{"id":67170,"date":"2006-01-11T00:00:00","date_gmt":"2006-01-11T00:00:00","guid":{"rendered":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/2006\/01\/11\/her-majestys-grande-muette-prend-la-parole\/"},"modified":"2006-01-11T00:00:00","modified_gmt":"2006-01-11T00:00:00","slug":"her-majestys-grande-muette-prend-la-parole","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/2006\/01\/11\/her-majestys-grande-muette-prend-la-parole\/","title":{"rendered":"<strong><em>\u201cHer Majesty&rsquo;s\u201d Grande Muette prend la parole\u2026<\/em><\/strong>"},"content":{"rendered":"<p><h2 class=\"common-article\"><em>Her Majesty&rsquo;s<\/em> Grande Muette prend la parole<\/h2>\n<\/p>\n<p><\/p>\n<p><p>\t11 janvier 2006  On a <a href=\"http:\/\/www.dedefensa.org\/article.php?art_id=2306\" class=\"gen\">d\u00e9j\u00e0 sugg\u00e9r\u00e9<\/a> tout le bien que, nous semble-t-il, l&rsquo;on peut penser du g\u00e9n\u00e9ral (\u00e0 la retraite) britannique, Sir Michael Rose. L&rsquo;homme est un pilier de l&rsquo;<em>establishment<\/em> militaire britannique parce que c&rsquo;est d&rsquo;abord un grand soldat, dans le sens britannique du terme (avec notamment une belle carri\u00e8re dans les Special Air Services). \u00ab <em>Lorsqu&rsquo;il \u00e9tait dans les SAS, c&rsquo;\u00e9tait Dirty Tricks&rsquo;<\/em>, nous dit une source militaire europ\u00e9enne. <em>Lorsqu&rsquo;il avait une mission, rien ne l&rsquo;arr\u00eatait. Il fallait que la mission soit accomplie.<\/em> \u00bb Pour \u00e9crire bref en s&rsquo;inspirant de cette rapide description: Michael Rose n&rsquo;\u00e9tait pas ce qu&rsquo;on nomme un g\u00e9n\u00e9ral politique. Aujourd&rsquo;hui, on pourrait croire qu&rsquo;il l&rsquo;est devenu. On aurait tort.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tC&rsquo;est un cas sans pr\u00e9c\u00e9dent au Royaume-Uni qu&rsquo;un officier de ce grade et de cette notori\u00e9t\u00e9 demande de fa\u00e7on si solennelle, comme il le fait dans <a href=\"http:\/\/www.dedefensa.org\/article.php?art_id=2306\" class=\"gen\">le Guardian d&rsquo;hier<\/a> (en plus d&rsquo;une intervention \u00e0 la BBC, le m\u00eame jour, dans ce sens), que le Premier ministre soit destitu\u00e9. Et c&rsquo;est un cas mesur\u00e9, calcul\u00e9, d\u00e9cid\u00e9 en toute raison, en ce sens qu&rsquo;il n&rsquo;a rien d&rsquo;accidentel ni de l&rsquo;effet d&rsquo;une passion temporaire. Sir Micha\u00ebl Rose avait d\u00e9j\u00e0 lanc\u00e9 le m\u00eame appel dans une autre \u00e9mission t\u00e9l\u00e9vis\u00e9e (sur <em>Channel Four<\/em>), chose connue et publi\u00e9e d\u00e8s <a href=\"http:\/\/www.dedefensa.org\/article.php?art_id=2306\" class=\"gen\">samedi dernier<\/a>. Le g\u00e9n\u00e9ral a tourn\u00e9 sept fois sa plume dans le capuchon de son stylo avant de publier dans le <em>Guardian<\/em>. On peut, on doit consid\u00e9rer son appel comme significatif. (<em>In illo tempore<\/em> et dans d&rsquo;autres circonstances, cette intervention serait consid\u00e9r\u00e9e comme une intol\u00e9rable action politique, \u00e0 la limite de la subversion, de la part d&rsquo;un officier g\u00e9n\u00e9ral. Personne n&rsquo;a sugg\u00e9r\u00e9 cette interpr\u00e9tation. C&rsquo;est un signe.) <\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tConscient de l&rsquo;importance de l&rsquo;acte qu&rsquo;il abrite, le <em>Guardian<\/em> vaticine \u00e0 ce propos, <a href=\"http:\/\/www.guardian.co.uk\/Iraq\/Story\/0,2763,1682958,00.html\" class=\"gen\">hier \u00e9galement<\/a>.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t\u00ab <em>General Sir Michael Rose&rsquo;s call for the prime minister to be impeached over Iraq comes in the same week that the head of the Spanish army has threatened to defy Spain&rsquo;s socialist government by using his forces to prevent Catalonia achieving greater autonomy. Sir Michael is a retired soldier and General Jos\u00e9 Mena Aguido a serving one (though he is now under arrest), yet both events remind us that the boundaries between democracy and the military are inescapably sensitive. There is much to support in Sir Michael&rsquo;s views on Iraq: that the war was a massively serious act, that it has had dire consequences for Iraq itself and the war on terror, and that Tony Blair got the politics horribly wrong. But the significance of Sir Michael&rsquo;s expression of view  and his comment that he would not lead his troops into a war he considers to be wrong  goes well beyond any embarrassment it causes Mr Blair or any cheer it may bring to his critics.<\/em> ()<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t\u00bb []<em> if civil society as a whole is now entitled to a say about a war, why not the military? Traditionally, of course, the military is the ultimate disciplined service. But a war that divides the nation is also likely to divide the military. Sir Michael was himself a divisive soldier during his Balkan war years. Many would say, on the basis of his record there, that he is not the ideal arbiter of when to stand firm in the face of tyrants and when not to do so. But the current Spanish example &#8211; to say nothing of Spain&rsquo;s history &#8211; is a reminder of the danger that can follow from allowing the military to make its own judgments about the actions of an elected government. If nothing else, Sir Michael&rsquo;s intervention dramatises the need for further thought about whether military views, and perhaps conflicting military views, should be more publicly aired as part of a modern democratic process.<\/em> \u00bb<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tIl est int\u00e9ressant de noter que les arguments de Sir Micha\u00ebl sont vite exp\u00e9di\u00e9s. D&rsquo;ailleurs, qui douterait que cette guerre a \u00e9t\u00e9 d\u00e9cid\u00e9e et conduite, quant au cas qui en fut fait devant le bon peuple et dans les assembl\u00e9es d\u00e9mocratiques, sur la base au moins de trois arguments essentiels : le mensonge, le mensonge et le mensonge? La question est donc r\u00e9gl\u00e9e et il reste l&rsquo;essentiel, qui est le fait lui-m\u00eame de l&rsquo;intervention du g\u00e9n\u00e9ral.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tDans ce que nous avons mentionn\u00e9, tant de l&rsquo;argumentaire de Rose que du commentaire du <em>Guardian<\/em>, l&rsquo;essentiel est abord\u00e9 du point de vue de la d\u00e9mocratie (les militaires peuvent-ils ou ne peuvent-ils pas parler en d\u00e9mocratie?). Ce n&rsquo;est pas ce cadre que nous choisissons. Pour l&rsquo;heure, le d\u00e9bat de savoir si les militaires peuvent parler ou non dans le cadre de la d\u00e9mocratie non para\u00eet annexe voire d\u00e9pass\u00e9 puisqu&rsquo;il est tranch\u00e9,  puisque les militaires parlent effectivement, comme on l&rsquo;entend avec Rose. Il nous para\u00eet plus important de constater que toutes les circonstances ont \u00e9t\u00e9 m\u00e9nag\u00e9es pour conduire ces m\u00eames militaires, pourtant connus pour leur r\u00e9serve (c&rsquo;est effectivement le cas des Britanniques), \u00e0 intervenir dans le d\u00e9bat politique d&rsquo;une fa\u00e7on extr\u00eamement pol\u00e9mique, en demandant la t\u00eate du Premier ministre,  c&rsquo;est-\u00e0-dire en laissant l&rsquo;accessoire (cette guerre \u00e9tait-elle bonne et juste ? Non, bien sur) au profit de l&rsquo;essentiel. Lorsque Rose parle, on ne s&rsquo;exclame pas : Quelle surprise!, mais plut\u00f4t : Enfin, il y en a un qui s&rsquo;exprime!. C&rsquo;est dire qu&rsquo;on attendait qu&rsquo;ils le fassent.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tL&rsquo;important est de constater l&rsquo;effet de l&rsquo;action du monde politique, Tony Blair en t\u00eate, avec ses <em>spin doctors<\/em>, son engagement pro-am\u00e9ricain et ses lubies n\u00e9o-imp\u00e9rialistes (voir <a href=\"http:\/\/www.guardian.co.uk\/Columnists\/Column\/0,5673,1677385,00.html\" class=\"gen\">l&rsquo;article de Simon Jenkins<\/a> du 4 janvier dans <em>The Guardian<\/em> sur \u00ab [the]<em>Tony Blair&rsquo;s global machismo<\/em> \u00bb). Ces remarques valent essentiellement, voire exclusivement pour le monde anglo-saxon (ou plut\u00f4t le monde am\u00e9ricaniste avec certains apports anglo-saxons hors-USA), dont la direction politique est parcourue d&rsquo;une tendance r\u00e9volutionnaire et radicale d&rsquo;une puissance sans pr\u00e9c\u00e9dent. La politique g\u00e9n\u00e9rale suivie par ce corps politico-\u00e9conomique \u00e0 ramifications transnationales, soutenu par les id\u00e9ologues extr\u00e9mistes (hyper-lib\u00e9raux et n\u00e9o-conservateurs), engendre des effets d\u00e9structurants dans tous les sens et de toutes les fa\u00e7ons, qui sont d\u00e9vastateurs. Certains sont tr\u00e8s visibles et ont d\u00e9j\u00e0 \u00e9t\u00e9 mis en \u00e9vidence. D&rsquo;autres sont plus cach\u00e9s mais n&rsquo;en sont pas moins importants.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tLa sortie de sa r\u00e9serve du g\u00e9n\u00e9ral Michael Rose en est \u00e9videmment un signe. Le fait qu&rsquo;on puisse parler d&rsquo; \u00ab <em>une guerre qui divise la nation<\/em> \u00bb au point o\u00f9 l&rsquo;on discute aujourd&rsquo;hui de fa\u00e7on si pol\u00e9mique de questions comme la l\u00e9galit\u00e9 formelle et les mensonges de la guerre, la torture, les manipulations, et enfin la destitution du Premier ministre,  cela, pr\u00e8s de trois ans apr\u00e8s que cette guerre soit en th\u00e9orie finie (depuis le 10 avril 2003),  n&rsquo;est certainement pas une situation politique normale, encore moins une situation d\u00e9mocratique normale. C&rsquo;est une situation qui corrode chaque jour un peu plus le corps social et culturel national, et cela particuli\u00e8rement au Royaume-Uni qui est un pays de vieille tradition dont la stabilit\u00e9 d\u00e9pend du rangement social organis\u00e9 par des si\u00e8cles de tradition. Qu&rsquo;il l&rsquo;ait voulu ou non, qu&rsquo;il en ait conscience ou pas, Blair est le dynamiteur en chef dans cette entreprise. C&rsquo;est l\u00e0 qu&rsquo;est l&rsquo;int\u00e9r\u00eat de l&rsquo;intervention de Michael Rose, dans la mesure o\u00f9 elle est un signe de ce ph\u00e9nom\u00e8ne.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tLe fameux \u00ab <em>right or wrong, my country<\/em> \u00bb impliquait, pour les Britanniques, une \u00e9gale fid\u00e9lit\u00e9 \u00e0 la politique appliqu\u00e9e par le gouvernement charg\u00e9 de diriger la nation. Si l&rsquo;on \u00e9crit au pass\u00e9, c&rsquo;est que cette fid\u00e9lit\u00e9 n&rsquo;est pas loin aujourd&rsquo;hui de tomber en lambeaux. Le pr\u00e9cepte fondamental de la politique britannique est, par cons\u00e9quent, en voie de se retrouver dans le m\u00eame \u00e9tat. C&rsquo;est ce que nous d\u00e9signerions comme un acte de d\u00e9structuration fondamental. Puisqu&rsquo;il est de bon ton et de juste prudence de ne plus s&rsquo;\u00e9tonner de rien, personne ne s&rsquo;\u00e9tonnera que ce courant d\u00e9structurant relay\u00e9 par un Premier ministre qui ne cesse de porter beau son patriotisme et son jusqu&rsquo;auboutisme guerrier soit si actif au niveau des \u00e9lites de cette nation, apr\u00e8s que la d\u00e9monstration ait \u00e9t\u00e9 faite qu&rsquo;il l&rsquo;\u00e9tait au niveau international et, au niveau national, dans l&rsquo;organisation sociale et \u00e9conomique de base (la globalisation, la d\u00e9localisation, l&rsquo;immigration, sont des facteurs qui ont \u00e9t\u00e9 accept\u00e9es sans broncher par nos directions politiques et qui sont des facteurs objectivement d\u00e9structurants, quoiqu&rsquo;on en pense sur les plans moraux, \u00e9thiques et autres). <\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tL&rsquo;intervention de Michael Rose illustre l&rsquo;effet catastrophique des politiques aujourd&rsquo;hui suivies en Occident sur le tissu m\u00eame des soci\u00e9t\u00e9s occidentales, et, pr\u00e9cis\u00e9ment dans ce cas, sur les couches dirigeantes elles-m\u00eames. Il s&rsquo;agit d&rsquo;un ph\u00e9nom\u00e8ne sans pr\u00e9c\u00e9dent. C&rsquo;est une fa\u00e7on postmoderne d&rsquo;aborder le ph\u00e9nom\u00e8ne r\u00e9volutionnaire, \u00e0 la fa\u00e7on d&rsquo;un scorpion qui finit par se piquer lui-m\u00eame : ces \u00e9lites, en g\u00e9n\u00e9ral partisanes de tous ces mouvements d\u00e9structurants qui mettent en charpie les structures nationales, finissent par en \u00eatre elles-m\u00eames les victimes.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tOn a d\u00e9j\u00e0 vu des \u00e9lites autoritaires contres des majorit\u00e9s, ou des majorit\u00e9s r\u00e9volutionnaires contre des \u00e9lites conservatrices mais on n&rsquo;a jamais vu une politique ne refl\u00e9tant aucun courant national mais tributaire de quelques automatismes aveugles et de la vanit\u00e9 de telle ou telle individualit\u00e9, contre une opinion nationale qui va des couches populaires aux \u00e9lites elles-m\u00eames. Si ce n&rsquo;est une entreprise nihiliste de d\u00e9structuration, alors les termes n&rsquo;ont plus de sens.<\/p>\n<\/p>\n<p><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Her Majesty&rsquo;s Grande Muette prend la parole 11 janvier 2006 On a d\u00e9j\u00e0 sugg\u00e9r\u00e9 tout le bien que, nous semble-t-il, l&rsquo;on peut penser du g\u00e9n\u00e9ral (\u00e0 la retraite) britannique, Sir Michael Rose. 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