{"id":67968,"date":"2006-09-07T00:00:00","date_gmt":"2006-09-07T00:00:00","guid":{"rendered":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/2006\/09\/07\/un-ete-meurtrier\/"},"modified":"2006-09-07T00:00:00","modified_gmt":"2006-09-07T00:00:00","slug":"un-ete-meurtrier","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/2006\/09\/07\/un-ete-meurtrier\/","title":{"rendered":"Un \u00e9t\u00e9 meurtrier"},"content":{"rendered":"<p><h2 class=\"titleset_a.deepblue\" style=\"color:#0f3955;font-size:2em;\">Un \u00e9t\u00e9 meurtrier<\/h2>\n<\/p>\n<p><p>On sait que la crise (Isra\u00ebl contre Hezbollah) commen\u00e7a le 12 juillet. A premi\u00e8re vue, la bataille \u00e9tait disproportionn\u00e9e, non seulement \u00e0 cause de la puissance de <em>Tsahal<\/em>, mais surtout \u00e0 cause de ce que promettait sa gloire pass\u00e9e, qui repose sur des qualit\u00e9s combattantes incomparables. Pourtant, le 10 ao&ucirc;t, quasiment un mois plus tard, Ze&rsquo;ev Schiff de <em>Haaretz<\/em>, pouvait \u00e9crire :<\/p>\n<\/p>\n<p><p>&laquo; <em>The large number and the location of the casualties that the Israel Defense Forces sustained Wednesday<\/em> [9 August] <em>indicate that the army does not yet control the narrow strip along the border, although this stage of the ground operation was supposed to have been completed already.<\/em> &raquo;<\/p>\n<\/p>\n<p><p>Le lendemain, 11 ao&ucirc;t, dans <em>The Guardian<\/em>, le brigadier g\u00e9n\u00e9ral isra\u00e9lien Ido Nehushtan remarquait : &laquo; <em>We have to recognise that we will be dealing with new definitions of victory. There will be no white flags being raised on this battlefield.<\/em> &raquo; Plus loin, dans le m\u00eame article, on pouvait lire ceci :<\/p>\n<\/p>\n<p><p>&laquo; <em>Hizbullah&rsquo;s older anti-tank weapons have been effective against armoured personnel carriers and buildings used by soldiers for shelters. Its newer weapons such as the Russian Kornet and US TOW missiles have been highly effective succeeded in piercing the armour of Israel&rsquo;s main battle tank, the Merkava, reputedly one of the best-defended tanks in the world. One member of an Israeli tank crew who had just left Lebanon told the Guardian: &lsquo;It&rsquo;s terrible. You do not fight anti-tank teams with tanks. You use infantry supported by artillery and helicopters. Wide valleys without shelter are the wrong place to use tanks.&rsquo;<\/em> &raquo;<\/p>\n<\/p>\n<p><p>Enfin, pour compl\u00e9ter l&rsquo;image d&rsquo;une arm\u00e9e en grand d\u00e9sarroi devant une guerre suppos\u00e9e facile et une r\u00e9sistance inattendue, il suffisait d&rsquo;aller \u00e0 un texte du journaliste et activiste pacifiste Uri Avnery, en date du 10 ao&ucirc;t :<\/p>\n<\/p>\n<p><p>&laquo; <em>Now everybody already admits that something basic has gone wrong in this war. The proof: the War of the Generals, that previously started only after the conclusion of a war, has now become public while the war is still going on. The Chief-of-Staff, Dan Halutz, has found the culprit: Udi Adam, the chief of the Northern Command. He has practically dismissed him in the middle of the battle. That is the old ploy of the thief shouting &lsquo;Stop thief!&rsquo; After all, it is obvious that the person mainly to blame for the failures of the war is Halutz himself, with his foolish belief that Hizbullah could be defeated by aerial bombardment alone.<\/em> &raquo;<\/p>\n<\/p>\n<p><h3 class=\"subtitleset_b.deepblue\" style=\"color:#0f3955;font-size:1.65em;font-variant:small-caps;\"><em>Flashback<\/em> : 7 octobre 1973<\/h3>\n<\/p>\n<p><p>Il faut remonter au d\u00e9but octobre 1973 pour rencontrer un tel d\u00e9sarroi dans l&rsquo;arm\u00e9e isra\u00e9lienne. Mais alors, quelle diff\u00e9rence ! Le 4 octobre 1973, Isra\u00ebl avait \u00e9t\u00e9 attaqu\u00e9 simultan\u00e9ment par la Syrie et l&rsquo;Egypte. La puissance de l&rsquo;attaque par surprise, contre une arm\u00e9e manquant totalement sur un de ses fronts (face aux Syriens) de profondeur strat\u00e9gique et n&rsquo;ayant \u00e9videmment pas eu le temps de mobiliser ses r\u00e9serves, conduisit \u00e0 trois folles journ\u00e9es d&rsquo;une h\u00e9ro\u00efque intensit\u00e9.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>Le d\u00e9sarroi d&rsquo;alors \u00e9tait celui d&rsquo;une d\u00e9faite temporaire par surprise, mais il laissa place aussit\u00f4t \u00e0 une r\u00e9solution et une alacrit\u00e9 magnifiques. <em>Tsahal<\/em> fit des prodiges, souvent dans des batailles, notamment des batailles de chars, o&ugrave; elle se retrouvait \u00e0 1 contre 5. Finalement, l&rsquo;\u00e9quilibre fut r\u00e9tabli et, en 15 jours, <em>Tsahal<\/em> se retrouva sur la route de Damas et lanc\u00e9e dans l&rsquo;aventure (notamment avec les parachutistes du G\u00e9n\u00e9ral Sharon) de l&rsquo;encerclement de la III\u00e8me Arm\u00e9e \u00e9gyptienne, sur la rive africaine du Canal. Le chef d&rsquo;\u00e9tat-major d&rsquo;alors, David Elazar, paya de son poste l&rsquo;impr\u00e9paration de l&rsquo;arm\u00e9e, mais une fois que la victoire e&ucirc;t \u00e9t\u00e9 acquise. <em>Tsahal<\/em>, elle, sortait grandie de l&rsquo;\u00e9preuve la plus terrible qu&rsquo;ait connue Isra\u00ebl.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>L&rsquo;arm\u00e9e isra\u00e9lienne avait man&oelig;uvr\u00e9 dans la grande tradition des grands g\u00e9n\u00e9raux d&rsquo;Isra\u00ebl, d&rsquo;un Moshe Dayan en 1956 ou d&rsquo;un Bar Lev en 1967. Le revers temporaire de 1973 et la fa\u00e7on dont il fut surmont\u00e9 restent comme une gloire significative de la valeur militaire de cette arm\u00e9e, autant que la campagne brouillonne et pr\u00e9par\u00e9e d&rsquo;une fa\u00e7on aveugle de juillet-ao&ucirc;t 2006 devrait rester comme le symbole du d\u00e9clin, de la d\u00e9cadence et de la \u00ab\u00a0bureaucratisation\u00a0\u00bb de la m\u00eame arm\u00e9e. Mais cette Guerre d&rsquo;Octobre est aussi un tournant. En trente ans, de 1973 \u00e0 2006, <em>Tsahal<\/em> est pass\u00e9e de la fiert\u00e9 justifi\u00e9e \u00e0 l&rsquo;arrogance aveugle.<\/p>\n<\/p>\n<p><h3 class=\"subtitleset_b.deepblue\" style=\"color:#0f3955;font-size:1.65em;font-variant:small-caps;\">Les vertus d&rsquo;une jeune arm\u00e9e &lsquo;populaire&rsquo;<\/h3>\n<\/p>\n<p><p>Il existe une \u00ab\u00a0l\u00e9gende\u00a0\u00bb de <em>Tsahal<\/em> des origines. Les trois premi\u00e8res grandes guerres de l&rsquo;arm\u00e9e isra\u00e9lienne montr\u00e8rent qu&rsquo;elle n&rsquo;\u00e9tait pas usurp\u00e9e. <em>Tsahal<\/em> montra en 1956, en 1967 et en 1973 des qualit\u00e9s de rapidit\u00e9, de capacit\u00e9s de man&oelig;uvre, de capacit\u00e9s d&rsquo;adaptation comme il y a peu d&rsquo;exemples dans l&rsquo;histoire militaire. L&rsquo;\u00e9l\u00e9ment humain joua un r\u00f4le fondamental, avec ce qu&rsquo;on pourrait qualifier d'\u00a0\u00bbesprit pionnier\u00a0\u00bb, qui semblait \u00eatre le m\u00eame dans l&rsquo;arm\u00e9e et dans les <em>khibboutz<\/em>. Il s&rsquo;agissait d&rsquo;une arm\u00e9e proche de son peuple, avec ses jeunes soldats pleins d&rsquo;enthousiasme, ses r\u00e9servistes capables de se trouver en action en 24-48 heures \u00e0 partir de leur rappel, ses g\u00e9n\u00e9raux imaginatifs et r\u00e9solus dans l&rsquo;action. <em>Tsahal<\/em> repr\u00e9sentait alors l&rsquo;arch\u00e9type de l'\u00a0\u00bbarm\u00e9e populaire\u00a0\u00bb, &mdash; l&rsquo;une des rares arm\u00e9es du camp occidental qui semblait avoir r\u00e9ussi \u00e0 appliquer ce qu&rsquo;on jugeait alors \u00eatre les maximes communistes du succ\u00e8s politico-militaire ; une arm\u00e9e qui se trouvait au milieu de son peuple, comme disait Mao pour les gu\u00e9rillas communistes, \u00ab\u00a0comme un poisson dans l&rsquo;eau\u00a0\u00bb.<\/p>\n<\/p>\n<p><p><em>Tsahal<\/em> \u00e9tait une arm\u00e9e moderne mais qui ne semblait nullement prisonni\u00e8re de son modernisme. La p\u00e9riode correspondait aux liens militaires tr\u00e8s forts qu&rsquo;Isra\u00ebl avait \u00e9tablis avec la France, et qui dur\u00e8rent jusqu&rsquo;en 1967. (Les Isra\u00e9liens furent presque exclusivement \u00e9quip\u00e9s de mat\u00e9riels fran\u00e7ais, notamment a\u00e9ronautiques, jusqu&rsquo;en 1967 : les avions <em>Magister<\/em>, <em>Ouragan<\/em>, <em>Vautour<\/em>, <em>Myst\u00e8re<\/em>, <em>Mirage<\/em>, <em>Noratlas<\/em>, etc. Une coop\u00e9ration plus secr\u00e8te porta \u00e9galement sur le domaine nucl\u00e9aire.)<\/p>\n<\/p>\n<p><p>Ces liens n&rsquo;\u00e9taient pas seulement techniques, ils montraient \u00e9galement une certaine communaut\u00e9 d&rsquo;esprit. L\u00e0 aussi, il s&rsquo;agit d&rsquo;un aspect politique, &mdash; mais le mod\u00e8le est moins communiste que patriotique puisqu&rsquo;il s&rsquo;agit de la proximit\u00e9 avec les Fran\u00e7ais. Comme les Fran\u00e7ais, les Isra\u00e9liens n&rsquo;\u00e9taient pas tr\u00e8s riches mais ils avaient un tr\u00e8s fort esprit communautaire, une affirmation identitaire et un tr\u00e8s grand sens de leur souverainet\u00e9 nationale. Ils utilisaient le mat\u00e9riel fran\u00e7ais avec une ing\u00e9nuit\u00e9 et un sens de l&rsquo;adaptation qui montraient la force de cet esprit national et confirmaient qu&rsquo;ils n&rsquo;\u00e9taient pas prisonniers de la lourdeur bureaucratique et de la technique. (L&rsquo;ing\u00e9nuit\u00e9 isra\u00e9lienne fut \u00e9vidente dans l&rsquo;utilisation que firent les Isra\u00e9liens du <em>Mirage<\/em> fran\u00e7ais durant la Guerre de Six-Jours, autant que dans la capacit\u00e9 d&rsquo;adaptation technique qu&rsquo;ils montr\u00e8rent en d\u00e9veloppant une version nationale de l&rsquo;avion, le <em>Kfir<\/em>.)<\/p>\n<\/p>\n<p><p>Il y a une correspondance d&rsquo;ordre politique autant que dans les autres domaines dans l&rsquo;\u00e9volution de <em>Tsahal<\/em> d&rsquo;une p\u00e9riode \u00e0 l&rsquo;autre, y compris dans le domaine de l&rsquo;accroissement du <strong>poids<\/strong> militaire aux d\u00e9pens des capacit\u00e9s de rapidit\u00e9 et d&rsquo;adaptation. Eric Alterman le d\u00e9finissait en 2005 par l&rsquo;observation du &laquo; <em>change in Israel&rsquo;s geopolitical status from the spirited socialist David of its early years to the pro-American empire, post-1967 military Goliath.<\/em> &raquo;<\/p>\n<\/p>\n<p><h3 class=\"subtitleset_b.deepblue\" style=\"color:#0f3955;font-size:1.65em;font-variant:small-caps;\">La lourdeur de <em>Tsahal<\/em><\/h3>\n<\/p>\n<p><p>La campagne de l&rsquo;\u00e9t\u00e9 2006 montre toute la profondeur des changements qui ont affect\u00e9 <em>Tsahal<\/em> et la n\u00e9cessit\u00e9 imp\u00e9rative d&rsquo;une appr\u00e9ciation critique fondamentale du statut, des structures et de l&rsquo;\u00e9tat d&rsquo;esprit de l&rsquo;arm\u00e9e. D\u00e8s le 25 juillet, Ze&rsquo;ev Schiff, le doyen des commentateurs isra\u00e9liens qui forment une caste \u00e0 part dans la presse isra\u00e9lienne, observait froidement, contre toutes les affirmations et assurances des g\u00e9n\u00e9raux transform\u00e9s en <em>spin doctors<\/em> et des ministres du gouvernement Ohmert : &laquo; <em>Israel is far from a decisive victory and its main objectives have not been achieved.<\/em> &raquo; Un autre v\u00e9t\u00e9ran, Eitan Haber, \u00e9crivait parall\u00e8lement dans <em>Yediot Aharonot<\/em>, avec une rage contenue: &laquo; <em>This is neither the time nor the place in the middle of serious fighting, but when this is all over the IDF is going to have take a good look at itself.<\/em> &raquo;<\/p>\n<\/p>\n<p><p>On a suivi les p\u00e9rip\u00e9ties, les changements de tactiques des g\u00e9n\u00e9raux isra\u00e9liens ; la confiance aveugle initiale dans l&rsquo;efficacit\u00e9 de l&rsquo;offensive a\u00e9rienne ; les interventions terrestres, d&rsquo;abord ponctuelles, suivies d&rsquo;affirmations r\u00e9p\u00e9t\u00e9es de l&rsquo;intention de lancer une grande offensive terrestre ; les difficult\u00e9s op\u00e9rationnelles, les pertes humaines, la vuln\u00e9rabilit\u00e9 du char <em>Merkava<\/em>, tant vant\u00e9 pour son invuln\u00e9rabilit\u00e9 et qui s&rsquo;est souvent trouv\u00e9 handicap\u00e9 par sa lourdeur face \u00e0 des armes anti-chars mani\u00e9e tr\u00e8s efficacement ; la crise du commandement, ponctu\u00e9e par le limogeage dissimul\u00e9 du g\u00e9n\u00e9ral Adam, commandant le Front Nord. Il est difficile de faire la part des actions respectives, notamment le r\u00f4le de l&rsquo;efficacit\u00e9 inattendue du Hezbollah, dans ces d\u00e9boires op\u00e9rationnels. Cela importe assez peu \u00e0 c\u00f4t\u00e9 du constat que l&rsquo;arm\u00e9e isra\u00e9lienne s&rsquo;est trouv\u00e9e brutalement confront\u00e9e \u00e0 une crise interne qui couvait depuis longtemps.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>Cette crise de <em>Tsahal<\/em> a une dimension politique et strat\u00e9gique \u00e9vidente. On peut en comprendre les termes avec ces extraits d&rsquo;un texte publi\u00e9 par <em>Haaretz<\/em> le 11 ao&ucirc;t. Les deux auteurs, David B. Rivkin Jr. et Lee A. Casey, sont partenaires du cabinet d&rsquo;avocat Baker &#038; Hostetler LLP de Washington, et \u00e9galement membres de la sous-commission de l&rsquo;ONU sur la promotion et la protection des droits de l&rsquo;homme. Ils ont \u00e9galement occup\u00e9 diverses fonctions dans le gouvernement am\u00e9ricain (administrations Reagan et Bush-p\u00e8re) et certains observateurs estiment que leur commentaire repr\u00e9sente une position officieuse de la communaut\u00e9 de s\u00e9curit\u00e9 nationale de Washington vis-\u00e0-vis d&rsquo;Isra\u00ebl apr\u00e8s un mois de campagne dans le Sud Liban. Bien entendu, il s&rsquo;agit d&rsquo;un avertissement \u00e0 peine dissimul\u00e9, dont William Pfaff s&rsquo;\u00e9tait d\u00e9j\u00e0 fait l&rsquo;\u00e9cho en tant qu&rsquo;observateur ind\u00e9pendant dans un texte du 3 Ao&ucirc;t (&laquo;  <em>&hellip;it is a very serious matter for the Israelis, because their own power in the Middle East, like that of their American ally, has peaked, and is now diminishing. And in the United States, this is beginning to be perceived.<\/em> &raquo;)<\/p>\n<\/p>\n<p><p>Rivkin-Casey \u00e9crivent : &laquo;  <em>Israel has been cautious in Lebanon, fearing not only for the lives of its soldiers, but also that an overly aggressive military campaign will alienate world opinion and force its hand diplomatically at the UN. However, Israeli leaders ought to worry more about a different scenario, one in which American policymakers, analyzing the Israel Defense Forces&rsquo; failure to defeat Hezbollah after 30 days effort, lose their faith in Israel&rsquo;s ability to &lsquo;get the job done&rsquo; on issues of shared strategic interest.<\/em><\/p>\n<\/p>\n<p><p>&raquo; <em>Should the IDF lose its aura of invincibility in American eyes, Israel&rsquo;s perceived value as an ally could decline sharply. This reassessment in Washington, when combined with a continuing and even heightened determination by Arab states and jihadists to destroy Israel, would be catastrophic for its security.<\/em> &raquo;<\/p>\n<\/p>\n<p><h3 class=\"subtitleset_b.deepblue\" style=\"color:#0f3955;font-size:1.65em;font-variant:small-caps;\">L&rsquo;am\u00e9ricanisation de <em>Tsahal<\/em><\/h3>\n<\/p>\n<p><p>Il est frappant de constater que les d\u00e9sillusions r\u00e9v\u00e9l\u00e9es par la campagne de <em>Tsahal<\/em> contre le Hezbollah se r\u00e9v\u00e8lent presque en m\u00eame temps que les d\u00e9sillusions concernant la puissance am\u00e9ricaine, \u00e0 l&rsquo;occasion de la guerre en Irak. Les caract\u00e8res de ces d\u00e9sillusions sont \u00e0 peu pr\u00e8s semblables. Il y a une proximit\u00e9 des circonstances, des avatars, des causes de ces avatars.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>La proximit\u00e9 existe \u00e9galement au niveau de la conception des op\u00e9rations. Dans un article aujourd&rsquo;hui fameux dans <em>The New Yorker<\/em> (14 ao&ucirc;t 2006), Seymour Hersh a apport\u00e9 beaucoup de pr\u00e9cisions sur cet aspect des choses.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>&laquo; <em>The United States and Israel have shared intelligence and enjoyed close military co\u00f6peration for decades, but early this spring, according to a former senior intelligence official, high-level planners from the U.S. Air Force &mdash; under pressure from the White House to develop a war plan for a decisive strike against Iran&rsquo;s nuclear facilities &mdash; began consulting with their counterparts in the Israeli Air Force. &lsquo;The big question for our Air Force was how to hit a series of hard targets in Iran successfully,&rsquo; the former senior intelligence official said. &lsquo;Who is the closest ally of the U.S. Air Force in its planning? It&rsquo;s not Congo&mdash;it&rsquo;s Israel. Everybody knows that Iranian engineers have been advising Hezbollah on tunnels and underground gun emplacements. And so the Air Force went to the Israelis with some new tactics and said to them, &lsquo;Let&rsquo;s concentrate on the bombing and share what we have on Iran and what you have on Lebanon.\u00a0\u00bb The discussions reached the Joint Chiefs of Staff and Secretary of Defense Donald Rumsfeld, he said.<\/em> &raquo;<\/p>\n<\/p>\n<p><p>Hersh rapporte encore que, &laquo; [t]<em>he Israeli plan, according to the former senior intelligence official, was &lsquo;the mirror image of what the United States has been planning for Iran.&rsquo;<\/em> &raquo; Le plan isra\u00e9lien portait bien entendu la forte marque du chef d&rsquo;\u00e9tat-major isra\u00e9lien, le Lieutenant General Halutz, le premier chef d&rsquo;\u00e9tat-major isra\u00e9lien venu de la Force A\u00e9rienne. Halutz, chaud partisan de la puissance a\u00e9rienne, s&rsquo;inspire directement de l&rsquo;\u00e9cole am\u00e9ricaine du bombardement massif, telle que le General Curtiss E. LeMay l&rsquo;a d\u00e9velopp\u00e9e entre 1943 et 1965. A l&rsquo;image de LeMay, Halutz a remplac\u00e9 les consid\u00e9rations politiques autour de la guerre par la croyance dans la technologie et il l&rsquo;exprime froidement, sans consid\u00e9ration pour les commentaires humanitaires (Alexander Cockburn le d\u00e9crit de cette fa\u00e7on : &laquo; <em>Dan Halutz is in the LeMay tradition, a brutish lout. He raised a storm when he was asked what feelings, what moral tremors he might have had about the dropping of a one-ton bomb in a house in Gaza. Halutz&rsquo;s jaunty reply was to the effect that all he felt was &lsquo;a slight tremor in the wing of the airplane.&rsquo;<\/em> &raquo;)<\/p>\n<\/p>\n<p><p>Il est difficile de distinguer ce qui aurait diff\u00e9renci\u00e9 une action militaire am\u00e9ricaine de ce que fut l&rsquo;action de <em>Tsahal<\/em> au Liban. Le vrai reproche des Am\u00e9ricains est sans doute de n&rsquo;avoir pas frapp\u00e9 assez fort. L&rsquo;analyse US des performances de <em>Tsahal<\/em> fut effectivement constamment conduite comme si l&rsquo;arm\u00e9e isra\u00e9lienne \u00e9tait un d\u00e9tachement avanc\u00e9 des forces arm\u00e9es US. La pouss\u00e9e isra\u00e9lienne contre le Hezbollah &laquo; <em>would be a demo for Iran<\/em> &raquo;, explique une source de Seymour Hersh. &laquo; <em>The key military planner was Lieutenant General Dan Halutz, the I.D.F. chief of staff, who, during a career in the Israeli Air Force, worked on contingency planning for an air war with Iran.<\/em> &raquo;<\/p>\n<\/p>\n<p><p>L&rsquo;op\u00e9ration isra\u00e9lienne \u00e9tait plus qu&rsquo;un mod\u00e8le am\u00e9ricain. Elle ressemblait \u00e0 une partie d&rsquo;un plan g\u00e9n\u00e9ral d\u00e9velopp\u00e9 par le Pentagone.<\/p>\n<\/p>\n<p><h3 class=\"subtitleset_b.deepblue\" style=\"color:#0f3955;font-size:1.65em;font-variant:small-caps;\">Une transmutation am\u00e9ricanis\u00e9e<\/h3>\n<\/p>\n<p><p>M\u00eame en 1982 (premi\u00e8re guerre du Liban), \u00e0 plus forte raison en 1973, une telle proximit\u00e9 entre le Pentagone et l&rsquo;IDF, jusqu&rsquo;au mim\u00e9tisme et \u00e0 la duplication, \u00e9tait simplement impensable. Entre-temps s&rsquo;est produit dans l&rsquo;<em>establishment<\/em> politico-militaire isra\u00e9lien une transformation de substance telle qu&rsquo;on peut parler de transmutation (un \u00ab\u00a0changement de nature\u00a0\u00bb).<\/p>\n<\/p>\n<p><p>Nous avons <a class=\"gen\" href=\"http:\/\/www.dedefensa.org\/article.php?art_id=2910\">d\u00e9j\u00e0 parl\u00e9<\/a> de cette \u00e9volution de l&rsquo;<em>establishment<\/em> politico-militaire isra\u00e9lien. L&rsquo;affaire du <em>Lavi<\/em>, en 1984-85, en fut l&rsquo;un des tournants. Isra\u00ebl abandonna son projet d&rsquo;avion de combat IAI <em>Lavi<\/em> sous la pression du Pentagone. Les Am\u00e9ricains voulaient \u00e9viter le lancement d&rsquo;un concurrent du F-16 mais le r\u00e9sultat fut surtout de soumettre compl\u00e8tement l&rsquo;<em>establishment<\/em> politico-militaire isra\u00e9lien aux conditions bureaucratiques et technologiques du Pentagone. Moshe Arens consid\u00e9ra, \u00e0 l&rsquo;\u00e9poque, que l&rsquo;abandon du <em>Lavi<\/em> \u00e9tait un recul d\u00e9cisif de la souverainet\u00e9 nationale isra\u00e9lienne. C&rsquo;est le cas.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>Il n&rsquo;est pas indiff\u00e9rent que cette affaire (<em>Lavi<\/em> <em>vs<\/em> F-16) se soit jou\u00e9e dans le domaine a\u00e9ronautique, car c&rsquo;est effectivement ce domaine qui conduisit et orienta l&rsquo;am\u00e9ricanisation de l&rsquo;IDF. Halutz, avec ses conceptions qui rappellent LeMay, est un des enfants de ce processus ; mais aussi l&rsquo;\u00e9quipement de <em>Tsahal<\/em>, les conceptions de <em>Tsahal<\/em>, la vision du monde et la strat\u00e9gie de <em>Tsahal<\/em>. Il est vrai que le Pentagone offrait aux militaires isra\u00e9liens quelque chose de tentant : une \u00e9chapp\u00e9e des implications terrestres de la guerre, une domination incontest\u00e9e et incontestable par le ciel (et par la technologie qui va avec), une installation de la puissance isra\u00e9lienne dans un domaine intouchable pour aucune puissance arabe, &mdash; des arm\u00e9es r\u00e9guli\u00e8res aux organisations terroristes. Du moins, c&rsquo;est ce que sugg\u00e9rait la th\u00e9orie.<\/p>\n<\/p>\n<p><h3 class=\"subtitleset_b.deepblue\" style=\"color:#0f3955;font-size:1.65em;font-variant:small-caps;\">L\u00a0\u00bbautomatisation am\u00e9ricanis\u00e9e\u00a0\u00bb de <em>Tsahal<\/em><\/h3>\n<\/p>\n<p><p>Bien s&ucirc;r, ces conceptions ont envahi tous les domaines et l&rsquo;organisation des arm\u00e9es isra\u00e9liennes. <em>Defense News<\/em> publiait le 17 juillet un article bas\u00e9 sur des interviews aupr\u00e8s d&rsquo;officiers g\u00e9n\u00e9raux en activit\u00e9 ou r\u00e9cemment retir\u00e9s. Il s&rsquo;agit de critiques mod\u00e9r\u00e9es, faites par des personnalit\u00e9s qui ont elles-m\u00eames particip\u00e9 \u00e0 cette &lsquo;automatisation&rsquo; de l&rsquo;arm\u00e9e isra\u00e9lienne. C&rsquo;est le cas de Yiftah Ron-Tal, un g\u00e9n\u00e9ral chef des forces terrestres r\u00e9cemment retir\u00e9 : &laquo; <em>The Israel Defense Forces (IDF) may be rushing too quickly<\/em> [into this technology-driven arena]. <em>The concept is correct, as is our doctrine, but the problem is in implementation. It may be that our priorities are not in proper order.<\/em> &raquo;<\/p>\n<\/p>\n<p><p>Le m\u00eame article d\u00e9crit les conditions existantes au sein des forces arm\u00e9es, du point de vue des choix et des d\u00e9cisions : &laquo; <em>One IDF brigadier general said anyone in uniform would be quickly marginalized if he or she challenged what he called the General Staff&rsquo;s &lsquo;precipitous rush&rsquo; toward remote, networked, virtual control over high-threat areas.<\/em> &raquo; La situation qui s&rsquo;est install\u00e9e dans les forces arm\u00e9es est dans la logique de cette atmosph\u00e8re g\u00e9n\u00e9rale : &laquo; <em>With all due credit to technology and the capabilities it provides, we cannot neglect basic soldiering and discipline. But time and again, we&rsquo;ve seen our training budget gutted to allow for full-bore investment in Tzayad<\/em> [the IDF&rsquo;s Digital Army program]. <em>And now we&rsquo;re seeing the results blowing up in our faces.<\/em> &raquo;<\/p>\n<\/p>\n<p><p>Le site <em>DefenseTech<\/em> observe dans le m\u00eame sens (le 20 juillet) : &laquo; <em>&lsquo;&#8230;security experts and military officers not directly involved in the fighting say there are fundamental flaws in Israel&rsquo;s budget-draining techno-centric defensive strategy,&rsquo; and especially reliance on networked sensors as the mainstay of surveillance efforts. These failed rather conspicuously in allowing the surprise kidnapping of 2 Israeli soldiers by Hezbollah.<\/em> &raquo;<\/p>\n<\/p>\n<p><p>On peut \u00e9largir toutes ces remarques \u00e0 toutes les situations des forces arm\u00e9es isra\u00e9liennes: accent syst\u00e9matique mis sur la technologie et sur les mat\u00e9riels avanc\u00e9s qui en d\u00e9pendent, n\u00e9gligences au niveau de l&rsquo;entra&icirc;nement, des \u00e9quipements de base, de l&rsquo;adaptation tactique, etc. Toutes ces appr\u00e9ciations critiques peuvent \u00eatre reprises mot pour mot et appliqu\u00e9es \u00e0 l&rsquo;U.S. Army et au Marine Corps tels qu&rsquo;ils op\u00e8rent aujourd&rsquo;hui en Irak.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>On retrouve m\u00eame la pratique, courante dans la bureaucratie militaire US, de lancer des op\u00e9rations militaires dans un seul but de relations publiques. Ce fut le cas de la derni\u00e8re pouss\u00e9e de <em>Tsahal<\/em> vers la rivi\u00e8re Litani (qui avait \u00e9t\u00e9 atteinte en quelques heures apr\u00e8s le d\u00e9clenchement des hostilit\u00e9s en 1982), d\u00e9clench\u00e9e apr\u00e8s que le cessez-le-feu ait \u00e9t\u00e9 vot\u00e9 et accept\u00e9. Uri Avnery explique: &laquo; <em>The aim was to photograph the victorious soldiers on the bank of the Litani. The operation could only last 48 hours, when the cease-fire would come into force.<\/em> [&hellip;] <em>At no point did the army reach the Litani.<\/em> [&hellip; W]<em>hen the cease-fire took effect, all the units taking part had reached villages on the way to the river. There they became sitting ducks, surrounded by Hizbullah fighters, without secure supply lines. From that moment on, the army had only one aim: to get them out of there as quickly as possible, regardless of who might take their place.<\/em> &raquo; L&rsquo;op\u00e9ration, les 12 et 13 ao&ucirc;t, avait co&ucirc;t\u00e9 la vie \u00e0 33 soldats de <em>Tsahal<\/em>.<\/p>\n<\/p>\n<p><h3 class=\"subtitleset_b.deepblue\" style=\"color:#0f3955;font-size:1.65em;font-variant:small-caps;\">A l&rsquo;ombre de the <em>House of War<\/em><\/h3>\n<\/p>\n<p><p>Dans son superbe livre <em>House of War &mdash; The Pentagon and the disastrous rise of the American power<\/em>, <a class=\"gen\" href=\"http:\/\/www.dedefensa.org\/article.php?art_id=2923\">James Carroll<\/a> d\u00e9finit ainsi ceux que l&rsquo;on nomma \u00e0 la fin des ann\u00e9es 1990 <em>The Vulcans<\/em> (Rumsfeld, Cheney, Perle, Wolfowitz, Armitage, Powell, Rice), qui conseill\u00e8rent GW Bush durant sa campagne de 2000 et prirent le pouvoir en janvier 2001: &laquo; [W]<em>hereas their predecessors, the &lsquo;Wise Men&rsquo; and &lsquo;the Best and the Brightest,&rsquo; were spawned in the nurturing waters of Wall Street and Harvard, respectively, Rumsfeld&rsquo; circle of true believers emerged from the culture, ideology and moralism of the Pentagon itself. The Building, it would seem, was coming at last into its own.<\/em> &raquo;<\/p>\n<\/p>\n<p><p>D\u00e8s les ann\u00e9es Reagan, ce groupe d&rsquo;id\u00e9ologues extr\u00e9mistes \u00e9tait d\u00e9j\u00e0 dans les rouages de l&rsquo;administration. (On y trouvait notamment Perle et Wolfowitz, tandis que Powell occupait des fonctions politico-militaires. Rumsfeld avait \u00e9t\u00e9 secr\u00e9taire \u00e0 la d\u00e9fense entre 1975 et 1977.) C&rsquo;est eux, et avec eux le nouveau courant de pression qu&rsquo;ils exprimaient, qui instrument\u00e8rent la compl\u00e8te \u00ab\u00a0annexion\u00a0\u00bb d&rsquo;Isra\u00ebl \u00e0 ce complexe bureaucratique de puissance qu&rsquo;est le Pentagone. Ce n&rsquo;\u00e9tait pas un \u00ab\u00a0complot\u00a0\u00bb dans le sens humain du terme. Ils ne faisaient qu&rsquo;exprimer la puissance extraordinaire du Pentagone et de sa culture, qui avaient d\u00e9finitivement mis la haute main sur la politique de s\u00e9curit\u00e9 nationale des Etats-Unis. En ce sens, c&rsquo;est bien le Pentagone en tant que tel, en tant que puissance autonome et incontr\u00f4l\u00e9e, qui imposa \u00e0 Isra\u00ebl, d\u00e8s les ann\u00e9es 1980, une main-mise qui bouleversa compl\u00e8tement les conceptions et les structures de <em>Tsahal<\/em>, et qui r\u00e9duisit d&rsquo;autant, jusqu&rsquo;\u00e0 l&rsquo;inexistence totale, la souverainet\u00e9 nationale d&rsquo;Isra\u00ebl.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>Le conflit avec le Hezbollah de juillet-ao&ucirc;t 2006 a confirm\u00e9 de fa\u00e7on \u00e9clatante un \u00e9tat des choses o&ugrave; les capacit\u00e9s guerri\u00e8res, les \u00e9quipements, les tactiques, mais aussi la culture fondamentale des forces arm\u00e9es isra\u00e9liennes se sont r\u00e9v\u00e9l\u00e9s comme compl\u00e8tement transform\u00e9s, &mdash; transmut\u00e9s, sans aucun doute, &mdash; par rapport aux conditions originelles de l&rsquo;Etat d&rsquo;Isra\u00ebl.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>Cette appr\u00e9ciation de la situation militaire isra\u00e9lienne, cette fois \u00e9tay\u00e9e par un conflit dont les cons\u00e9quences catastrophiques se feront sentir longtemps et en profondeur, permet de d\u00e9boucher sur une autre analyse et sur une autre explication que le sempiternel affrontement entre juifs et arabes propos\u00e9 depuis un demi-si\u00e8cle, qui constitue plus un frein d\u00e9cisif mis \u00e0 la pens\u00e9e qu&rsquo;une invitation \u00e0 mieux comprendre le ph\u00e9nom\u00e8ne des troubles sans fin de cette region. L&rsquo;appr\u00e9ciation qui place l&rsquo;<em>establishment<\/em> militaro-politique isra\u00e9lien \u00e0 l&rsquo;ombre \u00e9norme du Pentagone (de m\u00eame que la politique ext\u00e9rieure des USA est \u00ab\u00a0sous influence\u00a0\u00bb du Pentagone), est une explication d&rsquo;une tout autre envergure, et d&rsquo;une tout autre coh\u00e9rence. Elle donne \u00e0 la crise isra\u00e9lienne une dimension globale en qui fait mieux comprendre l&rsquo;importance. La crise du Moyen-Orient est aujourd&rsquo;hui une cons\u00e9quence de la crise g\u00e9n\u00e9rale et globale qui secoue le monde. En observant la situation de la puissance isra\u00e9lienne par rapport au Pentagone comme on le fait ici, on comprend bien mieux la coh\u00e9rence de ce sch\u00e9ma, dans la mesure o&ugrave; la puissance du Pentagone est effectivement le centre de la crise mondiale.<\/p><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Un \u00e9t\u00e9 meurtrier On sait que la crise (Isra\u00ebl contre Hezbollah) commen\u00e7a le 12 juillet. A premi\u00e8re vue, la bataille \u00e9tait disproportionn\u00e9e, non seulement \u00e0 cause de la puissance de Tsahal, mais surtout \u00e0 cause de ce que promettait sa gloire pass\u00e9e, qui repose sur des qualit\u00e9s combattantes incomparables. 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