{"id":67386,"date":"2006-03-26T00:00:00","date_gmt":"2006-03-26T00:00:00","guid":{"rendered":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/2006\/03\/26\/revoici-la-russie\/"},"modified":"2006-03-26T00:00:00","modified_gmt":"2006-03-26T00:00:00","slug":"revoici-la-russie","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/2006\/03\/26\/revoici-la-russie\/","title":{"rendered":"Revoici la Russie"},"content":{"rendered":"<p><h4>Revoici la Russie<\/h4>\n<\/p>\n<p><p>Description du retour de la puissance russe, avec une combinaison in\u00e9dite: un statut de super-puissance nucl\u00e9aire et un des premiers producteurs d&rsquo;\u00e9nergie du monde. Texte de la rubrique <em>Contexte<\/em>, Lettre d&rsquo;Analyse <em>de defensa &#038; eurostrat\u00e9gie<\/em>, Volume 21 n&deg;09 du 25 janvier 2006.<\/p>\n<\/p>\n<\/p>\n<p><h2>Revoici la Russie<\/h2>\n<\/p>\n<p><p><strong>La br\u00e8ve crise du gaz russe impliquant la Russie et l&rsquo;Ukraine a fait courir un frisson de terreur chez les comptables de la crise de l&rsquo;\u00e9nergie. Elle nous en dit bien plus sur un ph\u00e9nom\u00e8ne \u00e9tonnant: le retour de la puissance russe<\/strong><\/p>\n<\/p>\n<p><p>Puisque nous sommes dans une \u00e9poque faite enti\u00e8rement de perceptions souvent d\u00e9form\u00e9es, il n&rsquo;est pas \u00e9tonnant qu&rsquo;il faille une crise pour nous faire r\u00e9aliser des \u00e9vidences qui, sans doute, nous aveuglaient jusqu&rsquo;alors. C&rsquo;est le cas de la br\u00e8ve crise qui a oppos\u00e9 la Russie et l&rsquo;Ukraine sur la question du gaz, autour du 1er janvier.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>Nous laisserons de c\u00f4t\u00e9 les donn\u00e9es de cette crise, tout en observant que la volont\u00e9 de la Russie de relever les prix de son gaz livr\u00e9 \u00e0 l&rsquo;Ukraine r\u00e9pond simplement aux lois du march\u00e9. L&rsquo;article de Michael Leven dans l&rsquo;International <em>Herald Tribune<\/em> du 9 janvier montrait en quelques lignes que Poutine n&rsquo;avait agi que pour r\u00e9pondre aux int\u00e9r\u00eats \u00e9conomiques et g\u00e9ostrat\u00e9giques fondamentaux de son pays, comme le feraient et le font d&rsquo;ailleurs chaque jour tous les pays qui ont d\u00e9ploy\u00e9 un vaste arsenal de bonnes raisons morales pour condamner la Russie. Passons outre.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>Plus int\u00e9ressante fut la r\u00e9action de panique qui a envahi divers r\u00e9seaux, gouvernements et organisations, nationaux ou internationaux (la Commission europ\u00e9enne remarquable \u00e0 cet \u00e9gard), devant la \u00ab\u00a0r\u00e9v\u00e9lation\u00a0\u00bb que nombre de pays et groupes de pays d\u00e9pendent des approvisionnements russes en \u00e9nergie et que la Russie peut \u00eatre tent\u00e9e de faire de ses exportations en \u00e9nergie une arme politique. S&rsquo;effrayer de telles \u00e9vidences confirme effectivement qu&rsquo;en g\u00e9n\u00e9ral, dans notre \u00e9trange \u00e9poque, les \u00e9vidences semblent surtout faites pour nous aveugler. Bien s&ucirc;r que la Russie fait de ses exportations en \u00e9nergie une arme politique et cela est conforme aux formes imprim\u00e9es aux relations internationales, &mdash; qui sont des formes de relations de force, &mdash; par ceux qui les dominaient jusqu&rsquo;ici outrageusement, &mdash; les Occidentaux et, essentiellement, les Am\u00e9ricains. Que nous nous indignons que les autres fassent comme nous quand ils le peuvent passe tout bon sens. Passons outre (suite)<\/p>\n<\/p>\n<p><p>Non, le grand int\u00e9r\u00eat de cette crise est la situation qu&rsquo;elle a r\u00e9v\u00e9l\u00e9e, que tout le monde n&rsquo;a pas encore r\u00e9alis\u00e9e mais qui est d&rsquo;ores et d\u00e9j\u00e0 affirm\u00e9e. Cela concerne le statut et le niveau de la puissance de la Russie. Depuis le d\u00e9but de l&rsquo;ann\u00e9e, et nous nous en apercevrons vite dans les actes qui vont suivre, il est \u00e0 notre sens av\u00e9r\u00e9 que la Russie est d\u00e9sormais, \u00e0 nouveau, une grande puissance dans un monde o&ugrave; la puissance tend en plus \u00e0 se morceler.<\/p>\n<\/p>\n<p><h3 class=\"subtitleset_b.deepblue\" style=\"color:#0f3955;font-size:1.65em;font-variant:small-caps;\">De la d\u00e9sint\u00e9gration \u00e0 la r\u00e9int\u00e9gration<\/h3>\n<\/p>\n<p><p>Le 5 janvier 2006, le commissaire \u00e0 l&rsquo;&Eacute;nergie \u00e0 la Commission europ\u00e9enne, Andris Piebalgs, d\u00e9clarait: &laquo; <em>On diabolise beaucoup la Russie dans cette histoire. Pourtant, c&rsquo;est le seul probl\u00e8me que nous ayons eu avec les Russes en quarante ans de partenariat. C&rsquo;\u00e9tait d&rsquo;abord un litige commercial, m\u00eame s&rsquo;il a eu des cons\u00e9quences politiques.<\/em> &raquo; D\u00e9claration juste mais futile, qui ne situe pas les r\u00e9elles donn\u00e9es du probl\u00e8me. Nous en sommes encore \u00e0 discuter des appr\u00e9ciations morales qu&rsquo;il faut accorder \u00e0 Poutine et \u00e0 la Russie, et \u00e0 mesurer ses r\u00e9f\u00e9rences acceptables par l&rsquo;Occident, comme si la Russie faisait partie de l&rsquo;Occident et en d\u00e9pendait pour toutes ses r\u00e9f\u00e9rences de bonne conduite. Dans le m\u00eame esprit, les jugements de condamnation de Poutine parce qu&rsquo;il intervient comme il le fait alors qu&rsquo;il a la pr\u00e9sidence du G8, alors que l&rsquo;Ouest lui a fait ce \u00ab\u00a0cadeau\u00a0\u00bb d&rsquo;\u00eatre dans le G8, ne sont gu\u00e8re fond\u00e9s. Il ne font pas partie du nouveau monde que nous sommes en train de d\u00e9couvrir.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>Il n&rsquo;est plus tr\u00e8s fond\u00e9 de parler de la Russie comme d&rsquo;un appendice de l&rsquo;Ouest, comme si la Russie \u00e9tait encore au temps d&rsquo;Eltsine et comme si nous \u00e9tions encore \u00ab\u00a0l&rsquo;Ouest\u00a0\u00bb. Entre 1991 et 1998, Eltsine a mis la Russie \u00e0 l&rsquo;encan. Il accompagnait et acc\u00e9l\u00e9rait la plong\u00e9e de la Russie, URSS pulv\u00e9ris\u00e9e et mise en coupe r\u00e9gl\u00e9e par un capitalisme pr\u00e9dateur manipul\u00e9 par les milieux financiers am\u00e9ricains, dans un trou noir de d\u00e9structuration, de d\u00e9nationalisation, de mis\u00e8re, &mdash; une catastrophe \u00e9conomique et sociale sans pr\u00e9c\u00e9dent. Le point d&rsquo;orgue fut la crise de 1998, directement cr\u00e9\u00e9e et manipul\u00e9e par l&rsquo;administration Clinton et Wall Street. Les responsabilit\u00e9s sont claires.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>Le co&ucirc;t social et culturel a \u00e9t\u00e9 colossal. La restructuration \u00e9conomique a cr\u00e9\u00e9 des monstruosit\u00e9s dans les in\u00e9galit\u00e9s, l&rsquo;ins\u00e9curit\u00e9, la destruction de l&rsquo;environnement, etc. Poutine, qui a remplac\u00e9 Eltsine \u00e0 cette \u00e9poque, se trouvait devant un \u00e9norme probl\u00e8me dont la solution \u00e9tait simple: seule la reconqu\u00eate de certaines ressources par l&rsquo;&Eacute;tat, \u00e9ventuellement avec des m\u00e9thodes contestables selon nos \u00ab\u00a0valeurs\u00a0\u00bb, pouvait redonner \u00e0 cet &Eacute;tat une puissance lui permettant \u00e0 nouveau d&rsquo;exister. Cela fut fait, essentiellement en direction du secteur \u00e9nerg\u00e9tique. Cette reconqu\u00eate co\u00efncida avec une augmentation r\u00e9guli\u00e8re du prix de l&rsquo;\u00e9nergie sur les march\u00e9s internationaux.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>L&rsquo;&Eacute;tat russe s&rsquo;est retrouv\u00e9 en position de puissance gr\u00e2ce \u00e0 la manne des exportations d&rsquo;\u00e9nergie. Cette dynamique a pris une telle ampleur que les conditions ont favoris\u00e9 rapidement une politique de l&rsquo;\u00e9nergie. Plus les exportations renfor\u00e7aient l&rsquo;&Eacute;tat, au plus cet &Eacute;tat en venait naturellement \u00e0 ce privil\u00e8ge des &Eacute;tats forts: transformer leurs avantages \u00e9conomiques dans les relations internationales en politique coh\u00e9rente, c&rsquo;est-\u00e0-dire en politique de puissance. C&rsquo;est ce qui s&rsquo;est r\u00e9v\u00e9l\u00e9 lors de la crise avec l&rsquo;Ukraine, et non pas \u00e0 propos des relations russo-ukrainiennes mais \u00e0 propos des relations de la Russie avec l&rsquo;Europe d&rsquo;une part, avec les grands pays d&rsquo;Asie (Chine, Japon) d&rsquo;autre part. Le coup est d&rsquo;autant plus imparable que nous entrons dans l&rsquo;\u00e8re de la crise de production (demande augmentant, production stagnant) qui interdit de trouver pour l&rsquo;instant une alternative \u00e0 la Russie tout en renfor\u00e7ant constamment la Russie avec l&rsquo;augmentation du prix de l&rsquo;\u00e9nergie. Ironie d&rsquo;une situation qui met la logique du march\u00e9 lib\u00e9ral au service du renforcement d&rsquo;un &Eacute;tat qui est pour le moins m\u00e9fiant \u00e0 l&rsquo;\u00e9gard du lib\u00e9ralisme. (M\u00eame situation pour le Venezuela de Chavez, 4\u00e8me producteur mondial de p\u00e9trole.)<\/p>\n<\/p>\n<p><p>Le cas de la Russie est unique. La Russie est une super-puissance nucl\u00e9aire. La chose paraissait d&rsquo;un int\u00e9r\u00eat r\u00e9duit en 1993 ou en 1997. Le nucl\u00e9aire strat\u00e9gique garantit contre une agression mais n&rsquo;offre pas \u00e0 lui seul de possibilit\u00e9s d&rsquo;une politique offensive. Aujourd&rsquo;hui, les choses ont chang\u00e9. La nouvelle puissance de nation exportatrice d&rsquo;\u00e9nergie de la Russie s&rsquo;affirme d&rsquo;un point de vue politique. Cette puissance de nation exportatrice s&rsquo;inscrit naturellement dans le cadre de la puissance militaire (nucl\u00e9aire strat\u00e9gique) russe, pour s&rsquo;affirmer en toute impunit\u00e9. Il est hors de question de songer \u00e0 manipuler la puissance exportatrice russe comme on peut songer \u00e0 le faire dans le cas, par exemple, de l&rsquo;Arabie Saoudite.<\/p>\n<\/p>\n<p><h3 class=\"subtitleset_b.deepblue\" style=\"color:#0f3955;font-size:1.65em;font-variant:small-caps;\">Une \u00e9tonnante ironie de l&rsquo;histoire<\/h3>\n<\/p>\n<p><p>Les deux param\u00e8tres dynamiques essentiels de la puissance au XXI\u00e8me si\u00e8cle sont devenus, notamment \u00e0 cause de l&rsquo;action imp\u00e9rative des &Eacute;tats-Unis depuis le 11 septembre 2001: d&rsquo;une part, la puissance militaire en g\u00e9n\u00e9ral, avec la nouveaut\u00e9 que l&rsquo;utilisation \u00ab\u00a0conventionnelle\u00a0\u00bb du nucl\u00e9aire, c&rsquo;est-\u00e0-dire dans les conditions autres que les cas exceptionnels (dissuasion nucl\u00e9aire) envisag\u00e9s jusqu&rsquo;ici, n&rsquo;est plus une option proscrite. L&rsquo;\u00e9nergie est devenue un facteur essentiel de la puissance, tant \u00e0 cause des conditions objectives (crise de la production) que des orientations impos\u00e9es par la politique \u00e9trang\u00e8re US (attaque de l&rsquo;Irak, \u00e0 cause notamment des ressources p\u00e9troli\u00e8res de ce pays). Ces deux conditions r\u00e9unies dans une seule puissance d\u00e9finissent la Russie, et seule la Russie b\u00e9n\u00e9ficie de cette conjonction.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>Les Russes sont en train de le comprendre ou, dans tous les cas, ils agissent naturellement comme s&rsquo;ils le comprenaient. Un signe convaincant de cette attitude se trouve dans les bruits qui courent selon lesquels Poutine, qui devra quitter la pr\u00e9sidence en 2008 (la Constitution limite la pr\u00e9sidence \u00e0 deux mandats successifs), pourrait poursuivre sa carri\u00e8re en prenant la direction de Gazprom. Cette possibilit\u00e9 est pr\u00e9sent\u00e9e directement comme la poursuite de la politique de Poutine \u00a0\u00bbpar un autre moyen\u00a0\u00bb. C&rsquo;est reconna&icirc;tre de fa\u00e7on ouverte (officieusement, peu importe: ce qui compte ici, c&rsquo;est l&rsquo;expression implicite des conceptions du pouvoir), d&rsquo;une part le poids consid\u00e9rable de l&rsquo;exportation de l&rsquo;\u00e9nergie dans la politique de s\u00e9curit\u00e9 nationale, d&rsquo;autre part la volont\u00e9 de donner \u00e0 ce poids un r\u00f4le actif, cr\u00e9ateur, dans la politique de s\u00e9curit\u00e9 nationale, et notamment la politique ext\u00e9rieure.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>Cette d\u00e9marche est moins \u00e9vidente qu&rsquo;il ne para&icirc;t lorsqu&rsquo;on fait la diff\u00e9rence entre le poids des exportations p\u00e9troli\u00e8res dans la politique \u00e9trang\u00e8re de l&rsquo;exportateur (ce poids existe de facto) et le r\u00f4le cr\u00e9ateur que ce poids peut jouer s&rsquo;il est bien utilis\u00e9 (ce r\u00f4le n&rsquo;existe que si la volont\u00e9 politique et la capacit\u00e9 cr\u00e9atrice existent). Quelques pr\u00e9c\u00e9dents existent et l&rsquo;on n&rsquo;en voit que deux qui soient significatifs. Le Shah d&rsquo;Iran, \u00e0 partir de la fin des ann\u00e9es 1960, voulut utiliser son poids d&rsquo;exportateur de p\u00e9trole pour cr\u00e9er et d\u00e9velopper un r\u00f4le politique et diplomatique important (en m\u00eame temps que tenter des r\u00e9formes importantes). Il r\u00e9ussit en partie, en renfor\u00e7ant consid\u00e9rablement le r\u00f4le de l&rsquo;Iran jusqu&rsquo;\u00e0 faire tenir \u00e0 ce pays le r\u00f4le dominant dans la r\u00e9gion, comme partenaire des USA. Son \u00e9chec final tient \u00e0 d&rsquo;autres aspects de son r\u00e9gime et ne discr\u00e9dite nullement l&rsquo;id\u00e9e initiale. L&rsquo;autre exemple est actuel: celui de Chavez et du Venezuela. La puissance p\u00e9troli\u00e8re est devenue un \u00e9l\u00e9ment majeur d&rsquo;une politique ext\u00e9rieure qui donne \u00e0 ce petit pays un poids d&rsquo;influence consid\u00e9rable dans sa zone et m\u00eame en-dehors. Chavez utilise le p\u00e9trole selon des objectifs politiques avou\u00e9s et proclam\u00e9s, jusqu&rsquo;\u00e0 des op\u00e9rations ponctuelles \u00e9tonnantes (lorsqu&rsquo;il propose de vendre du p\u00e9trole \u00e0 bas prix \u00e0 des organisations humanitaires et activistes US pour qu&rsquo;elles le redistribuent dans des milieux am\u00e9ricains pauvres et d\u00e9favoris\u00e9s sous forme de produit de chauffage notamment)<\/p>\n<\/p>\n<p><p>Le m\u00eame processus est possible pour la Russie avec, en plus, le facteur unique de la puissance militaire et strat\u00e9gique nucl\u00e9aire. Les Russes tiennent l\u00e0, surtout dans la situation de crise p\u00e9troli\u00e8re et d&rsquo;\u00e9nergie qu&rsquo;on conna&icirc;t, une formule in\u00e9dite d&rsquo;affirmation de puissance (ce n&rsquo;est pas la seule: la capacit\u00e9 technologique avanc\u00e9e peut \u00eatre un autre de ces moyens pouvant renforcer d\u00e9cisivement une politique \u00e9trang\u00e8re et de s\u00e9curit\u00e9 nationale).<\/p>\n<\/p>\n<p><p>Ce ph\u00e9nom\u00e8ne russe est en train de s&rsquo;imposer comme un facteur important de recomposition de la structure internationale, de la soi-disant unipolarit\u00e9 US vers la multipolarit\u00e9. Certains, en Europe, s&rsquo;en sont aper\u00e7us (la France et l&rsquo;Allemagne). D&rsquo;autres (la Commission europ\u00e9enne, par exemple), sont incapables de d\u00e9passer un discours humanitariste (droits de l&rsquo;homme, d\u00e9mocratie) r\u00e9serv\u00e9 \u00e0 certains et syst\u00e9matiquement \u00e9pargn\u00e9 \u00e0 d&rsquo;autres. La prise de conscience de la puissance russe renouvel\u00e9e est l&rsquo;un des tests de l&rsquo;intelligence politique aujourd&rsquo;hui. Le r\u00e9sultat est m\u00e9lang\u00e9.<\/p><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Revoici la Russie Description du retour de la puissance russe, avec une combinaison in\u00e9dite: un statut de super-puissance nucl\u00e9aire et un des premiers producteurs d&rsquo;\u00e9nergie du monde. Texte de la rubrique Contexte, Lettre d&rsquo;Analyse de defensa &#038; eurostrat\u00e9gie, Volume 21 n&deg;09 du 25 janvier 2006. 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