{"id":67667,"date":"2006-06-19T00:00:00","date_gmt":"2006-06-19T00:00:00","guid":{"rendered":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/2006\/06\/19\/le-consensus-du-mepris\/"},"modified":"2006-06-19T00:00:00","modified_gmt":"2006-06-19T00:00:00","slug":"le-consensus-du-mepris","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/2006\/06\/19\/le-consensus-du-mepris\/","title":{"rendered":"<strong><em>Le consensus du m\u00e9pris<\/em><\/strong>"},"content":{"rendered":"<p><h2 class=\"common-article\">Le consensus du m\u00e9pris<\/h2>\n<\/p>\n<p><\/p>\n<p><p>\t19 juin 2006  Une nouvelle enqu\u00eate statistique (c&rsquo;est le temps des sondages et des enqu\u00eates statistiques) concernant la guerre en Irak et la politique \u00e9trang\u00e8re des USA donne quelques r\u00e9sultats remarquables, m\u00eame s&rsquo;ils ne sont pas compl\u00e8tement surprenants. Il s&rsquo;agit d&rsquo;une enqu\u00eate annuelle faite par le magazine <em>Foreign Policy<\/em> et le Center for American Progress, portant sur plus de cent personnalit\u00e9s US de haut et de tr\u00e8s haut niveaux (y compris d&rsquo;anciens secr\u00e9taires d&rsquo;\u00c9tat), int\u00e9ress\u00e9es et ayant eu une expertise et des r\u00f4les de d\u00e9cision dans les mati\u00e8res de s\u00e9curit\u00e9 nationale.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tL&rsquo;\u00e9chantillonnage a \u00e9t\u00e9 particuli\u00e8rement s\u00e9lectionn\u00e9 pour pr\u00e9senter des opinions particuli\u00e8rement repr\u00e9sentatives, pr\u00e9cise UPI (Jason Motlagh) qui pr\u00e9sente cette enqu\u00eate :<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t\u00ab <em>To draw definitive conclusions on the war&rsquo;s priorities, policies, and progress from the people that have shaped U.S. national security for the last half century, participants included top U.S. military commanders, veterans of the intelligence community, prominent academics and journalists, and even a former secretary of state and national security adviser. Almost 80 percent of those surveyed for the terrorism index have worked for the U.S. government in some capacity, and results defied partisan lines.<\/em> \u00bb<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tLeslie Gelb, pr\u00e9sident du CFR (Council of Foreign Relations) qui \u00e9dite le magazine <em>Foreign Policy<\/em>, commente l&rsquo;enqu\u00eate avec un sarcasme que justifie largement l&rsquo;extraordinaire polarisation des r\u00e9sultats: jamais la communaut\u00e9 des experts de s\u00e9curit\u00e9 nationale de Washington n&rsquo;a \u00e9t\u00e9 aussi proche de l&rsquo;unanimit\u00e9<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t\u00ab <em>A full 84 percent of experts say the United States is losing the war on terror, and the same percentage asserts the world is growing ever more dangerous for Americans. Foreign policy experts have never been in so much agreement about an administration&rsquo;s performance abroad, Leslie Gelb, president emeritus of the Council on Foreign Relations, told Foreign Policy. The reason is that it&rsquo;s clear to nearly all that Bush and his team have had a totally unrealistic view of what they can accomplish with military force and threats of force, he said.<\/em> \u00bb<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tLes r\u00e9sultats sont \u00e0 l&rsquo;avenant. Ils montrent un d\u00e9senchantement et un pessimisme proches d&rsquo;\u00eatre unanimes vis-\u00e0-vis de la situation autant que vis-\u00e0-vis de la politique conduite. Nous mentionnerons un r\u00e9sultat pour le mettre en exergue car il est proprement extraordinaire, pour des personnalit\u00e9s de l&rsquo;<em>establishment<\/em> US, de consid\u00e9rer que la politique nationale des USA est (pour pr\u00e8s de 15% des personnes interrog\u00e9es) <em>the single greatest threat to U.S. national security<\/em>. (Bien s\u00fbr, cela est vrai, sinon \u00e9vident, mais que cela soit dit dans une enqu\u00eate de cette importance et \u00e0 un tel niveau de l&rsquo;<em>establishment<\/em> est profond\u00e9ment significatif.)<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t \u00ab <em>Asked to identify the single greatest threat to U.S. national security, 47 percent of participants cited nuclear materials\/weapons of mass destruction; 32 percent cited al-Qaida\/terrorism; and 14 percent singled out Bush administration policies.<\/em> \u00bb<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tMentionnons, extraites ici et l\u00e0 du rapport de UPI, quelques indications nous confirmant l&rsquo;humeur cr\u00e9pusculaire des experts et dirigeants ainsi interrog\u00e9s.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t&bull; \u00ab <em>Most policy initiatives advanced by the Bush administration were skewered by participants: 87 percent said the war in Iraq has had a negative impact on efforts to protect Americans and 81 percent said the detention of foreign suspects at Guantanamo Bay, Cuba, has undermined the war on terror. Experts also disapproved with the state of U.S. relations with European allies, the Bush administration&rsquo;s approach to Iran and North Korea, and policies towards failed states.<\/em> \u00bb<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t&bull; \u00ab <em>Participant Anne-Marie Slaughter, dean of Princeton University&rsquo;s Woodrow Wilson School of Public and International Affairs, told FP the United States is losing the war on terror by treating the symptoms and not the cause. A reduction of foreign oil use topped the list of actions that should be given a high priority in the war on terror, as U.S. policies that support authoritarian regimes are said to stifle democratic reform and fuel anti-Americanism.<\/em> \u00bb<\/p>\n<h3>Et pendant ce temps, l&rsquo;Europe<\/h3>\n<\/p>\n<p><p>\tEncore une fois, ni choc ni surprise mais le constat de la profondeur des sentiments, de l&rsquo;ampleur du ressentiment, du radicalisme des positions, de l&rsquo;absence d&rsquo;espoir de toute am\u00e9lioration et ainsi de suite. Nous ajouterons ce sondage, si significatif du point de vue de l&rsquo;<em>establishment<\/em> washingtonien, \u00e0 celui du <a href=\"http:\/\/www.dedefensa.org\/article.php?art_id=2806\" class=\"gen\">PEW Center<\/a> sur le sentiment des Europ\u00e9ens vis-\u00e0-vis de la politique US. (Il y aurait bien d&rsquo;autres r\u00e9f\u00e9rences statistiques, sinon intuitives et intellectuelles, toutes dans le m\u00eame sens, comme par exemple celle du <em>Financial Times<\/em> de <a href=\"http:\/\/www.dedefensa.org\/article.php?art_id=2816\" class=\"gen\">ce matin<\/a>. Celles-ci suffisent. Elles fixent bien le sentiment dans sa puissance, dans sa diversit\u00e9, etc., pour aboutir sans aucun doute \u00e0 la conclusion de la quasi-unanimit\u00e9.)<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tL&rsquo;id\u00e9e est claire : la politique US est catastrophique et elle cr\u00e9e une situation catastrophique ; la chose est tellement \u00e9vidente qu&rsquo;on distingue presque, dans ces r\u00e9ponses et dans les commentaires qui les accompagnent, une sorte de m\u00e9pris ou bien une ironie m\u00e9prisante (dans le fait de voir la politique US comme la menace la plus grave contre la s\u00e9curit\u00e9 des USA). En plus d&rsquo;\u00eatre catastrophique, cette politique est stupide, par absence d&rsquo;esprit, de sensibilit\u00e9, de culture, de sens des nuances,  toutes ces choses qui caract\u00e9risent la plupart des acteurs de l&rsquo;administration Bush.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tCes remarques, qui sont abruptes mais qui sont pes\u00e9es, nous conduisent \u00e0 une interrogation : qu&rsquo;est-ce qui justifie intellectuellement la politique g\u00e9n\u00e9rale des pays europ\u00e9ens et des institutions europ\u00e9ennes, qui est de complet <em>apeasment<\/em> \u00e0 l&rsquo;\u00e9gard de Washington, d&rsquo;alignement presque toujours automatique, du refus de la moindre critique sauf lorsque la pression de l&rsquo;opinion publique (des \u00e9lecteurs) est trop forte (cas de l&rsquo;affaire de Guantanamo)? Quelle est la l\u00e9gitimit\u00e9 de cette politique, tant d\u00e9mocratique que r\u00e9galienne? Qu&rsquo;est-ce qui l&rsquo;explique, sinon l&rsquo;aveuglement par fascination, la stupidit\u00e9 par conformisme et la l\u00e2chet\u00e9 intellectuelle ?<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tLe cas europ\u00e9en est proche de la pathologie car aucun argumentaire rationnel s\u00e9rieux ne peut justifier une seconde une telle politique. La pathologie comprend notamment, voire essentiellement, la corruption psychologique. (L&rsquo;autre corruption, la v\u00e9nale, joue bien entendu son r\u00f4le mais nous ne lui donnerions pas une place importante m\u00eame si elle peut parfois occuper une place strat\u00e9gique. Les rapports euro-am\u00e9ricains sont tellement stupides par sentimentalisme de midinette qu&rsquo;ils peuvent se passer des gros ch\u00e8ques.) L&rsquo;explication de la pathologie est d&rsquo;autant plus acceptable qu&rsquo;il n&rsquo;y a m\u00eame plus aujourd&rsquo;hui l&rsquo;argument de la trouille (la peur de la puissance am\u00e9ricaine).<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tL&rsquo;enqu\u00eate de <em>Foreign Policy<\/em> ridiculise indirectement la politique europ\u00e9enne. La plupart des personnes qui r\u00e9pondent aux questions sont celles qui, il y a cinq ans, dix ans vingt ans, \u00e9taient les interlocuteurs politiques des Europ\u00e9ens ; c&rsquo;\u00e9taient les Am\u00e9ricains qui, \u00e0 cette \u00e9poque, \u00e9taient \u00e9cout\u00e9s et entendus au doigt et \u00e0 l&rsquo;il par les Europ\u00e9ens. Aujourd&rsquo;hui, ces m\u00eames Am\u00e9ricains disent, quasiment \u00e0 l&rsquo;unanimit\u00e9 : ce qui se passe \u00e0 Washington est catastrophique. Les Europ\u00e9ens, eux, n&rsquo;ont rien entendu et continuent \u00e0 \u00e9couter au doigt et \u00e0 l&rsquo;il le Washington officiel.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tTout le monde commence \u00e0 savoir que la puissance militaire am\u00e9ricaine, qui est le moyen et le moteur essentiel de la force am\u00e9ricaine, souffre de faiblesses d&rsquo;une gravit\u00e9 extr\u00eame. (M\u00eame au niveau diplomatique, comme on l&rsquo;a vu avec l&rsquo;affaire iranienne, les USA commencent \u00e0 se voir contraints \u00e0 c\u00e9der, et encore au profit des Europ\u00e9ens. Les Europ\u00e9ens n&rsquo;en tirent strictement aucun enseignement.) Des pays comme la Russie et la Chine, dont la prudence diplomatique est proverbiale, commencent \u00e0 \u00e9mettre quelques remarques acides \u00e0 propos du comportement am\u00e9ricaniste et \u00e0 organiser une politique dissidente s\u00e9rieuse. Le <a href=\"http:\/\/www.dedefensa.org\/article.php?art_id=2810\" class=\"gen\">Pacte de Shangha\u00ef<\/a> est d\u00e9sormais une affaire qui  marche.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tPour rester \u00e0 ce cas pr\u00e9cis, c&rsquo;est une honte ordinaire, sinon quotidienne, de l&rsquo;histoire europ\u00e9enne, et une preuve par l&rsquo;absurde de l&rsquo;absence de justification d&rsquo;exister de l&rsquo;Europe, que l&rsquo;Europe n&rsquo;ait pas \u00e9t\u00e9 la premi\u00e8re \u00e0 cr\u00e9er une organisation comme le Pacte de Shangha\u00ef en lieu et place de la politique pr\u00e9sente. Les Europ\u00e9ens,  ou bien disons les dirigeants europ\u00e9ens, tant la rupture avec les peuples est consomm\u00e9e,  portent cette infamie quotidienne qu&rsquo;est leur politique d&rsquo;alignement sur Washington comme un fardeau historique.<\/p>\n<\/p>\n<p><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Le consensus du m\u00e9pris 19 juin 2006 Une nouvelle enqu\u00eate statistique (c&rsquo;est le temps des sondages et des enqu\u00eates statistiques) concernant la guerre en Irak et la politique \u00e9trang\u00e8re des USA donne quelques r\u00e9sultats remarquables, m\u00eame s&rsquo;ils ne sont pas compl\u00e8tement surprenants. 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