{"id":68048,"date":"2006-09-30T00:00:00","date_gmt":"2006-09-30T00:00:00","guid":{"rendered":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/2006\/09\/30\/apres-le-piege-afghan-le-piege-americain\/"},"modified":"2006-09-30T00:00:00","modified_gmt":"2006-09-30T00:00:00","slug":"apres-le-piege-afghan-le-piege-americain","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/2006\/09\/30\/apres-le-piege-afghan-le-piege-americain\/","title":{"rendered":"<strong><em>Apr\u00e8s le pi\u00e8ge afghan, le pi\u00e8ge am\u00e9ricain<\/em><\/strong>"},"content":{"rendered":"<p><h2 class=\"common-article\">Apr\u00e8s le pi\u00e8ge afghan, le pi\u00e8ge am\u00e9ricain<\/h2>\n<\/p>\n<p><\/p>\n<p><p>\t30 septembre 2006  Pouvait-on croire si bien dire, et si vite? Lorsqu&rsquo;un lapsus habilement m\u00e9nag\u00e9 nous <a href=\"http:\/\/www.dedefensa.org\/article.php?art_id=3208\" class=\"gen\">fait \u00e9crire<\/a> : \u00ab<em>Tandis que se referment sur l&rsquo;OTAN les m\u00e2choires du pi\u00e8ge am\u00e9ricain  pardon, du pi\u00e8ge afghan<\/em>\u00bb<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tLe cas, la manoeuvre est simple, apr\u00e8s tout  comment ne l&rsquo;avions-nous pas devin\u00e9e? (D&rsquo;ailleurs, c&rsquo;est aussi bien une \u00e9vidence et une fatalit\u00e9 qu&rsquo;une \u00e9ventuelle manuvre.)<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tCeci, de nos sources internes :<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t\u00ab<em>A four-star American general will take charge of both U.S. and NATO forces in Afghanistan in February, boosting the stature of the military mission in the fractured country and unifying an international command struggling to contain a resurgent Taliban militia. Provided he is confirmed by the U.S. Senate, U.S. Army Gen. Dan K. McNeil will take over command of NATO&rsquo;s International Security Assistance Force in Afghanistan currently headed by British Army three-star, Lt. Gen. David Richards, ISAF spokesman Maj. Luke Knittig said Tuesday. It speaks volumes to the attention that Afghanistan will continue to receive, said Knittig, a U.S. Army officer.<\/em><\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t\u00bb<em> McNeil, 60, who now heads the Atlanta-based U.S. Army Forces Command, will be the top foreign commander in Afghanistan. His arrival will unify separate leadership of U.S.-led coalition forces, headed by U.S. Army Lt. Gen. Karl Eikenberry, and international troops now operating under the North Atlantic Treaty Organization, Knittig said. McNeil&rsquo;s appointment was approved Sept. 22 after consultation with NATO Secretary General Jaap de Hoop Scheffer, Knittig said.<\/em>\u00bb<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tLa manuvre est simple, effectivement. Elle pourrait s&rsquo;apparenter au recyclage, au blanchiment de l&rsquo;argent sale ; ou comment faire en sorte de faire dispara\u00eetre la pr\u00e9sence US en Afghanistan, la faire remplacer par l&rsquo;OTAN  pour la raison qu&rsquo;on a vue expos\u00e9e <a href=\"http:\/\/www.dedefensa.org\/article.php?art_id=3208\" class=\"gen\">hier<\/a> : m\u00e9nager les nerfs fragiles des \u00e9lecteurs am\u00e9ricanistes ; ensuite, r\u00e9cup\u00e9rer le tout (le contingent OTAN) sous commandement am\u00e9ricain, tout en restant OTAN, donc en ne troublant pas le sommeil de l&rsquo;\u00e9lecteur US moyen.<\/p>\n<h3>Description du pi\u00e8ge US<\/h3>\n<\/p>\n<p><p>\tL&rsquo;op\u00e9ration de l&rsquo;OTAN en Afghanistan (sous le sigle ISAF pour International Security Assistance Force) a \u00e9t\u00e9 engag\u00e9e selon l&rsquo;id\u00e9e qu&rsquo;il s&rsquo;agissait d&rsquo;une mission diff\u00e9rente de celle que poursuivent les forces am\u00e9ricaines depuis 2001. L&rsquo;OTAN poursuivait la mission de l&rsquo;Union europ\u00e9enne, engag\u00e9e en Afghanistan pour une t\u00e2che de reconstruction, ce qu&rsquo;on nomme en jargon internationaliste actuel du <em>peace making<\/em>. Dans un tel cadre, les engagements militaires, les affrontements, s&rsquo;ils peuvent appara\u00eetre in\u00e9vitables, ne sont que circonstanciels ; il faut s&rsquo;y appr\u00eater mais ils ne constituent \u00e9videmment pas l&rsquo;essentiel de la mission.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tLa m\u00eame <em>narrative<\/em> de l&rsquo;intervention occidentale en Afghanistan impliquait que les forces US poursuivaient et achevaient de leur c\u00f4t\u00e9 la t\u00e2che guerri\u00e8re entreprise en novembre 2001, d&rsquo;\u00e9radiquer compl\u00e8tement les forces adverses, aussi bien ce qu&rsquo;il restait des talibans que des organisations terroristes. Il s&rsquo;agissait d&rsquo;une mission compl\u00e8tement diff\u00e9renci\u00e9e de celle de l&rsquo;UE reprise par l&rsquo;OTAN. La diff\u00e9renciation entre forces US et forces occidentales non-US avait un sens autre que celui, pol\u00e9mique, qu&rsquo;on constate habituellement (essentiellement, la volont\u00e9 am\u00e9ricaniste des USA de conserver leur autonomie \u00e0 leurs forces ou bien la crainte de certains alli\u00e9s de passer sous le contr\u00f4le des US).  Elle correspondait r\u00e9ellement \u00e0 une diff\u00e9rence des missions.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tCe qui se passe actuellement est compl\u00e8tement diff\u00e9rent, plus encore avec l&rsquo;annonce qu&rsquo;un g\u00e9n\u00e9ral am\u00e9ricain va reprendre le commandement de l&rsquo;ISAF. Il s&rsquo;agit d&rsquo;une d\u00e9naturation compl\u00e8te de la mission de l&rsquo;OTAN.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t  La d\u00e9cision d&rsquo;int\u00e9grer les forces US dans le contingent OTAN et de les faire passer sous commandement OTAN m\u00e9lange en une seule mission les deux missions fondamentalement diff\u00e9rentes qu&rsquo;on a rapidement d\u00e9crites ci-dessus. L&rsquo;une prendra le pas sur l&rsquo;autre ; on devine laquelle puisque la mission de <em>peace-making<\/em>, sous la contrainte des \u00e9v\u00e9nements impr\u00e9vus, est devenue une mission de guerre.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t  Cette d\u00e9cision d&rsquo;int\u00e9gration US-ISAF est en soi rationnelle, mais d&rsquo;une rationalit\u00e9 impos\u00e9e par une situation dont les Occidentaux ont perdu le contr\u00f4le. Il va de soi que la mission de l&rsquo;ISAF impliquait un certain degr\u00e9 d&rsquo;apaisement de la situation sur le terrain, un degr\u00e9 certain d&rsquo;avancement de l&rsquo;\u00e9radication des forces hostiles n\u00e9cessaire au lancement de l&rsquo;op\u00e9ration de <em>peace-making<\/em>. Les derni\u00e8res semaines ont montr\u00e9 qu&rsquo;il n&rsquo;en \u00e9tait rien, que la situation aujourd&rsquo;hui est pire qu&rsquo;elle n&rsquo;a jamais \u00e9t\u00e9 pour les Occidentaux depuis le d\u00e9but de leur intervention (octobre 2001) en Afghanistan.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t  Dans ce contexte, il n&rsquo;y avait plus aucune raison de garder s\u00e9par\u00e9es les forces de l&rsquo;ISAF et les forces US. La coordination et l&rsquo;int\u00e9gration s&rsquo;imposaient. D&rsquo;autre part, l&rsquo;int\u00e9gration d&rsquo;un contingent si important des forces US (le contingent US devient le premier contingent national de l&rsquo;ISAF d\u00e8s lors qu&rsquo;il y est int\u00e9gr\u00e9) conduisait naturellement \u00e0 l&rsquo;exigence US d&rsquo;avoir le commandement de l&rsquo;ISAF une fois termin\u00e9 le temps de commandement de l&rsquo;actuel commandant de l&rsquo;ISAF, le g\u00e9n\u00e9ral britannique Richards. Ce sera chose faite avec le g\u00e9n\u00e9ral US McNeill.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t  Le r\u00e9sultat est que nous n&rsquo;aurons, \u00e0 partir de f\u00e9vrier 2007, plus rien de la mission initiale de l&rsquo;ISAF (mission UE devenue mission OTAN). Nous aurons <em>de facto<\/em> une de ces missions <em>ad hoc<\/em>, dites \u00e9galement <em>coalition of the willings<\/em> (selon le terme affectionn\u00e9 par Rumsfeld), organis\u00e9es sous le contr\u00f4le et selon les objectifs des Am\u00e9ricains, imposant aux autres leur contr\u00f4le et leurs objectifs.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t  Les pays non-US de l&rsquo;OTAN auront donc perdu le sens initial de la mission qu&rsquo;ils avaient accept\u00e9 de remplir. Ils sont d\u00e9sormais engag\u00e9s dans une simple op\u00e9ration de guerre qui va tr\u00e8s rapidement devenir compl\u00e8tement am\u00e9ricaniste. Le sch\u00e9ma afghan est devenu enti\u00e8rement conforme au sch\u00e9ma irakien. Plus rien ne l&rsquo;en diff\u00e9rencie. Est-ce ce qu&rsquo;ils avaient pr\u00e9vu et accept\u00e9 au d\u00e9part ? Absolument pas. C&rsquo;est l\u00e0 un grave motif de pr\u00e9occupation pour l&rsquo;avenir, notamment quant aux craintes des opinions publiques europ\u00e9ennes par rapport aux engagements des pays qui participent \u00e0 l&rsquo;ISAF.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t  Pour ce qui concerne les Etats-Unis, nous confirmons l&rsquo;interpr\u00e9tation que nous en donnions hier. Avec cette \u00e9volution de la semaine qui vient de se d\u00e9rouler, ils ont r\u00e9ussi \u00e0 otaniser une mission US en Afghanistan qui \u00e9tait de plus en plus identifi\u00e9e \u00e0 la catastrophe militaire en cours en Afghanistan. La perspective d&rsquo;ajouter la catastrophe militaire afghane \u00e0 la catastrophe militaire irakienne \u00e9tait insupportable pour l&rsquo;administration GW Bush et l&rsquo;<em>establishment<\/em> US \u00e9galement aux abois sur ces questions. En otanisant le tout, y compris la mission US, l&rsquo;image d&rsquo;une guerre am\u00e9ricaniste catastrophique de plus tend \u00e0 dispara\u00eetre de la rh\u00e9torique \u00e9lectoraliste simpliste qui gouverne la vie politique aux USA. La reprise en main de l&rsquo;ISAF par le g\u00e9n\u00e9ral de l&rsquo;U.S. Army McNeill ach\u00e8ve la substitution dans les meilleurs termes possibles pour les int\u00e9r\u00eats US. La remarque vaniteuse du <em>Daily Telegraph<\/em> d&rsquo;hier (\u00ab<em>The move will place US troops in eastern Afghanistan under the command of a British officer, Lt Gen David Richards  the largest number to be under foreign command since the Second World War<\/em>\u00bb) appara\u00eet donc pour ce qu&rsquo;elle est : pure vanit\u00e9, soulignant une sottise de plus dans une politique britannique aveugle et corrompue, avec les Britanniques en Afghanistan dans les m\u00eames  conditions qu&rsquo;ils connaissent en Irak (un fort contingent qui devient un instrument \u00e0 disposition des Am\u00e9ricains, les suppl\u00e9tifs \u00e0 la disposition des US et rien d&rsquo;autre). Le mot cocu a une fois de plus toute sa place.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tToute cette cuisine interne n&rsquo;est encore rien. Nous allons avoir les \u00e9v\u00e9nements sur le terrain, sous la direction calamiteuse des USA, accumulant erreurs et brutalit\u00e9s qui ne semblent que les seules caract\u00e9ristiques possibles de leur art militaire. La situation va empirer. Cette fois, les Am\u00e9ricains ont leur bouc-\u00e9missaire tout trouv\u00e9 : ce n&rsquo;est pas eux, c&rsquo;est l&rsquo;OTAN (l&rsquo;ISAF), m\u00eame s&rsquo;ils la manipulent de fond en comble ; les coupables sont donc les autres puisque par d\u00e9finition ce ne peut \u00eatre les USA ; les autres, les pays OTAN non-US engag\u00e9s, qui vont \u00eatre accus\u00e9s, manipul\u00e9s, etc., pour des int\u00e9r\u00eats US en g\u00e9n\u00e9ral int\u00e9rieurs, \u00e9lectoraux et correspondant aux diff\u00e9rents pouvoirs qui se d\u00e9chirent \u00e0 Washington.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tCette fois, oui, l&rsquo;OTAN est en premi\u00e8re ligne. Elle court le risque consid\u00e9rable de dissensions entre alli\u00e9s, sous la pression \u00e0 la fois des \u00e9v\u00e9nements et des pressions US, pouvant conduire \u00e0 une gravissime mise en cause de l&rsquo;unit\u00e9 de l&rsquo;OTAN. Cette fois, sans aucun doute, l&rsquo;OTAN est devant le risque supr\u00eame.<\/p>\n<\/p>\n<p><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Apr\u00e8s le pi\u00e8ge afghan, le pi\u00e8ge am\u00e9ricain 30 septembre 2006 Pouvait-on croire si bien dire, et si vite? Lorsqu&rsquo;un lapsus habilement m\u00e9nag\u00e9 nous fait \u00e9crire : \u00abTandis que se referment sur l&rsquo;OTAN les m\u00e2choires du pi\u00e8ge am\u00e9ricain pardon, du pi\u00e8ge afghan\u00bb Le cas, la manoeuvre est simple, apr\u00e8s tout comment ne l&rsquo;avions-nous pas devin\u00e9e? 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