{"id":66621,"date":"2005-07-22T00:00:00","date_gmt":"2005-07-22T00:00:00","guid":{"rendered":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/2005\/07\/22\/retour-sur-la-stealth-technology-i\/"},"modified":"2005-07-22T00:00:00","modified_gmt":"2005-07-22T00:00:00","slug":"retour-sur-la-stealth-technology-i","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/2005\/07\/22\/retour-sur-la-stealth-technology-i\/","title":{"rendered":"Retour sur la <em>stealth technology<\/em>\u00a0 (I)"},"content":{"rendered":"<p><h2 class=\"titleset_a.deepblue\" style=\"color:#0f3955; font-size:2em\">Retour sur la <em>stealth technology<\/em>  (I)<\/h2>\n<\/p>\n<p><p>Comme <a class=\"gen\" href=\"http:\/\/www.dedefensa.org\/choix.php?link_id=5683&#038;comm=1\">on le voit par ailleurs<\/a>, la \u00ab\u00a0stealth technology\u00a0\u00bb est toujours (\u00e0 nouveau) mise en cause. C&rsquo;est une occasion pour revenir sur le concept.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>(NDLR : sacrifiant \u00e0 la gloire d&rsquo;un concept, nous utilisons le terme US de stealth technology d&rsquo;une fa\u00e7on courante, apr\u00e8s un premier guillemet. L&rsquo;\u00e9norme publicit\u00e9 faite autour du concept autorise cette d\u00e9rogation \u00e0 nos principes sacr\u00e9s. En fran\u00e7ais, il s&rsquo;agit de \u00ab\u00a0la technologie furtive\u00a0\u00bb. \u00ab\u00a0<em>Stealth<\/em>\u00a0\u00bb est assez universellement connu comme un mythe aussi bien que comme une soi-disant r\u00e9alit\u00e9, et le mot \u00ab\u00a0stealth\u00a0\u00bb \u00e9voquant justement ce mythe, pour que nous soyons renforc\u00e9s dans ce choix risqu\u00e9. Nous nous permettrons donc d&rsquo;utiliser \u00ab\u00a0stealth technology\u00a0\u00bb en langage courant, sans le signaler de quelque fa\u00e7on que ce soit, comme les Anglo-Am\u00e9ricains font tr\u00e8s souvent de mots et d&rsquo;expressions fran\u00e7aises.)<\/p>\n<\/p>\n<p><p>Dans ce texte, nous pr\u00e9sentons un historique rapide de l&rsquo;entr\u00e9e de la stealth technology dans le temple sacr\u00e9 de la bureaucratie am\u00e9ricaine. Il s&rsquo;agit de la version fran\u00e7aise d&rsquo;une <em>Analyse<\/em> paru dans le num\u00e9ro de mai 2002 (n&deg;51) de <em>Context<\/em>, et figurant <a class=\"gen\" href=\"http:\/\/www.dedefensa.org\/article.php?art_id=256\">par ailleurs sur ce site, dans sa version anglaise<\/a>.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>______________________________<\/p>\n<\/p>\n<\/p>\n<p><h2 class=\"titleset_a.deepblue\" style=\"color:#0f3955; font-size:2em\"><em>Stealth<\/em> \u00e0 tous prix<\/h2>\n<\/p>\n<blockquote>\n<p><p>&bull; Parmi les n\u00e9cessit\u00e9s pour qu&rsquo;un avion de combat figure dans le panth\u00e9on am\u00e9ricaniste des capacit\u00e9s technologiques, la <em>stealth technology<\/em> est en premi\u00e8re place. &bull; Retour sur les circonstances intra-bureaucratiques qui, au Pentagone, impos\u00e8rent cette technologie pour le meilleur (crut-on) et (finalement) pour le pire<strong>.<\/strong> &bull; L&rsquo;USAF y tient la premi\u00e8re place.<\/p>\n<\/p>\n<\/blockquote>\n<p><p>Un livre r\u00e9cemment publi\u00e9 rapporte en d\u00e9tails le destin du programme General Dynamics\/McDonnell Douglas A-12 (ex-ATA), abandonn\u00e9 en 1991 et ensuite objet d&rsquo;un grave diff\u00e9rend juridique entre les constructeurs et la Navy. Le livre est <em>The $5 Billion Misunderstanding<\/em>, de James P. Stevenson (Naval Institute Press) remarquable document d&rsquo;enqu\u00eate, \u00e0 la mani\u00e8re am\u00e9ricaine.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>Apr\u00e8s quelques pr\u00e9cisions g\u00e9n\u00e9rales sur le programme ATA\/A-12, nous allons nous attacher \u00e0 examiner le r\u00f4le de la stealth technology dans ce programme, d&rsquo;un point de vue critique voire pol\u00e9mique, \u00e0 partir des informations tr\u00e8s int\u00e9ressantes que nous livre Stevenson, en pr\u00e9cisant ces informations elles-m\u00eames qui nous invitent \u00e0 \u00eatre pol\u00e9miques.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>(Nous parlons ici exclusivement de la technologie furtive int\u00e9gr\u00e9e sur les a\u00e9ronefs, des avions d&rsquo;armes, principalement les F-117A, B-2, F-22, JSF\/F-35 de l&rsquo;USAF. La question de la stealth technology int\u00e9gr\u00e9e dans les unit\u00e9s navales, les sous-marins, etc, est compl\u00e8tement diff\u00e9rente. Aucune pol\u00e9mique ne s&rsquo;attache \u00e0 cet aspect de la stealth technology, tant la dimension navale, \u00e0 cause du cadre de son \u00e9volution et des basses vitesses de cette \u00e9volution, int\u00e8gre comme un avantage majeur toute technique qui permet une plus grande dissimulation, et tant la stealth technology pour la dimension navale constitue un facteur bien plus ais\u00e9 \u00e0 int\u00e9grer et \u00e0 contr\u00f4ler \u00e0 tous les points de vue. Pour les a\u00e9ronefs, qui ont la caract\u00e9ristique de l&rsquo;extr\u00eame vitesse et du d\u00e9placement dans un univers \u00e0 trois dimensions, les techniques de dissimulation, notamment par les p\u00e9nalit\u00e9s a\u00e9rodynamiques impliqu\u00e9es, ont toujours constitu\u00e9 un apport beaucoup plus probl\u00e9matique.)<\/p>\n<\/p>\n<p><p>Pourquoi notre int\u00e9r\u00eat pour la stealth technology? Parce que celle-ci est, avec la technologie de guidage de pr\u00e9cision et les technologies des communications, l&rsquo;un des trois piliers de la puissance militaire moderne telle que la d\u00e9finit l&rsquo;Am\u00e9rique, telle qu&rsquo;elle est d\u00e9sign\u00e9e comme arch\u00e9typique de toute conception de la puissance, telle qu&rsquo;elle nous est impos\u00e9e en un sens, telle qu&rsquo;elle influence \u00e0 la fois nos politiques, notre vision du monde, nos conceptions. Il est du plus haut int\u00e9r\u00eat de peser ce que disent certains acteurs de l&rsquo;envol et de l&rsquo;int\u00e9gration de cette technologie (les ann\u00e9es 1980, o&ugrave; se situe l&rsquo;affaire ATA\/A-12, virent en effet l&rsquo;expansion et l&rsquo;int\u00e9gration de la stealth technology). On mesurera d&rsquo;autant mieux l&rsquo;historique de la stealth technology. Une telle recherche est d&rsquo;autant plus n\u00e9cessaire pour fixer la valeur r\u00e9elle de la stealth technology qu&rsquo;il n&rsquo;existe aujourd&rsquo;hui aucune d\u00e9monstration probante, ni encore moins convaincante, que la stealth technology soit la panac\u00e9e \u00e0 la fois op\u00e9rationnelle et strat\u00e9gique que dit le Pentagone, &mdash; ou, \u00e0 tout le moins, que disent l&rsquo;USAF et OSD (Office of Secretary of Defense) au sein du Pentagone.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>Maintenant, quelques faits rapides sur le programme ATA\/A-12 pour mettre en situation l&rsquo;approche de la question de la stealth technology telle qu&rsquo;elle appara&icirc;t dans ce livre. Au tout d\u00e9but des ann\u00e9es 1980, alors que l&rsquo;administration Reagan se mettait en place, le nouveau secr\u00e9taire \u00e0 la Navy, John Lehman, une forte personnalit\u00e9, commen\u00e7a \u00e0 \u00e9tudier le probl\u00e8me de la mission \u00e0 grande p\u00e9n\u00e9tration de la Navy. Les A-6E <em>Intruder<\/em>, charg\u00e9s de cette mission, commen\u00e7aient \u00e0 vieillir, et l&rsquo;\u00e9tude de leur remplacement s&rsquo;imposait. Lehman devint rapidement partisan d&rsquo;une version avanc\u00e9e de l&rsquo;<em>Intruder<\/em>, le A-6F, aux normes duquel certains A-6E pouvaient \u00eatre transform\u00e9s, d&rsquo;autres A-6F pouvant \u00eatre livr\u00e9s sous forme de mod\u00e8les neufs. Il lui apparut rapidement qu&rsquo;il faudrait composer avec ce qui \u00e9tait la \u00ab\u00a0<em>Stealth Mafia<\/em>\u00a0\u00bb au Pentagone. D\u00e8s le d\u00e9but du d\u00e9veloppement de la stealth technology, en 1974-75, s&rsquo;\u00e9tait impos\u00e9e dans certaines parties du Pentagone et \u00e0 l&rsquo;OSD tout-puissant, l&rsquo;id\u00e9e qu&rsquo;aucun nouvel avion d&rsquo;arme ne pouvait \u00eatre con\u00e7u sans cette technologie. Lehman fut oblig\u00e9 de biaiser: il lancerait un nouveau programme (Advanced Tactical Aircraft, ou ATA) int\u00e9grant la stealth technology, mais suffisamment loin dans le temps pour justifier le d\u00e9veloppement int\u00e9rimaire du A-6F.<\/p>\n<\/p>\n<p><h2 class=\"titleset_b.deepblue\" style=\"color:#0f3955; font-size:1.65em; font-variant:small-caps\">L&rsquo;exclusivit\u00e9 USAF de la <em>stealth technology<\/em><\/h2>\n<\/p>\n<p><p>L&rsquo;un des premiers aspects de cette appr\u00e9ciation de la technologie furtive dans le livre, et un aspect extr\u00eamement spectaculaire, c&rsquo;est l&rsquo;attitude de l&rsquo;USAF vis-\u00e0-vis de cette technologie. L&rsquo;USAF avait \u00e9t\u00e9 le service principalement int\u00e9ress\u00e9 par la technologie furtive, en 1975, alors que l&rsquo;agence de recherche et de d\u00e9veloppement du Pentagone (la DARPA) s&rsquo;y int\u00e9ressait depuis 1973 sous l&rsquo;impulsion de quelques hommes. Chose normale puisqu&rsquo;il s&rsquo;agissait de la technologie furtive pour v\u00e9hicules a\u00e9riens, l&rsquo;USAF avait d&rsquo;abord \u00e9t\u00e9 contact\u00e9e. Elle avait \u00e9t\u00e9 d&rsquo;abord r\u00e9ticente parce qu&rsquo;elle craignait que la technologie furtive perm&icirc;t de d\u00e9velopper des avions de combat tr\u00e8s l\u00e9ger et la bureaucratie de l&rsquo;USAF ne craint rien tant que l&rsquo;abandon de la formule d&rsquo;avions lourds, charg\u00e9s de plus en plus de syst\u00e8mes (et, bien s&ucirc;r, avions de plus en plus complexes, co&ucirc;teux, etc), qu&rsquo;elle d\u00e9veloppe depuis plus d&rsquo;un demi-si\u00e8cle. Quoiqu&rsquo;il en soit, \u00e0 partir de 1975, l&rsquo;USAF fut le service &lsquo;parrain&rsquo; de la technologie furtive, qu&rsquo;elle commen\u00e7a aussit\u00f4t \u00e0 int\u00e9grer dans des programmes op\u00e9rationnels (F-117A et ATB, bombardier strat\u00e9gique et futur B-2).<\/p>\n<\/p>\n<p><p>Lorsque l&rsquo;U.S. Navy lan\u00e7a le programme ATA, en 1984, elle se tourna vers l&rsquo;USAF pour obtenir de l&rsquo;aide dans le d\u00e9veloppement du programme puisque celui-ci allait int\u00e9grer un certain nombre de technologies participant \u00e0 la furtivit\u00e9. La position de l&rsquo;USAF fut totalement n\u00e9gative et elle n&rsquo;en changea plus, \u00e0 cause de son projet d&rsquo;accentuer sa pr\u00e9\u00e9minence op\u00e9rationnelle sur l&rsquo;U.S. Navy.<\/p>\n<\/p>\n<blockquote class=\"normal\" style=\"font-size:1.05em;\">\n<p><p>Stevenson: &laquo; <em>One reason the Navy spent so much money and suffered development delays that postponed the A-12&rsquo;s first flight was the air force&rsquo;s complete unwillingness to share the lessons it had learned in developing the F-117 and the B-2. Its obstinacy in refusing to share informations was designed to fulfil its post-World War II claims that aircraft carriers were an uneccesary expense because bombers could perform the same mission. Because the air force, like all services, sees its missions primarily as achieving dominance through budget share, it was successful in taking the deep strike mission from the U.S. Navy and is not likely to return it.<\/em> &raquo;<\/p>\n<\/p>\n<\/blockquote>\n<p><p>Cet \u00e9pisode donne une id\u00e9e de l&rsquo;intensit\u00e9 des batailles bureaucratiques et de la force du corporatisme r\u00e9gnant parmi ces forces bureaucratiques qui n&rsquo;agissent pas autrement que comme des groupes d&rsquo;int\u00e9r\u00eat priv\u00e9s, sans se soumettre \u00e0 un \u00e9ventuel but commun de s\u00e9curit\u00e9 nationale. Il s&rsquo;agit de la situation r\u00e9gnant \u00e0 Washington, dans les services f\u00e9d\u00e9raux, et qui interdit \u00e9videmment toute coop\u00e9ration inter-services ou inter-agences s\u00e9rieuse, sans parler de l&rsquo;hypoth\u00e9tique et utopique coop\u00e9ration internationale.<\/p>\n<\/p>\n<p><h2 class=\"titleset_b.deepblue\" style=\"color:#0f3955; font-size:1.65em; font-variant:small-caps\">La technologie furtive sert-elle \u00e0 quelque chose?<\/h2>\n<\/p>\n<p><p>La position de la Navy \u00e9tait d&rsquo;autant plus difficile qu&rsquo;\u00e0 partir du d\u00e9but des ann\u00e9es 1980, la technologie furtive \u00e9tait devenue un article de foi \u00e0 l&rsquo;int\u00e9rieur du Pentagone. Le t\u00e9moignage de John Lehman, recueilli par Stevenson en 1997-98, permet d&rsquo;avoir une appr\u00e9ciation int\u00e9ressante sur la technologie furtive. Lehman est un ancien pilote de A-6 et une personnalit\u00e9 originale, au franc-parler c\u00e9l\u00e8bre dans l&rsquo;\u00e9quipe Reagan (il y fut le Secr\u00e9taire de l&rsquo;U.S. Navy). Pour Lehman, &laquo; <em>the story that you had to have stealth to defeat the Russians was created in OSD<\/em> &raquo;.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>Lehman montre le plus grand scepticisme dans les vertus op\u00e9rationnelles de la technologie furtive. Ses arguments n&rsquo;ont pas pris une ride, surtout dans un univers caract\u00e9ris\u00e9 par la d\u00e9gradation syst\u00e9matique des capacit\u00e9s de d\u00e9fense a\u00e9rienne de nombre de pays, et, dans tous les cas, des pays potentiellement hostiles aux USA. Parlant du raid d&rsquo;avril 1986 contre la Libye et de la guerre du Golfe, Lehman constate:<\/p>\n<\/p>\n<blockquote class=\"normal\" style=\"font-size:1.05em;\">\n<p><p>&laquo; <em>Look, Libya and Irak had the best air defenses the French and Russians had to offer . Downtown Tripoli was more heavily defended than any target in Russia, and we went in and out of there without being shot down. We would have done the same thing in Russia. So there&rsquo;s the proof that we didn&rsquo;t need stealth.<\/em> &raquo;<\/p>\n<\/p>\n<\/blockquote>\n<p><p>Les r\u00e9alit\u00e9s n&rsquo;ont jamais d\u00e9menti le scepticisme de Lehman. Les pilotes de F-117A demand\u00e8rent, durant leurs missions de la guerre du Golfe, la protection \u00e9lectronique des avions-brouilleurs EF-111A et EA-6B.<\/p>\n<\/p>\n<blockquote class=\"normal\" style=\"font-size:1.05em;\">\n<p><p>&laquo; <em>In fact, <\/em>explique Stevenson, <em>this was more than a desire, the requirement to fly only at night and with jammers is codified in the pilot&rsquo;s opertional manual.<\/em> &raquo;<\/p>\n<\/p>\n<\/blockquote>\n<p><p>Durant cette m\u00eame op\u00e9ration Desert Storm, les &lsquo;performances&rsquo; du F-117A furent ainsi d\u00e9crites par un analyste (M. Sprey) du Pentagone t\u00e9moignant devant le Congr\u00e8s en 1991:<\/p>\n<\/p>\n<blockquote class=\"normal\" style=\"font-size:1.05em;\">\n<p><p>&laquo; <em>At high altitudes there are no guns to reach you, and the radar missiles that can reach you are very easy to outmanoeuver, with or without stealth. In general, in previous wars it has taken anywhere from 100 to 500 surface-to-surface missiles to get a single kill. They are just not a big threat if you see them coming and if you fly high. So the F-117 achieved the same thing as the F-16 or the F-15. When you fly high, you didn&rsquo;t get hit. There is no miracle there.<\/em> &raquo;<\/p>\n<\/p>\n<\/blockquote>\n<p><p>Les affirmations des partisans de la technologie furtive sont d\u00e9crites par Stevenson comme caract\u00e9ristiques de &laquo; <em>the intellectual arrogance of \u00ab\u00a0we know ans you don&rsquo;t\u00a0\u00bb<\/em> &raquo;. Chuck Bernard, le directeur du Naval Weapons Center compare cette attitude \u00e0 celle des partisans de la SDI, \u00e0 la m\u00eame \u00e9poque :<\/p>\n<\/p>\n<blockquote class=\"normal\" style=\"font-size:1.05em;\">\n<p><p>&laquo; <em>For years I would have conversations with associates about certain concepts in physics that we would all agree on. But once my associates got hired by Star Wars, their position would change. The law of physics had not changed but their position had. <\/em>[&hellip;] <em>I could show the same correspondance with stealth.<\/em> &raquo;<\/p>\n<\/p>\n<\/blockquote>\n<p><p>Le grand promoteur de la technologie furtive, c&rsquo;est William Perry. Il la lan\u00e7a \u00e0 la fin des ann\u00e9es 1970 et r\u00e9ussit \u00e0 l&rsquo;imposer aux bureaucraties du Pentagone et la renfor\u00e7a gr\u00e2ce aux canaux de relations publiques correspondant (l&rsquo;imagerie populaire de l\u00a0\u00bbavion invisible&rsquo;). Homme charmant et appr\u00e9ci\u00e9 de tous, Bill Perry \u00e9tait \u00e9galement un remarquable manipulateur de bureaucrates. Revenu aux affaires en 1993, comme sous-secr\u00e9taire puis secr\u00e9taire \u00e0 la d\u00e9fense, il acheva de verrouiller la technologie furtive gr\u00e2ce \u00e0 la bureaucratie.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>Lehman quitta le Pentagone en 1987. Il en garde une certaine amertume, celle de la d\u00e9ception devant l&rsquo;erreur et l&rsquo;inaccomplissement.<\/p>\n<\/p>\n<blockquote class=\"normal\" style=\"font-size:1.05em;\">\n<p><p>&laquo; <em>What bothered me was this belief that future increased costs were so deterministic. The problem was the impersonal approach in the building. I believed that if you freed the people, they would want to do right and so I attempted to protect them from the system so that common sense would prevail. To the degree that I thought I could change the culture I was simply naive and wrong.<\/em> &raquo;<\/p>\n<\/p>\n<\/blockquote>\n<p><p>Lehman avait voulu faire sa glasnost, comme Gorbatchev. &Eacute;chec, l\u00e0 aussi &#8230; Il est parti et la technologie furtive est plus que jamais l\u00e0, envelopp\u00e9 de son <em>aura<\/em> un peu magique, et jamais d\u00e9montr\u00e9 dans la r\u00e9alit\u00e9 du monde.<\/p><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Retour sur la stealth technology (I) Comme on le voit par ailleurs, la \u00ab\u00a0stealth technology\u00a0\u00bb est toujours (\u00e0 nouveau) mise en cause. C&rsquo;est une occasion pour revenir sur le concept. (NDLR : sacrifiant \u00e0 la gloire d&rsquo;un concept, nous utilisons le terme US de stealth technology d&rsquo;une fa\u00e7on courante, apr\u00e8s un premier guillemet. 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