{"id":66951,"date":"2005-10-24T00:00:00","date_gmt":"2005-10-24T00:00:00","guid":{"rendered":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/2005\/10\/24\/les-satisfactions-post-referendaires-de-vaclav-klaus\/"},"modified":"2005-10-24T00:00:00","modified_gmt":"2005-10-24T00:00:00","slug":"les-satisfactions-post-referendaires-de-vaclav-klaus","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/2005\/10\/24\/les-satisfactions-post-referendaires-de-vaclav-klaus\/","title":{"rendered":"<strong><em>Les satisfactions post-r\u00e9f\u00e9rendaires de Vaclav Klaus<\/em><\/strong>"},"content":{"rendered":"<p><h2 class=\"common-article\">Les satisfactions post-r\u00e9f\u00e9rendaires de Vaclav Klaus<\/h2>\n<\/p>\n<p><\/p>\n<p><p>\t24 octobre 2005  Le pr\u00e9sident tch\u00e8que Vaclav Klaus est content. Il critiquait l&rsquo;UE depuis longtemps et il se sentait bien seul dans cette critique. Maintenant il y a foule pour faire la m\u00eame chose. Tout le monde critique l&rsquo;UE. Vaclav Klaus n&rsquo;est plus seul. Il est \u00e0 la mode,  c&rsquo;est lui-m\u00eame qui le laisse entendre non sans une tr\u00e8s grande satisfaction.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tDu coup, il s&rsquo;auto-proclame discr\u00e8tement visionnaire et fait de l&rsquo;\u00e9v\u00e9nement la confirmation de ses orientations id\u00e9ologiques. L&rsquo;encha\u00eenement est audacieux.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tVoici ce qu&rsquo;il dit \u00e0 <a href=\"http:\/\/euobserver.com\/?aid=20121&#038;rk=1\" class=\"gen\">EUObserver.com, du 21 octobre<\/a> :<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t\u00ab <em>For a very long time the Czech president Vaclav Klaus was the only European head of state openly criticising the draft EU constitution. But the French and Dutch rejection of the charter over summer has changed the mood among Europe&rsquo;s top politicians and diplomats.<\/em><\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t\u00bb <em>I may be alone among the heads of states and heads of governments in Europe. But I am definitively not alone among Europeans, says Mr Klaus. Some sort of reflection has started in Europe. When I compare the atmosphere this year with that of last year, there is now a much more relaxed discussion. There is a shift in thinking, the Czech conservative president, Vaclav Klaus, confided in an interview with the EUobserver. In the past, I was almost alone criticising the EU, but now I discovered that it&rsquo;s fashionable, criticising one aspect of EU politics after the other.<\/em> \u00bb<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tVaclav Klaus n&rsquo;a pas tort sur le fond, en saluant la possibilit\u00e9 qui existe maintenant, par rapport \u00e0 la bonne r\u00e9putation qu&rsquo;on doit entretenir dans l&rsquo;ar\u00e8ne m\u00e9diatique et virtualiste, de faire une critique circonstanci\u00e9e de l&rsquo;UE. Bien entendu, parce qu&rsquo;il suit par ailleurs avec une rigueur doctrinale bien connue les conformismes de l&rsquo;<em>intelligentsia<\/em> lib\u00e9rale et transatlantique (malgr\u00e9 son affirmation de solitude et d&rsquo;originalit\u00e9 de parole, nul n&rsquo;ignore que Klaus en est un membre z\u00e9l\u00e9), il compl\u00e8te cette justesse d&rsquo;observation par une conclusion sophistique qui affirme une conclusion qui n&rsquo;a jamais exist\u00e9. L&rsquo;ensemble, o\u00f9 l&rsquo;on trouve en abondance \u00e0 boire et \u00e0 manger, permet quelques observations int\u00e9ressantes.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tIl est vrai que le r\u00e9sultat du 29 mai a permis une v\u00e9ritable lib\u00e9ration du langage vis-\u00e0-vis de l&rsquo;UE et du concept europ\u00e9en en g\u00e9n\u00e9ral. Ce n&rsquo;est pas \u00e0 Vaclav Klaus qu&rsquo;on le doit mais au peuple fran\u00e7ais. Dont acte. Ce n&rsquo;est pas non plus pour autant que Vaclav Klaus a raison du point de vue de ses engagements id\u00e9ologiques, lui qui est un hyper-lib\u00e9ral, partisan du march\u00e9 et ennemi de toutes les r\u00e9gulations,  et c&rsquo;est l\u00e0, \u00e9videmment, que se niche le sophisme habituel. Le vote du 29 mai n&rsquo;a pas \u00e9t\u00e9 une prise de position en faveur de l&rsquo;Europe hyper-lib\u00e9rale. Poser une telle conclusion, comme le fait Klaus, c&rsquo;est suivre le comportement habituel des lib\u00e9raux anti-europ\u00e9ens qui est en g\u00e9n\u00e9ral nourri, chez eux, par l&rsquo;acte courant de l&rsquo;escroquerie du d\u00e9tournement de la d\u00e9mocratie: prendre en marche des insatisfactions populaires nourries par l&rsquo;application \u00e0 peine dissimul\u00e9e de leur doctrine pour proclamer que c&rsquo;est la preuve qu&rsquo;on veut l&rsquo;application de toute leur doctrine, et en pleine lumi\u00e8re.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tIl n&rsquo;y a pas eu \u00ab <em>a shift in thinking<\/em> \u00bb, comme dit Klaus, mais quelque chose comme <em>a shift in speaking<\/em> si l&rsquo;on veut. Le 29 mai n&rsquo;est pas une lib\u00e9ration de la pens\u00e9e dans ce sens que le vote n&rsquo;a rien apport\u00e9 de nouveau du point de vue des conceptions europ\u00e9ennes. Il n&rsquo;\u00e9tait d&rsquo;ailleurs nullement habilit\u00e9 \u00e0 apporter cela puisqu&rsquo;il s&rsquo;agit d&rsquo;un r\u00e9f\u00e9rendum et que le non,  le vote lib\u00e9rateur,  ne peut pr\u00e9tendre apporter, par sa nature m\u00eame, le moindre compl\u00e9ment constructif de la pens\u00e9e. Ce n&rsquo;est pas un travers, cet aspect n\u00e9gatif, c&rsquo;est la seule fa\u00e7on de proc\u00e9der contre les citadelles des certitudes en place: les attaquer au marteau, par l&rsquo;arme de la communication (du langage).<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tJeter un non au milieu des certitudes europ\u00e9ennes, c&rsquo;est op\u00e9rer une lib\u00e9ration du langage. En ce sens, effectivement, le r\u00e9f\u00e9rendum a permis aux visions critiques de l&rsquo;Europe, jusqu&rsquo;ici contenues, voire interdites au nom du conformisme du langage, de se lib\u00e9rer. Tout le monde en profite,  aussi bien Klaus que Chirac lorsqu&rsquo;il apostrophe Barroso \u00e0 propos de tel ou tel dossier o\u00f9, pourtant, la Commission n&rsquo;a aucun pouvoir. Cela ne signifie pas que tout le monde a raison. La lib\u00e9ration du langage ne signifie pas la justesse de la critique, mais l&rsquo;expression de la critique,  aussi bien pour Klaus et Chirac que pour le peuple allemand lorsqu&rsquo;il vote, comme il l&rsquo;a fait, le 18 septembre. La fa\u00e7on dont tout le monde profite de cette lib\u00e9ration du langage mesure l&rsquo;\u00e9normit\u00e9 de la frustration accumul\u00e9e contre les institutions europ\u00e9ennes, donc le besoin de lib\u00e9ration du langage qui existait.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tIl s&rsquo;agit d&rsquo;un ph\u00e9nom\u00e8ne de langage et de communication, et nullement d&rsquo;un ph\u00e9nom\u00e8ne politique ou id\u00e9ologique. Klaus a donc raison sur le constat mais il a compl\u00e8tement tort dans les conclusions id\u00e9ologiques qu&rsquo;il tire. Les m\u00eames conclusions et les m\u00eames erreurs ont \u00e9t\u00e9 tir\u00e9es du scrutin du 29 mai par les divers partisans du lib\u00e9ralisme, selon la fausse analyse que l&rsquo;UE est une institution politiquement centralisatrice, alors qu&rsquo;il ne s&rsquo;agit d&rsquo;une institution centralisatrice qu&rsquo;au niveau des principes \u00e9conomiques dont le plus grand nombre sont lib\u00e9raux,  un gendarme lib\u00e9ral d\u00e9guis\u00e9 en gendarme int\u00e9grationniste, pour faire peur aux petits enfants pas sages.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tCi-dessous, nous annexons un court passage de notre chronique <em>de defensa<\/em> sur cette question, extrait de la prochaine parution de notre Lettre d&rsquo;Analyse <em>de defensa<\/em> (Volume 21, n\u00b005 dat\u00e9 du 10 novembre 2005):<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t\u00ab <em>Il est vrai que le changement est consid\u00e9rable, en quelques mois de dur\u00e9e. Il est devenu commun de critiquer l&rsquo;UE et ses institutions, voire l&rsquo;id\u00e9e m\u00eame d&rsquo;Europe. Cela en bouleverse certains, qui montrent ainsi le peu d&rsquo;assurance qu&rsquo;ils ont dans la cause qu&rsquo;ils maintenaient jusqu&rsquo;ici, justement, par la force du langage. Consid\u00e9r\u00e9 pour ce qu&rsquo;il est, l&rsquo;\u00e9v\u00e9nement du 29 mai, et ce qu&rsquo;il a engendr\u00e9 comme effets divers, est essentiellement une r\u00e9volution. Aujourd&rsquo;hui, les r\u00e9volutions ne font plus tenir leurs effets dans la rue mais dans les psychologies; elles s&rsquo;expriment dans les modifications qu&rsquo;elles imposent \u00e0 la communication puisqu&rsquo;elles mettent en cause le pouvoir fondamental, qui est aujourd&rsquo;hui le totalitarisme de la communication. Il s&rsquo;agit bien d&rsquo;une r\u00e9volution du langage.<\/em><\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t\u00bb <em>Nous d\u00e9couvrons combien nous sommes prisonniers d&rsquo;un conformisme de langage encore plus que d&rsquo;un conformisme de pens\u00e9e. Le totalitarisme de la communication, qui est une id\u00e9ologie sans le moindre sens,  une id\u00e9ologie sans id\u00e9ologie si l&rsquo;on veut,  porte sur la communication, c&rsquo;est-\u00e0-dire le langage, et non pas sur la pens\u00e9e qu&rsquo;il n\u00e9glige, pour ne pas dire qu&rsquo;il la m\u00e9prise. La grande r\u00e9volution de notre temps est dans le changement de substance dans la r\u00e9volution. La r\u00e9volte se fait aujourd&rsquo;hui pour pouvoir communiquer, et non plus pour imposer un nouveau pouvoir au service d&rsquo;une nouvelle id\u00e9ologie. En ce sens, la r\u00e9action de Chirac, qui ne songe pas une seconde \u00e0 d\u00e9missionner le 29 mai mais qui s&rsquo;adapte par le langage (il critique la Commission, Barroso, Mandelson et tutti quanti), est conforme \u00e0 cette nouvelle sorte de r\u00e9volution. Comme on dit, il a compris le message.<\/em> \u00bb<\/p>\n<\/p>\n<p><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Les satisfactions post-r\u00e9f\u00e9rendaires de Vaclav Klaus 24 octobre 2005 Le pr\u00e9sident tch\u00e8que Vaclav Klaus est content. Il critiquait l&rsquo;UE depuis longtemps et il se sentait bien seul dans cette critique. Maintenant il y a foule pour faire la m\u00eame chose. Tout le monde critique l&rsquo;UE. Vaclav Klaus n&rsquo;est plus seul. 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