{"id":67466,"date":"2006-04-17T00:00:00","date_gmt":"2006-04-17T00:00:00","guid":{"rendered":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/2006\/04\/17\/surprise-a-litalienne\/"},"modified":"2006-04-17T00:00:00","modified_gmt":"2006-04-17T00:00:00","slug":"surprise-a-litalienne","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/2006\/04\/17\/surprise-a-litalienne\/","title":{"rendered":"<strong><em>Surprise \u00e0 l&rsquo;italienne?<\/em><\/strong>"},"content":{"rendered":"<p><h2 class=\"common-article\">Surprise \u00e0 l&rsquo;italienne?<\/h2>\n<\/p>\n<p><\/p>\n<p><p>\t17 avril 2006  Vendredi, Romano Prodi prit le train, en premi\u00e8re classe, pour passer le week-end de P\u00e2ques \u00e0 Bologne, o\u00f9 il vit. Sans doute un interm\u00e8de de d\u00e9tente apr\u00e8s une campagne \u00e9lectorale, toujours \u00e9puisante ; avant de poursuivre, d\u00e8s demain, la grande bataille de son arriv\u00e9e au pouvoir face au <em>Cavaliere<\/em> qui refuse toujours de conc\u00e9der sa d\u00e9faite malgr\u00e9 la futilit\u00e9 de la poursuite du recomptage (le nombre de bulletins soumis \u00e0 une v\u00e9rification ne pourrait lui donner la victoire). Dans le train, ce ne fut pas encore tout \u00e0 fait la d\u00e9tente puisqu&rsquo;il avait en face de lui John Follain, du <em>Times<\/em> de Londres. L&rsquo;interview \u00e9tait pr\u00e9vue et elle se fit dans une compl\u00e8te d\u00e9tente. Pour autant, l&rsquo;int\u00e9r\u00eat de l&rsquo;entretien n&rsquo;est pas discutable. (C&rsquo;est la premi\u00e8re interview de Prodi depuis les \u00e9lections.)<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tL&rsquo;article de John Follain a paru dans le <em>Sunday Times<\/em> du 16 avril.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t\u00ab <em>Italy&rsquo;s election victor, Romano Prodi, has unveiled a plan to speed up the integration of a core group of European Union countries that threatens to leave Britain on the sidelines.<\/em><\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t\u00bb <em>In his first newspaper interview since he narrowly defeated Silvio Berlusconi last week, Prodi told The Sunday Times he would accelerate measures to bind the main continental members into a tighter alliance and breathe new life into a European constitution.<\/em> <\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t(&#8230;)<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t\u00bb <em>Prodi said his priority was to forge an alliance of what he called the countries most determined to push for a common European policy.  We need a strong relationship not just with France and Germany but also with the so-called group of six, countries like Belgium and Luxembourg  but not the Netherlands, Prodi said. Asked if this group would include Britain, he replied: I believe it is difficult to include it among countries which are pushing for more integration. Britain has decided not to hold a referendum on Europe so it has not approved the European position. Evidently it believes in a policy which is more independent of the EU.<\/em> <\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t\u00bb <em>When pressed he took a more cautious line. Would pro-European members increase defence co-operation, for example, without Britain? I believe that European initiatives must have one clear characteristic without which they cannot be called European, and that is to keep the door open to all members. That is true of monetary, defence and any other area. Some members who want to do more can take initiatives, but this will never exclude the others. As if on cue, the European anthem suddenly rang out from his mobile phone.<\/em> \u00bb<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tMais Prodi a-t-il une majorit\u00e9 suffisante et une coh\u00e9sion dans cette majorit\u00e9 qui permettent de telles ambitions? \u00ab <em>There is no alternative<\/em> \u00bb, dit-il dans un sourire. Et encore :  \u00ab <em>The members of the coalition are all committed, and they all have a common interest, he said. If this coalition is broken, it is clear that we will have elections. And that is in no one&rsquo;s interest.<\/em> \u00bb<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tProdi envisage aussi de proposer une relance de la Constitution europ\u00e9enne sous une forme modifi\u00e9e, apr\u00e8s les \u00e9lections pr\u00e9sidentielles fran\u00e7aises.  Il verrait un vote possible, demand\u00e9 \u00e0 tous les \u00e9lecteurs des \u00e9lections europ\u00e9ennes en 2009.<\/p>\n<h3>La puissance de la faiblesse ?<\/h3>\n<\/p>\n<p><p>\tProdi est dans une situation int\u00e9ressante. Sa position de faiblesse constitue paradoxalement une force, du moins pour ce qui concerne les projets qu&rsquo;il a \u00e9nonc\u00e9s. Sa majorit\u00e9 est h\u00e9t\u00e9roclite et tr\u00e8s faible, mais elle n&rsquo;a gu\u00e8re d&rsquo;alternative parce que de nouvelles \u00e9lections seraient d\u00e9vastatrices pour elle. C&rsquo;est une situation o\u00f9 l&rsquo;on est condamn\u00e9 \u00e0 s&rsquo;entendre, et o\u00f9 on l&rsquo;est en g\u00e9n\u00e9ral sur des projets \u00e0 grande signification,  et ce que Prodi avance fait partie de cette cat\u00e9gorie, particuli\u00e8rement son projet de constitution d&rsquo;un noyau dur. D&rsquo;ores et d\u00e9j\u00e0, la coalition s&rsquo;est engag\u00e9e sur ce projet et r\u00e9alise qu&rsquo;il s&rsquo;agit effectivement d&rsquo;une mesure de grande r\u00e9sonance, promise \u00e0 provoquer des effets de renforcement importants pour la coalition. En ce sens, la faiblesse m\u00eame de cette coalition indique qu&rsquo;elle a besoin de projets f\u00e9d\u00e9rateurs et populaires et cette initiative en est un.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tDans le contexte actuel, ce projet offre nombre de caract\u00e9ristiques int\u00e9ressantes. Il s&rsquo;agit du <a href=\"http:\/\/www.dedefensa.org\/article.php?art_id=1552\" class=\"gen\">Plan B<\/a> envisag\u00e9 (d&rsquo;abord avec les Allemands cette fois) au moment de la d\u00e9b\u00e2cle du r\u00e9f\u00e9rendum fran\u00e7ais. L&rsquo;id\u00e9e est bien consid\u00e9r\u00e9e en g\u00e9n\u00e9ral en France (aussi bien par Chirac-Villepin que par Sarkozy dans la majorit\u00e9) et dans les pays du Benelux,  \u00e0 l&rsquo;exclusion de la Hollande, de plus en plus isolationniste en Europe. Le cas de l&rsquo;Allemagne est tr\u00e8s incertain mais la faiblesse actuelle du gouvernement peut le conduire \u00e0 y adh\u00e9rer s&rsquo;il y voit un r\u00e9el avantage en termes d&rsquo;effet europ\u00e9en d&rsquo;une dynamique de relance. L&rsquo;Espagne ne devrait pas \u00eatre laiss\u00e9e de c\u00f4t\u00e9.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tL&rsquo;Italie, pays faible, discr\u00e9dit\u00e9 \u00e0 un point inimaginable par le grotesque \u00e9pisode berlusconesque, peut trouver dans un tel projet un moyen de r\u00e9tablir un certain cr\u00e9dit politique, aussi bien \u00e0 ses propres yeux qu&rsquo;\u00e0 ceux de ses partenaires.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tMaintenant, que signifie r\u00e9ellement un tel projet? Sa pr\u00e9sentation vertueuse d&rsquo;\u00eatre un programme de relance de l&rsquo;int\u00e9gration europ\u00e9enne est un peu vite dite, et surtout de forme cosm\u00e9tique. Cette signification doit \u00eatre puissamment nuanc\u00e9e.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t&bull; Du point de vue italien, d&rsquo;abord. L&rsquo;initiative se place dans le contexte des intentions affich\u00e9es de Prodi de d\u00e9barrasser l&rsquo;Italie de l&rsquo;engagement atlantiste et pro-am\u00e9ricain, \u00e9galement grotesque par son outrance, qui a marqu\u00e9 l&rsquo;\u00e9poque Berlusconi. Elle aurait \u00e9videmment cette coloration, qu&rsquo;on trouverait au niveau de la d\u00e9fense notamment. (Objectera-t-on que l&rsquo;Italie et les autres pays envisag\u00e9s font, \u00e0 part la France qui domine le processus et l&rsquo;Allemagne dans une moindre mesure avec son poids incertain, un ensemble de d\u00e9fense incomplet sans le Royaume-Uni? Mais l&rsquo;abstention, voire l&rsquo;obstruction du Royaume-Uni dans ce domaine est loin d&rsquo;\u00eatre une certitude dans les mois qui viennent ; et puis, ce qui importe est moins d&rsquo;\u00e9tablir une d\u00e9fense europ\u00e9enne que de rompre le plus de liens possibles avec les USA.)<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t&bull; En un mot : il s&rsquo;agit moins d&rsquo;une initiative interne au processus europ\u00e9en qu&rsquo;une tentative d&rsquo;affirmation identitaire europ\u00e9enne, essentiellement par rapport aux influences am\u00e9ricaines jug\u00e9es trop fortes et d\u00e9l\u00e9t\u00e8res.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t&bull; L&rsquo;initiative sera per\u00e7ue comme telle, elle l&rsquo;est d\u00e9j\u00e0&#8230; Follain insiste beaucoup sur le fait que le Royaume-Uni est \u00e9cart\u00e9 de cette initiative ; si l&rsquo;argument est l&rsquo;engagement incomplet des Britanniques du point de vue europ\u00e9en, il s&rsquo;agit surtout, consid\u00e9rant ce qui pr\u00e9c\u00e8de, de leur trop grande implication atlantiste. Mais l&rsquo;initiative Prodi interviendrait \u00e0 un moment d&rsquo;intenses troubles des relations USA-UK (JSF mais aussi crise iranienne) et elle pourrait avoir un r\u00f4le d&rsquo;acc\u00e9l\u00e9rateur de cette dynamique de d\u00e9t\u00e9rioration USA-UK si le Royaume-Uni tentait un rapprochement qui a sa logique formelle dans la politique europ\u00e9enne \u00e0 trois (Allemagne, France, UK) dans la crise iranienne.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t&bull; Sur le plan \u00e9conomique, \u00e0 c\u00f4t\u00e9 des indications de type social que donne Prodi, il est \u00e9vident que ce projet de noyau dur implique un renforcement de la d\u00e9fense des capacit\u00e9s \u00e9conomiques et surtout technologiques des pays concern\u00e9s. C&rsquo;est un projet qui engendre comme naturellement un patriotisme \u00e9conomique \u00e0 l&rsquo;\u00e9chelle europ\u00e9enne r\u00e9duite \u00e0 des pays coh\u00e9rents entre eux, avec des id\u00e9es et des int\u00e9r\u00eats souvent aussi proches que leur g\u00e9ographie. Pour les Italiens, c&rsquo;est un moyen de se d\u00e9barrasser \u00e9l\u00e9gamment de la partie embarrassante de l&rsquo;ultra-lib\u00e9ralisme h\u00e9rit\u00e9 du pro-am\u00e9ricanisme berlusconesque. (A noter que, d&rsquo;apr\u00e8s ce que l&rsquo;on voit de l&rsquo;orientation <strong>v\u00e9ritable<\/strong> des Britanniques, <a href=\"http:\/\/www.dedefensa.org\/article.php?art_id=2575\" class=\"gen\">ici<\/a> ou <a href=\"http:\/\/www.dedefensa.org\/article.php?art_id=2614\" class=\"gen\">l\u00e0<\/a> et hors des montages m\u00e9diatiques et virtualistes, il n&rsquo;y a pas n\u00e9cessairement incompatibilit\u00e9.)<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tNous pensons depuis longtemps que c&rsquo;est, paradoxalement, l&rsquo;abyssale faiblesse actuelle des directions politiques europ\u00e9ennes qui peut permettre des r\u00e9sultats int\u00e9ressants et importants ; que cette faiblesse peut conduire ces directions \u00e0 accepter et \u00e0 suivre les grands courants historiques essentiels auxquels elles ne peuvent r\u00e9sister ; que cette m\u00eame faiblesse les pousse encore plus radicalement \u00e0 s&rsquo;effacer simplement devant ces courants. Puisque nous sommes pour l&rsquo;instant en panne d&rsquo;un de Gaulle, il faut que les hommes au pouvoir, qui ont au d\u00e9part des conceptions horriblement conformistes, soient trop faibles pour les appliquer et c\u00e8dent \u00e0 cause de cette m\u00eame faiblesse \u00e0 la force des choses. Le malin Prodi, pris dans une position qui expose d&rsquo;abord sa faiblesse, est conforme \u00e0 cette situation et son gouvernement pourrait nous offrir une surprise \u00e0 l&rsquo;italienne.<\/p>\n<\/p>\n<p><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Surprise \u00e0 l&rsquo;italienne? 17 avril 2006 Vendredi, Romano Prodi prit le train, en premi\u00e8re classe, pour passer le week-end de P\u00e2ques \u00e0 Bologne, o\u00f9 il vit. Sans doute un interm\u00e8de de d\u00e9tente apr\u00e8s une campagne \u00e9lectorale, toujours \u00e9puisante ; avant de poursuivre, d\u00e8s demain, la grande bataille de son arriv\u00e9e au pouvoir face au Cavaliere&hellip;&nbsp;<\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":0,"comment_status":"","ping_status":"","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"neve_meta_sidebar":"","neve_meta_container":"","neve_meta_enable_content_width":"","neve_meta_content_width":0,"neve_meta_title_alignment":"","neve_meta_author_avatar":"","neve_post_elements_order":"","neve_meta_disable_header":"","neve_meta_disable_footer":"","neve_meta_disable_title":"","_jetpack_memberships_contains_paid_content":false,"footnotes":""},"categories":[10],"tags":[4801,4751,3442,4800,4663,3486],"class_list":["post-67466","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-faits-et-commentaires","tag-dur","tag-economique","tag-italie","tag-noyau","tag-patriotisme","tag-prodi"],"jetpack_featured_media_url":"","jetpack_sharing_enabled":true,"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/67466","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=67466"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/67466\/revisions"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=67466"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=67466"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=67466"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}