{"id":66766,"date":"2005-09-02T00:00:00","date_gmt":"2005-09-02T00:00:00","guid":{"rendered":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/2005\/09\/02\/datlanta-1996-a-new-orleans-2005\/"},"modified":"2005-09-02T00:00:00","modified_gmt":"2005-09-02T00:00:00","slug":"datlanta-1996-a-new-orleans-2005","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/2005\/09\/02\/datlanta-1996-a-new-orleans-2005\/","title":{"rendered":"D&rsquo;Atlanta-1996 \u00e0 New Orleans-2005?"},"content":{"rendered":"<p><h2 class=\"titleset_a.deepblue\" style=\"color:#0f3955;font-size:2em;\">D&rsquo;Atlanta-1996 \u00e0 New Orleans-2005?<\/h2>\n<\/p>\n<p><p>2 septembre 2005 &mdash; Avec le syst\u00e8me am\u00e9ricaniste pos\u00e9 sur l&rsquo;Am\u00e9rique tel qu&rsquo;il a \u00e9volu\u00e9 depuis 1989-91, nous sommes devant une \u00e9nigme: nous <strong>savons<\/strong> de \u00ab\u00a0science intuitive\u00a0\u00bb que ce syst\u00e8me va craquer mais nous <strong>ignorons absolument<\/strong> par quel biais, par quelle soupape, par quel \u00e9v\u00e9nement inattendu se fera l&rsquo;explosion, &mdash; \u00e0 cause de l&rsquo;effet qu&rsquo;il am\u00e8nerait au niveau de la psychologie am\u00e9ricaine. La question qui se pose aujourd&rsquo;hui est de savoir si la catastrophe provoqu\u00e9e par \u00ab\u00a0Katrina\u00a0\u00bb, avec toutes ses implications et ses cons\u00e9quences, qui doivent \u00eatre interpr\u00e9t\u00e9es <strong>politiquement<\/strong>, n&rsquo;est pas cet \u00ab\u00a0\u00e9v\u00e9nement inattendu\u00a0\u00bb.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>Il y aurait alors une continuit\u00e9, dans le sens du renversement, avec un autre \u00ab\u00a0\u00e9v\u00e9nement inattendu\u00a0\u00bb qui, en 1996, d\u00e9tourna le syst\u00e8me d&rsquo;une d\u00e9cadence acc\u00e9l\u00e9r\u00e9e o&ugrave; le pr\u00e9cipitaient des circonstances psychologiques extraordinaires. Nous \u00e9voluerions de Atlanta-1996 \u00e0 New Orleans-2005 : de l&rsquo;\u00e9v\u00e9nement qui sauva le syst\u00e8me \u00e0 celui qui le pr\u00e9cipite vers sa chute, &mdash; les deux sans aucune \u00e9vidente signification <strong>politique<\/strong> \u00e0 premi\u00e8re vue, mais \u00e9videmment <strong>politiques<\/strong> lorsqu&rsquo;ils sont observ\u00e9s en profondeur.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>Dans cette r\u00e9-appr\u00e9ciation historique, le 11 septembre 2001 a un r\u00f4le moindre que celui qu&rsquo;on est tent\u00e9 de lui donner \u00e0 premi\u00e8re vue, par son ambigu\u00eft\u00e9 m\u00eame (r\u00f4le d&rsquo;affirmation de puissance des USA d&rsquo;abord, se transformant en une chute de cette puissance). Il n&#8217;emp\u00eache, bien s&ucirc;r, 9\/11 joue un r\u00f4le-pivot : il est ce par quoi il a \u00e9t\u00e9 permis \u00e0 GW d&rsquo;acqu\u00e9rir la stature qu&rsquo;on sait, le pla\u00e7ant parfaitement dans le r\u00f4le paradoxal, par ses outrances et son incomp\u00e9tence autant que le cynisme et la corruption de son administration, comme le d\u00e9molisseur en chef du syst\u00e8me. Ainsi aura-t-il \u00e9t\u00e9 au moins chef de quelque chose, GW.<\/p>\n<\/p>\n<p><h2 class=\"titleset_b.deepblue\" style=\"color:#0f3955;font-size:1.65em;font-variant:small-caps;\">De New Orleans-2005&hellip;<\/h2>\n<\/p>\n<p><p>La question qui se pose \u00e0 propos de \u00ab\u00a0Katrina\u00a0\u00bb et de ses suites concerne \u00e9videmment, pour notre propos, l&rsquo;impact politique. Il est d\u00e9j\u00e0 formidable et continue \u00e0 grandir, comme un immense <em>tsunami<\/em> politique mena\u00e7ant le Pr\u00e9sident US et son syst\u00e8me. <a class=\"gen\" href=\"http:\/\/www.antiwar.com\/lobe\/?articleid=7138\">Jim Lobe d\u00e9crit bien le processus<\/a>, tandis que <a class=\"gen\" href=\"http:\/\/www.dedefensa.org\/article.php?art_id=1906\">Sidney Blumenthal en d\u00e9crit les causes<\/a>. Pour le reste, on sait le r\u00f4le d\u00e9stabilisateur pr\u00e9ventif du syst\u00e8me qu&rsquo;ont jou\u00e9 la guerre en Irak et la com\u00e9die grotesque de \u00ab\u00a0la guerre contre la terreur\u00a0\u00bb.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>Comme <a class=\"gen\" href=\"http:\/\/www.dedefensa.org\/article.php?art_id=1905\">on le voit par ailleurs<\/a>, \u00ab\u00a0Katrina\u00a0\u00bb et ses suites d\u00e9crivent de fa\u00e7on \u00e9poustouflante toutes les tares du mod\u00e8le que Washington cherche \u00e0 imposer au monde : incomp\u00e9tence, corruption, paralysie et irresponsabilit\u00e9 du c\u00f4t\u00e9 officiel ; individualisme forcen\u00e9, solitude sociale, cynisme de l&rsquo;irresponsabilit\u00e9 sociale, d\u00e9sordre et absence de solidarit\u00e9 du c\u00f4t\u00e9 de la population.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>La question se pose de savoir si cet \u00e9v\u00e9nement n&rsquo;est pas l&rsquo;accident qui va permettre que s&rsquo;engouffre, comme une vague irr\u00e9sistible, la contestation radicale du syst\u00e8me aux Etats-Unis. Structurellement, comme on le sait, la situation s&rsquo;y pr\u00eate \u00e9galement, avec le sous bassement qui ne demande qu&rsquo;\u00e0 percer au jour de l&rsquo;opposition entre les &Eacute;tats de l&rsquo;Union et le centre. (Jim Lobe: &laquo; <em>Even before Hurricane Katrina, governors were beginning to question whether National Guard units stretched to the breaking point by service in Iraq would be available for domestic emergencies,\u00a0\u00bb noted The New York Times Thursday. \u00ab\u00a0Those concerns have now been amplified by scenes of looting and disorder.\u00a0\u00bb<\/em> &raquo;)<\/p>\n<\/p>\n<p><p>Tout est en place pour qu&rsquo;on assiste \u00e0 une sorte de 9\/11 \u00e0 rebours, sur le plan int\u00e9rieur, \u00ab\u00a0Katrina\u00a0\u00bb et ses suites achevant de d\u00e9truire la popularit\u00e9 en trompe l&rsquo;&oelig;il que l&rsquo;administration GW avait capitalis\u00e9e lors de 9\/11. Un jour, le FBI, enfin en avant des \u00e9v\u00e9nements, en arrivera \u00e0 soup\u00e7onner que Ben Laden n&rsquo;est pas \u00e9tranger \u00e0 ce formidable cyclone qui s&rsquo;est abattu sur La Nouvelle Orl\u00e9ans et sur l&rsquo;<em>American Dream<\/em><\/p>\n<\/p>\n<p><h2 class=\"titleset_b.deepblue\" style=\"color:#0f3955;font-size:1.65em;font-variant:small-caps;\">\u00e0 Atlanta-1996<\/h2>\n<\/p>\n<p><p>Nous avons \u00e0 diverses reprises retenu cette explication de l&rsquo;importance des Jeux Olympiques d&rsquo;Atlanta de 1996, essentiellement pour le \u00ab\u00a0redressement psychologique\u00a0\u00bb des Am\u00e9ricains (d&rsquo;une fa\u00e7on compl\u00e8tement superficielle, virtualiste, certes, &mdash; ce qui explique la fragilit\u00e9 qui se manifesterait \u00e9ventuellement \u00e0 l&rsquo;occasion des suites de New Orleans-2005). Nous pr\u00e9sentons ci-dessous un extrait du livre de Philippe Grasset <a class=\"gen\" href=\"http:\/\/www.dedefensa.org\/article.php?art_id=799\">\u00ab\u00a0Chronique de l&rsquo;\u00e9branlement, &mdash; des tours de Manhattan aux jardins de l&rsquo;&Eacute;lys\u00e9e\u00a0\u00bb<\/a>. On y voit, replac\u00e9es dans la perspective de la d\u00e9cennie des ann\u00e9es 1990, la position et l&rsquo;importance des JO d&rsquo;Atlanta (avec le contexte des \u00ab\u00a0attentats terroristes\u00a0\u00bb de la p\u00e9riode, dont on se demande toujours s&rsquo;ils furent vrais) comme \u00e9v\u00e9nement m\u00e9diatique et virtualiste fondamental pour op\u00e9rer un renversement de l&rsquo;humeur de la psychologie des Am\u00e9ricains.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>(Pour renforcer la th\u00e8se historique implicite, nous citons un extrait d&rsquo;un article du <em>Monde<\/em> [peu suspect de faiblesses pour Philippe Grasset], de Sylvie Kaufmann, des 29-30 septembre 1996, sous le titre de &laquo; <em> Le retour de l&rsquo;optimisme am\u00e9ricain<\/em> &raquo;. Cet article confirme \u00ab\u00a0scientifiquement\u00a0\u00bb la r\u00e9alit\u00e9 de ce tournant psychologique de l&rsquo;Am\u00e9rique \u00e0 l&rsquo;occasion des JO d&rsquo;Atlanta de juillet 1996. Citation du premier paragraphe, qui dit l&rsquo;essentiel pour notre argument : &laquo; <em>O&ugrave; est pass\u00e9 \u00ab\u00a0l&rsquo;homme blanc en col\u00e8re\u00a0\u00bb? O&ugrave; est-il, cet Am\u00e9ricain moyen frustr\u00e9, aigri et anxieux, qui envoya une majorit\u00e9 r\u00e9publicaine au Congr\u00e8s il y a deux ans et provoqua l&rsquo;ascension du populiste Pat Buchanan en f\u00e9vrier 1996 ? Si l&rsquo;on en croit les sacro-saints sondages, cet \u00e9trange sp\u00e9cimen \u00e9lectoral que fut \u00ab\u00a0the angry white male\u00a0\u00bb semble avoir c\u00e9d\u00e9 la place \u00e0 un citoyen apais\u00e9, satisfait de sa situation \u00e9conomique et pr\u00eat \u00e0 renvoyer pour quatre ans \u00e0 la Maison Blanche un pr\u00e9sident d\u00e9mocrate qui lui garantit une certaine forme de statu quo.<\/em> &raquo;)<\/p>\n<\/p>\n<p><h2> <\/h2>\n<\/p>\n<p><h2 class=\"titleset_a.deepblue\" style=\"color:#0f3955;font-size:2em;\">Extrait de \u00ab\u00a0<em>Chronique de l&rsquo;\u00e9branlement<\/em>\u00ab\u00a0<\/h2>\n<\/p>\n<p><h2 class=\"titleset_c.deepblue\" style=\"color:#0f3955;font-size:1.25em;\">de Philippe Grasset, \u00e9ditions Mols<\/h2>\n<\/p>\n<p><p>D&rsquo;abord l&rsquo;histoire proche, pour appr\u00e9cier d&rsquo;o&ugrave; nous venons, &mdash; disons, l&rsquo;histoire de la psychologie de l&rsquo;Am\u00e9rique depuis la fin de ce qu&rsquo;elle crut \u00eatre l&rsquo;engagement supr\u00eame, l&rsquo;Armageddon subversif et nucl\u00e9aire, lequel s&rsquo;acheva comme on tourne court, dans la crevaison d&rsquo;une outre gigantesque et gigantesquement vide qu&rsquo;on nommait Union Sovi\u00e9tique, dans l&rsquo;artifice communiste transform\u00e9 en bordel russe. Auparavant, l&rsquo;Am\u00e9rique \u00e9tait tendue, fi\u00e8re, d&rsquo;une fa\u00e7on qui nous paraissait \u00e0 peine excessive. A nous qui avions oubli\u00e9 l&rsquo;histoire elle paraissait mesur\u00e9e et volontaire, m\u00eame si elle laissait voir parfois quelques domaines de comportement inqui\u00e9tants, entre maccarthysme et paniques nucl\u00e9aires. A partir de la chute des communismes, soudain l&rsquo;Am\u00e9rique s&rsquo;agite, devient f\u00e9brile, envisage tous les horizons sans en choisir aucun, s&rsquo;interroge, se trouve la mine chafouine, se regarde dans son miroir pour l&rsquo;interroger fi\u00e9vreusement. Litt\u00e9ralement elle perd le sens d&rsquo;elle-m\u00eame. Les meilleurs des observateurs ne craignent pas de distinguer une \u00ab\u00a0crise d&rsquo;identit\u00e9\u00a0\u00bb. On mesure la chose avec les moyens du bord et c&rsquo;est le pauvre Bush-p\u00e8re, qui se trouvait sur le chemin, qui en fait les frais. Triomphant vainqueur de la Guerre du Golfe, avec des sondages au-del\u00e0 de 90% d&rsquo;opinions favorables en juillet 1991, il est tomb\u00e9 quelque part entre 40 et 45% d&rsquo;opinions favorables en novembre, un an avant l&rsquo;\u00e9lection qu&rsquo;il perdra \u00e9videmment, &mdash; et tout cela, toutes ces aventures, sans avoir vraiment d\u00e9m\u00e9rit\u00e9. On expliquera plus tard, et il approuvera, qu&rsquo;il lui a manqu\u00e9, dans ses discours, quelque chose comme &laquo; <em>the vision thing<\/em> &raquo; (\u00ab\u00a0le truc de la vision\u00a0\u00bb) ; c&rsquo;est un peu comme si l&rsquo;on vous expliquait que J\u00e9sus, lors de sa campagne \u00e9lectorale, a oubli\u00e9 de nous parler du Paradis et de l&rsquo;Existence de Dieu.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>Lors des premi\u00e8res primaires de f\u00e9vrier 1992, un candidat r\u00e9publicain dissident et isolationniste, Patrick J. Buchanan, devan\u00e7ant temporairement le candidat Georges Bush p\u00e8re, provoqua une panique m\u00e9morable dans la direction du parti. On y crut presque, quand Buchanan annon\u00e7a dans un ricanement sarcastique que les Am\u00e9ricains en col\u00e8re, &laquo; <em>avec les fourches de leur r\u00e9volte<\/em> &raquo;, allaient marcher sur Washington. Clinton fut \u00e9lu (novembre 1992) dans une atmosph\u00e8re fi\u00e9vreuse o&ugrave; l&rsquo;on parla du &laquo; <em>myst\u00e8re de la renaissance de l&rsquo;Am\u00e9rique<\/em> &raquo;. L&rsquo;humeur am\u00e9ricaine ne s&rsquo;\u00e9claircit pas pour autant, bien que ce que l&rsquo;on s&rsquo;accorde \u00e0 juger comme la meilleure m\u00e9decine pour l&rsquo;\u00e2me du bon peuple am\u00e9ricain, une \u00e9conomie en pleine expansion, f&ucirc;t \u00e0 nouveau en r\u00e9gime de belle croisi\u00e8re depuis le d\u00e9but de 1992. Fin 1994, le bon peuple vote et envoie une majorit\u00e9 r\u00e9publicaine au Congr\u00e8s, faisant suivre son inexplicable col\u00e8re anti-r\u00e9publicaine (d\u00e9faite de Bush-p\u00e8re) d&rsquo;une inexplicable col\u00e8re anti-d\u00e9mocrate. Les r\u00e9sultats de l&rsquo;\u00e9lection plongent le pr\u00e9sident dans une d\u00e9pression extraordinaire de plusieurs semaines, jusque trois \u00e0 quatre mois. Il ne fut plus que l&rsquo;ombre de lui-m\u00eame. Il se d\u00e9couvrait, avec un Congr\u00e8s nourri d&rsquo;une haine sans mesure, r\u00e9duit \u00e0 un r\u00f4le de figurant et sa pr\u00e9sidence r\u00e9duite \u00e0 n\u00e9ant. Durant cette p\u00e9riode extraordinaire o&ugrave; des hauts fonctionnaires am\u00e9ricains confiaient \u00e0 leurs coll\u00e8gues \u00e9trangers qu&rsquo;ils ne savaient plus \u00e0 qui ils devaient d\u00e9sormais ob\u00e9ir, il arrivait qu&rsquo;on crois\u00e2t dans les couloirs de la Maison-Blanche un Clinton hagard, mal ras\u00e9, incapable de retrouver son \u00e9quilibre et son apparence de pr\u00e9sident, et qu&rsquo;on d\u00e9tourn\u00e2t les yeux, g\u00ean\u00e9 par cette d\u00e9ch\u00e9ance si insolite et si indigne.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>Clinton se r\u00e9tablit selon une technique \u00e9prouv\u00e9e de la vie politique am\u00e9ricaine : en s&rsquo;int\u00e9ressant \u00e0 la politique \u00e9trang\u00e8re. Laiss\u00e9e au pr\u00e9sident, la politique \u00e9trang\u00e8re lui procure ors et pompes et n&rsquo;int\u00e9resse pas le monde politique washingtonien pour lequel un engagement politique doit se traduire le plus directement possible en soutien sonnant et tr\u00e9buchant et en nombres de voix. (Par contre, les \u00ab\u00a0\u00e9trangers\u00a0\u00bb (hispaniques, polonais, juifs, chinois) qui ont l&rsquo;esprit de se former en lobbies et ne le sont plus tout \u00e0 fait, se r\u00e9f\u00e8re \u00e0 la forte minorit\u00e9 de leur sang devenue am\u00e9ricaine pour peser sur le vote, ceux-l\u00e0 font partie de la famille et suscitent l&rsquo;int\u00e9r\u00eat des \u00e9lus pour les exp\u00e9ditions \u00e9trang\u00e8res impliquant leur pays d&rsquo;origine.) En 1995, effectivement, tout bascule. Clinton qui, en 3 ans, n&rsquo;avait pas oppos\u00e9 un seul veto contre le Congr\u00e8s, &mdash; fait unique des annales politiques de la grande R\u00e9publique, &mdash; se d\u00e9barrasse de ses gants et commence \u00e0 traiter le Congr\u00e8s en ennemi, et les veto valsent. Il n&rsquo;esp\u00e8re plus rien du Congr\u00e8s et tout de son z\u00e8le ext\u00e9rieur. Il songe \u00e0 sa stature historique. Il s&rsquo;engage en ex-Yougoslavie \u00e0 partir d&rsquo;ao&ucirc;t 1995, puis avec les accords de Dayton en octobre-novembre ; il fait de l&rsquo;\u00e9largissement de l&rsquo;OTAN une de ces \u00ab\u00a0grandes causes\u00a0\u00bb dont on se demande, stup\u00e9faits et sans voix, d&rsquo;o&ugrave; elles viennent et ce qui les justifie. D\u00e9sormais, l&rsquo;affirmation de la toute-puissance am\u00e9ricaine et de l&rsquo;auto-glorification, qui allait d\u00e9j\u00e0 de soi, devient une v\u00e9ritable politique. Elle devient la politique am\u00e9ricaine par essence. Elle va jouer un r\u00f4le non n\u00e9gligeable dans le tournant de l&rsquo;\u00e9t\u00e9 1996 m\u00eame si elle n&rsquo;en fait pas l&rsquo;essentiel.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>Le sens et la signification de la d\u00e9cennie 1990 semblent d\u00e9pendre d&rsquo;un myst\u00e8re apparent, o&ugrave; l&rsquo;humeur am\u00e9ricaine est transport\u00e9e des abysses d&rsquo;une crise psychologique proche du d\u00e9sespoir ou de la col\u00e8re r\u00e9volutionnaire, aux sommets d&rsquo;une affirmation triomphale o&ugrave; l&rsquo;on croit avoir chang\u00e9 l&rsquo;histoire du monde. Ces extr\u00eames ne se r\u00e9f\u00e8rent \u00e0 aucun \u00e9v\u00e9nement particuli\u00e8rement significatif et, dans tous les cas, \u00e0 aucun pouvant justifier une telle extr\u00e9mit\u00e9. L&rsquo;humeur change en tornade, myst\u00e8re d&rsquo;un basculement psychologique sans pr\u00e9c\u00e9dent, pourtant \u00e0 peine not\u00e9. De pessimiste et volontiers apocalyptique, le public am\u00e9ricain devient optimiste et euphorique en l&rsquo;espace de quelques semaines. Les Jeux Olympiques d&rsquo;Atlanta de juillet-ao&ucirc;t 1996 sont le th\u00e9\u00e2tre, l&rsquo;occasion et peut-\u00eatre l&rsquo;argument principal de ce changement d&rsquo;humeur. C&rsquo;est un d\u00e9cha&icirc;nement de d\u00e9lire nationaliste dont le journal <em>Le Monde<\/em>, pourtant vertueusement insoup\u00e7onnable d&rsquo;anti-antiam\u00e9ricaine, \u00e9crit : &laquo; <em>Il n&rsquo;y a pas d&rsquo;olympisme ici, tout juste une kermesse \u00e9tats-unienne, ahurissante d&rsquo;ind\u00e9cence<\/em> &raquo;. En m\u00eame temps se d\u00e9roule un spectacle abracadabrant d&rsquo;attentats qui n&rsquo;en sont pas, de terroristes qui se ram\u00e8nent \u00e0 un auxiliaire de la police un peu f\u00eal\u00e9, d&rsquo;une alerte g\u00e9n\u00e9rale au terrorisme dont on se demande \u00e0 quoi elle r\u00e9pond, &mdash; cela, entre la destruction du vol TWA 888 dont on ignore encore aujourd&rsquo;hui la cause, et le faux-vrai attentat d&rsquo;une \u00ab\u00a0bombe artisanale\u00a0\u00bb dans un parc d&rsquo;attraction d&rsquo;Atlanta, qui fait un mort, par crise cardiaque, de rien de plus que d&rsquo;une \u00e9motion mal contenue. L&rsquo;Am\u00e9rique n&rsquo;est plus de notre monde bien qu&rsquo;elle pr\u00e9tende d\u00e9sormais mener le monde, avec un Clinton qui prend go&ucirc;t \u00e0 ce qui pourrait \u00eatre effectivement sa \u00ab\u00a0stature historique\u00a0\u00bb. Son mod\u00e8le historique change de Roosevelt : de FDR \u00e0 Th\u00e9odore, dit \u00ab\u00a0Teddy\u00a0\u00bb.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>Quel d\u00e9cha&icirc;nement, \u00e0 partir de l\u00e0 ! Pour tenter de ranger ce temps historique si \u00e9trange, on peut le s\u00e9parer en deux ou trois grands domaines. Le domaine \u00e9conomique est connu de tous : cet engouement extra-atmosph\u00e9rique, pour lequel on ne trouve que la comparaison des folles ann\u00e9es vingt menant au <em>krach<\/em> d&rsquo;octobre 29, o&ugrave; l&rsquo;Am\u00e9rique vit au rythme du NASDAQ et de Wall Street, de la \u00ab\u00a0nouvelle \u00e9conomie\u00a0\u00bb, l&rsquo;\u00e9conomie <em>new age<\/em> des <em>start-ups<\/em>. R\u00e9sumons tout cela par un spectacle insolite, fort peu not\u00e9 parce qu&rsquo;on n&rsquo;ose plus s&rsquo;\u00e9tonner de la grande R\u00e9publique de crainte d&rsquo;\u00eatre mal not\u00e9, et rapport\u00e9 sans \u00e9tonnement par un article de premi\u00e8re page de l&rsquo;International <em>Herald Tribune<\/em> du 11 juin 1998 : le pr\u00e9sident de la <em>Fed<\/em>, le si fameux et si s\u00e9rieux Alan Greenspan, venu t\u00e9moigner devant une Commission du S\u00e9nat et disant aux parlementaires qu&rsquo;il existe, bien qu&rsquo;il n&rsquo;en soit pas lui-m\u00eame l&rsquo;adepte, une \u00e9cole de pens\u00e9e dans les milieux \u00e9conomiques am\u00e9ricaines avan\u00e7ant que l&rsquo;\u00e9conomie am\u00e9ricaine atteint de tels sommets qu&rsquo;elle a chang\u00e9 de substance, qu&rsquo;elle \u00e9chappe aux lois de l&rsquo;histoire, qu&rsquo;elle est, comme dit pr\u00e9cis\u00e9ment Greenspan, &laquo; <em>beyond history<\/em> &raquo;. Cette expression extraordinaire, telle qu&rsquo;elle a \u00e9t\u00e9 vraiment dite, aurait m\u00e9rit\u00e9 un sort plus significatif que l&rsquo;indiff\u00e9rence qui l&rsquo;a accueillie : le pr\u00e9sident de la Federal Reserve admettait sans barguigner, sans para&icirc;tre un instant s&rsquo;en gausser, que l&rsquo;on put envisager que l&rsquo;\u00e9conomie am\u00e9ricaine f&ucirc;t effectivement quelque chose qui \u00e9tait sortie de l&rsquo;histoire, et sortie par le haut, et d\u00e9sormais \u00e9voluant &laquo; <em>beyond history<\/em> &raquo;. Cela fixe les esprits et leur \u00e9tat.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>A cette puissance triomphatrice et auto-glorificatrice de la Bourse parvenue au Paradis, il faut ajouter, deuxi\u00e8me domaine qui rejoint le premier, le triomphe de l&rsquo;arrogance et de l&rsquo;hubris qui semblent le principal domaine psychologique de la politique ext\u00e9rieure de l&rsquo;\u00e9poque. Apr\u00e8s 1995-96, la vague enfle et se fait d\u00e9ferlante, devant les yeux immens\u00e9ment agrandis, subjugu\u00e9s, fascin\u00e9s, des dirigeants du \u00ab\u00a0reste du monde\u00a0\u00bb (l&rsquo;acronyme ROW de <em>Rest Of the World<\/em>, d\u00e9j\u00e0 signal\u00e9, est adopt\u00e9 durant cette p\u00e9riode par le D\u00e9partement d&rsquo;&Eacute;tat). On cherche en vain les mots qui conviennent et un ministre fran\u00e7ais, ne faisant pourtant qu&#8217;emprunter \u00e0 un universitaire am\u00e9ricain, en trouve un qui fera date : \u00ab\u00a0hyperpuissance\u00a0\u00bb (<em>hyperpower<\/em>), &mdash; et pour cela, pour ce p\u00e9ch\u00e9 impardonnable, la propagande \u00e9tats-unienne et tous ses relais habituels et sans nombre vouent Hubert V\u00e9drines aux g\u00e9monies. Le ministre fran\u00e7ais n&rsquo;en para&icirc;tra que plus las et n&rsquo;en sera pas moins convaincu que l&rsquo;\u00e9poque est celle de la force et pas celle de la subtilit\u00e9.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>A c\u00f4t\u00e9 de ces emportements triomphants et extraordinaires qui font b\u00e9er ROW d&rsquo;admiration, car vraiment le monde vit au rythme de ce regard de midinette qu&rsquo;il porte sur les USA, il y a tout un c\u00f4t\u00e9 <em>Grande Duchesse de Gerolstein<\/em> chez les Am\u00e9ricains, \u00e0 Washington plus pr\u00e9cis\u00e9ment, mais dans le genre de la superproduction hollywoodienne. On ragote, on m\u00e9dit, on entretient la rumeur ; Washington est une ville provinciale mont\u00e9e en diamant mille-carats de nouveau-riche, et, depuis deux si\u00e8cles, elle n&rsquo;a jamais pu se d\u00e9barrasser de ce vernis encombrant. Ainsi d\u00e9bouche-t-on sur l&rsquo;affaire Lewinsky, m\u00e9lange de sexualit\u00e9 light, de formalisme juridique extraordinaire sur la d\u00e9finition de \u00ab\u00a0<em>to have sex<\/em>\u00ab\u00a0, de rigorisme de puritain, de regards de voyeur et d&rsquo;enqu\u00eateur catalogu\u00e9 en \u00ab\u00a0fou de Dieu\u00a0\u00bb ultra-chr\u00e9tien. C&rsquo;est probablement \u00e0 l&rsquo;occasion de cette affaire, dont nul ne sort indemne, qu&rsquo;on mesure le mieux la profondeur du malaise et l&rsquo;ampleur du d\u00e9s\u00e9quilibre qui frappent l&rsquo;Am\u00e9rique. L&rsquo;affaire Lewinsky nous offre une ann\u00e9e \u00e9chevel\u00e9e o&ugrave;, successivement, on voit ce r\u00e9gime proclam\u00e9 immortel menac\u00e9 de s&rsquo;effondrer dans une explosion de papiers imprim\u00e9s et de vid\u00e9os, et o&ugrave; un pr\u00e9sident tr\u00e8s populaire dans la population est mis en accusation au Congr\u00e8s pour une affaire de braguette mineure mont\u00e9e en proc\u00e8s pour trahison de nos plus hautes valeurs de civilisation. L&rsquo;ensemble est entrecoup\u00e9 d&rsquo;attaques arm\u00e9es contre Saddam qui d\u00e9tournent l&rsquo;attention et permettent de souffler sur le front de Washington, en conformit\u00e9 avec l&rsquo;adage en vogue et colonne vert\u00e9brale de la pens\u00e9e strat\u00e9gique occidentale, selon lequel \u00ab\u00a0si tu ne sais pourquoi tu frappes Saddam, lui le sait assur\u00e9ment\u00a0\u00bb.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>L&rsquo;apoth\u00e9ose est \u00e0 l&rsquo;heure dite et il ne d\u00e9\u00e7oit pas. Les \u00e9lections pr\u00e9sidentielles de novembre-d\u00e9cembre 2000 sont conformes \u00e0 tout ce qui a pr\u00e9c\u00e9d\u00e9. (Ces \u00e9lections pr\u00e9sidentielles termin\u00e9es dans un mouchoir de poche, d\u00e9pendantes d&rsquo;un recomptage des voix en Floride, o&ugrave; l&rsquo;on se plonge dans un d\u00e9lire de manipulations, de th\u00e8ses juridiques, des arm\u00e9es d&rsquo;avocats, des urnes transport\u00e9es ici et l\u00e0, des bulletins de vote mal compt\u00e9s ou mal poin\u00e7onn\u00e9s, des machines qui ne marchent pas, une Cour Supr\u00eame ici, une Cour Supr\u00eame l\u00e0, des \u00e9ditoriaux f\u00e2cheux sur l&rsquo;agonie du r\u00e9gime, le r\u00e9gime qui tient, le triomphe de la d\u00e9mocratie, jusqu&rsquo;\u00e0 la supr\u00eame Cour Supr\u00eame (celle de l&rsquo;Union apr\u00e8s celle de l&rsquo;&Eacute;tat) qui tranche pour le candidat qui a eu le moins de voix, selon un vote de la Cour qui respecte absolument les lignes g\u00e9n\u00e9rales de la corruption des partis.) Les \u00e9lections-2000 d\u00e9couvrent une crise qui ne peut surprendre puisqu&rsquo;elle dure depuis une d\u00e9cennie et au-del\u00e0, qui ne parvient pas \u00e0 dire qui elle est, ce qui la justifie, ce qui lui donne cette vigueur ; une population gav\u00e9e d&rsquo;auto-satisfaction comme elle l&rsquo;est de hamburgers, appuy\u00e9e sur une pens\u00e9e ob\u00e8se, fagot\u00e9e dans <em>Stars et Stripes<\/em>, divis\u00e9e de fa\u00e7on extr\u00eame et vitup\u00e9rante, s&rsquo;affrontant avec f\u00e9rocit\u00e9 sur des th\u00e8mes dont on a du mal \u00e0 percevoir l&rsquo;urgence ; un syst\u00e8me d\u00e9cr\u00e9pit, mang\u00e9 par une corruption vieillotte et une obsolescence technologique dans la vie courante qui ne laisse pas d&rsquo;\u00e9tonner, anim\u00e9 par des politiciens d&rsquo;une m\u00e9diocrit\u00e9 et d&rsquo;une inculture qui laissent sans voix ; et, autour de cela, un bavardage prodigieux, sans fin, sans limites, qui coule comme du sirop d&rsquo;\u00e9rable, qui colle, qui s&rsquo;auto-proclame et s&rsquo;auto-f\u00e9licite. Ce qui doit nous arr\u00eater est l&rsquo;extr\u00eame distance entre la vigueur des \u00e9branlements et la massive puissance des cons\u00e9quences \u00e0 venir, d&rsquo;un c\u00f4t\u00e9, et de l&rsquo;autre l&rsquo;extraordinaire d\u00e9rision, la m\u00e9diocrit\u00e9 de classe moyenne archa\u00efque, qui caract\u00e9risent l&rsquo;agitation imm\u00e9diate ; entre l&rsquo;\u00e9normit\u00e9 de la vanit\u00e9 et la petitesse de son objet ; entre la taille gargantuesque du bavardage et la r\u00e9alit\u00e9 microscopique des sujets qui en sont les th\u00e8mes. La crise am\u00e9ricaine est effectivement comme une sorte d&rsquo;oc\u00e9an de colle sirupeuse, un bocal gigantesque de miel synth\u00e9tique \u00e0 cinq sous. M\u00eame les opposants, les dissidents du syst\u00e8me, ceux qui sont l&rsquo;\u00e9quivalent de ceux qui, en URSS, \u00e9taient comptables d&rsquo;une dimension tragique et d&rsquo;une affirmation de la dignit\u00e9 humaine, &mdash; m\u00eame ceux-l\u00e0 paraissent volontiers d\u00e9risoires, et souvent plus accessoires que path\u00e9tiques. La civilisation occidentale \u00e0 son terme s&rsquo;ach\u00e8ve dans sa version am\u00e9ricaine, cette ambition am\u00e9ricaine de devenir l&rsquo;Empire du monde sans rien conna&icirc;tre de l&rsquo;Empire et de ses devoirs, sans rien conna&icirc;tre du monde et de ses exigences, cette ambition r\u00e9sum\u00e9e par William Pfaff, \u00e0 un autre propos mais \u00e0 peine, par cette phrase qui sonne comme le titre d&rsquo;une com\u00e9die musicale \u00e0 succ\u00e8s de Broadway : <a class=\"gen\" href=\"http:\/\/www.dedefensa.org\/article.php?art_id=936\">\u00ab\u00a0To Finish in A Burlesque of an Empire\u00a0\u00bb<\/a>.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>On peut dire que l&rsquo;attaque 9\/11 est venue \u00e0 propos pour faire prendre au s\u00e9rieux ce qui ne l&rsquo;\u00e9tait plus. On peut le dire pour se convaincre que 9\/11 est un \u00e9v\u00e9nement tragique mais je n&rsquo;en suis pas convaincu pour autant, et il me faudra plus d&rsquo;un \u00e9ditorial pour acquiescer.<\/p><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>D&rsquo;Atlanta-1996 \u00e0 New Orleans-2005? 2 septembre 2005 &mdash; Avec le syst\u00e8me am\u00e9ricaniste pos\u00e9 sur l&rsquo;Am\u00e9rique tel qu&rsquo;il a \u00e9volu\u00e9 depuis 1989-91, nous sommes devant une \u00e9nigme: nous savons de \u00ab\u00a0science intuitive\u00a0\u00bb que ce syst\u00e8me va craquer mais nous ignorons absolument par quel biais, par quelle soupape, par quel \u00e9v\u00e9nement inattendu se fera l&rsquo;explosion, &mdash; \u00e0&hellip;&nbsp;<\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":0,"comment_status":"","ping_status":"","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"neve_meta_sidebar":"","neve_meta_container":"","neve_meta_enable_content_width":"","neve_meta_content_width":0,"neve_meta_title_alignment":"","neve_meta_author_avatar":"","neve_post_elements_order":"","neve_meta_disable_header":"","neve_meta_disable_footer":"","neve_meta_disable_title":"","_jetpack_memberships_contains_paid_content":false,"footnotes":""},"categories":[10],"tags":[3253,4733,3943,934,2631,3125,1368,3944,3997,3099,610],"class_list":["post-66766","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-faits-et-commentaires","tag-americanisme","tag-atlanta","tag-chroniques","tag-clinton","tag-de","tag-grasset","tag-katrina","tag-lebranlement","tag-philippe","tag-psychologie","tag-virtualisme"],"jetpack_featured_media_url":"","jetpack_sharing_enabled":true,"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/66766","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=66766"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/66766\/revisions"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=66766"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=66766"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=66766"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}