;assurer un pouvoir constitutionnel au moins \u00e9quivalent \u00e0 celui de l&rsquo;Ex\u00e9cutif est r\u00e9duite \u00e0 n\u00e9ant. Pire, m\u00eame : selon Fisher,<\/p>\n<\/p>\n<blockquote class=\"normal\" style=\"font-size:1.05em\">\n<p><p>&laquo; <em>le S\u00e9nat joue<\/em> <em>le r\u00f4le de suppl\u00e9tif de l&rsquo;Ex\u00e9cutif, face \u00e0 la Chambre qui est compl\u00e8tement marginalis\u00e9e. Le S\u00e9nat estime que son r\u00f4le, au Congr\u00e8s, est d&rsquo;appuyer l&rsquo;Ex\u00e9cutif.<\/em> &raquo;<\/p>\n<\/p>\n<\/blockquote>\n<p><h3 class=\"subtitleset_b.deepblue\" style=\"color:#0f3955; font-size:1.65em; font-variant:small-caps\">De d\u00e9cadence en d\u00e9cadence<\/h3>\n<\/p>\n<p><p>Certes, cette situation d\u00e9crite par Fisher a \u00e9t\u00e9 fortement aggrav\u00e9e par le 11 septembre 2001 et ce qui a suivi, qui a ajout\u00e9 la conjoncture \u00e0 une d\u00e9cadence structurelle du corps l\u00e9gislatif, jusqu&rsquo;\u00e0 une situation ressemblant \u00e0 une caricature des exigences constitutionnelles am\u00e9ricaines.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>Actuellement, les choses sont en train de changer. L&rsquo;\u00e9tat d&rsquo;esprit se dur\u00e7it (contre l&rsquo;Ex\u00e9cutif), \u00e0 mesure que l&rsquo;opposition du public \u00e0 la guerre en Irak grandit. L&rsquo;aventure de John Bolton, dont la nomination (comme ambassadeur US \u00e0 l&rsquo;ONU) annonc\u00e9e le 9 f\u00e9vrier <a class=\"gen\" href=\"http:\/\/www.dedefensa.org\/article.php?art_id=1673\">tra&icirc;ne devant le S\u00e9nat<\/a> depuis le 9 mars t\u00e9moigne de ce durcissement.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>Sur le fond des choses, estime Fisher, le bipartisme n&rsquo;existe quasiment plus. S&rsquo;ils avaient \u00e9t\u00e9 au pouvoir lors de l&rsquo;attaque du 11 septembre, les d\u00e9mocrates n&rsquo;auraient pas fait mieux que les r\u00e9publicains. Ils sont terroris\u00e9 par l&rsquo;id\u00e9e que le public peut les percevoir comme \u00ab\u00a0<em>soft on national security and defense<\/em>\u00ab\u00a0, selon l&rsquo;expression g\u00e9n\u00e9ralement utilis\u00e9e: surtout ne pas para&icirc;tre moins dur que les R\u00e9publicains et autres faucons. Dans cette conjoncture, ajoute Fisher,<\/p>\n<\/p>\n<blockquote class=\"normal\" style=\"font-size:1.05em\">\n<p><p>&laquo; <em>les R\u00e9publicains sont d\u00e9termin\u00e9s \u00e0 faire tout ce qu&rsquo;il est possible de faire pour conserver le pouvoir pendant 25 ans<\/em> &raquo;.<\/p>\n<\/p>\n<\/blockquote>\n<p><p>Une br\u00e8ve conclusion serait alors que ce syst\u00e8me, d\u00e9cadent et perverti depuis le tournant de FDR et de sa \u00ab\u00a0pr\u00e9sidence imp\u00e9riale\u00a0\u00bb, est d\u00e9sormais largement entr\u00e9 dans une phase d&rsquo;une nouvelle d\u00e9cadence. La vision est particuli\u00e8rement sombre. Il faut observer qu&rsquo;elle correspond \u00e0 l&rsquo;humeur g\u00e9n\u00e9rale qu&rsquo;on peut percevoir dans les canaux alternatifs d&rsquo;information, notamment sur Internet, qui sont seuls capables de nous donner une image acceptable de la situation (la grande presse officielle donnant une image compl\u00e8tement \u00e9dulcor\u00e9e, selon les n\u00e9cessit\u00e9s de la propagande du r\u00e9gime).<\/p>\n<\/p>\n<p><h3 class=\"subtitleset_b.deepblue\" style=\"color:#0f3955; font-size:1.65em; font-variant:small-caps\">Interrogation sur la d\u00e9cadence<\/h3>\n<\/p>\n<p><p>Fisher se garde bien de r\u00e9pondre \u00e0 la question de s&rsquo;interroger sur les causes fondamentales de cette situation, de cette \u00e9volution. C&rsquo;est une question d\u00e9licate. Elle implique une plong\u00e9e en profondeur dans les arcanes du syst\u00e8me, avec la possibilit\u00e9 de d\u00e9couvertes qui pourraient s&rsquo;av\u00e9rer irr\u00e9m\u00e9diablement d\u00e9courageantes et dangereusement d\u00e9stabilisantes.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>Tentons de d\u00e9velopper une hypoth\u00e8se<\/p>\n<\/p>\n<p><p>Quoiqu&rsquo;on pense des vertus th\u00e9oriques et structurelles de l&rsquo;am\u00e9ricanisme, il faut observer que, d\u00e8s l&rsquo;origine, la Grande R\u00e9publique est marqu\u00e9e par des tares qui n&rsquo;ont jamais \u00e9t\u00e9 r\u00e9duites. La fameuse lettre de Jefferson \u00e0 Washington, au printemps 1791 (cette lettre est une r\u00e9f\u00e9rence du parti d\u00e9mocrate qui sera cr\u00e9\u00e9 plus d&rsquo;un demi-si\u00e8cle plus tard) d\u00e9nonce d\u00e9j\u00e0 la corruption des \u00e9lus, l&rsquo;interf\u00e9rence des groupes d&rsquo;int\u00e9r\u00eat, etc. Cette situation ne cessera jamais. A sa mort, en 1825, les derniers mots du m\u00eame Jefferson sont : &laquo; <em>Tout, tout est perdu.<\/em> &raquo;. La corruption de l&rsquo;administration Lincoln pendant la guerre de S\u00e9cession est connue, avec un ministre de la Guerre mettant en place une strat\u00e9gie de transport par chemin de fer alors qu&rsquo;il reste un membre actif de la plus importante soci\u00e9t\u00e9 de chemin de fer. Quinze ans plus tard, la corruption du pr\u00e9sident Grant est un des sommets du syst\u00e8me. L&rsquo;action des grands <em>trusts<\/em>, des archi-millionnaires qui contr\u00f4lent le gouvernement, de Wall Street, de Hollywood, etc, tout cela parcourt l&rsquo;histoire des USA. Finalement, GW et Enron ne font que suivre la tradition. De ce c\u00f4t\u00e9, il n&rsquo;y a pas vraiment d\u00e9cadence puisqu&rsquo;au d\u00e9part il n&rsquo;y a pas vertu.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>Alors, quelle d\u00e9cadence?<\/p>\n<\/p>\n<p><p>Il semble que le passage \u00e0 une \u00ab\u00a0pr\u00e9sidence imp\u00e9riale\u00a0\u00bb (FDR) soit le point fondamental, et le fait qu&rsquo;il ait \u00e9t\u00e9 v\u00e9cu \u00e0 l&rsquo;int\u00e9rieur comme une d\u00e9faite du pr\u00e9sident (quelle qu&rsquo;ait \u00e9t\u00e9 la suite) alors que les historiens, et surtout le regard ext\u00e9rieur aux USA le virent ensuite comme un triomphe montre la diff\u00e9rence de situation aux USA m\u00eame par rapport \u00e0 notre perception. L&rsquo;hypoth\u00e8se qu&rsquo;on peut avancer est qu&rsquo;une Am\u00e9rique stable \u00e9tait essentiellement une Am\u00e9rique referm\u00e9 sur elle-m\u00eame, avec le syst\u00e8me en fonctionnement interne et en circuit ferm\u00e9, avec des exp\u00e9ditions externes limit\u00e9es, comme c&rsquo;\u00e9tait le cas <em>grosso modo<\/em> jusqu&rsquo;\u00e0 FDR. Dans cette situation, la Constitution, qui est l&rsquo;armature essentielle du syst\u00e8me, \u00e9tait respect\u00e9e. A partir de la \u00ab\u00a0pr\u00e9sidence imp\u00e9riale\u00a0\u00bb, la mise \u00e0 mal de la Constitution devenait in\u00e9vitable, avec le r\u00f4le de l&rsquo;Ex\u00e9cutif supplantant n\u00e9cessairement le l\u00e9gislatif.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>Le probl\u00e8me des USA est que toute la coh\u00e9sion et l&rsquo;architecture du syst\u00e8me sont fond\u00e9es sur la Constitution. Ce pays n&rsquo;a aucune des traditions et racines historiques qui installent une situation r\u00e9galienne o&ugrave; l&rsquo;\u00e9quilibre de la nation peut \u00eatre assur\u00e9e, voire garantie par d&rsquo;autres voies qu&rsquo;un texte qui peut \u00eatre, lui au contraire, interpr\u00e9t\u00e9, tourn\u00e9, chang\u00e9 dans sa perception. Le point essentiel de l&rsquo;Am\u00e9rique est l\u00e0. Sa d\u00e9cadence commence d\u00e8s lors que la situation g\u00e9n\u00e9rale implique n\u00e9cessairement une attaque contre le fondement du syst\u00e8me qu&rsquo;est la Constitution. La \u00ab\u00a0pr\u00e9sidence imp\u00e9riale\u00a0\u00bb implique cela <em>de facto<\/em>. La Deuxi\u00e8me Guerre mondiale et la Guerre froide, par l&rsquo;\u00e9normit\u00e9 des enjeux, ont masqu\u00e9 le ph\u00e9nom\u00e8ne, notamment en imposant une unit\u00e9 de vues Ex\u00e9cutif-L\u00e9gislatif sur le fait m\u00eame. Maintenant, le motif m\u00eame de la d\u00e9cadence du syst\u00e8me est en pleine lumi\u00e8re. Le \u00ab\u00a0coup d&rsquo;&Eacute;tat\u00a0\u00bb, comme disait Mitterrand, est permanent, au su et au vu de tous.<\/p><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Notes sur un \u00ab\u00a0coup d&rsquo;Etat permanent\u00a0\u00bb Pr\u00e9sent\u00e9 comme \u00ab\u00a0Senior Specialist in american National Government\u00ab\u00a0, expert du CRS (Congressional Research Service) de la Library of Congress, fonctionnaire d\u00e9pendant du GAO (Government Accounting Office), Lou Fisher \u00e9tait de passage \u00e0 Bruxelles le 15 juin, \u00e0 l&rsquo; Institut Royal des Relations Internationales (IRRI). 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