{"id":68013,"date":"2006-09-21T00:00:00","date_gmt":"2006-09-21T00:00:00","guid":{"rendered":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/2006\/09\/21\/double-hold-up-postmoderne\/"},"modified":"2006-09-21T00:00:00","modified_gmt":"2006-09-21T00:00:00","slug":"double-hold-up-postmoderne","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/2006\/09\/21\/double-hold-up-postmoderne\/","title":{"rendered":"Double hold-up postmoderne"},"content":{"rendered":"<p><h2 class=\"common-article\">Double hold-up postmoderne<\/h2>\n<\/p>\n<p><p>\t21 septembre 2006  Ainsi donc, une crise s&rsquo;est ouverte en Hongrie. Elle peut d&rsquo;autant plus s&rsquo;aggraver que notre besoin pathologique des comm\u00e9morations manipul\u00e9es,  exister gr\u00e2ce \u00e0 un pass\u00e9 soigneusement s\u00e9lectionn\u00e9 et r\u00e9arrang\u00e9 puisque nous n&rsquo;existons <strong>que<\/strong> mensong\u00e8rement dans le pr\u00e9sent,  nous conduit vers le 50\u00e8 anniversaire de l&rsquo;insurrection h\u00e9ro\u00efque de Budapest.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tOn conna\u00eet <a href=\"http:\/\/www.dedefensa.org\/article.php?art_id=3173\" class=\"gen\">la cause<\/a> de la crise : le mensonge, encore le mensonge, toujours le mensonge ; ou, si vous voulez, le virtualisme, qui n&rsquo;est pas <strong>que<\/strong> mensonges mais qui en fait son mat\u00e9riel favori. Voici venir maintenant les hold-up, ou comment d\u00e9tourner la crise de son origine. On dira que c&rsquo;est une riposte du virtualisme : comment r\u00e9parer d&rsquo;urgence la ni\u00e8me fuite qui a \u00e9clat\u00e9 dans cette outre gonfl\u00e9e de mis\u00e8re d&rsquo;\u00e2me et de pauvret\u00e9 intellectuelle qu&rsquo;est le monde postmoderne du virtualisme.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tGrosso modo, nous avons identifi\u00e9 deux hold-up (d&rsquo;autres peuvent venir) :<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t  La crise populiste, dangereuse, terriblement perverse. Le retour de l&rsquo;hydre d&rsquo;extr\u00eame-droite qui fait peur aux petits enfants le soir, qu&rsquo;on n&rsquo;a pas assez terrass\u00e9e, \u00e9cras\u00e9e, liquid\u00e9e, fusill\u00e9e, nous qui avions tant raison du c\u00f4t\u00e9 lib\u00e9ral-antifasciste. C&rsquo;est la th\u00e8se des intellos Rive-Gauche dont on a un excellent \u00e9cho dans notre in\u00e9vitable journal de r\u00e9f\u00e9rence (<em>Le Monde<\/em>).<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t La crise postcommuniste, dangereuse, terriblement perverse. Les soubresauts de l&rsquo;hydre communiste qui fait peur aux vieux g\u00e9n\u00e9raux en retraite qui ont des insomnies, qu&rsquo;on n&rsquo;a pas assez liquid\u00e9e, purg\u00e9e, \u00e9cart\u00e9e, chass\u00e9e, nous qui avions tant raison du c\u00f4t\u00e9 lib\u00e9ral-anticommuniste. C&rsquo;est plut\u00f4t le r\u00e9flexe anglo-saxon, bien visible dans le <em>Times<\/em> de Londres, appartenant \u00e0 monsieur Rupert Murdoch.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t  Tout cela permet d&rsquo;\u00e9pargner \u00e0 notre syst\u00e8me une critique fondamentale directe. Il s&rsquo;agit du constat \u00e9vident que le mensonge comme forme de gouvernement est la <strong>seule<\/strong> chose que nous ayons \u00e0 offrir en fait de bonne gouvernance au peuple et que cela peut conduire \u00e0 un soul\u00e8vement du peuple.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tLe probl\u00e8me dans ces hold-up est qu&rsquo;ils ne sont pas fond\u00e9s <strong>seulement<\/strong> sur des mensonges. L&rsquo;extr\u00eame droite existe, et la tentation populiste, et le fascisme fut ce qu&rsquo;il a \u00e9t\u00e9. Les ex-communistes sont partout au pouvoir dans les pays de l&rsquo;Est et l&rsquo;insurrection de Budapest de 1956 fut r\u00e9ellement un acte sublime d&rsquo;h\u00e9ro\u00efsme contre la barbarie bureaucratique et m\u00e9canis\u00e9e, version communiste de la crise moderne.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tLes hold-up sont dans l&rsquo;interpr\u00e9tation, la tromperie fondamentale de la raison pervertie, l&rsquo;inf\u00e9condit\u00e9 de l&rsquo;esprit enferm\u00e9 dans sa prison conformiste. Cette tromperie n&rsquo;a <strong>qu&rsquo;un seul<\/strong> but : prot\u00e9ger, justifier et badigeonner de vertu le r\u00e9gime que nous nous imposons \u00e0 nous-m\u00eames.<\/p>\n<h3>L&rsquo;hydre fasciste<\/h3>\n<\/p>\n<p><p>\tLes inqui\u00e9tudes bienpensantes et antifascistes sont toutes pr\u00e9sentes, d\u00e9crites avec la mesure et la componction qu&rsquo;il faut, mais aussi l&rsquo;inqui\u00e9tude de bon aloi et une vigilance dont on leur sait gr\u00e9. <\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tL&rsquo;\u00e9dito du <em>Monde<\/em> du <a href=\"http:\/\/www.lemonde.fr\/web\/article\/0,1-0@2-3232,36-814808@51-814354,0.html\" class=\"gen\">21 septembre<\/a> fait l&rsquo;affaire :<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t\u00ab<em>Une inqui\u00e9tude latente existait dans l&rsquo;Union europ\u00e9enne sur la stabilit\u00e9 politique de ses nouveaux membres entr\u00e9s le 1er mai 2004. Des tendances nationalistes, populistes, x\u00e9nophobes ou irr\u00e9dentistes ne risquaient-elles pas de mettre en cause le processus d\u00e9mocratique et les r\u00e9formes \u00e9conomiques engag\u00e9es apr\u00e8s la chute du communisme?<\/em> ()<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t\u00bb<em>Mais la droite hongroise, avec son chef, Viktor Orban, \u00e0 plusieurs reprises au pouvoir au cours des quinze derni\u00e8res ann\u00e9es, a tendance \u00e0 flirter avec l&rsquo;extr\u00eame droite. Non seulement elle d\u00e9veloppe un programme d\u00e9magogique qui se propose de revenir sur les r\u00e9formes \u00e9conomiques, mais elle flatte les sentiments x\u00e9nophobes, alors que les tensions s&rsquo;accroissent dans la Slovaquie voisine entre les Slovaques et la minorit\u00e9 hongroise, \u00e0 cause de la politique du gouvernement rouge-brun de Bratislava. Au moment o\u00f9 elle s&rsquo;appr\u00eate \u00e0 c\u00e9l\u00e9brer le cinquantenaire de la r\u00e9volution de 1956, la Hongrie entre dans une zone de turbulences.<\/em>\u00bb<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tLes commentaires sont accompagn\u00e9s des g\u00e9missements habituels sur ce que tous ces \u00e9v\u00e9nements font de tort \u00e0 l&rsquo;Europe, ou sur le mal-fond\u00e9 des accusations lanc\u00e9es contre l&rsquo;Europe \u00e0 l&rsquo;occasion de ces \u00e9v\u00e9nements. Un peu d&rsquo;ironie ne leur ferait pas de tort, \u00e0 propos de la \u00ab<em>zone de turbulences<\/em>\u00bb. Qui ne se souvient des ann\u00e9es 1989-94 et de la fi\u00e8vre qui marquait tous les commentaires sur l&rsquo;avenir des pays de l&rsquo;Europe de l&rsquo;Est lib\u00e9r\u00e9e du communisme, alors menac\u00e9s de \u00ab<em>tendances nationalistes, populistes, x\u00e9nophobes ou irr\u00e9dentistes<\/em>\u00bb: vite, vite, faisons-les entrer dans l&rsquo;UE et dans l&rsquo;OTAN, qui ont des structures garantissant enfin la paix et la stabilit\u00e9. Cela fut fait.<\/p>\n<h3>L&rsquo;hydre communiste<\/h3>\n<\/p>\n<p><p>\tLe texte du <em>Times<\/em>, comme d\u00e9j\u00e0 indiqu\u00e9, laisse filtrer clairement l&rsquo;impression que ce qui se passe aujourd&rsquo;hui est, au fond, la continuation de l&rsquo;h\u00e9ro\u00efque r\u00e9volte de 1956. Quelques banalit\u00e9s sur le devoir de m\u00e9moire, le deuil des morts, quelques solides allusions \u00e0 la tricherie et au mensonge communistes qui, au fait, ne feraient que se poursuivre. Voici l&rsquo;analyse de la <em>Goulash Revolution<\/em> servie fra\u00eeche. En ligne de fond, nous sommes implicitement avertis : le communisme est toujours l\u00e0, l\u00e9g\u00e8rement \u00e0 gauche de l&rsquo;hydre fasciste-version <em>Le Monde<\/em> et, au fond, pas si loin de l&rsquo;islamo-fascisme qui hante nos nuits sans sommeil.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tExtraits du <a href=\"http:\/\/www.timesonline.co.uk\/article\/0,,3-2367972,00.html\" class=\"gen\">jour<\/a> : <\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t\u00ab<em>Otto Gyepes still remembers when corpses rather than protest posters were dangling from the lampposts of Budapest. As Hungary&rsquo;s goulash revolt entered its fifth day yesterday and bandana-wearing youths prepared for another night of arson, the country was trying to break free from its memories of the incomparably more brutal suppression of a revolution 50 years ago.<\/em><\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t\u00bb<em>Hungary is in the grip of a kind of exorcism rather than a mere power struggle. There were terrible scenes then, said Mr Gyepes, who was a 24-year-old lorry driver when the Hungarians took to the streets against communism in 1956. There were burnt-out cars everywhere and burnt people, thousands of dead people.<\/em><\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t\u00bb<em>No comparison, then, with what is going on now  There is no bloody Soviet Army, that&rsquo;s the difference, he said. He shares with other Budapesters a sense of outrage, of betrayal by the political class: by its cynicism, open admission of trickery and the thin moral basis from which it demands financial sacrifice.<\/em><\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t\u00bb<em>The terror of 1956 still colours protest. My mother was scared about me coming here. It was the old fears rising up again, said Csilla N\u00e9meth, a 35-year-old teacher, speaking at a rally against the Government of Ferenc Gyurcs\u00e1ny, the Prime Minister, whose confession that he had lied to the electorate sparked off the protests.<\/em>\u00bb<\/p>\n<h3>Pour en terminer avec le mensonge<\/h3>\n<\/p>\n<p><p>\tLe commentaire de <a href=\"http:\/\/www.timesonline.co.uk\/article\/0,,6-2367561,00.html\" class=\"gen\">Adam LeBor<\/a>, sp\u00e9cialiste du <em>Times<\/em>, aujourd&rsquo;hui encore, nous dit notamment ceci (avec un soulign\u00e9 en gras de notre part) :<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t\u00ab<em>The<\/em> <strong><em>apparent cause<\/em><\/strong> <em>of the riots was the Prime Minister Ferenc Gyurcs\u00e1ny&rsquo;s revelations that the Socialist-led Government had lied morning, evening and night. The immediate reaction of most Hungarians was to wonder why he had left out the afternoons. But these are sensitive days as Hungary prepares to commemorate the 50th anniversary of the uprising.<\/em>\u00bb<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tLa cause apparente, les mensonges du gouvernement d\u00e9nonc\u00e9s par le premier menteur du gouvernement? Comment des plumes si r\u00e9put\u00e9es peuvent-elles \u00e9crire de telles sornettes sur le papier particuli\u00e8rement hupp\u00e9 du <em>Times<\/em>? C&rsquo;est ignorer quelques-unes des le\u00e7ons fondamentales de l&rsquo;Histoire,  notamment celle qu&rsquo;un peuple peut supporter beaucoup si ses dirigeants ne lui mentent pas et lui expliquent pourquoi il doit supporter beaucoup. Le mensonge, par contre, est quelque chose d&rsquo;insupportable, au point que ceux qui les prof\u00e8rent finissent parfois par en avoir <a href=\"http:\/\/www.dedefensa.org\/article.php?art_id=3172\" class=\"gen\">eux-m\u00eames<\/a> la naus\u00e9e.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tIl nous semble que les mensonges sont la cause exacte de la col\u00e8re. Ces mensonges sont rendus n\u00e9cessaires par les contraintes de notre syst\u00e8me, pas par les ombres enfuies du communisme ou par les fantasmes du populisme. C&rsquo;est un Jean-Claude Trichet qui d\u00e9clare \u00e0 des officiels europ\u00e9ens, \u00e0 un r\u00e9cent d\u00eener, qu&rsquo;aujourd&rsquo;hui \u00ab<em>il faut avoir le courage d&rsquo;aller contre la volont\u00e9 populaire<\/em>\u00bb si la th\u00e9orie et les statistiques du lib\u00e9ralisme l&rsquo;exigent ; par cons\u00e9quent, il faut mentir, toujours mentir et encore mentir, comme fait GW Bush ou Tony Blair, et d&rsquo;ailleurs pour \u00eatre \u00e9lu comme pour gouverner. Les plus habiles, les plus mirobolants croient eux-m\u00eames \u00e0 leurs mensonges et l&rsquo;on nomme cela : virtualisme.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tInutile d&rsquo;en appeler aux morts de Budapest de 1956, sinon pour rappeler \u00e0 leurs h\u00e9ritiers qu&rsquo;ils se pr\u00e9cipit\u00e8rent contre les T-34 de l&rsquo;Arm\u00e9e Rouge sur la promesse de Radio Free Europe-Radio Liberty (organismes d&rsquo;information financ\u00e9s par le d\u00e9partement d&rsquo;Etat) que les USA viendraient \u00e0 leur aide. Promesse non tenue, comme pr\u00e9vu ; attitude pas dissemblable, sinon en plus chic et en plus d\u00e9mocratique, que celle de Staline arr\u00eatant l&rsquo;Arm\u00e9e Rouge dans les faubourgs de Varsovie pendant que les SS massacraient la r\u00e9volte polonaise de l&rsquo;\u00e9t\u00e9 1944 qui esp\u00e9rait l&rsquo;aide de l&rsquo;Arm\u00e9e Rouge. On a les alli\u00e9s qu&rsquo;on peut.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tLes Staline et les communistes, il n&rsquo;y en a plus. Les Am\u00e9ricains, par contre, sont toujours l\u00e0, et bien l\u00e0, et le mensonge avec, qui n&rsquo;a pas vari\u00e9, qui s&rsquo;est m\u00eame bien am\u00e9lior\u00e9. La pratique d\u00e9mocratique du mensonge a remplac\u00e9 la pratique communiste du mensonge, et il n&rsquo;y a aucune surprise \u00e0 constater que les anciens cadres communistes des pays d&rsquo;Europe de l&rsquo;Est naviguent plein bord dans cette pratique. <\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tLes troubles en Hongrie? \u00ab[I]<em>t&rsquo;s only the hors d&rsquo;oeuvres<\/em>\u00bb, nous dit Le Bor. C&rsquo;est peut-\u00eatre exact, mais pas \u00e0 cause des m\u00e9chants ex-communistes ou des affreuses hydres populistes. A cause du mensonge, toujours le mensonge et encore le mensonge. Il n&rsquo;y a aucune sp\u00e9cificit\u00e9 hongroise ni ex-europ\u00e9enne de la chose. Il serait plus judicieux, pour y comprendre quelque chose, de placer les \u00e9meutes hongroises dans une cha\u00eene d&rsquo;\u00e9v\u00e9nements de r\u00e9voltes contre le syst\u00e8me, qui vont des gr\u00e8ves fran\u00e7aises de d\u00e9cembre 1995 \u00e0 l&rsquo;opposition populaire \u00e0 la guerre en Irak en f\u00e9vrier 2003, au non au r\u00e9f\u00e9rendum de 2005,  entre autres exemples divers.<\/p>\n<\/p>\n<p><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Double hold-up postmoderne 21 septembre 2006 Ainsi donc, une crise s&rsquo;est ouverte en Hongrie. Elle peut d&rsquo;autant plus s&rsquo;aggraver que notre besoin pathologique des comm\u00e9morations manipul\u00e9es, exister gr\u00e2ce \u00e0 un pass\u00e9 soigneusement s\u00e9lectionn\u00e9 et r\u00e9arrang\u00e9 puisque nous n&rsquo;existons que mensong\u00e8rement dans le pr\u00e9sent, nous conduit vers le 50\u00e8 anniversaire de l&rsquo;insurrection h\u00e9ro\u00efque de Budapest. 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