{"id":67140,"date":"2005-12-30T00:00:00","date_gmt":"2005-12-30T00:00:00","guid":{"rendered":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/2005\/12\/30\/avec-nos-bon-voeux-transatlantiques\/"},"modified":"2005-12-30T00:00:00","modified_gmt":"2005-12-30T00:00:00","slug":"avec-nos-bon-voeux-transatlantiques","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/2005\/12\/30\/avec-nos-bon-voeux-transatlantiques\/","title":{"rendered":"<strong><em>Avec nos bon voeux transatlantiques<\/em><\/strong>"},"content":{"rendered":"<p><h2 class=\"common-article\">Avec nos bon voeux transatlantiques<\/h2>\n<\/p>\n<p><\/p>\n<p><p>\t30 d\u00e9cembre 2005  Comme toujours, le sourire est de rigueur. C&rsquo;est ce que nous dit Reginald Dale \u00e0 propos des relations transatlantiques. Il pr\u00e9cise aussit\u00f4t, c&rsquo;est l&rsquo;essentiel de son propos, que ce n&rsquo;est qu&rsquo;une fa\u00e7ade et que, derri\u00e8re, la mer est plut\u00f4t grise, assez houleuse, plut\u00f4t m\u00e9chante,  et il le dit sans barguigner, sans tremper sa plume dans l&rsquo;accommodement ni sacrifier au sourire de fa\u00e7ade. Une mer de bile plus qu&rsquo;une mer d&rsquo;huile. (\u00ab <em>Behind the smiles, trans-Atlantic bile<\/em> \u00bb, dans  <a href=\"http:\/\/www.iht.com\/bin\/print_ipub.php?file=\/articles\/2005\/12\/28\/opinion\/eddale.php\" class=\"gen\">le Herald Tribune du 29 d\u00e9cembre<\/a>.)<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tL&rsquo;avis de Reginald Dale est d&rsquo;un r\u00e9el int\u00e9r\u00eat parce que ce commentateur repr\u00e9sente une opinion mod\u00e9r\u00e9e d&rsquo;une part, et que, d&rsquo;autre part, sa position traditionnelle dans l&rsquo;<em>establishment<\/em> permet qu&rsquo;on doive y voir une opinion mod\u00e9r\u00e9e repr\u00e9sentative. Dale est, comme on dit, une opinion autoris\u00e9e. Il a \u00e9t\u00e9 longtemps chroniqueur \u00e0 l&rsquo;International <em>Herald Tribune<\/em> sur les mati\u00e8res \u00e9conomiques. Il repr\u00e9sentait une opinion libre-\u00e9changiste et lib\u00e9rale tr\u00e8s orthodoxe, parlant pour les milieux de Wall Street partisans de l&rsquo;approche multilat\u00e9raliste de la politique am\u00e9ricaniste, donc tr\u00e8s favorables \u00e0 de bons rapports transatlantiques selon les conceptions am\u00e9ricanistes. (Nous ne parlons que d&rsquo; approche [unilat\u00e9raliste et multilat\u00e9raliste] parce qu&rsquo;il ne s&rsquo;agit que d&rsquo;habillages diff\u00e9rents de la m\u00eame politique am\u00e9ricaniste. D&rsquo;une certaine fa\u00e7on l&rsquo;article de Dale, aujourd&rsquo;hui, nous confirme la chose.)<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tReginald Dale est pass\u00e9 dans l&rsquo;institutionnel et dans la direction de grande revue, stade au-dessus de sa pr\u00e9c\u00e9dente position, par cons\u00e9quent plus que jamais porte-parole de la tendance \u00e0 laquelle il fut toujours identifi\u00e9. Il est r\u00e9dacteur en chef de <em>European Affairs<\/em> et un expert des medias \u00e0 Hoover Institution, universit\u00e9 de Stanford. Dans cette perspective, on consid\u00e9rera son article comme une prise de position officieuse de milieux mod\u00e9r\u00e9s am\u00e9ricanistes proches de Wall Street et des milieux atlantistes libre-\u00e9changistes.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tReginald Dale nous pr\u00e9sente donc (rapidement) les sourires de fa\u00e7ade en insistant lourdement sur le fait qu&rsquo;il ne s&rsquo;agit que de fa\u00e7ade, pour en venir \u00e0 l&rsquo;essentiel. Il s&rsquo;agit des sujets de d\u00e9saccord entre Am\u00e9ricains et Europ\u00e9ens. Ils sont fondamentaux. Pour faire vite et clair, Dale les rassemble sous deux rubriques fondamentales.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t&bull; La premi\u00e8re est une attaque directe contre l&rsquo;Europe, qui n&rsquo;a pas r\u00e9pondu aux gestes de bonne volont\u00e9 de l&rsquo;administration GW Bush. Reginald Dale fait aux Europ\u00e9ens le premier reproche fondamental: ils sont critiques de GW Bush et de l&rsquo;Am\u00e9rique, et ils le sont,  horreur,  avec une virulence proche d&rsquo;\u00e9galer celle qu&rsquo;on trouve chez les opposants radicaux aux  USA. Les Europ\u00e9ens sont totalement en faute parce qu&rsquo;ils adoptent une position compl\u00e8tement injustifi\u00e9e et infond\u00e9e. C&rsquo;est l\u00e0 l&rsquo;article central du cat\u00e9chisme am\u00e9ricaniste, conservateurs ou lib\u00e9raux, et il n&rsquo;y a pas \u00e0 argumenter: les USA sont au-dessus de toute critique et toute critique ne fait qu&rsquo;exprimer une envie et une jalousie cach\u00e9es de la puissance US. (Et ne perdons pas notre temps avec ces histoires de CIA, de torture et compagnie. Un peu de s\u00e9rieux dans les rangs.)<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t\u00ab <em>The fundamental difficulty is that despite Washington&rsquo;s recent blandishments, the majority of the European intelligentsia, the news media and the political classes believe that the United States, particularly under Bush, is domineering and dangerous. They pounce on every alleged misdeed, from so-called \u00a0\u00bbtorture flights\u00a0\u00bb carrying terrorist suspects to secret prisons to purported infringements of American civil liberties, as avidly as Bush&rsquo;s most virulent opponents in the United States.<\/em><\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t\u00bb <em>This distorted view of America is fed by widespread envy of U.S. power. As long as it persists, many Europeans will be reluctant to commit themselves to a stronger Atlantic partnership. Political leaders who want to work with the United States, especially against terrorism, are frightened of saying so too openly. Although Atlanticism is far from dead in Europe, discussions of trans-Atlantic relations too often focus on the alleged shortcomings of the United States, rather than on constructive new ideas for collaboration.<\/em> \u00bb<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t&bull; La deuxi\u00e8me (rubrique) est une attaque directe contre l&rsquo;Europe (bis), qui a une vision diff\u00e9rente des relations internationales de celle des USA. Dans ce cas comme dans le premier, il y a une sorte d&rsquo;\u00e9vidence du caract\u00e8re irr\u00e9conciliable (\u00ab <em>likely to remain so<\/em> \u00bb) de cette division entre Europ\u00e9ens et Am\u00e9ricains. \u00ab <em>The second, related, disjunction stems from the different ways in which Europeans and Americans believe that the world should be organized. It is true, as EU and U.S. officials often stress, that the EU is making major contributions to peace in places like the former Yugoslavia and Afghanistan and working with Washington on the issue of Iran&rsquo;s nuclear program. But the standard European view of how Western influence  and particularly military force  should be exerted in the 21st century is radically opposed to America&rsquo;s and is likely to remain so.<\/em> \u00bb<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tLe reste est une argumentation autour de ces deux th\u00e8mes, chaque fois avec les Europ\u00e9ens en position d&rsquo;accus\u00e9s. Il y a l&rsquo;argumentation classique selon laquelle les USA se d\u00e9sint\u00e9ressent de l&rsquo;Europe (fa\u00e7on de dire \u00e0 l&rsquo;Europe qu&rsquo;elle devrait \u00eatre plus accommodante avec les USA, ce qui repr\u00e9sente une prescription surr\u00e9aliste lorsqu&rsquo;on d\u00e9taille le comportement servile de nos dirigeants,  mais c&rsquo;est bien sur de tels d\u00e9tails que repose la m\u00e9sentente transatlantique, qui est de l&rsquo;ordre de la perception et de la psychologie). Cette argumentation \u00e9cul\u00e9e est d&rsquo;ailleurs aussit\u00f4t contredite par l&rsquo;auteur lorsque Dale avance ce point fondamental,  d&rsquo;ailleurs fort justement mis en \u00e9vidence en tant que fait objectif,  que l&rsquo;Europe est entra\u00een\u00e9e sur une voie o\u00f9 elle devient concurrente politique et strat\u00e9gique des USA. Cela suppose, au contraire de ce qu&rsquo;il avance, une attention renouvel\u00e9e des USA pour l&rsquo;Europe.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tL&rsquo;\u00e9volution structurelle de l&rsquo;Europe (et aussi la parano\u00efa am\u00e9ricaine, mais ce n&rsquo;est pas la sorte d&rsquo;argument que Dale aime \u00e0 avancer) est en train de faire passer la concurrence europ\u00e9enne des USA du domaine commercial au domaine politique et strat\u00e9gique. Les dirigeants europ\u00e9ens s&rsquo;en d\u00e9fendent avec la derni\u00e8re \u00e9nergie, et d&rsquo;ailleurs la plus compl\u00e8te bonne foi, mais cela ne change rien \u00e0 l&rsquo;affaire ; il y a longtemps que ces hommes m\u00e9diocres n&rsquo;ont plus aucun pouvoir sur les grandes orientations historiques, et l&rsquo;augmentation du poids strat\u00e9gique et politique de l&rsquo;Europe en est une. Dale : \u00ab <em>The <\/em>[US-EU] <em>clash is accentuated by EU efforts to build a common foreign policy, venturing into international arenas that Washington expects to dominate. It is consequently not surprising that the worst trans-Atlantic confrontations are no longer about trade but about how the world should be run  most seriously over Iraq and the Middle East, but potentially equally seriously over EU arms sales to China. And yet it is precisely in such areas that Washington now wants to work with the Europeans.<\/em> \u00bb<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tLa conclusion de Dale est sans appel, on peut m\u00eame dire qu&rsquo;elle est tr\u00e8s pessimiste. Appr\u00e9cier en effet que ce d\u00e9saccord transatlantique est promis \u00e0 durer pour des ann\u00e9es <em>at best<\/em> signifie qu&rsquo;il pourrait \u00eatre aussi bien conduit, dans le cas moins optimiste, \u00e0 s&rsquo;installer d&rsquo;une fa\u00e7on structurelle. Dans cette perspective, les bons vux que Reginald Dale pr\u00e9conise de part et d&rsquo;autre ont une allure bien ironique \u00ab <em>Despite the undeniable improvements at surface level, these deep, underlying trans-Atlantic tensions are unlikely to disappear for years, at best. But an exchange of modest New Year&rsquo;s resolutions could point in the right direction. It might help if the Americans pledged greater respect for European opinions, and Europeans resolved to make those opinions less biased and sanctimonious.<\/em> \u00bb<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tLe message de Nouvel An de Reginald Dale est clair: d&rsquo;une part, la politique de l&rsquo;administration Bush est la politique am\u00e9ricaine et tout l&rsquo;<em>establishment<\/em> la d\u00e9fend lorsqu&rsquo;il s&rsquo;agit des relations avec l&rsquo;ext\u00e9rieur. D&rsquo;autre part, les Am\u00e9ricains per\u00e7oivent que l&rsquo;\u00e9volution europ\u00e9enne place de plus en plus l&rsquo;Europe dans une position politique et strat\u00e9gique concurrentielle de celle des Etats-Unis. A c\u00f4t\u00e9 de cela, tous les beaux discours, les sourires de fa\u00e7ade, les \u00ab <em>improvements at surface level<\/em> \u00bb ne p\u00e8sent que de peu de poids.<\/p>\n<\/p>\n<p><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Avec nos bon voeux transatlantiques 30 d\u00e9cembre 2005 Comme toujours, le sourire est de rigueur. C&rsquo;est ce que nous dit Reginald Dale \u00e0 propos des relations transatlantiques. 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