{"id":67995,"date":"2006-09-14T00:00:00","date_gmt":"2006-09-14T00:00:00","guid":{"rendered":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/2006\/09\/14\/la-crise-de-lotan-en-afghanistan-cest-dabord-la-crise-americaniste\/"},"modified":"2006-09-14T00:00:00","modified_gmt":"2006-09-14T00:00:00","slug":"la-crise-de-lotan-en-afghanistan-cest-dabord-la-crise-americaniste","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/2006\/09\/14\/la-crise-de-lotan-en-afghanistan-cest-dabord-la-crise-americaniste\/","title":{"rendered":"<strong><em>La crise de l&rsquo;OTAN en Afghanistan, c&rsquo;est d&rsquo;abord la crise am\u00e9ricaniste<\/em><\/strong>"},"content":{"rendered":"<p><h2 class=\"common-article\">La crise de l&rsquo;OTAN en Afghanistan, c&rsquo;est d&rsquo;abord la crise am\u00e9ricaniste<\/h2>\n<\/p>\n<p><\/p>\n<p><p>\t14 septembre 2006  L&rsquo;OTAN a f\u00eat\u00e9 le 11 septembre \u00e0 sa fa\u00e7on, avec une r\u00e9union destin\u00e9e \u00e0 d\u00e9terminer quels pays contribueraient pour r\u00e9unir les 2.500 soldats suppl\u00e9mentaires que le g\u00e9n\u00e9ral Jones demande pour l&rsquo;Afghanistan. Devant l&rsquo;\u00e9chec de cette r\u00e9union, l&rsquo;\u00e9tat de crise de l&rsquo;organisation a \u00e9t\u00e9 proclam\u00e9, selon un rituel d\u00e9j\u00e0 connu. Ainsi a en d\u00e9cid\u00e9 le <em>Times<\/em> du <a href=\"http:\/\/www.timesonline.co.uk\/article\/0,,3-2353444,00.html\" class=\"gen\">12 septembre<\/a> puis du <a href=\"http:\/\/www.timesonline.co.uk\/article\/0,,3-2355992,00.html\" class=\"gen\">13 septembre<\/a> (\u00ab<em>Nato facing crisis of resolve&rsquo; over Afghanistan<\/em>\u00bb). Ce m\u00eame 13 septembre, une nouvelle r\u00e9union n&rsquo;a pas donn\u00e9 plus de r\u00e9sultats. D&rsquo;autres r\u00e9unions sont pr\u00e9vues, allant jusqu&rsquo;\u00e0 une r\u00e9union des ministres des affaires \u00e9trang\u00e8res d&rsquo;ici la fin du mois. Les sources officielles de l&rsquo;OTAN tendent, comme d&rsquo;habitude, \u00e0 pr\u00e9dire qu&rsquo;un arrangement sera trouv\u00e9 (pour le d\u00e9but octobre, dit-on).<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tLes pays surtout sollicit\u00e9s ont \u00e9t\u00e9 la Turquie, l&rsquo;Italie, l&rsquo;Allemagne, l&rsquo;Espagne, la Norv\u00e8ge et la Pologne. Comme d&rsquo;habitude, le Royaume-Uni, engag\u00e9 sur le front Sud (l\u00e0 o\u00f9 la situation est tr\u00e8s d\u00e9licate) avec plus de 5.000 hommes, est le plus pressant avec les USA pour obtenir les 2.500 hommes et renforcer le contingent de 18.000 hommes command\u00e9 par le g\u00e9n\u00e9ral britannique Richards.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tA c\u00f4t\u00e9 de cette situation de crise diplomatique, il existe une situation de crise militaire aigu\u00eb sur le terrain, avec des perspectives particuli\u00e8rement peu encourageantes. Notamment, l&rsquo;article de Kim Sengupta, dans <em>The Independent<\/em> du <a href=\"http:\/\/news.independent.co.uk\/world\/asia\/article1523144.ece\" class=\"gen\">13 septembre<\/a>, montre la violence exceptionnelle des combats. (On peut lire aussi l&rsquo;article du <em>Times<\/em> de <a href=\"http:\/\/www.dedefensa.org\/article.php?art_id=3153\" class=\"gen\">ce jour<\/a>, sur les op\u00e9rations men\u00e9es par le contingent canadien.)<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tKim Sengupta : \u00ab<em>Lt Gen Richards, who says British forces have been involved in some of the fiercest fighting since Korea, has now decided to withdraw from outlying positions, which will be taken over by the Afghan forces. It is a decision that some have questioned. An officer who has served in Helmand said: We have to ask, can we rely on them? Especially the police.<\/em><\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t\u00bb<em>He continued: We did not expect the ferocity of the engagements. We also expected the Taliban to carry out hit and run raids. Instead we have often been fighting toe to toe, endless close-quarters combat. It has been exhausting. I remember when we had to extract a Danish recce group which was getting attacked on all sides; it was bedlam. We have greater firepower, so we tend to win, but, of course, they can take their losses while our casualties will invariably lead to concern back home.You also have to think that each time we kill one, how many more enemies we are creating. And, of course, the lack of security means hardly any reconstruction is taking place now, so we are not exactly winning hearts and minds.<\/em>\u00bb<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tD&rsquo;une fa\u00e7on plus g\u00e9n\u00e9rale, la vision de la situation par les experts non-engag\u00e9s aupr\u00e8s de l&rsquo;OTAN est tr\u00e8s pessimiste, notamment parce que la m\u00e9thode otanienne est mauvaise. <a href=\"http:\/\/www.guardian.co.uk\/afghanistan\/story\/0,,1871052,00.html\" class=\"gen\">Simon Tisdall<\/a>, du <em>Guardian<\/em>, expose l&rsquo;analyse d&rsquo;une experte du RIIA (Royal Institute of International Affairs).<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t\u00ab<em>But even if Nato obtained all the troops it wanted, its current southern strategy would not achieve its stated aims and should be reconsidered, said Ayesha Khan, an Afghanistan specialist and associate fellow of Chatham House. In fact, it&rsquo;s destabilising the area. It has sidelined the state-building and reconstruction agenda. It has sidelined the disarming of [independent] militias. It has also undermined efforts to stop the opium trade, she said.<\/em><\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t\u00bb<em>The US has made the south the frontline in the war on terror&rsquo;. Nato came into this thinking peacekeeping, not conflict operations. They did not foresee the complications and the potential for mission creep. The strategy is not working.<\/em>\u00bb<\/p>\n<h3>L&rsquo;OTAN ne fait que suivre l&rsquo;Am\u00e9rique<\/h3>\n<\/p>\n<p><p>\tL&rsquo;OTAN n&rsquo;a pas peur des crises, a-t-on coutume de dire. La crise semble \u00eatre sa fa\u00e7on d&rsquo;\u00eatre, plaisantent souvent ses officiels, pour mettre en \u00e9vidence la difficult\u00e9 de tenir ensemble un si grand nombre de pays sur des mati\u00e8res si d\u00e9licates, mais aussi la capacit\u00e9 de l&rsquo;Organisation d&rsquo;y parvenir (puisqu&rsquo;elle triomphe de ses crises). Aujourd&rsquo;hui, cela (la crise coutumi\u00e8re) commence \u00e0 devenir plus s\u00e9rieux, peut-\u00eatre plus s\u00e9rieux qu&rsquo;en aucune autre occasion, peut-\u00eatre plus s\u00e9rieux que durant la guerre du Kosovo.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tD&rsquo;abord la crise est double : sur le terrain, en Afghanistan, autant qu&rsquo;\u00e0 Bruxelles. Ce n&rsquo;\u00e9tait pas le cas avec le Kosovo, o\u00f9 l&rsquo;aspect op\u00e9rationnel ne pr\u00e9sentait pas le caract\u00e8re d&rsquo;urgence qu&rsquo;on voit aujourd&rsquo;hui en Afghanistan. Cela implique une double pression, en Afghanistan et \u00e0 Bruxelles, parfois dans des conditions dramatiques.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tEnsuite, cette crise de l&rsquo;OTAN est la premi\u00e8re dont les USA ne peuvent \u00eatre la solution.  L&rsquo;OTAN est \u00e9videmment une architecture tr\u00e8s particuli\u00e8re o\u00f9, derri\u00e8re la rh\u00e9torique officielle sans le moindre int\u00e9r\u00eat, s&rsquo;impose une r\u00e9alit\u00e9 d&rsquo;\u00e9quilibre. Il y a d&rsquo;un c\u00f4t\u00e9 une super-puissance qui contr\u00f4le tout dans l&rsquo;Organisation et peut exercer, par ce biais, un contr\u00f4le et une h\u00e9g\u00e9monie sur les autres pays-membres (sauf l&rsquo;exception fran\u00e7aise). En contrepartie de cette vassalit\u00e9 accept\u00e9e \u00e0 un degr\u00e9 plus ou moins grand, les pays-membres attendent des USA une protection pour leur s\u00e9curit\u00e9, et, d&rsquo;une fa\u00e7on g\u00e9n\u00e9rale, la solution de tout probl\u00e8me important de s\u00e9curit\u00e9 g\u00e9n\u00e9rale. Cela signifie que toutes les crises de l&rsquo;OTAN avaient, comme solution ultime, l&rsquo;intervention des USA. En temps normal, la crise actuelle (la demande de renfort du g\u00e9n\u00e9ral Jones) aurait d\u00fb \u00eatre r\u00e9solue par un apport suppl\u00e9mentaire de forces US,  au milieu de r\u00e9criminations, de critiques, de mises en demeure US,  toutes choses auxquelles les vassaux sont habitu\u00e9s.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tMais cela n&rsquo;est plus possible parce que les USA sont eux-m\u00eames dans une crise strat\u00e9gique profonde et n&rsquo;ont plus les moyens de fournir des forces suppl\u00e9mentaires. On peut m\u00eame aller plus loin et observer que, loin d&rsquo;\u00eatre la solution ultime de la crise, ils sont la cause initiale de la crise, par leurs m\u00e9thodes, leurs obsessions, leur fa\u00e7on brutale d&rsquo;op\u00e9rer et ainsi de suite. L&rsquo;appel \u00e0 la solidarit\u00e9 des autres membres,  sp\u00e9cialit\u00e9 de l&rsquo;hypocrisie des Britanniques, pas f\u00e2ch\u00e9s de pouvoir humilier les autres alors qu&rsquo;ils sont eux-m\u00eames si humili\u00e9s par les USA,  n&rsquo;a gu\u00e8re de sens dans la r\u00e9alit\u00e9 des rapports de l&rsquo;OTAN. Les Am\u00e9ricains r\u00e9coltent ce qu&rsquo;ils ont sem\u00e9 et l&rsquo;OTAN est sur la voie de se payer la crise du si\u00e8cle. Peut-\u00eatre y laissera-t-elle sa vertu, sa coh\u00e9sion, et plus encore.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tEn attendant, cet enseignement essentiel s&rsquo;impose, qu&rsquo;on n&rsquo;oubliera pas. Les USA ne sont plus capables aujourd&rsquo;hui de r\u00e9soudre une crise de s\u00e9curit\u00e9 \u00e0 l&rsquo;OTAN.<\/p>\n<\/p>\n<p><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>La crise de l&rsquo;OTAN en Afghanistan, c&rsquo;est d&rsquo;abord la crise am\u00e9ricaniste 14 septembre 2006 L&rsquo;OTAN a f\u00eat\u00e9 le 11 septembre \u00e0 sa fa\u00e7on, avec une r\u00e9union destin\u00e9e \u00e0 d\u00e9terminer quels pays contribueraient pour r\u00e9unir les 2.500 soldats suppl\u00e9mentaires que le g\u00e9n\u00e9ral Jones demande pour l&rsquo;Afghanistan. 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