{"id":67314,"date":"2006-03-01T00:00:00","date_gmt":"2006-03-01T00:00:00","guid":{"rendered":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/2006\/03\/01\/avortement-et-kidnapping-de-la-qdr\/"},"modified":"2006-03-01T00:00:00","modified_gmt":"2006-03-01T00:00:00","slug":"avortement-et-kidnapping-de-la-qdr","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/2006\/03\/01\/avortement-et-kidnapping-de-la-qdr\/","title":{"rendered":"<strong><em>Avortement et kidnapping de la QDR<\/em><\/strong>"},"content":{"rendered":"<p><h3>Avortement et kidnapping de la QDR<\/h3>\n<\/p>\n<p><p>\tLa Quadriennal Defense Review (QDR) a fait couler beaucoup d&rsquo;encre lorsqu&rsquo;elle a \u00e9t\u00e9 rendue publique, au d\u00e9but f\u00e9vrier. Nous nous sommes faits l&rsquo;\u00e9cho de l&rsquo;\u00e9volution de cette revue tout au long de son d\u00e9veloppement, jusqu&rsquo;\u00e0 <a href=\"http:\/\/www.dedefensa.org\/article.php?art_id=2401\" class=\"gen\">sa conclusion<\/a>.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tCi-dessous, on trouve un d\u00e9veloppement qui tente de reprendre et de synth\u00e9tiser l&rsquo;affaire jusqu&rsquo;\u00e0 son terme, avec les deux \u00e9tats o\u00f9 s&rsquo;est trouv\u00e9e contrainte la QDR : une trahison de son but initial (avortement) et un d\u00e9tournement de son usage (kidnapping)<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tCe texte ci-dessous est la version fran\u00e7aise de la rubrique <em>To The Point<\/em> de notre Lettre d&rsquo;Analyse <em>Context<\/em>, n\u00b092 de f\u00e9vrier 2006. <\/p>\n<h2 class=\"common-article\">QDR avort\u00e9e<\/h2>\n<h3>QDR vs les no-willing&rsquo;<\/h3>\n<\/p>\n<p><p>\tLa Quadriennal Defense Review (QDR) de 2005, par son importance, sa position chronologique au cur de l&rsquo;\u00e8re Bush (l&rsquo;\u00e8re Rumsfeld? 2001-2009?), sa fonction naturelle de pivot, devait \u00eatre le principal levier de la <em>transformation<\/em> que le secr\u00e9taire \u00e0 la d\u00e9fense Rumsfeld avait d\u00e9sign\u00e9e comme \u00e9tant la principale op\u00e9ration de r\u00e9forme du Pentagone. Il s&rsquo;agissait d&rsquo;abandonner d\u00e9finitivement les coutumes et la mentalit\u00e9 de la Guerre froide, pour entrer de plain-pied dans le XXI\u00e8me si\u00e8cle. Rarement, dans une affaire de cette importance, une telle ambition fut aussi compl\u00e8tement contrari\u00e9e et d\u00e9truite.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tLa QDR 2005 fut d&rsquo;une longueur sans pr\u00e9c\u00e9dent. Les deux exercices pr\u00e9c\u00e9dents (1997 et 2001) avaient pris quatre et cinq mois. Celui-ci a dur\u00e9 tout juste un an. Cette dur\u00e9e inhabituelle marque justement la bataille qui s&rsquo;est d\u00e9roul\u00e9e en son sein, et explique l&rsquo;ultime d\u00e9faite.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tAu d\u00e9part, deux enjeux clairs se d\u00e9gageaient :<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t&bull; Le premier consistait \u00e0 contr\u00f4ler, voire r\u00e9duire la place et, par cons\u00e9quent, le poids budg\u00e9taire, des programmes tr\u00e8s co\u00fbteux h\u00e9rit\u00e9s de la Guerre froide (le F-22, le JSF, le FCS de l&rsquo;U.S. Army, les destroyers furtifs, les sous-marins nucl\u00e9aires).<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t&bull; Le second consistait \u00e0 mettre en place des structures nouvelles, de forme et d&rsquo;ambition diff\u00e9rentes, plus l\u00e9g\u00e8res, plus souples et adaptables, et \u00e0 ouvrir la voie aux programmes correspondant \u00e0 ces \u00e9quipements.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tLe bilan est clair : aucun de ces objectifs n&rsquo;a \u00e9t\u00e9 atteint, et il s&rsquo;en faut de beaucoup. La d\u00e9monstration semble avoir \u00e9t\u00e9 faite que le Pentagone est irr\u00e9formable, que la bureaucratie est d&rsquo;une puissance qui tend \u00e0 la rendre invincible, que les r\u00e9formistes semblent eux-m\u00eames manquer de l&rsquo;inspiration qui pourrait rendre possible une attaque efficace. La forteresse est imprenable parce que ses d\u00e9fenses sont colossales et parce que les attaques utilisent des armes inad\u00e9quates.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t<strong>Coalition des no-willing&rsquo;&#8230;<\/strong> <\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tUne source au Pentagone, cit\u00e9e par <em>Jane&rsquo;s Defence Weekly<\/em>, observait que la QDR-2005 appara\u00eet comme \u00ab <em>a non-event despite looking at a large number of controversial measures, such as killing several major weapon systems, that would have signalled a new direction.<\/em> \u00bb La curiosit\u00e9 de cet exercice de planification est qu&rsquo;il appara\u00eet comme tr\u00e8s contre-r\u00e9volutionnaire alors qu&rsquo;il \u00e9tait annonc\u00e9 comme un \u00e9v\u00e8nement r\u00e9volutionnaire. Le paradoxe est qu&rsquo;on observe qu&rsquo;une alliance inattendue s&rsquo;est nou\u00e9e entre deux forces par essence antagonistes.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t&bull; D&rsquo;une part, la bureaucratie du DoD, et il s&rsquo;agit d&rsquo;un engagement normal. Il \u00e9tait assur\u00e9 que la bureaucratie s&rsquo;opposerait de toutes ses forces \u00e0 un processus dont on affichait le but r\u00e9volutionnaire. Le but de la bureaucratie, elle, \u00e9tait de prot\u00e9ger les choses en l&rsquo;\u00e9tat, notamment les grands programmes d&rsquo;armement fortement critiqu\u00e9s depuis un \u00e0 deux ans, avec les d\u00e9veloppements en Irak montrant leur inadaptation et leur inutilit\u00e9 dans les conflits postmodernes (dits <em>Fourth Generation Warfare<\/em>) ; ils sont particuli\u00e8rement menac\u00e9s aujourd&rsquo;hui par la crise budg\u00e9taire et les d\u00e9penses de la guerre en Irak.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t[Les grands programmes d&rsquo;armement, extr\u00eamement co\u00fbteux et dont la conception est enti\u00e8rement appuy\u00e9e sur les paradigmes de la Guerre froide, s&rsquo;appuient sur les technologies les plus avanc\u00e9es. Le changement r\u00e9cent \u00e0 leur \u00e9gard est par exemple illustr\u00e9 par le changement d&rsquo;opinion d&rsquo;un expert comme Ralph Peters, ancien colonel de l&rsquo;U.S. Army, proche des <em>neocons<\/em>. Peters avait notamment publi\u00e9 un <a href=\"http:\/\/www.dedefensa.org\/article.php?art_id=662\" class=\"gen\">article fameux<\/a> en 1996 (<em>Constant Conflict<\/em>, dans <em>Parameters<\/em>), o\u00f9 il exaltait la puissance technologique US comme la clef de la domination des pays turbulents et des r\u00e9gions incontr\u00f4l\u00e9es par les USA. Aujourd&rsquo;hui, il publie un article dans le <em>Weekly Standard<\/em>, au titre expressif de <em>Counterrevolution in Military Affairs<\/em>, o\u00f9 il met <a href=\"http:\/\/www.dedefensa.org\/article.php?art_id=2407\" class=\"gen\">en \u00e9vidence<\/a> l&rsquo;efficacit\u00e9 militaire de l&rsquo;insurrection en Irak contre les capacit\u00e9s technologiques US (Not a single item in our trillion-dollar arsenal can compare with the genius of the suicide bomber  the breakthrough weapon of our time. Our intelligence systems cannot locate him, our arsenal cannot deter him, and, all too often, our soldiers cannot stop him before it is too late.)<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t&bull; D&rsquo;autre part, et c&rsquo;est bien le plus surprenant, les r\u00e9formistes du clan Rumsfeld ont finalement abandonn\u00e9 toute id\u00e9e de r\u00e9formes en profondeur et se sont oppos\u00e9s \u00e0 une QDR-2005 vraiment r\u00e9volutionnaire. C&rsquo;est la grande surprise de cette QDR-2005 puisque ce sont eux qui, au d\u00e9part, voulaient se servir de ce processus oblig\u00e9 (sur injonction du Congr\u00e8s) pour initier leurs r\u00e9formes fondamentales. Ce point m\u00e9rite une attention d\u00e9velopp\u00e9e.<\/p>\n<h3>Logical disconnect<\/h3>\n<\/p>\n<p><p>\tUne fois n&rsquo;est pas coutume. Loren Thompson, du Lexington Institute, en g\u00e9n\u00e9ral commentateur quasiment officieux du d\u00e9partement de la d\u00e9fense et reflet fid\u00e8le des jugements de ce d\u00e9partement, a eu cette fois les jugements qu&rsquo;il faut pour commenter la QDR-2005. Par la m\u00eame occasion, il met en lumi\u00e8re l&rsquo;\u00e9trange situation o\u00f9 se sont trouv\u00e9s les transformationnistes rumsfeldiens, qui avaient lanc\u00e9 cette QDR pour tout chambouler et qui se sont vus d\u00e9mentis par la r\u00e9alit\u00e9.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tLoren Thompson observe le 24 janvier dans le Los Angeles <em>Times<\/em> (peut-\u00eatre est-ce le fait de parler dans un m\u00e9dia non-professionnel qui l&rsquo;a lib\u00e9r\u00e9 de ses engagements habituels de soutien de la ligne officielle ?) \u00ab <em>The Iraq war has been a nonstop embarrassment for the people who believe in military transformation.<\/em> [&#8230;] <em>Some of the senior policy makers don&rsquo;t want to believe what they&rsquo;re watching on their television sets.<\/em> \u00bb Un autre aspect de la critique de la position des rumsfeldiens est \u00e9nonc\u00e9 par Michele Flournoy, une experte du Center for Strategic and International Studies et ancienne haut fonctionnaire du Pentagone. \u00ab <em>There is a logical disconnect between the lessons learned from Iraq and the conclusions that we can live with a smaller ground force.<\/em> \u00bb<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tCes diverses observations conduisent au constat que les transformationnistes rumsfeldiens se retrouv\u00e8rent dans une position difficile pour exiger des transformations r\u00e9volutionnaires. Les transformations qu&rsquo;ils d\u00e9crivaient pouvaient \u00eatre ais\u00e9ment bloqu\u00e9es par la simple \u00e9vidence que tout ce qui se passe en Irak contredit leur fondement. Comment argumenter pour des forces plus petites alors que, selon les estimations officieuses de l&rsquo;U.S. Army, il manque au moins 150.000 hommes en Irak pour esp\u00e9rer simplement stabiliser la situation au niveau actuel de violence pour l&rsquo;ann\u00e9e 2006. Dans cette sorte de n\u00e9gociations bureaucratiques, les d\u00e9clarations publiques et les imp\u00e9ratifs politiciens n&rsquo;ont plus cours : chacun sait que l&rsquo;annonce du retrait de 30.000 \u00e0 40.000 hommes d&rsquo;Irak cette ann\u00e9e est, au mieux, une annonce politique pour les \u00e9lections <em>mid-term<\/em> de 2006 qui ne sera pas suivie d&rsquo;effets, au pire une mesure qui sera effectivement appliqu\u00e9e et risque de plonger l&rsquo;Irak dans la guerre civile jusqu&rsquo;\u00e0 la partition en trois.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tAinsi les rumsfeldiens \u00e9taient pris \u00e0 leur propre pi\u00e8ge. La seule solution, pour eux, \u00e9tait l&rsquo;alliance contre nature avec la bureaucratie conservatrice. Il en r\u00e9sulta cette QDR-2005, le <em>non-event<\/em> par d\u00e9finition.<\/p>\n<h3>RIP, Rumsfeld le r\u00e9formateur <\/h3>\n<\/p>\n<p><p>\tCette QDR-2005 est-elle l&rsquo;acte d&rsquo;un d\u00e9c\u00e8s d&rsquo;une grande ambition, celle d&rsquo;une r\u00e9forme fondamentale voulue par le secr\u00e9taire \u00e0 la d\u00e9fense le plus controvers\u00e9, mais aussi le plus volontaire qu&rsquo;ait connu le Pentagone? Les derni\u00e8res ann\u00e9es de Rumsfeld au Pentagone pourraient bien ressembler \u00e0 celles de Robert Strange McNamara, arriv\u00e9 en 1961 avec des projets de r\u00e9forme r\u00e9volutionnaires et paralys\u00e9 par la guerre du Viet-n\u00e2m \u00e0 partir de 1966, oblig\u00e9 alors d&rsquo;abandonner compl\u00e8tement ses projets r\u00e9formistes jusqu&rsquo;\u00e0 son d\u00e9part.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tLe probl\u00e8me de Rumsfeld, l&rsquo;explication profonde de sa d\u00e9faite, c&rsquo;est que sa cause qui \u00e9tait au d\u00e9part louable s&rsquo;est rapidement ternie par esprit de chapelle. Assez curieusement, on pouvait penser que Rumsfeld avait bien saisi les conditions nouvelles de la guerre lorsqu&rsquo;il avait salu\u00e9 avec enthousiasme une photo d&rsquo;un soldat US des Special Forces avec des armes l\u00e9g\u00e8res hyper-sophistiqu\u00e9es montant un cheval local en Afghanistan : le mariage de certains apports de hautes technologies avec certains moyens rudimentaires adapt\u00e9s au terrain et \u00e0 la situation locale,  ce qui impliquait la d\u00e9monstration d&rsquo;une grande capacit\u00e9 d&rsquo;adaptation. Mais cet enthousiasme n&rsquo;\u00e9tait qu&rsquo;exotique, pour une situation ressentie plut\u00f4t comme une parodie. Il l&rsquo;a montr\u00e9 en Irak, o\u00f9 il est rest\u00e9 inflexible quant aux dispositions initiales alors que la situation sur le terrain n\u00e9cessitait des adaptations fondamentales et, par cons\u00e9quent, des r\u00e9visions \u00e9galement radicales. De cela, absolument rien ne transpara\u00eet dans la QDR.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tL&rsquo;analyste Michael A. Weinstein, de PINR, notait le 15 f\u00e9vrier que la QDR \u00e9tait b\u00e2tie sur un vide strat\u00e9gique, \u00ab [a] <em>void opened up after the unilateralist vision of Washington&rsquo;s 2002 National Security Strategy was discredited by the limitations of U.S. power revealed during the Iraq intervention.<\/em> \u00bb Ce refus de prendre en compte l&rsquo;\u00e9chec irakien et d&rsquo;en tirer les premi\u00e8res conclusions a conduit \u00e0 fragiliser la position de Rumsfeld et des r\u00e9formateurs, face \u00e0 la bureaucratie. La confiance en soi de Rumsfeld, qui lui donna en 2001 la force d&rsquo;un formidable combattant pr\u00eat \u00e0 affronter la bureaucratie (voir son discours du 10 septembre 2001), l&rsquo;a aveugl\u00e9, quatre ans plus tard, face \u00e0 cette bureaucratie, et l&rsquo;a conduit \u00e0 un compromis qui repr\u00e9sente un tel immobilisme qu&rsquo;il revient en fait \u00e0 une capitulation sans condition de Rumsfeld le r\u00e9formateur. RIP.<\/p>\n<h2 class=\"common-article\">QDR kidnapp\u00e9e<\/h2>\n<h3>Naissance d&rsquo;un traquenard<\/h3>\n<\/p>\n<p><p>\tSi l&rsquo;on veut faire l&rsquo;historique de la QDR 2005, il est probable qu&rsquo;on devra revenir au week-end du 20-21 novembre pour tracer l&rsquo;historique d&rsquo;une manuvre r\u00e9ussie : le kidnapping de la QDR. Lors de ce week-end, les repr\u00e9sentants de la hi\u00e9rarchie militaire, dont ceux de l&rsquo;USAF, convainquirent le secr\u00e9taire \u00e0 la d\u00e9fense adjoint England d&rsquo;abandonner l&rsquo;id\u00e9e d&rsquo;une version commune USAF-Navy du JSF. (Cette proposition signifiait : l&rsquo;abandon de la version USAF [F-35A] ; la r\u00e9duction du programme \u00e0 deux versions : la version Navy [F-35C] devenant la version USAF\/Navy et la version \u00e0 d\u00e9collage ADAC\/V [F-35B].) Il s&rsquo;agissait d&rsquo;un acte symbolique puissant, notamment \u00e0 cause du poids politique (national et international) et budg\u00e9taire qu&rsquo;a acquis le programme Joint Strike Fighter. A partir de l\u00e0, tout espoir fut abandonn\u00e9 que la QDR s&rsquo;av\u00e9r\u00e2t r\u00e9ellement une tentative (un peu) r\u00e9volutionnaire d&rsquo;influer sur la programmation du Pentagone et, au-del\u00e0, sur le magist\u00e8re destructeur de la bureaucratie n\u00e9e de la Guerre froide.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tLa p\u00e9riode (novembre 2005) est importante. A cette \u00e9poque, l&rsquo;administration GW Bush \u00e9tait sous les coups de scandales divers (\u00e0 commencer par l&rsquo;inculpation et la d\u00e9mission, \u00e0 la fin octobre, de I. Gordon Libby, chef de cabinet de Cheney); le poids de la guerre en Irak devenait insupportable dans les sondages; le parti r\u00e9publicain \u00e9tait en chute libre et la perspective des \u00e9lections <em>mid-term<\/em> \u00e9tait catastrophique.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tLe conseiller de GW Bush, Karl Rove, rescap\u00e9 d&rsquo;une possibilit\u00e9 d&rsquo;inculpation (cette possibilit\u00e9 n&rsquo;est pas \u00e9teinte) mais plus que jamais ma\u00eetre \u00e0 bord \u00e0 la Maison-Blanche, d\u00e9cida qu&rsquo;il fallait absolument d\u00e9tourner l&rsquo;attention du public. Pour cela, une seule solution: abandonner le th\u00e8me irakien pour revenir au grand th\u00e8me par excellence de la guerre globale contre la terreur. D&rsquo;une certaine fa\u00e7on, le march\u00e9 de la QDR s&rsquo;inscrit dans la strat\u00e9gie de Karl Rove. Car, \u00e0 partir de l\u00e0, la QDR va servir effectivement d&rsquo;instrument politique pour le pouvoir.<\/p>\n<h3>Voici the Long War<\/h3>\n<\/p>\n<p><p>\tLe 8 f\u00e9vrier, dans le <em>Guardian<\/em>, Simon Tisdall commenta la m\u00e9diatisation intense, effectu\u00e9e les jours pr\u00e9c\u00e9dents, de l&rsquo;expression the Long War pour d\u00e9crire la guerre contre la terreur. L&rsquo;espression \u00e9tait apparue dans des notes du Joint Chief of Staff de fin janvier. Surtout, elle appara\u00eet en t\u00eate de l&rsquo;introduction de la Quadriennal Defense Review 2005 et elle est aussit\u00f4t largement comment\u00e9e dans ce cadre qui acquiert des dimensions de nouvelle doctrine (alors que la QDR n&rsquo;est pas un document doctrinal). Tisdall \u00e9crit: \u00ab <em>Gone is the talk of swift victories that preceded the 2003 Iraq invasion. This will be a war of attrition, it [the QDR] says, fought on many fronts.<\/em> \u00bb<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tLa chose est pr\u00e9sent\u00e9e comme la r\u00e9alisation r\u00e9volutionnaire que tout espoir de l&#8217;emporter tr\u00e8s vite est d\u00e9sormais enterr\u00e9 dans les sables irakiens. Il s&rsquo;agit d&rsquo;envisager un long, tr\u00e8s long combat, qui nous co\u00fbtera quelque chose comme du sang, de la sueur et des larmes (et des centaines de $milliards pour le Pentagone). Cette vision romantique et dramatique est \u00e9mouvante mais elle pr\u00e9sente le travers d&rsquo;\u00eatre compl\u00e8tement fausse. Il suffit d&rsquo;un rapide retour en arri\u00e8re pour constater que les mois de septembre et d&rsquo;octobre 2001 bruiss\u00e8rent, \u00e0 Washington, d&rsquo;hypoth\u00e8ses sur cette guerre sans fin qui nous attendait d\u00e9sormais. L&rsquo;hypoth\u00e8se alla d&rsquo;une deuxi\u00e8me Guerre froide \u00e0 une nouvelle Guerre de Cent Ans, jusqu&rsquo;au pauvre Colin Powell qui fit, le 23 septembre 2001, cette \u00e9trange proposition d&rsquo;une \u00ab <em>guerre de l&rsquo;Am\u00e9rique contre le terrorisme<\/em> [qui] <em>r\u00e9ussira mais<\/em> [qui] <em>pourrait ne jamais finir.<\/em> \u00bb (Comment concilier l&rsquo;annonce d&rsquo;une victoire dans une guerre qui ne finirait jamais?)<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tEn d&rsquo;autres mots, the Long War n&rsquo;a rien de nouveau, c&rsquo;est m\u00eame une vieille barbe ressortie pour l&rsquo;occasion,  pour Rove, on a vu pourquoi. Pour les g\u00e9n\u00e9raux et la bureaucratie du Pentagone, l&rsquo;id\u00e9e de Long War n&rsquo;est rien moins qu&rsquo;une sorte de normalisation de la politique de mobilisation constante et sans fin, du gouvernement paroxystique sur pied de guerre. La conception du Pentagone est bien d\u00e9crite par les remarques de Simon Tisdall, qui \u00e9crivit son commentaire apr\u00e8s avoir entendu et rencontr\u00e9 le g\u00e9n\u00e9ral Mark Kimmitt (\u00ab <em>a key strategist in the US central command covering the Middle East<\/em> \u00bb, notait le <em>Guardian<\/em>), de passage \u00e0 Londres le 6 f\u00e9vrier. Elle se r\u00e9sume \u00e0 ceci: la guerre oui, et si possible la Long War sans fin, mais, surtout, surtout,  plus jamais d&rsquo;Irak&#8230; <\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t<strong>La QDR et la nostalgie de 9\/11<\/strong><\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tL&rsquo;attaque 9\/11 a pr\u00e9cipit\u00e9 un ph\u00e9nom\u00e8ne in\u00e9luctable depuis la Grande D\u00e9pression et la constitution de ce qui est commun\u00e9ment d\u00e9sign\u00e9 comme le complexe militaro-industriel. Le d\u00e9veloppement exponentiel du fonctionnement et des structures de notre civilisation, le d\u00e9veloppement parall\u00e8le de la puissance brute et des int\u00e9r\u00eats qui la constituent furent associ\u00e9s directement, durant la Grande D\u00e9pression, \u00e0 une perception compl\u00e8tement in\u00e9dite de la fragilit\u00e9 de ce processus. Ce fut la rencontre d\u00e9cisive entre la puissance (essentiellement la technologie) et la psychologie. Ce fut le mariage infernal des extr\u00eames. L&rsquo;attitude conjoncturelle dict\u00e9e par cette situation fut qu&rsquo;il fallait entretenir la tension des esprits pour \u00e9viter la rupture des psychologies. Seule la mobilisation donnait une solution acceptable, qui ne pouvait se faire que contre l&rsquo;Ennemi. Ainsi commen\u00e7ait le gouvernement paroxystique du syst\u00e8me, le gouvernement semblant conduire le syst\u00e8me et fonctionnant en r\u00e9alit\u00e9 selon les besoins du syst\u00e8me (encore plus que ses int\u00e9r\u00eats, m\u00eame si ceux-ci \u00e9taient rencontr\u00e9s).<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tIl n&rsquo;y a nul complot l\u00e0-dedans mais bien s\u00fbr une politique de survie puisque la perception (la psychologie) s&rsquo;est structur\u00e9e selon le bin\u00f4me puissance-fragilit\u00e9. Apr\u00e8s la disparition de l&rsquo;Ennemi sovi\u00e9tique qui semblait avoir assur\u00e9 une stabilit\u00e9, une rationalit\u00e9 bienfaisante \u00e0 cette architecture, 9\/11 arrivait \u00e0 son heure en annon\u00e7ant \u00ab <em>la guerre sans fin<\/em> \u00bb de Powell, avant the Long War quatre ans et demi plus tard. La substance du monde devenait elle-m\u00eame paroxysme. La normalit\u00e9 devint paroxystique.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tDans ces conditions, la guerre contre l&rsquo;Irak est un \u00e9v\u00e9nement pervers. Les <em>neocons<\/em> et leurs amis n\u00e9o-imp\u00e9rialistes, idiots utiles certes, s&rsquo;av\u00e8rent finalement embarrassants parce que leurs projets pompeux supposent une fin (la d\u00e9mocratie et\/ou la conqu\u00eate du monde). Dans cette occurrence, c&rsquo;est Powell qui est le plus am\u00e9ricaniste avec sa guerre sans fin, et nullement Perle, Kagan &#038; compagnie, avec leurs r\u00eaves imp\u00e9riaux nourris aux \u00e9lucubrations du Thucydide am\u00e9ricaniste qu&rsquo;est l&rsquo;historien militaire, vitup\u00e9rant et pr\u00e9tentieux, George Davis Hanson.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tLe Pentagone eut tr\u00e8s vite en horreur le projet irakien. Il s&rsquo;y colla avec r\u00e9ticence et ce fut le d\u00e9sastre qu&rsquo;on sait. L&rsquo;Irak effa\u00e7a 9\/11 et 9\/11 fit figure de paradis perdu. The Long War nous y ram\u00e8ne et la QDR, qui en fait l&rsquo;apologie, a bien m\u00e9rit\u00e9 du Pentagone. Kidnapping r\u00e9ussi.<\/p>\n<h3>Est-ce No Future?<\/h3>\n<\/p>\n<p><p>\tLe 7 f\u00e9vrier au S\u00e9nat, les parlementaires toujours maximalistes et patriotards proclament que le budget du DoD (FY2007) est insuffisant,  surtout les s\u00e9nateurs d\u00e9mocrates, qui savent \u00eatre faucons plus que personne lorsque l&rsquo;occasion s&rsquo;en pr\u00e9sente. Ces j\u00e9r\u00e9miades patriotardes sont destin\u00e9es \u00e0 Donald Rumsfeld, venu pr\u00e9senter le budget. Le secr\u00e9taire \u00e0 la d\u00e9fense, plac\u00e9 dans la position inattendue et inconfortable d&rsquo;avoir \u00e0 se d\u00e9fendre contre des augmentations budg\u00e9taires que voudraient lui imposer les parlementaires, r\u00e9plique: \u00ab <em>Would everyone always like more? You bet. But it&rsquo;s not needed. There is always a big bow wave out there of expenses that look unaffordable but invariably prove to be manageable.<\/em> \u00bb<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tAu fond, il s&rsquo;agit d&rsquo;une affirmation extraordinaire de cynisme ou de lucidit\u00e9, c&rsquo;est selon. Rumsfeld nous dit en m\u00eame temps qu&rsquo;il le dit aux parlementaires, sur le ton sarcastique qu&rsquo;on lui conna\u00eet: Vous pouvez toujours p\u00e9rorer, la bureaucratie fait ce qu&rsquo;elle veut, obtient ce qu&rsquo;elle veut et s&rsquo;en sort toujours, elle parvient toujours \u00e0 boucler son budget o\u00f9 craquent les gaspillages et les d\u00e9passements non pr\u00e9vus,  alors, \u00e0 quoi bon quelques $milliards de plus?. Il nous dit encore que la comptabilit\u00e9 et la bonne gestion sont les cadets des soucis de la bureaucratie. Le Pentagone est un tel monstre de comptabilit\u00e9 d\u00e9mente qu&rsquo;on y trouve toujours les dizaines de $milliards pour compl\u00e9ter tel ou tel programme (quitte \u00e0 faire passer le Congr\u00e8s \u00e0 la caisse en faisant voter des <em>supplementals<\/em>).<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tEn contrepoint de cette phrase de Rumsfeld qu&rsquo;on jugera \u00e9galement d&rsquo;un d\u00e9sabusement complet, il y a celle d&rsquo;un expert am\u00e9ricain du d\u00e9partement de la d\u00e9fense, lors d&rsquo;un s\u00e9minaire \u00e0 Bruxelles, le 23 janvier 2006. Interrog\u00e9 sur les situations et les perspectives budg\u00e9taires du DoD, il r\u00e9pond placidement: \u00ab <em>Nowadays, it&rsquo;s all and only, I say only, a question of pork barrel.<\/em> \u00bb Le budget du Pentagone est d\u00e9cid\u00e9 et distribu\u00e9 en fonction des int\u00e9r\u00eats locaux des \u00c9tats, qui sont d\u00e9termin\u00e9s et d\u00e9cid\u00e9s par les \u00e9lus du Congr\u00e8s, repr\u00e9sentant les int\u00e9r\u00eats locaux, en fonction de leurs prochaines \u00e9ch\u00e9ances \u00e9lectorales. Point final.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tDevant ces d\u00e9clarations qui conduisent \u00e0 consid\u00e9rer d&rsquo;une fa\u00e7on si d\u00e9sabus\u00e9e et si fataliste les blocages extr\u00eames o\u00f9 se trouve le budget du Pentagone, par cons\u00e9quent ses orientations, sa strat\u00e9gie et ainsi de suite, on se dit que la QDR \u00e9tait inutile, que, de toutes les fa\u00e7ons elle devait se terminer comme elle s&rsquo;est termin\u00e9e et que les choses continueront en l&rsquo;esp\u00e8ce, <em>business as usual<\/em>. C&rsquo;est une fa\u00e7on de voir qui peut s&rsquo;appuyer sur les exemples sans fin du pass\u00e9; une fa\u00e7on de voir compl\u00e8tement nihiliste, du type <em>no future<\/em> (notamment pour les r\u00e9formistes).<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t<strong>Le Pentagone et les lois du monde<\/strong><\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tCes constats d\u00e9sabus\u00e9s sembleraient dire que nul ne pourra arr\u00eater la machine, que le Pentagone continuera \u00e0 d\u00e9vorer les $milliards et \u00e0 d\u00e9velopper tous les programmes, surtout ceux des guerres d&rsquo;avant et des guerres qui n&rsquo;existent pas, et ainsi de suite. C&rsquo;est adopter implicitement la th\u00e8se qu&rsquo;il n&rsquo;y a plus d&rsquo;histoire, que l&rsquo;histoire, et la guerre, et le reste, se passent au Pentagone pour ce qui concerne le Pentagone. C&rsquo;est oublier que l&rsquo;histoire existe.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tIl reste vrai que le Pentagone met aujourd&rsquo;hui un quart de si\u00e8cle (depuis 1981) pour d\u00e9velopper un chasseur (le F\/A-22) annonc\u00e9 au d\u00e9part \u00e0 $37 millions et qui co\u00fbtera autour de $300 millions sans qu&rsquo;on sache encore s&rsquo;il trouvera son utilit\u00e9. Il reste vrai que le Pentagone, en fonction de ce qui existe par ailleurs (les d\u00e9ploiements, les contraintes logistiques, les gaspillages, l&rsquo;incapacit\u00e9 de r\u00e9former ses structures, etc.), est incapable de d\u00e9ployer plus de 150.000 hommes en Irak et que la situation l\u00e0-bas commence \u00e0 ressembler \u00e0 un d\u00e9sastre historique. (Le Pentagone devra \u00eatre gr\u00e9 \u00e0 Rumsfeld d&rsquo;avoir d\u00e9cid\u00e9 que les contingents y seraient r\u00e9duits. L&rsquo;U.S. Army voulait 400.000 hommes pour l&rsquo;Irak: o\u00f9 les aurait-elle trouv\u00e9s? Mais peut-\u00eatre \u00e9tait-ce \u00e9galement un moyen de tenter de bloquer les projets d&rsquo;invasion&#8230;)<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tIl reste vrai que toutes les augmentations budg\u00e9taires semblent d\u00e9sormais ne faire qu&rsquo;accro\u00eetre le d\u00e9sordre et l&rsquo;impuissance. La sarcastique Augustine <em>law<\/em> de 1978 n&rsquo;est plus loin d&rsquo;\u00eatre confirm\u00e9e (Augustine, alors au Pentagone avant de passer \u00e0 l&rsquo;industrie, \u00e0 la t\u00eate de Martin-Marietta, puis de Lockheed Martin),  elle serait m\u00eame plus proche que ne l&rsquo;annon\u00e7ait le proph\u00e8te: \u00ab <em>En 2050, tout le budget du Pentagone servira \u00e0 acheter un seul chasseur tactique, qui servira trois jours par semaine \u00e0 l&rsquo;USAF, trois jours par semaine \u00e0 la Navy, et le dernier jour au Marine Corps<\/em> \u00bb.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tLe Pentagone ne peut cro\u00eetre et se d\u00e9velopper tel qu&rsquo;il est devenu, monstre effectivement devenu incontr\u00f4lable, que s&rsquo;il \u00e9chappe compl\u00e8tement aux lois terrestres. C&rsquo;est bien l\u00e0 qu&rsquo;est l&rsquo;\u00e9preuve finale, avec une administration qui n&rsquo;entend pas compl\u00e8tement mettre de c\u00f4t\u00e9 ses projets imp\u00e9riaux, et qui s&rsquo;appuie m\u00eame sur les r\u00e9sultats d\u00e9j\u00e0 obtenus pour les poursuivre (voir la crise iranienne).<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tA moins de kidnapper la r\u00e9alit\u00e9 comme il a kidnapp\u00e9 la QDR, le Pentagone reste destin\u00e9 \u00e0 \u00eatre confront\u00e9 au monde ext\u00e9rieur. La pr\u00e9diction sur l&rsquo;apr\u00e8s-QDR d&rsquo;une source au Congr\u00e8s, d\u00e9but f\u00e9vrier, reste dans le champ du possible: \u00ab <em>This really does not bode well for the look of the defence budget &#8230; the year after this will be really tough.<\/em> \u00bb<\/p>\n<\/p>\n<p><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Avortement et kidnapping de la QDR La Quadriennal Defense Review (QDR) a fait couler beaucoup d&rsquo;encre lorsqu&rsquo;elle a \u00e9t\u00e9 rendue publique, au d\u00e9but f\u00e9vrier. Nous nous sommes faits l&rsquo;\u00e9cho de l&rsquo;\u00e9volution de cette revue tout au long de son d\u00e9veloppement, jusqu&rsquo;\u00e0 sa conclusion. 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