{"id":67492,"date":"2006-04-24T00:00:00","date_gmt":"2006-04-24T00:00:00","guid":{"rendered":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/2006\/04\/24\/la-ligne-generale-rubrique-analyse-de-defensa-volume-21-n13-du-25-mars-2006\/"},"modified":"2006-04-24T00:00:00","modified_gmt":"2006-04-24T00:00:00","slug":"la-ligne-generale-rubrique-analyse-de-defensa-volume-21-n13-du-25-mars-2006","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/2006\/04\/24\/la-ligne-generale-rubrique-analyse-de-defensa-volume-21-n13-du-25-mars-2006\/","title":{"rendered":"<strong><em>La ligne g\u00e9n\u00e9rale, \u2014 rubrique Analyse, de defensa, Volume 21 n\u00b013 du 25 mars 2006<\/em><\/strong>"},"content":{"rendered":"<p><h3>La ligne g\u00e9n\u00e9rale,  rubrique Analyse, de defensa, Volume 21 n\u00b013 du 25 mars 2006<\/h3>\n<\/p>\n<p><p>\tNous voulons compl\u00e9ter ici un texte paru dans notre rubrique <a href=\"http:\/\/www.dedefensa.org\/article.php?art_id=2479\" class=\"gen\">F&#038;C<\/a> du 7 mars dernier. A partir des m\u00eames \u00e9l\u00e9ments, elle d\u00e9veloppe l&rsquo;analyse esquiss\u00e9e dans notre F&#038;C, sur les liens unissant les cadres militaires europ\u00e9ens aux Am\u00e9ricains, dans le cadre de l&rsquo;OTAN. Le domaine choisi est celui de la force a\u00e9rienne, et les pays europ\u00e9ens, essentiellement les petits pays d&rsquo;Europe occidentale.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tBien entendu, cette approche historique, psychologique et quasiment sociologique, doit \u00eatre lue \u00e0 la lumi\u00e8re des \u00e9v\u00e9nements pass\u00e9s et pr\u00e9sents dans le programme JSF, abondamment document\u00e9 sur ce site.<\/p>\n<h2 class=\"common-article\">La ligne g\u00e9n\u00e9rale<\/h2>\n<\/p>\n<p><p>\t<strong>Quelques mots du ministre norv\u00e9gien de la d\u00e9fense, \u00e0 propos de l&rsquo;engagement norv\u00e9gien dans le programme JSF, l\u00e8vent un coin du voile sur l&rsquo;influence US en Europe. Le message du ministre: le choix d&rsquo;un avion de combat est trop important pour \u00eatre laiss\u00e9 aux militaires.<\/strong><\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tCourant f\u00e9vrier, faisant pour <em>Jane&rsquo;s Defence Industry<\/em> un commentaire sur la revue en cours de l&rsquo;engagement norv\u00e9gien dans le programme JSF (d\u00e9cision le 1er juin), le secr\u00e9taire d&rsquo;\u00c9tat pour la d\u00e9fense du nouveau gouvernement du parti travailliste, Espen Barth Eide, d\u00e9clare: \u00ab <em>If you ask our air force, you know exactly which answer you will get: they want the JSF. Given their long history of buying US aircraft and of training and operating closely alongside the US Air Force, that is perfectly understandable. But this programme is of such magnitude that the decision really should not be left to the generals alone.<\/em> \u00bb<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tCette remarque, qui semble anodine, ou bien ironique, nous oriente en bonne analyse vers le domaine du fondamental. Elle vaut pour un certain nombre de pays qui ont la particularit\u00e9 d&rsquo;\u00eatre membres de l&rsquo;UE comme de l&rsquo;OTAN: outre la Norv\u00e8ge, le Danemark, les Pays-Bas, le Portugal, l&rsquo;Italie, la Gr\u00e8ce, dans une mesure diff\u00e9rente l&rsquo;Allemagne, dans une mesure diff\u00e9rente encore la Turquie et \u00e9ventuellement l&rsquo;Espagne, et dans une cat\u00e9gorie sp\u00e9cifique le Royaume-Uni. Il y a \u00e9galement des cas \u00e0 part, comme la Belgique, le Luxembourg pour le sujet que nous voulons traiter (l&rsquo;a\u00e9ronautique, alors que le Luxembourg n&rsquo;a pas de force a\u00e9rienne), la France et sa place \u00e0 part bien entendu.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tLa remarque nous invite \u00e0 examiner le cas des officiers des forces a\u00e9riennes des pays cit\u00e9s, plus pr\u00e9cis\u00e9ment ceux du premier groupe de petits pays (on comprendra ce choix). On envisage leur poids et leur r\u00f4le dans le choix de l&rsquo;\u00e9quipement en avions de combat presque syst\u00e9matiquement am\u00e9ricain depuis la fin de la Deuxi\u00e8me Guerre mondiale.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tIl s&rsquo;agit d&rsquo;une analyse moins bas\u00e9e sur des faits souvent ambigus et contestables, voire dissimul\u00e9s, que sur la recherche d&rsquo;un climat qui s&rsquo;est cr\u00e9\u00e9 durant plusieurs d\u00e9cennies d&rsquo;intense collaboration, dans le cadre inflexible pour l&rsquo;esprit de la lutte contre la menace sovi\u00e9tique. Le r\u00e9sultat pourrait \u00eatre largement assimil\u00e9 \u00e0 un lien de solidarit\u00e9 \u00e0 la fois corporatiste et id\u00e9ologique qui transcende largement les fronti\u00e8res et s&rsquo;inqui\u00e8te fort peu des souverainet\u00e9s,  notamment pour la cause p\u00e9remptoire que les souverainet\u00e9s sont souvent, dans les cas envisag\u00e9s, proches d&rsquo;\u00eatre inexistantes.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t<strong>les liens ouest-ouest entre militaires<\/strong><\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tLa sc\u00e8ne se passe dans un s\u00e9minaire \u00e0 Bruxelles, \u00e0 l&rsquo;automne 2001. Le th\u00e8me en est: l&rsquo;\u00e9quipement futur en avions de combat. Sont invit\u00e9s, des repr\u00e9sentants des forces a\u00e9riennes des petits pays de l&rsquo;OTAN, cat\u00e9gorie membres fondateurs ou tout comme: les Pays-Bas, le Danemark, la Norv\u00e8ge, le Portugal. Puissance invitante: la Belgique.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tLes situations de ces pays sont diverses \u00e0 cette \u00e9poque, m\u00eame si l&rsquo;on sait que le JSF est l&rsquo;objet d&rsquo;une puissante campagne de promotion pour une participation au programme de d\u00e9veloppement qui devrait conduire \u00e0 des commandes. Les Pays-Bas examinent trois concurrents (le JSF, le <em>Rafale<\/em> et le <em>Typhoon<\/em>) et, si l&rsquo;on sait ce pays tr\u00e8s pro-am\u00e9ricain, l&rsquo;on pourrait savoir \u00e9galement que le chef d&rsquo;\u00e9tat-major de la RNethAF, pr\u00e9sent au s\u00e9minaire, vient d&rsquo;effectuer \u00e0 l&rsquo;invitation de son homologue fran\u00e7ais un vol d&rsquo;essai aux commandes du <em>Rafale<\/em> et qu&rsquo;il en a \u00e9t\u00e9 notablement impressionn\u00e9 (il l&rsquo;\u00e9crira dans une lettre priv\u00e9e). Les Norv\u00e9giens sont dans le m\u00eame processus de s\u00e9lection et le jeu reste ouvert. Les Belges n&rsquo;estiment pas avoir de besoins pressants mais, devant l&rsquo;offensive du JSF, certains g\u00e9n\u00e9raux se sont manifest\u00e9s plut\u00f4t favorablement. Le pouvoir civil, par la voix ou la plume de l&rsquo;un ou l&rsquo;autre, a r\u00e9agi discr\u00e8tement mais fermement pour leur signifier que si la Belgique devait faire un choix, ce serait un choix europ\u00e9en. (La chose fut confirm\u00e9e plus tard publiquement par le ministre de la d\u00e9fense Flahaut qui, entre-temps, refusa une offre de participation au programme de d\u00e9veloppement du JSF.) En un mot, une situation contrast\u00e9e m\u00eame si l&rsquo;ombre du JSF plane au-dessus des casquettes \u00e9toil\u00e9es des g\u00e9n\u00e9raux.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tNon, c&rsquo;est peu de dire qu&rsquo;elle plane, cette ombre; il serait plus juste de dire qu&rsquo;elle \u00e9crase, colore tout, monopolise tout et les influence tous. Nous assist\u00e2mes \u00e0 ce spectacle extraordinaire: une journ\u00e9e de d\u00e9bats o\u00f9 parl\u00e8rent nombre de g\u00e9n\u00e9raux de ces diverses forces a\u00e9riennes et un seul appareil mentionn\u00e9 pour le futur de leurs forces: le JSF. Aucune mention du <em>Rafale<\/em>, \u00e0 peine l&rsquo;une ou l&rsquo;autre, fugitive, du <em>Typhoon<\/em>. L&rsquo;impression fut m\u00e9morable. On aurait dit que nous venions d&rsquo;assister \u00e0 un s\u00e9minaire sur le th\u00e8me: Cons\u00e9quences, perspectives et organisation coordonn\u00e9es du choix du JSF fait par les nations invit\u00e9es.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tNous parlons ici de climat, nullement de pressions, de complot, d&rsquo;intentions d\u00e9lib\u00e9r\u00e9es. Chaque officier invit\u00e9 \u00e0 parler avait pr\u00e9par\u00e9 son texte et, comme par nature, avait jug\u00e9 que le seul avenir qui m\u00e9ritait qu&rsquo;on y attach\u00e2t quelque r\u00e9flexion \u00e9tait celui o\u00f9 le choix du JSF aurait \u00e9t\u00e9 fait par son propre pays. Le JSF, c&rsquo;\u00e9tait la voie naturelle; c&rsquo;\u00e9tait le choix technique et politique \u00e9vident; c&rsquo;\u00e9tait le seul avenir possible, \u00e0 la fois raisonnable et exaltant.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tIl y a l\u00e0, dans un tel choix (il faut bien utiliser le mot puisque demain il y aura choix et commande d&rsquo;un avion de combat), comme un article de foi en m\u00eame temps qu&rsquo;un objet de la raison. C&rsquo;est int\u00e9ressant dans les conversations. Les engagements sont impossibles \u00e0 saisir, avec un interlocuteur qui passe de l&rsquo;un \u00e0 l&rsquo;autre domaine lorsqu&rsquo;il est confront\u00e9 \u00e0 son propre choix et somm\u00e9 de s&rsquo;en expliquer. Tant\u00f4t, s&rsquo;il est en terrain risqu\u00e9, incertain ou inconnu, il y a l&rsquo;expos\u00e9 ration- nel, froid, professionnel, o\u00f9 l&rsquo;on conclut d&rsquo;un air entendu que la puissance et la capacit\u00e9 militaires et technologiques am\u00e9ricanistes sont un fait \u00e9galement entendu que le r\u00e9alisme invite \u00e0 prendre en compte. Tant\u00f4t, si l&rsquo;on reconna\u00eet un ami, un croyant de la m\u00eame chapelle, il y a l&rsquo;\u00e9vocation de liens presque spirituels, forg\u00e9s dans les combats pour la libert\u00e9 qui remontent \u00e0 la Seconde Guerre. Cela peut aller jusqu&rsquo;\u00e0 l&rsquo;extase pure devant ce qu&rsquo;on nomme l&rsquo;American Dream. Il nous est arriv\u00e9 d&rsquo;entendre, en faveur des liens avec l&rsquo;Am\u00e9rique, chez certains officiers de cette sorte, des arguments d&rsquo;adolescents fascin\u00e9s par les films de western, par John Wayne et par les fameux blousons de cuir de l&rsquo;U.S. Army Air Force de la Deuxi\u00e8me Guerre mondiale (ceux qui, en seconde main, firent dans les ann\u00e9es 1950 et 1960, la fortune des fripiers internationaux et des march\u00e9s aux Puces locaux). C&rsquo;est un ph\u00e9nom\u00e8ne sociologique.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t&#8230; Non, d&rsquo;ailleurs: psychologique d&rsquo;abord, sociologique par cons\u00e9quent. Ce que nous d\u00e9crivons n&rsquo;est pas quantifiable ni scientifiquement d\u00e9montrable. C&rsquo;est un indice de la puissance de la situation d\u00e9crite m\u00eame s&rsquo;il s&rsquo;agit aussi d&rsquo;une mesure de la difficult\u00e9 \u00e0 la d\u00e9crire et \u00e0 en saisir les fondements.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tNotre plus grande surprise, \u00e0 cet \u00e9gard, c&rsquo;est l&rsquo;extraordinaire solidit\u00e9 du tissu ainsi cr\u00e9\u00e9. On aurait bien tort de crier \u00e0 la corruption, m\u00eame s&rsquo;il y en a ici et l\u00e0,  ou bien nous parlons de corruption psychologique impliquant une attitude, et alors c&rsquo;est mille fois oui. A l&rsquo;origine, il y a effectivement ces facteurs psychologiques: une conviction et une fascination originelles. Nous avancerions cette hypoth\u00e8se: s&rsquo;il y a quelques corrompus v\u00e9naux dans cette population \u00e9toil\u00e9e des officiers de ces forces a\u00e9riennes europ\u00e9ennes, notre conviction est qu&rsquo;ils d\u00e9fendaient la m\u00eame opinion avant de l&rsquo;\u00eatre et qu&rsquo;ils l&rsquo;auraient d\u00e9fendue s&rsquo;ils ne l&rsquo;avaient \u00e9t\u00e9.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tCette puissance de l&rsquo;influence am\u00e9ricaine dans ces milieux constitue un artefact historique extr\u00eamement original si l&rsquo;on consid\u00e8re la r\u00e9alit\u00e9 des situations \u00e0 la fois g\u00e9ographiques, sociologiques et professionnelles. La forme de cette influence est \u00e9galement sans gu\u00e8re de pr\u00e9c\u00e9dent ou d&rsquo;\u00e9quivalent. C&rsquo;est effectivement le domaine psychologique qu&rsquo;il faut solliciter pour en donner une explication acceptable.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tLe ph\u00e9nom\u00e8ne historique le plus remarquable de cette situation est que l&rsquo;influence am\u00e9ricaine ait perdur\u00e9, aussi puissante, aussi quasiment naturelle,  ou surnaturelle, c&rsquo;est selon,  au-del\u00e0 de la Guerre froide. Avant 1989, on pouvait juger que l&rsquo;influence am\u00e9ricaine dans ces milieux militaires europ\u00e9ens, surtout dans ces petits pays et surtout dans le domaine a\u00e9ronautique, \u00e9tait li\u00e9e \u00e0 la grande crainte de la puissance sovi\u00e9tique, de la menace communiste. Il appara\u00eet aujourd&rsquo;hui qu&rsquo;il n&rsquo;en est rien. Cette influence existe par elle-m\u00eame, pour ce qu&rsquo;elle est. Elle concerne l&rsquo;Am\u00e9rique elle-m\u00eame et non pas un ennemi commun, une cause g\u00e9n\u00e9rale, un combat collectif. Tout juste feint-elle d&rsquo;expliquer qu&rsquo;il s&rsquo;agit de la d\u00e9fense de la civilisation. Par ailleurs, cette explication est r\u00e9v\u00e9latrice pour le cas g\u00e9n\u00e9ral.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t<strong>L&rsquo;internationale atlantiste des g\u00e9n\u00e9raux<\/strong><\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tLes racines historiques du ph\u00e9nom\u00e8ne sont diverses autant qu&rsquo;\u00e9videntes. Au d\u00e9part, il y a une atmosph\u00e8re sans aucun doute martiale, un discours h\u00e9ro\u00efque et la conscience d&rsquo;une civilisation en danger, sinon aux abois. Nous sommes dans la Seconde Guerre mondiale. Les officiers combattants des divers pays europ\u00e9ens consid\u00e9r\u00e9s, ceux qu&rsquo;on retrouvera aux commandes apr\u00e8s la guerre, ont quitt\u00e9 leurs pays occup\u00e9s pour Londres.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tOn peut alors parler d&rsquo;influence anglo-saxonne plus que sp\u00e9cifiquement am\u00e9ricaine. On retrouve des signes (et des actes) indubitables de l&rsquo;influence britannique, \u00e0 c\u00f4t\u00e9 de l&rsquo;am\u00e9ricaine; mais la d\u00e9croissance de la premi\u00e8re au profit de la seconde, \u00e0 partir de 1945, est \u00e9galement indubitable, et \u00e0 mesure, naturellement, du d\u00e9clin du pays qu&rsquo;elle repr\u00e9sente. On retrouve les grandes lignes de la politique occidentale, rassembl\u00e9es autour du coeur anglo-saxon sorti victorieux de la guerre, de plus en plus am\u00e9ricain \u00e0 mesure que se confirme l&rsquo;abandon de la tentation du repli isolationniste pour l&rsquo;engagement europ\u00e9en. Le sch\u00e9ma otanien confirme et structure cette r\u00e9alit\u00e9. La menace sovi\u00e9tique telle qu&rsquo;elle est d\u00e9crite continuellement, dans sa grandeur presque apocalyptique, dans sa texture presque mythique, est un verrou fondamental de cette attitude m\u00eame si elle n&rsquo;explique pas tout. Elle a la vertu de rendre irr\u00e9sistiblement vertueux l&rsquo;engagement pro-am\u00e9ricain. Dans un tel environnement socio-professionnel qu&rsquo;on qualifierait presque de magique et qui \u00e9tait dans tous les cas \u00e0 tr\u00e8s forte spiritualit\u00e9, l&rsquo;engagement pro-am\u00e9ricain revenait \u00e0 choisir le camp du Bien contre le Mal. M\u00eame avec des \u00e9toiles sur sa casquette (ou \u00e0 cause de ces \u00e9toiles), on ne r\u00e9siste pas \u00e0 un tel argument.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tTout cela se faisait dans le cadre d&rsquo;une alliance, il ne faut pas l&rsquo;oublier. Cette circonstance amenait \u00e0 des situations extraordinaires, pour des officiers g\u00e9n\u00e9raux de petits pays, historiquement soumis \u00e0 la puissance de leurs grands voisins. A propos de celle-ci, nous nous rappelons de la r\u00e9plique d&rsquo;un g\u00e9n\u00e9ral belge, lors d&rsquo;une discussion priv\u00e9e portant sur l&rsquo;all\u00e9geance aux \u00c9tats-Unis. \u00ab <em>Nous pr\u00e9f\u00e9rons un ma\u00eetre situ\u00e9 \u00e0 6.000 kilom\u00e8tres de distance qu&rsquo;un ma\u00eetre sur nos fronti\u00e8res.<\/em> \u00bb A ce rappel historique, cynique mais \u00e9vident, s&rsquo;ajoutaient des consid\u00e9rations de circonstances qui ne peuvent \u00eatre \u00e9cart\u00e9es. Ainsi de cette d\u00e9claration d&rsquo;un g\u00e9n\u00e9ral belge que nous rencontrions en 1978 \u00e0 Brunssum, aux Pays-Bas. Nous \u00e9tions en ao\u00fbt et le commandant en chef des Forces Alli\u00e9es Centre Europe (AFCent), un g\u00e9n\u00e9ral allemand, \u00e9tait en vacances. Pendant un mois, son adjoint, un g\u00e9n\u00e9ral belge, commandait \u00e0 une coalition de 400.000 soldats, de 15.000 chars, de plus de 1.000 avions de combat tactiques: \u00ab <em>Vous n&rsquo;imaginez pas ce que cela repr\u00e9sente, pour un g\u00e9n\u00e9ral belge, d&rsquo;\u00eatre, m\u00eame pour un seul mois, le commandant en chef d&rsquo;une force d&rsquo;une telle puissance. M\u00eame s&rsquo;il s&rsquo;agit d&rsquo;un commandement largement th\u00e9orique, il reste que cette situation extraordinaire existe bel et bien.<\/em> \u00bb<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tAu d\u00e9part (\u00e0 partir de 1945), ces liens vont de soi. Ils sont \u00e9tablis avec tous les pays europ\u00e9ens, comme allant de soi au regard de l&rsquo;\u00e9tat compar\u00e9 des \u00c9tats-Unis et de l&rsquo;Europe. (C&rsquo;\u00e9tait l&rsquo;\u00e9poque o\u00f9 l&rsquo;on mettait en place les r\u00e9seaux secrets <em>Gladio<\/em>, arch\u00e9typiques de cette solidarit\u00e9 bien s\u00fbr.) On constate un esprit g\u00e9n\u00e9ral qui renforce cette situation, avec un sens profond de la solidarit\u00e9 occidentale face \u00e0 ce qui est per\u00e7u comme le danger d&rsquo;un d\u00e9cha\u00eenement barbare (venu de l&rsquo;Est, bien s\u00fbr). Cette m\u00eame solidarit\u00e9 se retrouve au niveau des organismes politiques, au niveau culturel, etc. (Voir notamment les pr\u00e9cisions de <a href=\"http:\/\/www.dedefensa.org\/article.php?art_id=162\" class=\"gen\">Frances Stone Saunders<\/a>, dans son livre <em>Who Paid the Piper?<\/em>, qui d\u00e9crit les liens tiss\u00e9s entre Am\u00e9rique et Europe par le biais d&rsquo;organisations frontistes de la CIA, au niveau de la culture.) Nous citons ces faits sans nous attarder ici \u00e0 leur fondement (cette solidarit\u00e9 \u00e9tait-elle justifi\u00e9e par une \u00e9gale ing\u00e9nuit\u00e9 des deux c\u00f4t\u00e9s? Le d\u00e9cha\u00eenement barbare \u00e9tait-il \u00e0 craindre? Etc.). D&rsquo;ailleurs, les r\u00e9ponses sont loin, tr\u00e8s loin d&rsquo;\u00eatre tranch\u00e9es, dans un sens ou l&rsquo;autre. Seule nous importe, pour notre propos \u00e0 ce point, la situation existant en Occident, bas\u00e9e sur une perception qui est, elle-m\u00eame et <em>per se<\/em>, un fait indiscutable.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tEntre officiers am\u00e9ricains et leurs vis-\u00e0-vis europ\u00e9ens, surtout dans ces pays de faible puissance et de faible souverainet\u00e9, s&rsquo;\u00e9tablirent dans la m\u00eame atmosph\u00e8re des liens similaires. Il y eut v\u00e9ritablement, dans ces ann\u00e9es-l\u00e0, l&rsquo;\u00e9tablissement d&rsquo;une sorte de patriotisme transatlantique, voire m\u00eame de patriotisme otanien. M\u00eame les Am\u00e9ricains y c\u00e9daient, pouss\u00e9s en cela par leur vision psychologique tr\u00e8s particuli\u00e8re du caract\u00e8re universel de l&rsquo;am\u00e9ricanisme. L&rsquo;OTAN \u00e9tant \u00e9videmment am\u00e9ricaniste, le patriotisme otanien ne contredisait nullement leur patriotisme originel. Il ne faut pas privil\u00e9gier dans ce cas l&rsquo;hypoth\u00e8se de la duplicit\u00e9. Il est incontestable que, vus de Washington, certains officiers am\u00e9ricains, parfois m\u00eame certains SACEUR (commandant en chef supr\u00eame) \u00e9taient jug\u00e9s un peu trop pro- europ\u00e9ens. La m\u00e9fiance du Pentagone pour le SACEUR en poste durant les ann\u00e9es de Guerre froide \u00e9tait une chose bien connue et l&rsquo;objet de commentaires constants. Le commandant en chef \u00e9tait souvent jug\u00e9 plus otanien qu&rsquo;am\u00e9ricain. Dans certains cas extr\u00eames, cette situation allait jusqu&rsquo;\u00e0 la dissimulation par le Pentagone de certains documents ou de certaines orientations pour ce commandant de th\u00e9\u00e2tre trop proche de ses amis europ\u00e9ens. (Ce fut notamment le cas des deux SACEUR successifs, Haig et Rogers, de 1974 \u00e0 1984. Leurs d\u00e9parts eurent lieu dans des circonstances d\u00e9licates o\u00f9 cette m\u00e9fiance du Pentagone pour ses pro-consuls joua son r\u00f4le.)<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tAvec ces liens vont les commandes. L\u00e0 aussi, il y a quelque chose qui ressemble \u00e0 la nature des choses. Dans l&rsquo;imm\u00e9diat apr\u00e8s-guerre, les USA \u00e9quip\u00e8rent la plupart des pays europ\u00e9ens en armement, notamment en avions de combat. Il s&rsquo;agissait alors d&rsquo;urgence et cet \u00e9quipement venait le plus souvent des stocks de la guerre. Cette situation s&rsquo;est ensuite transmut\u00e9e naturellement en des rapports de vendeurs \u00e0 acheteurs, sans qu&rsquo;on soul\u00e8ve vraiment les questions fondamentales de strat\u00e9gie et de souverainet\u00e9. Les militaires jouaient un r\u00f4le fondamental dans ces processus, d&rsquo;autant plus ais\u00e9ment que les petits pays europ\u00e9ens sortaient de la guerre avec un \u00c9tat affaibli et une souverainet\u00e9 r\u00e9duite \u00e0 la vie int\u00e9rieure.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t<strong>Le F-16, ou la structuration d&rsquo;un esprit transatlantique<\/strong><\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tIl y eut un prolongement fondamental dans cette situation des rapports militaires transatlantiques dans les ann\u00e9es 1970, avec les commandes de F-16 par quatre pays europ\u00e9ens (Belgique, Pays-Bas, Danemark, Norv\u00e8ge), \u00e0 la suite d&rsquo;une campagne de prospection extr\u00eamement spectaculaire, notamment en Belgique, de ce qu&rsquo;on nomma \u00e0 l&rsquo;\u00e9poque le march\u00e9 du si\u00e8cle. (La bataille, \u00e0 la fois politique, commerciale, strat\u00e9gique et technologique, opposa le F-16 au <em>Mirage<\/em> F1E fran\u00e7ais.) Pass\u00e9e en juin 1975, cette commande se fit d&rsquo;une fa\u00e7on collective et regroup\u00e9e (346 exemplaires en tout) pour les quatre pays ensemble. Divers arrangements collectifs furent \u00e9tablis, mettant en place pour la dur\u00e9e de vie des avions un v\u00e9ritable club F-16. Pr\u00e9sent\u00e9e comme une disposition habile, permettant aux Europ\u00e9ens de se renforcer mutuellement face aux Am\u00e9ricains dans les diverses n\u00e9gociations, la structure ainsi \u00e9tablie eut surtout un effet psychologique fondamental.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t[Parall\u00e8lement, le ph\u00e9nom\u00e8ne de l&rsquo;achat des F-16 met en \u00e9vidence le caract\u00e8re v\u00e9ritablement fondateur de l&rsquo;arme a\u00e9rienne qui nous a fait choisir cette branche pour pr\u00e9senter cette solidarit\u00e9 transatlantique. Le point est d&rsquo;autant plus marqu\u00e9 s&rsquo;il s&rsquo;agit des avions de combat. A la diff\u00e9rence des armements terrestres ou navals, on trouve dans les mat\u00e9riels de combat a\u00e9rien le nombre, l&rsquo;importance et le co\u00fbt des syst\u00e8mes, leur avancement technologique, le prestige attach\u00e9 \u00e0 cette sorte de mat\u00e9riels, les liens tr\u00e8s particuliers entre aviateurs de combat, les pilotes de chasse notamment, au point qu&rsquo;on a d\u00e9j\u00e0 pu parler en se r\u00e9f\u00e9rant \u00e0 des situations qui concernent les as a\u00e9riens de tel ou tel grand conflit (essentiellement les deux Guerres mondiales) d&rsquo;une internationale des pilotes de chasse, etc. La dimension psychologique est, l\u00e0 aussi, tr\u00e8s importante.]<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tLes circonstances de l&rsquo;achat des F-16 par les pays europ\u00e9ens furent tr\u00e8s particuli\u00e8res. Au d\u00e9part, l&rsquo;USAF ne voulait pas du F-16, qu&rsquo;elle jugeait trop peu puissant (pas assez lourd, un seul moteur, des capacit\u00e9s offensives r\u00e9duites, etc). C&rsquo;est le choix des quatre pays, qui \u00e9tait justement conditionn\u00e9 \u00e0 un choix de l&rsquo;USAF en faveur de l&rsquo;avion comme r\u00e9f\u00e9rence de stabilit\u00e9 et de continuit\u00e9 du programme, qui permit au Pentagone d&rsquo;imposer l&rsquo;avion \u00e0 l&rsquo;USAF. C&rsquo;\u00e9tait une situation exceptionnelle. Pour la premi\u00e8re fois des pays non-US choisissaient un avion de premi\u00e8re ligne avant l&rsquo;USAF (la premi\u00e8re commande USAF fut pass\u00e9e au d\u00e9but de 1976) et ils allaient recevoir les premiers exemplaires op\u00e9rationnels en m\u00eame temps que l&rsquo;USAF (cela fut effectivement le cas, en 1979).<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tLa circonstance \u00e9tablit une sorte d&rsquo;\u00e9galit\u00e9 entre les g\u00e9n\u00e9raux de ces pays et ceux de l&rsquo;USAF; certes, \u00e9galit\u00e9 factice si l&rsquo;on compare les puissances respectives mais psychologiquement ressentie comme telle. Loin de permettre aux g\u00e9n\u00e9raux europ\u00e9ens de se d\u00e9tacher des Am\u00e9ricains, cette \u00e9galit\u00e9 conduisit au contraire \u00e0 un resserrement des liens, surtout dans le chef des Europ\u00e9ens. L&rsquo;interpr\u00e9tation psychologique fut que, cette fois, la camaraderie, la solidarit\u00e9 transatlantique s&rsquo;\u00e9tablissaient sur la base id\u00e9ale de la reconnaissance mutuelle. C&rsquo;\u00e9tait une sorte de maturation de ces liens informels. Le club F-16 avait transmut\u00e9 le patriotisme transatlantique et otanien pour l&rsquo;\u00e9tablir sur une base durable. Tout cela \u00e9tait agr\u00e9ment\u00e9 de contacts et d&rsquo;\u00e9changes encore plus fournis et empress\u00e9s, qui consolid\u00e8rent ces liens nouveaux; les g\u00e9n\u00e9raux europ\u00e9ens se rendaient d\u00e9sormais de fa\u00e7on r\u00e9guli\u00e8re \u00e0 Fort Worth (usine de production des F-16) et \u00e0 Washington. Le choix du F-16 fut l&rsquo;\u00e9v\u00e9nement d\u00e9cisif qui acheva de faire de ces liens transatlantiques un ph\u00e9nom\u00e8ne structurel plus que conjoncturel (li\u00e9 \u00e0 la Guerre froide).<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tCe constat vaut pour les militaires, bien entendu. Le cas de la Belgique, qui est hostile au JSF, renvoie aux choix politiques de ses dirigeants, tr\u00e8s europ\u00e9ens et plut\u00f4t influenc\u00e9s par leur voisinage de la France. Les g\u00e9n\u00e9raux de la Force A\u00e9rienne Belge sont le plus souvent rest\u00e9s dans le m\u00eame \u00e9tat d&rsquo;esprit qu&rsquo;on d\u00e9crit ici. Les pressions bureaucratiques US ont fait le reste, notamment dans le domaine de la modernisation des avions. Un chef d&rsquo;\u00e9tat-major g\u00e9n\u00e9ral des forces arm\u00e9es belges nous disait, dans les ann\u00e9es 1990: \u00ab <em>Avec le F-16, avec les Am\u00e9ricains, nous sommes v\u00e9ritablement prisonniers. Ils viennent continuellement nous proposer des modifications, des am\u00e9liorations, des modernisations. Pour les g\u00e9n\u00e9raux de la Force A\u00e9rienne, impossible de ne pas accepter, comme font tous les autres.<\/em> \u00bb<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tL&rsquo;importance du ph\u00e9nom\u00e8ne club F-16 est telle qu&rsquo;il a sous-tendu une approche assez similaire du remplacement du F-16 dans trois pays du club, la Belgique s&rsquo;\u00e9tant mise hors du jeu. Il y avait \u00e9videmment l&rsquo;intention manifeste de poursuivre le ph\u00e9nom\u00e8ne en passant du club F-16 \u00e0 un club JSF (ou club F-35, pour faire plus professionnel). Cette dynamique-l\u00e0 rendait, pour les militaires concern\u00e9s, le choix du JSF non pas d\u00e9sirable, mais \u00e9vident et d\u00e9j\u00e0 fait. En 1997, bien avant qu&rsquo;il f\u00fbt question d&rsquo;une prospection, le chef d&rsquo;\u00e9tat-major de la Force a\u00e9rienne n\u00e9erlandaise garantissait \u00e0 des industriels am\u00e9ricains,  dont ceux de Lockheed Martin,  que la Hollande choisirait le JSF. Son successeur \u00e9crivait, dans la presse, au printemps 2002, apr\u00e8s l&rsquo;engagement hollandais dans la phase d\u00e9veloppement du JSF, qu&rsquo;il \u00e9tait acquis que la Force A\u00e9rienne hollandaise commanderait le JSF en 2005.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tCes derni\u00e8res indications, de m\u00eame que le climat g\u00e9n\u00e9ral qui existe toujours aujourd&rsquo;hui \u00e0 l&rsquo;\u00e9gard de la coop\u00e9ration avec les forces a\u00e9riennes US, et \u00e0 l&rsquo;\u00e9gard de l&rsquo;acquisition du JSF par cons\u00e9quent, montrent \u00e0 quelle profondeur le ph\u00e9nom\u00e8ne d\u00e9crit s&rsquo;est enracin\u00e9. Elles montrent \u00e9galement que ce ph\u00e9nom\u00e8ne n&rsquo;a (plus) rien \u00e0 voir avec la lutte contre l&rsquo;URSS, m\u00eame s&rsquo;il a \u00e9t\u00e9 forg\u00e9 en bonne part sur cette id\u00e9e, cette conception strat\u00e9gique, cette vision du monde. Il s&rsquo;est affirm\u00e9 et s&rsquo;est install\u00e9 comme une sorte de structure informelle, une confr\u00e9rie transnationale \u00e0 l&rsquo;influence diffuse mais certaine. Par contre, le cas de la Belgique, pays pourtant faible mais dont la direction politique s&rsquo;est toute enti\u00e8re impliqu\u00e9e dans l&rsquo;id\u00e9e europ\u00e9enne, montre que l&rsquo;influence et le poids de cette confr\u00e9rie trouvent leurs limites devant une situation o\u00f9 cohabitent une id\u00e9e forte et un pouvoir politique qui a affirm\u00e9 sa survie autour de cette id\u00e9e.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t<strong>Un ph\u00e9nom\u00e8ne \u00e0 l&rsquo;image de notre temps<\/strong><\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tLa caract\u00e9ristique du ph\u00e9nom\u00e8ne que nous avons d\u00e9crit est que sa description historique et, par cons\u00e9quent, sa substance et son existence historiques, sont tr\u00e8s faibles alors que les effets qu&rsquo;il produit sont consid\u00e9rables et d&rsquo;une r\u00e9elle importance historique. Il se met en place et se r\u00e9alise \u00e0 partir de facteurs qu&rsquo;on a l&rsquo;habitude de juger annexes, voire n\u00e9gligeables. Au bout du compte, il contribue fortement \u00e0 des engagements politiques et strat\u00e9giques, en plus de ses cons\u00e9quences commerciales et industrielles, d&rsquo;une tr\u00e8s grande importance. Son influence, dans les pays d\u00e9crits comme dans ceux qui les entourent (en Europe) et qui tendent \u00e0 suivre une ligne semblable, est, l\u00e0 aussi, disproportionn\u00e9e.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tC&rsquo;est un ph\u00e9nom\u00e8ne caract\u00e9ristique de notre temps historique. Son d\u00e9veloppement est directement relatif \u00e0 l&rsquo;affaiblissement d\u00e9cisif du pouvoir politique, de la souverainet\u00e9 et de l&rsquo;identit\u00e9 nationales. Il trouve un terrain particuli\u00e8rement f\u00e9cond avec l&rsquo;Am\u00e9rique, dans la mesure o\u00f9 cette puissance instinctive dispose \u00e0 son gr\u00e9 de la souverainet\u00e9 des autres et est appuy\u00e9e elle-m\u00eame sur un pouvoir politique qui n&rsquo;est pas de type r\u00e9galien.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tIl s&rsquo;agit sans aucun doute d&rsquo;un ph\u00e9nom\u00e8ne qui est une sorte de globalisation avant l&rsquo;heure. Il est fortement d\u00e9structurant du point de vue des structures traditionnelles ou des structures naturelles; il est appuy\u00e9 sur une dialectique virtualiste qui d\u00e9crit une solidarit\u00e9 pr\u00e9sent\u00e9e comme tr\u00e8s puissante; il pr\u00e9tend s&rsquo;appuyer sur une dimension morale qui reste tr\u00e8s vague dans son \u00e9nonc\u00e9 historique (la lutte contre le communisme a \u00e9tabli cette justification morale sans \u00eatre li\u00e9e \u00e0 l&rsquo;objet qui la justifia primitivement). C&rsquo;est un \u00e9v\u00e9nement postmoderne avant que le postmodernisme se soit install\u00e9 d&rsquo;une fa\u00e7on affirm\u00e9e dans les structures de la direction occidentale.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tC&rsquo;est aussi un \u00e9v\u00e9nement fragile. Aujourd&rsquo;hui, son destin est directement li\u00e9 au destin du JSF am\u00e9ricain, dont on sait qu&rsquo;il est de moins en moins assur\u00e9.<\/p>\n<\/p>\n<p><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>La ligne g\u00e9n\u00e9rale, rubrique Analyse, de defensa, Volume 21 n\u00b013 du 25 mars 2006 Nous voulons compl\u00e9ter ici un texte paru dans notre rubrique F&#038;C du 7 mars dernier. A partir des m\u00eames \u00e9l\u00e9ments, elle d\u00e9veloppe l&rsquo;analyse esquiss\u00e9e dans notre F&#038;C, sur les liens unissant les cadres militaires europ\u00e9ens aux Am\u00e9ricains, dans le cadre de&hellip;&nbsp;<\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":0,"comment_status":"","ping_status":"","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"neve_meta_sidebar":"","neve_meta_container":"","neve_meta_enable_content_width":"","neve_meta_content_width":0,"neve_meta_title_alignment":"","neve_meta_author_avatar":"","neve_post_elements_order":"","neve_meta_disable_header":"","neve_meta_disable_footer":"","neve_meta_disable_title":"","_jetpack_memberships_contains_paid_content":false,"footnotes":""},"categories":[5],"tags":[5321,4799,5160,250,584,1205],"class_list":["post-67492","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-de-defensa","tag-allegeance","tag-f16","tag-generaux","tag-jsf","tag-otan","tag-transatlantique"],"jetpack_featured_media_url":"","jetpack_sharing_enabled":true,"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/67492","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=67492"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/67492\/revisions"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=67492"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=67492"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=67492"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}