{"id":67931,"date":"2006-08-28T00:00:00","date_gmt":"2006-08-28T00:00:00","guid":{"rendered":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/2006\/08\/28\/les-europeens-face-au-tabou\/"},"modified":"2006-08-28T00:00:00","modified_gmt":"2006-08-28T00:00:00","slug":"les-europeens-face-au-tabou","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/2006\/08\/28\/les-europeens-face-au-tabou\/","title":{"rendered":"<strong><em>Les Europ\u00e9ens face au tabou<\/em><\/strong>"},"content":{"rendered":"<p><h2 class=\"common-article\">Les Europ\u00e9ens face au tabou<\/h2>\n<\/p>\n<p><\/p>\n<p><p>\t28 ao\u00fbt 2006  Toute crise, aujourd&rsquo;hui, en plus de faire surgir le probl\u00e8me qu&rsquo;elle-m\u00eame constitue, est devenue un dilemme pour l&rsquo;Europe, plus ou moins pour chaque pays, et tous sont touch\u00e9s d&rsquo;une fa\u00e7on ou l&rsquo;autre. Le dilemme s&rsquo;appelle : Am\u00e9rique. La pierre de touche de toute politique europ\u00e9enne implique la probl\u00e9matique des relations avec les USA et, implicitement, comme une sorte de <em>Notre P\u00e8re<\/em> fi\u00e9vreusement psalmodi\u00e9 avant qu&rsquo;un na\u00eff constate que le roi est nu, la n\u00e9cessit\u00e9 que ces relations soient pr\u00e9serv\u00e9es et favoris\u00e9es.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t([Q]u&rsquo;un na\u00eff constate que le roi est nu ? Nous voulons signifier ceci : aucune autorit\u00e9 europ\u00e9enne n&rsquo;est capable d&rsquo;expliquer de fa\u00e7on convaincante, sortie de la bouillie pour chats du discours convenu, <strong>pourquoi<\/strong> ces relations doivent \u00eatre pr\u00e9serv\u00e9es et favoris\u00e9es, plus que, par exemple, les relations avec la Russie, avec la Chine ou avec l&rsquo;Iran. L&rsquo;explication culturelle et morale (valeurs communes) est pompeuse, sentimentale comme une midinette et outranci\u00e8rement, outrageusement fausse. L&rsquo;explication \u00e9conomique (commerce et tout le reste) est sophistique : les USA ont autant besoin de l&rsquo;Europe que l&rsquo;inverse et chacun a besoin du reste du monde parce que l&rsquo;univers \u00e9conomique est globalis\u00e9 ; pas de cadeau particulier \u00e0 faire aux USA. L&rsquo;explication de la puissance (\u00eatre du c\u00f4t\u00e9 de la puissance) est primaire, sans finesse et indigne, et, de toutes les fa\u00e7ons, en train d&rsquo;\u00eatre pulv\u00e9ris\u00e9e par l&rsquo;effondrement strat\u00e9gique des USA. Restent les phantasmes, les fascinations, les conformismes et la corruption psychologique g\u00e9n\u00e9rale,  bref, notre libido ou tout comme.)<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tCes imp\u00e9ratifs de pr\u00e9server et de favoriser les relations avec les USA p\u00e8sent comme un boulet sur la politique europ\u00e9enne dans la mesure de l&rsquo;\u00e9volution de la politique am\u00e9ricaniste et des exigences am\u00e9ricanistes qui vont avec. Cette mesure est catastrophique parce que la politique am\u00e9ricaniste est aveugle, insens\u00e9e (au sens de qui n&rsquo;a pas de sens) et r\u00e9duite aux pulsions sauvages d&rsquo;un <em>establishment<\/em> washingtonien plong\u00e9 dans le d\u00e9sordre et l&rsquo;hyst\u00e9rie d&rsquo;une psychologie malade. Chaque crise est constitu\u00e9e, pour l&rsquo;Europe, \u00e0 la fois du probl\u00e8me qu&rsquo;elle impose et du renforcement de l&rsquo;insupportable dilemme europ\u00e9en des relations avec l&rsquo;Am\u00e9rique.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tCette question des relations avec l&rsquo;Am\u00e9rique est une affaire de substance et c&rsquo;est m\u00eame la principale, voire la seule affaire de substance de toute politique europ\u00e9enne. Toutes les autres questions et les crises conjoncturelles qui \u00e9clatent et soumettent la politique europ\u00e9enne \u00e0 de rudes tensions doivent \u00eatre analys\u00e9es \u00e0 la lumi\u00e8re de cette question de substance pour \u00eatre bien comprises, et \u00e9ventuellement \u00eatre r\u00e9solues.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tUne nouvelle int\u00e9ressante est qu&rsquo;il y a des signes montrant qu&rsquo;on commence \u00e0 r\u00e9aliser ce qui nous appara\u00eet, pour notre compte, comme une \u00e9vidence. Cette r\u00e9alisation se fait \u00e0 certains \u00e9chelons interm\u00e9diaires de certains services actifs dans l&rsquo;appareil et la bureaucratie de la politique europ\u00e9enne,  qu&rsquo;il s&rsquo;agisse des organes communautaires ou des pays-membres. Un document qui nous a \u00e9t\u00e9 communiqu\u00e9 par une source bienveillante,  qu&rsquo;elle en soit remerci\u00e9e ici,  en porte t\u00e9moignage.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tLe document concerne un Informal Policy Planning Director&rsquo;s Meeting (rencontre informelle des directeurs de la planification) qui a eu lieu \u00e0 Paris le 4 juillet, dans le cadre d&rsquo;un s\u00e9minaire organis\u00e9 \u00e0 cet effet par l&rsquo;Institut des Etudes de S\u00e9curit\u00e9 de l&rsquo;UE. Il s&rsquo;agissait donc du rassemblement des directeurs de la planification des minist\u00e8res des affaires \u00e9trang\u00e8res des pays de l&rsquo;UE, plus ceux de la Commission europ\u00e9enne et du secr\u00e9tariat g\u00e9n\u00e9ral. Le document est un compte-rendu r\u00e9sum\u00e9 des d\u00e9bats qui y ont eu lieu.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tLe premier point de ce document concerne la question dite : <em>Major Security Challenge for the EU<\/em> ; la premi\u00e8re sous-rubrique concerne (tiens, tiens) les <em>transatlantic relations<\/em>. On y lit ceci (l&rsquo;accent en gras est de notre fait, pour souligner les deux passages qui nous paraissent essentiels) :<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t\u00ab <em>The relationship with the United States is and will remain the top priority. The EU cannot be effective without close cooperation on foreign policy matters. Currently, however, Europe is still struggling to adjust the profound change from alliance to partnership. Some participants expressed frustration with the US&rsquo;s policies, one even went<\/em> <strong><em>as far as calling America the key security challenge for Europe today<\/em><\/strong>. <em>There is, of course, a choice wether to stress the differences or the similitarities in the transtalantic relationships. An exclusive emphasis on the problems can easily become a self-fullfilling prophecy. Given the importance and the current state of EU-US relations, it is<\/em> <strong><em>surprising that the subject is not discussed more frequently at Council meetings ; the US remains the last taboo of CFSP<\/em><\/strong>. <em>The directors agreed that the intellectual dialogue with all facets of American society should be urgently improved.<\/em> \u00bb<\/p>\n<h3>Danse autour d&rsquo;un tabou<\/h3>\n<\/p>\n<p><p>\tLa phrase essentielle que nous retenons de ce court compte-rendu est celle-ci : \u00ab <em>Given the importance and the current state of EU-US relations, it is<\/em> <strong><em>surprising that the subject is not discussed more frequently at Council meetings ; the US remains the last taboo of CFSP<\/em><\/strong> \u00bb. (CFSP pour Common Foreign &#038; Security Policy.) Nous la retenons parce qu&rsquo;elle r\u00e9sume enti\u00e8rement le probl\u00e8me des relations transatlantiques en m\u00eame temps qu&rsquo;elle explique que ce probl\u00e8me soit pour les Europ\u00e9ens un dilemme.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tLe principal probl\u00e8me pour l&rsquo;Europe, aujourd&rsquo;hui, est de ne pas <strong>oser<\/strong> (nous pesons le terme) parler des relations transatlantiques comme d&rsquo;un probl\u00e8me. Le mot tabou est parfaitement choisi. (Un tabou est un \u00ab <N<em>syst\u00e8me d&rsquo;interdiction de caract\u00e8re religieux <\/em>[une] <em>interdiction rituelle.<\/em> \u00bb) Le tabou n&rsquo;a jamais \u00e9t\u00e9 aussi fort, dans le sens qu&rsquo;il inspire la terreur, qu&rsquo;aujourd&rsquo;hui ; parce qu&rsquo;il n&rsquo;a jamais \u00e9t\u00e9 autant soumis \u00e0 de si fortes pressions de la part de la r\u00e9alit\u00e9, que ce soient des \u00e9v\u00e9nements ou des <a href=\"http:\/\/www.dedefensa.org\/article.php?art_id=3053\" class=\"gen\">opinions publiques<\/a> ; parce qu&rsquo;il n&rsquo;a jamais \u00e9t\u00e9 autant menac\u00e9 d&rsquo;\u00e9clater.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tSi la question des relations entre les USA et l&rsquo;Europe n&rsquo;est pas abord\u00e9e comme un probl\u00e8me par les dirigeants europ\u00e9ens, si elle est un tabou, c&rsquo;est parce que ces dirigeants savent <strong>tous<\/strong>, en leur for int\u00e9rieur que poser ce probl\u00e8me serait le r\u00e9soudre. (On d\u00e9couvrirait aussit\u00f4t que l&rsquo;Am\u00e9rique est \u00ab <em>the key security challenge for Europe today<\/em> \u00bb.) L&rsquo;argument de la faveur dont jouissent ces relations n&rsquo;existe pas, comme on l&rsquo;a not\u00e9 pr\u00e9c\u00e9demment. L&rsquo;Europe est, \u00e0 cet \u00e9gard, au bord du gouffre, dans tous les cas, au bord d&rsquo;un gouffre conceptuel pour poursuivre sa politique.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tIl est possible que l&rsquo;Iran r\u00e8gle tout cela.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tLes <a href=\"http:\/\/www.dedefensa.org\/article.php?art_id=3085\" class=\"gen\">projets<\/a> am\u00e9ricanistes en la mati\u00e8re sont de la cat\u00e9gorie apocalyptique. L&rsquo;Am\u00e9rique face \u00e0 l&rsquo;Iran semble \u00eatre un monstre bless\u00e9 on ne sait comment, sinon par lui-m\u00eame certes, d\u00e9cid\u00e9 \u00e0 foncer sur l&rsquo;ennemi (l&rsquo;Iran fait l&rsquo;affaire en l&rsquo;occurrence) dans un ultime effort qui serait comme un jugement de Dieu. Certains nomment cela, on le sait, Armageddon. Nous r\u00e9sumons.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tComment les Europ\u00e9ens vont-ils pouvoir r\u00e9agir face \u00e0 cette pouss\u00e9e ? Au contraire de l&rsquo;Irak, l&rsquo;Iran n&rsquo;est pas loin de faire l&rsquo;unanimit\u00e9 \u00e0 Washington et le cas n&rsquo;est pas l&rsquo;obsession de la seule administration en place. (Rappelons, par exemple, que le ma\u00eetre de la formule immortelle \u00ab <em>There&rsquo;s only one thing worse than military action and that&rsquo;s a nuclear-armed Iran<\/em> \u00bb est John McCain, probable candidat r\u00e9publicain \u00e0 la pr\u00e9sidence pour 2008.) Selon une tactique similaire \u00e0 celle qui fut employ\u00e9e pour l&rsquo;Irak mais avec l&rsquo;active complicit\u00e9 de tous \u00e0 Washington, \u00ab [w]<em>e are creating a situation where everything we&rsquo;re going to try short of military force is going to fail<\/em> \u00bb (selon Ilan Berman, expert sur l&rsquo;Iran \u00e0 l&rsquo;American Foreign Policy Council).<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tPour les Europ\u00e9ens, non plus, l&rsquo;Iran n&rsquo;est pas l&rsquo;Irak. Dans l&rsquo;affaire irakienne, ils ont d\u00e9battu durement, se sont divis\u00e9s, etc., mais ils n&rsquo;\u00e9taient pas n\u00e9cessairement en premi\u00e8re ligne. Pour l&rsquo;Iran, ils le sont, et sans doute leur opposition secr\u00e8te \u00e0 toute possibilit\u00e9 d&rsquo;usage de la force est-elle tr\u00e8s affirm\u00e9e. Ils pourront difficilement \u00e9luder le probl\u00e8me central de la politique am\u00e9ricaniste qui revient, dans ce cas, au probl\u00e8me de leurs relations avec les USA. D&rsquo;ores et d\u00e9j\u00e0, et en pointant quelques pays, les nouvelles sont pour le moins  d\u00e9licates (on veut dire : par rapport \u00e0 la ligne am\u00e9ricaniste, type Bush-Bolton). <\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t  Les Fran\u00e7ais, comme l&rsquo;a dit Douste-Blazy lors d&rsquo;une interview radiophonique, ne sont pas vraiment satisfaits de la r\u00e9ponse iranienne mais leur principal souci est d&rsquo;\u00e9viter un affrontement qui nous rapprocherait du clash des civilisations de Huntington,  monde occidental contre monde musulman. La position instinctive et fondamentale de la France est \u00e9videmment hostile \u00e0 l&rsquo;usage de la force \u00e0 l&rsquo;am\u00e9ricaine.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t  Les Espagnols, dont on dit qu&rsquo;ils travaillent \u00e0 tenter de relancer un processus de paix entre Isra\u00ebl, les Palestiniens et leurs voisins dans une sorte de Madrid-II (apr\u00e8s la conf\u00e9rence de Madrid de 1992 menant \u00e0 l&rsquo;accord d&rsquo;Oslo), ont amorc\u00e9 un changement dans leur position vis-\u00e0-vis de l&rsquo;Iran. Un ambassadeur espagnol, <a href=\"http:\/\/www.leblogfinance.com\/2006\/08\/iran_espagne_et.html#more\" class=\"gen\">Maximo Cajal<\/a>, a d\u00e9clar\u00e9 le 23 ao\u00fbt qu&rsquo;\u00ab  [i]<em>l faudrait sans doute octroyer \u00e0 l&rsquo;Iran une possibilit\u00e9 de travailler selon son propre programme nucl\u00e9aire <\/em>[] <em>L&rsquo;Iran est tout \u00e0 fait en droit de d\u00e9velopper son propre programme nucl\u00e9aire tout comme le font ses voisins, le Pakistan et l&rsquo;Inde par exemple.<\/em> \u00bb Le minist\u00e8re des affaires \u00e9trang\u00e8res a appuy\u00e9 cette d\u00e9claration : \u00ab  <em>Il ne s&rsquo;agit pas l\u00e0 de l&rsquo;opinion personnelle d&rsquo;un diplomate mais d&rsquo;un revirement dans la politique ext\u00e9rieure de l&rsquo;Espagne qui s&rsquo;en \u00e9tait tenue jusqu&rsquo;\u00e0 tout derni\u00e8rement \u00e0 la position commune de l&rsquo;Union europ\u00e9enne \u00e0 l&rsquo;\u00e9gard de l&rsquo;Iran.<\/em> \u00bb<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t  Les Britanniques sont dans une position \u00e9pouvantable dans la perspective d&rsquo;une aggravation de la situation pouvant mener \u00e0 un conflit. Blair est \u00e0 peu pr\u00e8s le seul \u00e0 envisager une participation ou un soutien britannique \u00e0 une attaque US si cette attaque avait lieu. Sa propre impopularit\u00e9 mesure, voire d\u00e9termine en l&rsquo;accroissant l&rsquo;impopularit\u00e9 de cette perspective chez les Britanniques. A notre sens, si Blair n&rsquo;\u00e9tait pas (plus) l\u00e0, la perspective d&rsquo;une attaque US contre l&rsquo;Iran serait moins fortement rejet\u00e9e par l&rsquo;opinion publique. (Paradoxe enfant\u00e9 par la politique grotesque de Blair de ces quatre derni\u00e8res ann\u00e9es : Blair joue d\u00e9sormais \u00e0 contre-emploi. Sa persistance au poste de Premier ministre, avec la politique qu&rsquo;on sait, renforce continuellement l&rsquo;anti-am\u00e9ricanisme des Britanniques.) <\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tCe rapide coup d&rsquo;il renforce l&rsquo;impression qu&rsquo;avec l&rsquo;Iran, l&rsquo;Europe est dans une position extr\u00eamement inconfortable. Deux conceptions diplomatiques et politiques s&rsquo;affrontent <em>in fine<\/em> : une conception de force, celle des USA, avec l&rsquo;aggravation d&rsquo;une force chancelante et d&rsquo;une psychologie agressive exacerb\u00e9e ; une conception de compromis et de recherche d&rsquo;\u00e9quilibre, celle de l&rsquo;Europe. Cela revient \u00e0 observer que ces deux conceptions si compl\u00e8tement oppos\u00e9es dans un moment crucial de tension pr\u00e9tendent \u00eatre l&rsquo;illustration d&rsquo;une alliance si indiscutable que la discuter est un tabou infranchissable. On voit \u00e9videmment la confirmation que c&rsquo;est le contraire : s&rsquo;il y a tabou, c&rsquo;est pour \u00e9carter l&rsquo;horrible v\u00e9rit\u00e9 de l&rsquo;opposition de substance des conceptions. Combien de temps le tabou infranchissable tiendra-t-il dans la crise iranienne?<\/p>\n<\/p>\n<p><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Les Europ\u00e9ens face au tabou 28 ao\u00fbt 2006 Toute crise, aujourd&rsquo;hui, en plus de faire surgir le probl\u00e8me qu&rsquo;elle-m\u00eame constitue, est devenue un dilemme pour l&rsquo;Europe, plus ou moins pour chaque pays, et tous sont touch\u00e9s d&rsquo;une fa\u00e7on ou l&rsquo;autre. Le dilemme s&rsquo;appelle : Am\u00e9rique. 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