{"id":67096,"date":"2005-12-12T00:00:00","date_gmt":"2005-12-12T00:00:00","guid":{"rendered":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/2005\/12\/12\/leurope-pathetique-comme-dhabitude-1\/"},"modified":"2005-12-12T00:00:00","modified_gmt":"2005-12-12T00:00:00","slug":"leurope-pathetique-comme-dhabitude-1","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/2005\/12\/12\/leurope-pathetique-comme-dhabitude-1\/","title":{"rendered":"L&rsquo;Europe path\u00e9tique comme d&rsquo;habitude"},"content":{"rendered":"<p><h2 class=\"titleset_a.deepblue\" style=\"color:#0f3955;font-size:2em;\">L&rsquo;Europe path\u00e9tique comme d&rsquo;habitude<\/h2>\n<\/p>\n<p><p>12 d\u00e9cembre 2005 &mdash; On a r\u00e9guli\u00e8rement l&rsquo;occasion de s&rsquo;\u00e9tonner de l&rsquo;impudence ou de l&rsquo;inconscience de ces politiciens (la \u00ab\u00a0classe politique\u00a0\u00bb europ\u00e9enne) qui s&rsquo;indignent de ce que les peuples disent non \u00e0 l&rsquo;Europe, quand ils le font. Un jugement annexe de ce constat serait qu&rsquo;il y a l\u00e0, au moins, le signe qu&rsquo;il reste quelque instinct de dignit\u00e9 dans les peuples, et un certain flair politique.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>Voici un \u00e9l\u00e9ment nouveau dans ce dossier de \u00ab\u00a0l&rsquo;Europe path\u00e9tique\u00a0\u00bb. C&rsquo;est une r\u00e9v\u00e9lation faite par le <a class=\"gen\" href=\"http:\/\/www.telegraph.co.uk\/news\/main.jhtml;jsessionid=JN1T2BZ3BS5LPQFIQMGCFGGAVCBQUIV0?xml=\/news\/2005\/12\/11\/wrendition11.xml&#038;sSheet=\/portal\/2005\/12\/11\/ixportaltop.html\">Sunday Telegraph hier<\/a>. On pourrait percevoir que le quotidien eurosceptique britannique, en publiant ces lignes, exulte entre les lignes. On le comprend.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>Cette derni\u00e8re nouvelle nous dit que l&rsquo;UE avait sign\u00e9, en janvier 2003, un accord secret avec les USA d&rsquo;o&ugrave; il ressort \u00e0 peu pr\u00e8s que les USA pouvaient utiliser des \u00ab\u00a0installations de transit\u00a0\u00bb, &mdash; les a\u00e9roports europ\u00e9ens r\u00e9pondent \u00e0 cette expression, &mdash; dans le cadre de la lutte contre le terrorisme. (L&rsquo;expression exacte utilis\u00e9e [voir plus loin] est : &laquo; <em>&hellip;increased use of European transit facilities to support the return of criminal\/ inadmissible aliens<\/em> &raquo;. Cela suppose qu&rsquo;il y avait d\u00e9j\u00e0 une utilisation des \u00ab\u00a0<em>European facilities<\/em>\u00ab\u00a0, connue et accept\u00e9e, et qu&rsquo;il en fallait encore plus, tout cela sans soumission au moindre contr\u00f4le? Pourquoi pas?)<\/p>\n<\/p>\n<p><p>Avec une argumentation convenable et \u00e0 peine sollicit\u00e9e, on comprend que cette autorisation pourrait signifier pour les USA qu&rsquo;ils avaient l\u00e0 un accord permettant d&rsquo;effectuer leurs diverses activit\u00e9s CIA (vols, utilisation des a\u00e9roports europ\u00e9ens) comme ils le firent depuis et comme on vient de le d\u00e9couvrir depuis le 2 novembre.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>Le <em>Sunday Telegraph<\/em> \u00e9crit ceci: &laquo; <em>The European Union secretly allowed the United States to use transit facilities on European soil to transport \u00a0\u00bbcriminals\u00a0\u00bb in 2003, according to a previously unpublished document. The revelation contradicts repeated EU denials that it knew of \u00a0\u00bbrendition\u00a0\u00bb flights by the CIA.<\/em><\/p>\n<\/p>\n<p><p>&raquo; <em>The EU agreed to give America access to facilities &mdash; presumably airports &mdash; in confidential talks in Athens during which the war on terror was discussed, the original minutes show. But all references to the agreement were deleted from the record before it was published.<\/em><\/p>\n<\/p>\n<p><p>(&#8230;)<\/p>\n<\/p>\n<p><p>&raquo; <em>The minutes of the Athens meeting on January 22, 2003, were written by the then Greek presidency of the EU after the talks with a US delegation headed by a justice department official. EU officials confirmed that a full account was circulated to all member governments, and would have been sent to the Home Office.<\/em><\/p>\n<\/p>\n<p><p>&raquo; <em>The document, entitled New Transatlantic Agenda, EU-US meeting on Justice and Home Affairs, details the subjects discussed by the 31 people present. The agenda included the fight against terrorism, drug trafficking and extradition agreements.<\/em><\/p>\n<\/p>\n<p><p>&raquo; <em>According to the full version, \u00ab\u00a0Both sides agreed on areas where co-operation could be improved [inter alia] the exchange of data between border management services, increased use of European transit facilities to support the return of criminal\/ inadmissible aliens, co-ordination with regard to false documents training and improving the co-operation in removals.\u00a0\u00bb<\/em><\/p>\n<\/p>\n<p><p>&raquo; <em>But this section, and others referring to US policy, were deleted &mdash; as a \u00ab\u00a0courtesy\u00a0\u00bb to Washington, according to a spokesman for the EU Council of Ministers.<\/em><\/p>\n<\/p>\n<p><p>&raquo; <em>Tony Bunyan, of the Statewatch civil liberties group which obtained the original document, said: \u00ab\u00a0What kind of facilities are these and how many people work there? That phrase suggests the US is being allowed to use airports in Europe to transport criminals from third countries.\u00a0\u00bb<\/em> &raquo;<\/p>\n<\/p>\n<p><p>Voil\u00e0 un nouveau domaine de controverse, \u00e0 partir d&rsquo;une initiative bien dans les habitudes de la diplomatie europ\u00e9enne, faite de demi-mesures et de d\u00e9cisions incertaines lorsqu&rsquo;il s&rsquo;agit de figurer dans des contacts avec les &Eacute;tats-Unis. L&rsquo;arrangement que l&rsquo;UE a sign\u00e9, que tous les &Eacute;tats-membres (y compris la France, soit dit en passant) ont ent\u00e9rin\u00e9 en ne songeant pas \u00e0 en explorer toutes les cons\u00e9quences, ou bien en se gardant de le faire, est caract\u00e9ristique de l&rsquo;attitude de l&rsquo;Europe. D&rsquo;un point de vue th\u00e9orique et g\u00e9n\u00e9ral, il n&rsquo;est pas question de refuser quoi que ce soit \u00e0 l&rsquo;Am\u00e9rique par r\u00e9flexe d&rsquo;all\u00e9geance habituel et au nom du discours sur la communaut\u00e9 des \u00ab\u00a0valeurs\u00a0\u00bb transatlantiques. (Aujourd&rsquo;hui, mis devant les pol\u00e9miques autour des activit\u00e9s de la CIA en Europe et mesurant les diff\u00e9rences de conceptions, on se demande si cette communaut\u00e9 de \u00ab\u00a0valeurs\u00a0\u00bb a encore le moindre contenu lorsqu&rsquo;on en arrive \u00e0 l&rsquo;essentiel, qui est leur mise en pratique. La question est pos\u00e9e, m\u00eame si on prend bien garde de ne pas examiner la validit\u00e9 de ce constat.)<\/p>\n<\/p>\n<p><p>(On observera \u00e9galement qu&rsquo;une des caract\u00e9ristiques de l&rsquo;accord est l&rsquo;absence de mesures r\u00e9ciproques. Il s&rsquo;agit d&rsquo;un accord sign\u00e9 par deux parties pour une lutte globale contre un ennemi global, dans lequel l&rsquo;une des deux parties ne dispose pas chez l&rsquo;autre partie des facilit\u00e9s que la premi\u00e8re lui accorde pour son propre territoire. Cela signifie-t-il que l&rsquo;UE n&rsquo;envisage pas de lutter contre le terrorisme avec ses propres services, y compris sur le territoire des Etats-Unis s&rsquo;il le faut? Pour en revenir aux r\u00e9alit\u00e9s, on comprend ais\u00e9ment qu&rsquo;il s&rsquo;agit d&rsquo;une r\u00e9ciproque qui ne peut \u00eatre envisag\u00e9e, dans le cas am\u00e9ricain. Cette situation n&rsquo;a l&rsquo;air de susciter aucune interrogation, aucune pr\u00e9occupation, et elle est transcrite dans un accord officiel sans soulever la moindre r\u00e9serve. C&rsquo;est l\u00e0 qu&rsquo;on voit les limites path\u00e9tiques de la politique europ\u00e9enne : face aux USA, l&rsquo;Europe accepte de ne pas exister ou d&rsquo;exister en tant que partie inf\u00e9rieure. M\u00eame les \u00ab\u00a0valeurs communes\u00a0\u00bb ne parviennent pas \u00e0 dissimuler cela.)<\/p>\n<\/p>\n<p><p>Ce type d&rsquo;engagement, tr\u00e8s th\u00e9orique au d\u00e9part et suffisamment vague pour permettre bien des interpr\u00e9tations, d\u00e9bouche \u00e9videmment sur des situations pol\u00e9miques extr\u00eamement dommageables. Dans le cas pr\u00e9sent, on pourrait avancer qu&rsquo;il y a une certaine surprise et un malaise certain devant une situation o&ugrave; les Europ\u00e9ens ont accept\u00e9 un engagement qui implique <em>in fine<\/em> un blanc-seing pour des activit\u00e9s qui interf\u00e8rent gravement sur les souverainet\u00e9s nationales. D&rsquo;autre part, les r\u00e9actions implicites d&rsquo;approbation, ou l&rsquo;absence de r\u00e9actions des diff\u00e9rents pays, la France au premier chef, sont un autre motif de surprise.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>On peut deviner et m\u00eame comprendre une certaine exasp\u00e9ration des Am\u00e9ricains, qui peuvent consid\u00e9rer que les r\u00e9actions europ\u00e9ennes sont aujourd&rsquo;hui une mise en cause de l&rsquo;engagement de janvier 2003. Les Europ\u00e9ens, qui, \u00e0 certains moments, ont encore plus peur des pressions des divers groupes parlementaires (PE notamment) et non-gouvernementaux (ONG) que des admonestations des Am\u00e9ricains, sont conduits \u00e0 mettre effectivement en cause des engagements dont ils n&rsquo;ont \u00e0 aucun moment mesur\u00e9 toutes les implications. La courte vue de l&rsquo;UE, dans tous ses actes soi-disant politiques, est un ph\u00e9nom\u00e8ne qui ne cesse de s&rsquo;aggraver \u00e0 mesure que l&rsquo;Europe acquiert pr\u00e9tendument autorit\u00e9 et poids politiques.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>La \u00ab\u00a0chance\u00a0\u00bb des Europ\u00e9ens est qu&rsquo;ils sont comme un borgne avec un &oelig;il en mauvais \u00e9tat dans un royaume o&ugrave; l&rsquo;autre, Washington, est \u00e9galement un borgne dont l&rsquo;&oelig;il restant ne vaut gu\u00e8re mieux. L&rsquo;attitude am\u00e9ricaine dans l&rsquo;affaire de la torture est, \u00e9galement, totalement contrainte par diverses n\u00e9cessit\u00e9s de dissimulation, de mensonges, d&rsquo;interpr\u00e9tations l\u00e9onines. Les Am\u00e9ricains, qui proclament \u00e0 Washington la n\u00e9cessit\u00e9 de la torture, sont oblig\u00e9s de plaider en Europe, au m\u00e9pris de toutes les \u00e9vidences, qu&rsquo;ils respectent les accords internationaux sur la question. Le <em>Daily Telegraph<\/em> rapporte le plus r\u00e9cent exemple de cette d\u00e9marche (on appr\u00e9ciera le \u00ab\u00a0<em>generally<\/em>\u00a0\u00bb de la phrase \u00ab\u00a0<em>would generally apply<\/em>\u00a0\u00bb parlant des conventions sur la torture par rapport aux prisonniers d\u00e9tenus par les USA): &laquo; <em>Washington has been angered by EU protests about the movement and alleged abuse of terror suspects. Yesterday, John Bellinger, senior legal adviser to the US State Department, said the convention against torture, which the US has signed, \u00ab\u00a0would generally apply\u00a0\u00bb to prisoners held by the US.<\/em><\/p>\n<\/p>\n<p><p>&raquo; <em>He said on BBC radio: \u00ab\u00a0Some of the allegations more broadly about all sorts of things are ludicrous. These allegations that we have these activities going on in the hundreds over Europe, and that we are going to take people off to be mistreated, are simply untrue.\u00a0\u00bb<\/em> &raquo;<\/p>\n<\/p>\n<p><p>Cette affaire montre combien il est devenu tr\u00e8s difficile pour les Am\u00e9ricains et les Europ\u00e9ens de traiter sur des mati\u00e8res de coop\u00e9ration sujettes \u00e0 interpr\u00e9tation, donc finalement sur toute mati\u00e8re de coop\u00e9ration s\u00e9rieuse. Une source europ\u00e9enne, invit\u00e9e \u00e0 commenter le cas, appr\u00e9cie que &laquo; <em>les Europ\u00e9ens ont sans aucun doute estim\u00e9 que ce document se pla\u00e7ait dans les normes l\u00e9gales qu&rsquo;ils respectent. De leur c\u00f4t\u00e9, il n&rsquo;y a que de la bonne foi, et une volont\u00e9 constante d&rsquo;\u00e9carter tous les sujets de discorde avec les Am\u00e9ricains, jusqu&rsquo;\u00e0 l&rsquo;aveuglement. Du c\u00f4t\u00e9 am\u00e9ricain, d&rsquo;ailleurs, ce doit \u00eatre \u00e9galement la bonne foi. Bref, on ne parle pas le m\u00eame langage ni des m\u00eames choses.<\/em> &raquo;<\/p>\n<\/p>\n<p><p>La m\u00eame source poursuit son commentaire dans un autre domaine, celui plus \u00e9motionnel et plus pressant de la pression d&rsquo;influence dont sont capables les Am\u00e9ricains, et \u00e0 laquelle les Europ\u00e9ens sont incapables de r\u00e9sister : &laquo; <em>Dans les circonstances qui \u00e9taient celles de janvier 2003, alors que les relations transatlantiques \u00e9taient soumises \u00e0 des tensions extraordinaires avec les d\u00e9saccords sur la guerre en Irak qui se pr\u00e9parait, il \u00e9tait difficilement concevable qu&rsquo;on puisse refuser une telle autorisation aux Am\u00e9ricains. M\u00eame un pays comme la France, qui ne cherchait nullement la confrontation avec les USA malgr\u00e9 ce qu&rsquo;on en a dit, devait reconna&icirc;tre cela. Du c\u00f4t\u00e9 am\u00e9ricain, par contre, pas le moindre \u00e9tat d&rsquo;\u00e2me.<\/em> &raquo;<\/p>\n<\/p>\n<p><p>Le r\u00e9sultat est qu&rsquo;un facteur de plus s&rsquo;ajoute \u00e0 un imbroglio politique explosif entre l&rsquo;Europe et les USA, pour le compliquer et mettre encore plus en \u00e9vidence l&rsquo;absence de ligne politique coh\u00e9rente de l&rsquo;Europe. La crise que conna&icirc;t aujourd&rsquo;hui l&rsquo;Europe appara&icirc;t \u00e0 chaque \u00e9v\u00e9nement nouveau plus justifi\u00e9e par une situation g\u00e9n\u00e9rale qui d\u00e9passe tr\u00e8s largement le seul cadre o&ugrave; les \u00e9v\u00e9nements qui d\u00e9clench\u00e8rent cette crise eurent lieu. Tout est bien en un sens: l&rsquo;Europe n&rsquo;a que ce qu&rsquo;elle m\u00e9rite.<\/p><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>L&rsquo;Europe path\u00e9tique comme d&rsquo;habitude 12 d\u00e9cembre 2005 &mdash; On a r\u00e9guli\u00e8rement l&rsquo;occasion de s&rsquo;\u00e9tonner de l&rsquo;impudence ou de l&rsquo;inconscience de ces politiciens (la \u00ab\u00a0classe politique\u00a0\u00bb europ\u00e9enne) qui s&rsquo;indignent de ce que les peuples disent non \u00e0 l&rsquo;Europe, quand ils le font. 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