{"id":67909,"date":"2006-08-22T00:00:00","date_gmt":"2006-08-22T00:00:00","guid":{"rendered":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/2006\/08\/22\/une-lecon-dhistoire-dedward-luttwak-1973-versus-2006\/"},"modified":"2006-08-22T00:00:00","modified_gmt":"2006-08-22T00:00:00","slug":"une-lecon-dhistoire-dedward-luttwak-1973-versus-2006","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/2006\/08\/22\/une-lecon-dhistoire-dedward-luttwak-1973-versus-2006\/","title":{"rendered":"<strong><em>Une le\u00e7on d&rsquo;histoire d&rsquo;Edward Luttwak : 1973 versus 2006<\/em><\/strong>"},"content":{"rendered":"<p><h2 class=\"common-article\">Une le\u00e7on d&rsquo;histoire d&rsquo;Edward Luttwak : 1973 <em>versus<\/em> 2006<\/h2>\n<\/p>\n<p><p>\t22 ao\u00fbt 2006  L&rsquo;histoire est aujourd&rsquo;hui lue par des sp\u00e9cialistes des mati\u00e8res et des int\u00e9r\u00eats pr\u00e9sents dont la mission est de r\u00e9habiliter le pr\u00e9sent \u00e0 la lumi\u00e8re d&rsquo;un pass\u00e9 arrang\u00e9 pour la circonstance. Ces historiens asserment\u00e9s ob\u00e9issent compl\u00e8tement aux consignes du pr\u00e9sent, en toute logique. C&rsquo;est le cas d&rsquo;Edward Luttwak, qui est un personnage habile ayant r\u00e9ussi \u00e0 se faire passer pour un original capable d&rsquo;interpr\u00e9ter avec brio mais sans jamais les trahir les consignes du Pentagone. (Luttwak est depuis un quart de si\u00e8cle consultant du Pentagone, de l&rsquo;U.S. Army. Tout le monde est content.)<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tLe cas examin\u00e9 ici est son article \u00ab <em>Misreading the Lebanbon war<\/em> \u00bb, publi\u00e9 par le Jerusalem <em>Post<\/em> (le journal-dont-Richard-Perle-est-actionnaire) le <a href=\"http:\/\/www.jpost.com\/servlet\/Satellite?cid=1154525911992&#038;pagename=JPost%2FJPArticl\" class=\"gen\">20 ao\u00fbt<\/a>.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t(C&rsquo;est notre lecteur Francis Lambrechts qui nous a signal\u00e9 cet article de Luttwak. On trouvera le texte complet de l&rsquo;article, avec un autre article de Bradley Burston, dans nos Choix comment\u00e9s <a href=\"http:\/\/www.dedefensa.org\/choix.php?link_id=6744&#038;comm=1\" class=\"gen\">du jour.<\/a>)<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tQue nous dit Luttwak ? R\u00e9sumons rapidement.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t Il n&rsquo;y a pas \u00e0 s&rsquo;en faire. Si l&rsquo;on compare 1973 (la guerre d&rsquo;Octobre entre Isra\u00ebl d&rsquo;une part, l&rsquo;Egypte et la Syrie d&rsquo;autre part), la victoire de <em>Tsahal<\/em> en 2006 est somme toute plus incontestable, plus compl\u00e8te, plus significative. On a fait des progr\u00e8s.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t Isra\u00ebl \u00e9tait encore plus mal pr\u00e9par\u00e9e et fut bien plus malhabile en 1973. La temp\u00eate politique qui suivit la guerre fut bien plus grave que celle que conna\u00eet aujourd&rsquo;hui Isra\u00ebl. (\u00ab  <em>In Israel, there was harsh criticism of political and military chiefs alike, who were blamed for the loss of 3,000 soldiers in a war that ended without a clear victory. Prime Minister Golda Meir, defense minister Moshe Dayan, the chief of staff, David Elazar and the chief of military intelligence were all discredited and soon replaced.<\/em> \u00bb) Tout va beaucoup mieux en 2006 qu&rsquo;en 1973. On a fait beaucoup de progr\u00e8s.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t Il y eut beaucoup plus de pertes, beaucoup plus de difficult\u00e9s op\u00e9rationnelles en 1973 qu&rsquo;aujourd&rsquo;hui. Isra\u00ebl fut beaucoup plus en danger (\u00ab <em>The frontal sectors, left almost unguarded, were largely overrun. The Egyptians had an excellent war plan and fought well. Syrian tanks advanced boldly and even where a lone Israeli brigade held out, they kept attacking in wave after wave for three days and nights. Within 48 hours, Israel seemed on the verge of defeat on both fronts.<\/em> \u00bb) Vraiment, on a fait beaucoup, beaucoup de progr\u00e8s.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tEt ainsi de suite, comme disait l&rsquo;historien satisfait de son rigoureux travail d&rsquo;analyse.<\/p>\n<h3>Contes et d\u00e9comptes<\/h3>\n<\/p>\n<p><p>\tFaut-il aborder la critique dans le d\u00e9tail ? Eventuellement, et sur certains points seulement,  par lassitude devant l&rsquo;\u00e9vidence, surtout parce que la critique centrale, qui suivra, devrait r\u00e9gler le tout.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t Quelques chiffres?  Syriens et Egyptiens devaient aligner plus de 300.000 hommes, plus de 2.000 chars et plus de 500 avions de combat, avec une d\u00e9fense anti-a\u00e9rienne mobile ultra-moderne. Le Hezbollah a fait passer ses effectifs de 1.000 \u00e0 3.000 combattants, nous dit-on. Ni chars, ni avions de combat, une d\u00e9fense anti-a\u00e9rienne parcellaire. (Isra\u00ebl, lui, a tout de m\u00eame mobilis\u00e9 trois divisions pour soutenir son <a href=\" http:\/\/www.dedefensa.org\/article.php?art_id=3051\" class=\"gen\">offensive finale<\/a> contre le Hezbollah, ce qui fit croire \u00e0 certains, vu l&rsquo;\u00e9normit\u00e9 du dispositif, qu&rsquo;on passerait directement \u00e0 la Syrie une fois le Hezbollah K.O.)<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t La guerre d&rsquo;Octobre se fit entre trois nations avec leurs arm\u00e9es r\u00e9guli\u00e8res. Le Hezbollah n&rsquo;est pas une nation et n&rsquo;a pas d&rsquo;arm\u00e9e r\u00e9guli\u00e8re. La guerre d&rsquo;Octobre se joua sur deux fronts et des territoires de plusieurs centaines de kilom\u00e8tres de profondeur, celle de juillet-ao\u00fbt 2006 sur une bande-fronti\u00e8re de 10\/15 kilom\u00e8tres.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t  La d\u00e9faite initiale d&rsquo;Isra\u00ebl vint essentiellement de la bataille a\u00e9rienne, apr\u00e8s avoir subi une attaque-surprise massive des deux pays arabes. Les Arabes refus\u00e8rent le combat a\u00e9rien et mirent l&rsquo;essentiel de leur riposte dans les syst\u00e8mes anti-a\u00e9riens (autant les missiles SA-3 et SA-5 mobiles que les aff\u00fbts quadruples mobiles de 23mm ZSU-24 guid\u00e9s par radar). En trois jours, les Isra\u00e9liens perdirent pr\u00e8s de 80 avions et temporairement toute capacit\u00e9 d&rsquo;appui tactique, laissant le champ libre aux blind\u00e9s arabes. Cet \u00e9v\u00e9nement fut si consid\u00e9rable qu&rsquo;il lan\u00e7a aux USA le d\u00e9veloppement de la technologie furtive (<em>stealth technology<\/em>) pour rendre les avions ind\u00e9tectables au radar. En juillet-ao\u00fbt 2006, Isra\u00ebl lan\u00e7a son attaque (par piti\u00e9, qu&rsquo;on abandonne cette dialectique absurde de la <a href=\"http:\/\/www.dedefensa.org\/article.php?art_id=3036\" class=\"gen\">contre-attaque<\/a>) \u00e0 sa convenance et op\u00e9ra \u00e0 sa convenance, d&rsquo;abord selon une attaque a\u00e9rienne massive planifi\u00e9e tr\u00e8s pr\u00e9cis\u00e9ment depuis 2004.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t D&rsquo;ailleurs, non,  il n&rsquo;y eut pas trois mais cinq acteurs en 1973. L&rsquo;URSS et les USA jou\u00e8rent un r\u00f4le fondamental. A la diff\u00e9rence de 2006 o\u00f9 ils furent \u00e0 150% derri\u00e8re Isra\u00ebl, les USA furent \u00e0 la fois plut\u00f4t contre et \u00e0 peine pour Isra\u00ebl. (L&rsquo;URSS \u00e9videmment du c\u00f4t\u00e9 des Arabes.)<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t Un peu de politique maintenant. La guerre fut instrument\u00e9e par Sadate, avec l&rsquo;accord de Kissinger qui connaissait les plans \u00e9gyptiens plusieurs mois \u00e0 l&rsquo;avance. Le but militaire de Sadate \u00e9tait de remporter une victoire, au moins initiale, jusqu&rsquo;\u00e0 un cessez-le-feu. Le but politique \u00e9tait d&rsquo;effacer l&rsquo;humiliation \u00e9gyptienne de 1967 pour pouvoir ouvrir des n\u00e9gociations de paix avec Isra\u00ebl et r\u00e9cup\u00e9rer le Sina\u00ef. Kissinger \u00e9tait compl\u00e8tement d&rsquo;accord, son but \u00e9tant de faire plier la direction isra\u00e9lienne pour parvenir \u00e0 une stabilisation de la zone par une paix entre Isra\u00ebl et ses deux voisins arabes. S&rsquo;il y eut une surprise tactique, il n&rsquo;y eut pas de surprise strat\u00e9gique le 4 octobre 1973. Les Isra\u00e9liens savaient que les Arabes pr\u00e9paraient une attaque mais Golda Meir refusa une frappe pr\u00e9ventive et toute pr\u00e9paration \u00e0 24 heures d&rsquo;avance le 3 octobre parce qu&rsquo;elle savait que les USA (Kissinger) consid\u00e9reraient cette mesure comme provocatrice et prendraient une position tr\u00e8s d\u00e9favorable \u00e0 Isra\u00ebl ; par ailleurs, les Isra\u00e9liens mettaient une trop grande confiance dans la ligne Bar-Lev pour arr\u00eater les Egyptiens sur le Canal. (Si Golda Meir fut attaqu\u00e9e apr\u00e8s la guerre, c&rsquo;est pour avoir initialement c\u00e9d\u00e9 aux pressions US.) La guerre de 2006 fut \u00e9galement instrument\u00e9e par Washington, mais dans le camp adverse, avec Olmert, et pour liquider le Hezbollah avant de songer \u00e0 la Syrie et \u00e0 l&rsquo;Iran.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t Kissinger voulait \u00e0 tout prix que la victoire initiale des Arabes fut marquante et il retarda d&rsquo;une semaine apr\u00e8s l&rsquo;attaque du 4 octobre le r\u00e9approvisionnement des forces isra\u00e9liennes (en avions, chars, missiles air-sol et anti-SAM, etc.) dramatiquement affaiblies durant les trois premiers jours de combat. L&rsquo;affaire fut l&rsquo;objet d&rsquo;un conflit grave \u00e0 Washington entre Kissinger et le secr\u00e9taire \u00e0 la d\u00e9fense Schlesinger. (Nixon, lui, \u00e9tait dans un \u00e9tat nerveux tr\u00e8s d\u00e9pressif, obs\u00e9d\u00e9 par le Watergate et souvent en \u00e9tat d&rsquo;\u00e9bri\u00e9t\u00e9. Il ne joua gu\u00e8re de r\u00f4le durant la crise.) Au contraire, les Sovi\u00e9tiques mirent en place un pont a\u00e9rien de r\u00e9approvisionnement vers l&rsquo;Egypte et la Syrie au troisi\u00e8me jour de la guerre. On sait qu&rsquo;en juillet-ao\u00fbt 2006, Isra\u00ebl n&rsquo;avait qu&rsquo;\u00e0 claquer du doigt pour obtenir des bombes suppl\u00e9mentaires, avec l&rsquo;aide de Tony Blair ouvrant ses a\u00e9roports aux transports de l&rsquo;USAF.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t La contre-offensive isra\u00e9lienne de 1973 fut d&rsquo;une telle efficacit\u00e9 que, le 21 octobre, le g\u00e9n\u00e9ral Sharon et son corps de choc franchirent le Canal, encercl\u00e8rent la III\u00e8me Arm\u00e9e \u00e9gyptienne et menac\u00e8rent Le Caire et le r\u00e9gime Sadate. Le 24 octobre, les Sovi\u00e9tiques annonc\u00e8rent aux Am\u00e9ricains qu&rsquo;ils envisageaient d&rsquo;intervenir avec une division a\u00e9roport\u00e9e pour sauver la III\u00e8me arm\u00e9e. Le 25, les forces US \u00e9taient mises en \u00e9tat d&rsquo;alerte nucl\u00e9aire DefCon (Defense Condition) 2 contre la d\u00e9cision sovi\u00e9tique (Kissinger voulait garder la haute main diplomatique sur la situation), apr\u00e8s des s\u00e9ances internes \u00e9piques auxquelles Nixon ne participa pas, et avec un conflit Schlesinger-Kissinger plus intense que jamais. Sur le terrain, le r\u00e9sultat fut un cessez-le-feu impos\u00e9, Kissinger interdisant \u00e0 Isra\u00ebl de poursuivre son avanc\u00e9e sur la rive africaine du Canal (et en Syrie, vers Damas) ; Isra\u00ebl abandonna ensuite le Sina\u00ef et la Syrie jusqu&rsquo;au Golan contre des pourparlers de paix.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t Compte tenu des conditions qu&rsquo;on a d\u00e9crites, la victoire d&rsquo;Isra\u00ebl d&rsquo;Octobre 1973 repr\u00e9sente un formidable exploit militaire marqu\u00e9 par la rapidit\u00e9, la souplesse, la capacit\u00e9 d&rsquo;adaptation aux conditions du terrain, contre un adversaire largement sup\u00e9rieur en nombre et en mat\u00e9riel, et qui le resta jusqu&rsquo;au bout, et dans des conditions politiques incomparablement difficiles, avec un alli\u00e9 exer\u00e7ant un chantage au r\u00e9approvisionnement en armes. Elle fut <strong>aussit\u00f4t<\/strong> per\u00e7ue comme une victoire militaire \u00e9crasante par les Isra\u00e9liens eux-m\u00eames, qui consid\u00e9r\u00e8rent que seules les pressions diplomatiques US les avaient <strong>aussit\u00f4t<\/strong> priv\u00e9s de ses fruits. On peut comparer ces conditions avec celles de juillet-ao\u00fbt 2006.<\/p>\n<h3>Le sophisme en avant marche<\/h3>\n<\/p>\n<p><p>\tLe travail de Luttwak pourrait \u00eatre qualifi\u00e9, selon le mot de <a href=\"http:\/\/www.dedefensa.org\/article.php?art_id=3053\" class=\"gen\">Prescott<\/a>, de <em>crap<\/em>. C&rsquo;est une constante am\u00e9ricaniste du syst\u00e8me. Mensonge, d\u00e9formation, rupture du lien de cause \u00e0 effet, parcellisation du sujet, arguments grossiers et \u00e9motionnels, etc., tout cela sur fond d&rsquo;une dialectique de rouleur des m\u00e9caniques tr\u00e8s caract\u00e9ristique de Luttwak.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tLe raisonnement est fond\u00e9 sur le sophisme comme seule r\u00e8gle de raisonnement. Il fait s&rsquo;\u00e9quivaloir deux \u00e9v\u00e9nements sans la moindre similitude. Le seul enseignement de 2006 o\u00f9 la r\u00e9f\u00e9rence 1973 est acceptable est ce que la comparaison nous dit de l&rsquo;\u00e9volution de <em>Tsahal<\/em> au niveau de la fra\u00eecheur et de l&rsquo;audace de la pens\u00e9e (en 1973), de la lourdeur bureaucratique et de la fascination stupide pour la technologie (en 2006),  ce qui est la diff\u00e9rence entre une arm\u00e9e encore isra\u00e9lienne et une <em>Tsahal<\/em> compl\u00e8tement am\u00e9ricanis\u00e9e. (En 1973, Isra\u00ebl subissait une forte influence des USA, mais on ne peut sans aucun doute parler d&rsquo;am\u00e9ricanisation de l&rsquo;arm\u00e9e. C&rsquo;est justement \u00e0 partir de 1973 et de la main-mise US sur la politique isra\u00e9lienne, en plus de la d\u00e9pendance d&rsquo;Isra\u00ebl en armes am\u00e9ricaines, que les pr\u00e9misses du processus d&rsquo;am\u00e9ricanisation commencent \u00e0 se d\u00e9velopper.)<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tPour le reste, Octobre 1973 est une guerre classique, de troisi\u00e8me g\u00e9n\u00e9ration (guerre conventionnelle de haut niveau), qui n&rsquo;a <strong>rien<\/strong> \u00e0 voir avec la G4G (guerre de quatri\u00e8me g\u00e9n\u00e9ration) qu&rsquo;est le conflit de 2006. Les moyens mis en uvre et l&rsquo;importance du sch\u00e9ma op\u00e9rationnel de la guerre de troisi\u00e8me g\u00e9n\u00e9ration expliquent les pertes, qui rel\u00e8vent de ce type de guerre (par rapport \u00e0 cette r\u00e9f\u00e9rence, la guerre d&rsquo;Octobre est une guerre peu co\u00fbteuse en vies humaines). L&rsquo;aspect op\u00e9rationnel, dans la G4G, est r\u00e9duit et n&rsquo;est pas plus important que les aspects de communication, les aspects culturels, sociologiques, psychologiques, etc.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tLa seule comparaison acceptable pour la guerre de 2006 est le simili-conflit d&rsquo;Isra\u00ebl avec les Palestiniens, depuis 2001. De ce point de vue, on mesure la diff\u00e9rence de comportement du Hezbollah par rapport \u00e0 celui des Palestiniens, et l&rsquo;importance de la perception de l&rsquo;\u00e9chec tactique (sur le terrain) d&rsquo;Isra\u00ebl. Certaines comparaisons faites par Luttwak sont grotesques (\u00ab  <em>Even that was not much as compared to the 6,821 Americans who died to conquer the eight square miles of Iwo Jima<\/em> \u00bb), m\u00eame si (ou parce que) elles renvoient aux consignes du patron (guerre contre la terreur = Deuxi\u00e8me Guerre mondiale). On se demande pourquoi il n&rsquo;a pas ajout\u00e9 que la force a\u00e9rienne isra\u00e9lienne s&rsquo;\u00e9tait montr\u00e9e extraordinairement humanitaire puisqu&rsquo;elle a fait <strong>\u00e0 peine<\/strong> un peu plus de mille morts civils en quatre semaines alors que le bombardement de Tokyo en a fait plus de 100.000 en une nuit et Hiroshima 80.000 directement en un coup. (Mais non, on comprend pourquoi : la comparaison pourrait jeter une ombre aga\u00e7ante sur la vertu am\u00e9ricaniste.)<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tL&rsquo;incompr\u00e9hension de Luttwak de la chose \u00e9clate dans cette remarque : \u00ab <em>Implicitly accepting responsibility for having started the war, Nasrallah has directed his Hizbullah to focus on rapid reconstruction in villages and towns, right up to the Israeli border.<\/em> \u00bb Ce n&rsquo;est pas parce qu&rsquo;il assume implicitement une quelconque responsabilit\u00e9 de la chose guerri\u00e8re,  donc des destructions isra\u00e9liennes au Liban, comme \u00e7a se trouve,  que Nasrallah distribue des dollars iraniens \u00e0 la population ; mais, plut\u00f4t, parce qu&rsquo;il fait une G4G et que celle-ci se poursuit une fois la bataille termin\u00e9e, notamment en se gagnant les curs et les esprits. (Peut-\u00eatre aussi parce qu&rsquo;il a un sentiment national libanais ou un sentiment  de solidarit\u00e9 chiite? Comme \u00e9crivait de Gaulle : \u00ab  <em>Tout peut, un jour, arriver, m\u00eame ceci qu&rsquo;un acte conforme \u00e0 l&rsquo;honneur et \u00e0 l&rsquo;honn\u00eatet\u00e9 apparaisse, en fin de compte, comme un bon placement politique<\/em> \u00bb [<em>M\u00e9moires de guerre. Le Salut<\/em>, p.659, La Pl\u00e9iade])<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tMais sans doute l&rsquo;essentiel est-il ailleurs que dans cet argumentaire \u00e0 la gloire de l&rsquo;arm\u00e9e isra\u00e9lienne et les ripostes courrouc\u00e9es qu&rsquo;il am\u00e8ne. Il est alors dans le fait de cette gloire de <em>Tsahal<\/em>, proclam\u00e9e par un homme du Pentagone, alors qu&rsquo;il y a un mois le Pentagone et les salles de <em>briefing<\/em> des <a href=\"http:\/\/www.dedefensa.org\/article.php?art_id=2966\" class=\"gen\">amis<\/a> (chroniqueurs, experts, etc.) retentissaient d&rsquo;attaques venimeuses contre le m\u00eame <em>Tsahal<\/em>, pourrait bien annoncer une certaine \u00e9volution am\u00e9ricaniste (pentagonesque) vis-\u00e0-vis de <em>Tsahal<\/em>. On oublie les b\u00eatises de l&rsquo;\u00e9l\u00e8ve inattentif (<em>Tsahal<\/em>) et on proclame que c&rsquo;est une victoire. D&rsquo;ailleurs, c&rsquo;est faire \u00e0 la satisfaction  des patrons qui avaient d\u00e9j\u00e0 devin\u00e9 la chose,  voir <a href=\"http:\/\/www.dedefensa.org\/article.php?art_id=3035\" class=\"gen\">Hersh<\/a> : <\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t\u00ab <em>Nonetheless, some officers serving with the Joint Chiefs of Staff remain deeply concerned that the Administration will have a far more positive assessment of the air campaign than they should, the former senior intelligence official said. There is no way that Rumsfeld and Cheney will draw the right conclusion about this, he said. When the smoke clears, they&rsquo;ll say it was a success, and they&rsquo;ll draw reinforcement for their plan to attack Iran.<\/em> \u00bb<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tAinsi pr\u00e9pare-t-on de nouveaux enthousiasmes, de nouvelles ambitions, de nouvelles conqu\u00eates, en pr\u00e9parant \u00e0 de nouveaux devoirs. <em>Tsahal<\/em>, apr\u00e8s quelques <a href=\"http:\/\/www.dedefensa.org\/article.php?art_id=3031\" class=\"gen\">avertissements<\/a> salutaires, peut encore servir. <a href=\"http:\/\/www.dedefensa.org\/article.php?art_id=3037\" class=\"gen\">Next stop, Iran<\/a>, probablement, ou bien la Syrie pourquoi pas. Cette fois <em>Tsahal<\/em> aura int\u00e9r\u00eat \u00e0 l&#8217;emporter car il n&rsquo;y aura plus de Luttwak pour venir \u00e0 son secours dans le proc\u00e8s pentagonesque qui lui sera intent\u00e9 en cas d&rsquo;\u00e9chec.<\/p>\n<\/p>\n<p><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Une le\u00e7on d&rsquo;histoire d&rsquo;Edward Luttwak : 1973 versus 2006 22 ao\u00fbt 2006 L&rsquo;histoire est aujourd&rsquo;hui lue par des sp\u00e9cialistes des mati\u00e8res et des int\u00e9r\u00eats pr\u00e9sents dont la mission est de r\u00e9habiliter le pr\u00e9sent \u00e0 la lumi\u00e8re d&rsquo;un pass\u00e9 arrang\u00e9 pour la circonstance. Ces historiens asserment\u00e9s ob\u00e9issent compl\u00e8tement aux consignes du pr\u00e9sent, en toute logique. 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