{"id":67002,"date":"2005-11-10T00:00:00","date_gmt":"2005-11-10T00:00:00","guid":{"rendered":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/2005\/11\/10\/nos-democraties-encalminees-et-le-systeme-avec-elles\/"},"modified":"2005-11-10T00:00:00","modified_gmt":"2005-11-10T00:00:00","slug":"nos-democraties-encalminees-et-le-systeme-avec-elles","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/2005\/11\/10\/nos-democraties-encalminees-et-le-systeme-avec-elles\/","title":{"rendered":"<strong><em>Nos d\u00e9mocraties encalmin\u00e9es, et le syst\u00e8me avec elles<\/em><\/strong>"},"content":{"rendered":"<p><h2 class=\"common-article\">Nos d\u00e9mocraties encalmin\u00e9es, et le syst\u00e8me avec elles<\/h2>\n<\/p>\n<p><\/p>\n<p><p>\t10 novembre 2005  Le syst\u00e8me politique occidental consid\u00e9r\u00e9 d&rsquo;un point de vue global appara\u00eet aujourd&rsquo;hui comme l&rsquo;expression de la crise de l\u00e9gitimit\u00e9 qui secoue le syst\u00e8me g\u00e9n\u00e9ral. Cette fois (hier et aujourd&rsquo;hui), les \u00e9v\u00e9nements ravagent le pan anglo-saxon, d&rsquo;habitude triomphant et partout acclam\u00e9 comme la r\u00e9f\u00e9rence de notre syst\u00e8me. La crise frappe l\u00e0 o\u00f9 les dirigeants anglo-saxons placent leur fiert\u00e9 sinon leur l\u00e9gitimit\u00e9 : la stabilit\u00e9 politique d&rsquo;un pouvoir efficace.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tEn deux jours, on a constat\u00e9 :<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t&bull; Aux USA, des \u00e9lections r\u00e9gionales sans grande importance nationale conduisent tout de m\u00eame les commentateurs \u00e0 observer ceci, que <a href=\"http:\/\/www.iht.com\/articles\/2005\/11\/09\/opinion\/edbush.php\" class=\"gen\">nous dit l&rsquo;International Herald Tribune<\/a> ce matin : \u00ab <em>It&rsquo;s always dangerous to read national lessons into local elections, especially when the balloting is as scattered and sparse as it was in Tuesday&rsquo;s off-year elections across the United States. But one thing seems evident: Bush&rsquo;s political capital has turned into a deficit.<\/em> \u00bb Si l&rsquo;on ajoute ce constat au <a href=\"http:\/\/www.dedefensa.org\/article.php?art_id=2131\" class=\"gen\">d\u00e9sordre extraordinaire<\/a> qu&rsquo;est devenu Washington aujourd&rsquo;hui, on mesure ce qu&rsquo;il reste de l\u00e9gitimit\u00e9 \u00e0 l&rsquo;actuelle administration.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t&bull; Au Royaume-Uni, il y a l&rsquo;\u00e9norme d\u00e9faite essuy\u00e9e par Tony Blair cette nuit, devant les Communes qui votaient sur sa loi anti-terreur, un sujet particuli\u00e8rement sensible qui engageait toute son orientation dans la guerre contre la terreur. Le <em>Guardian<\/em> commente l&rsquo;\u00e9v\u00e9nement ce matin : \u00ab <em>In the biggest reverse for a government on a whipped vote since James Callaghan&rsquo;s administration, Mr Blair was defeated comprehensively by 322 to 291, with 49 Labour backbenchers, including 11 former ministers, defying a three-line whip. Thirteen others abstained.<\/em><\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t\u00bb <em>As the impact on the prime minister&rsquo;s authority sunk in, MPs then voted by 323 to 290 to support detention without charge for only 28 days, the position advocated by the Liberal Democrats and the Tories. The scale of the defeat rocked Labour whips, raising questions about Mr Blair&rsquo;s political judgment of late and suggesting that he now has a permanent cadre of irreconcilable backbenchers who neither listen to nor respect his views, leaving him in charge of an effective minority administration on controversial issues.<\/em> \u00bb<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tTony Blair est diminu\u00e9 d&rsquo;une fa\u00e7on d\u00e9cisive. Avec sa <a href=\"http:\/\/www.dedefensa.org\/article.php?art_id=1532\" class=\"gen\">formidable majorit\u00e9 sortie des urnes d\u00e9but mai<\/a>, et qui fit l&rsquo;admiration des commentateurs continentaux, il conduit d\u00e9sormais un gouvernement minoritaire \u00ab <em>on controversial issues<\/em> \u00bb. Bien entendu, et malgr\u00e9 les appels dans ce sens, il n&rsquo;est pas question qu&rsquo;il d\u00e9missionne ; Blair est m\u00eame plus que jamais s\u00fbr d&rsquo;avoir raison contre les Communes, contre les critiques, contre les affaires irakiennes, etc.,  antienne courante du Premier ministre le plus s\u00fbr de lui qu&rsquo;ait jamais connu le Royaume-Uni. Par ailleurs, comme le note <a href=\"http:\/\/www.timesonline.co.uk\/article\/0,,17129-1865729,00.html\" class=\"gen\">le Times de ce matin<\/a>, il s&rsquo;agit d&rsquo;une d\u00e9faite paradoxale et bien dans l&rsquo;esprit du temps : \u00ab <em>Friends of the Prime Minister said that it was one of the most extraordinary votes in parliamentary history. One said: Here you have a Labour Prime Minister being beaten because he supports the police and is in tune with public opinion and the Conservatives winning while being against the police and out of touch with public opinion. Is the world going mad? It was noticeable that the Conservatives refrained from triumphalism after the votes were announced. One Conservative MP, Sir Peter Tapsell, voted with the Government and half a dozen others abstained, uncomfortable about being seen to be against the police.<\/em> \u00bb<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t&bull; En France, o\u00f9 la r\u00e9volte des banlieues s&rsquo;affaiblit jusqu&rsquo;\u00e0 faire penser qu&rsquo;elle pourrait aller vers son terme, la critique contre le gouvernement a repris, tandis que le comportement du pr\u00e9sident <a href=\"http:\/\/www.iht.com\/articles\/2005\/11\/09\/news\/chirac.php\" class=\"gen\">est mis en question<\/a> : \u00ab <em>But in the face of the most serious social crisis of his 10-year presidency, the 72-year-old French leader seems like the invisible man. <\/em>[] <em>The absence from the political scene of a man who seizes  even creates  opportunities to plunge into crowds, kiss babies and caress cows has exposed him to criticism that he has no plan to ease the unrest that has gripped the country&rsquo;s slums for the past 13 days.<\/em> \u00bb<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tOn pourrait rajouter d&rsquo;autres noms de pays,  l&rsquo;Allemagne, <a href=\"http:\/\/www.dedefensa.org\/article.php?art_id=2142&#038;PHPSESSID=9fa3cf8147129a91d32aee4ce28a52d7\" class=\"gen\">la Pologne<\/a>, l&rsquo;Italie,  \u00e0 cette litanie des crises ouvertes et\/ou larv\u00e9es, ou semi-larv\u00e9es si l&rsquo;on veut, contre lesquelles les dirigeants des principales d\u00e9mocraties occidentales ne peuvent strictement rien. Nos d\u00e9mocraties se trouvent plong\u00e9es dans une crise g\u00e9n\u00e9rale qui a l&rsquo;allure d&rsquo;une paralysie sans espoir, sans qu&rsquo;aucune alternative ne puisse se d\u00e9gager. Dans tous les cas, l&rsquo;opposition n&rsquo;a rien de s\u00e9rieux \u00e0 pr\u00e9senter et la crise reste confin\u00e9e \u00e0 une suite sans fin de revers qui \u00e9rodent la l\u00e9gitimit\u00e9 des gouvernements en place, n&rsquo;importe lesquels, c&rsquo;est-\u00e0-dire la l\u00e9gitimit\u00e9 des r\u00e9gimes en place et, au bout du compte, la l\u00e9gitimit\u00e9 du syst\u00e8me dans son ensemble. Comme nous vivons <em>de  facto<\/em> dans des r\u00e9gimes d\u00e9mocratiques de parti unique sans dissidence r\u00e9volutionnaire s\u00e9rieuse possible, il n&rsquo;existe m\u00eame pas de possibilit\u00e9s d&rsquo;alternative radicale par rupture r\u00e9volutionnaire.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tIl n&rsquo;est jusqu&rsquo;\u00e0 l&rsquo;Ennemi ext\u00e9rieur qui ne se signale par son inexistence par rapport au grand cas qui est fait de lui et \u00e0 l&rsquo;opportunit\u00e9 des situations. Malgr\u00e9 les efforts tardifs des <a href=\"http:\/\/www.dedefensa.org\/article.php?art_id=2146\" class=\"gen\">neocons am\u00e9ricains<\/a>, la r\u00e9volte des banlieues en France reste plus que jamais <a href=\"http:\/\/www.dedefensa.org\/article.php?art_id=2145\" class=\"gen\">un \u00e9v\u00e9nement sans signification<\/a>,  une sorte de r\u00e9volte sans r\u00e9volution, plut\u00f4t pour le <em>fun<\/em> que pour le pouvoir. Le pouvoir est \u00e0 ramasser mais personne ne s&rsquo;en avise vraiment, comme si on ignorait de plus en plus ce que signifie le concept de pouvoir.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tOn le r\u00e9p\u00e9tera encore : une telle paralysie politique, r\u00e9ellement globalis\u00e9e, est \u00e9videmment sans pr\u00e9c\u00e9dent. Elle est aussi le fondement, la caract\u00e9ristique et la couleur de notre crise. C&rsquo;est un <em>remake<\/em> \u00e0 front renvers\u00e9 de la parabole de l&rsquo;histoire-locomotive lanc\u00e9e comme une folle (au secours, je veux descendre, dit la petite fille). Aujourd&rsquo;hui, <strong>notre<\/strong> histoire-locomotive, l&rsquo;histoire que nous croyions faire, est immobile, encalmin\u00e9e, et l&rsquo;on a beau crier (au secours, je veux descendre),  impossible de descendre, certes. Pour autant, l&rsquo;Histoire profonde, elle, l&rsquo;Histoire qui se fait sans les hommes, continue \u00e0 progresser, et \u00e0 une vitesse consid\u00e9rable puisque plus aucune entrave humaine ne se manifeste.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tA l&rsquo;\u00e9poque (ann\u00e9es 1975-83), dans les cocktails moscovites o\u00f9 l&rsquo;on savait rire de la d\u00e9cadence express du marxisme-l\u00e9ninisme, courait cette histoire sur la locomotive marxiste-l\u00e9niniste tomb\u00e9e en panne: sous Staline, on fusillait le conducteur et on en mettait un nouveau, qu&rsquo;on fusillait \u00e0 son tour et ainsi de suite ; sous Brejnev, on tirait les rideaux du wagon pour masquer le paysage qui ne bougeait pas et on \u00e9tait invit\u00e9 \u00e0 faire, tous en chur : tchouc, tchouc, tchouc. M\u00eame cela, malgr\u00e9 le virtualisme, ne marche plus.  <\/p>\n<\/p>\n<p><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Nos d\u00e9mocraties encalmin\u00e9es, et le syst\u00e8me avec elles 10 novembre 2005 Le syst\u00e8me politique occidental consid\u00e9r\u00e9 d&rsquo;un point de vue global appara\u00eet aujourd&rsquo;hui comme l&rsquo;expression de la crise de l\u00e9gitimit\u00e9 qui secoue le syst\u00e8me g\u00e9n\u00e9ral. 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