{"id":68051,"date":"2006-09-30T00:00:00","date_gmt":"2006-09-30T00:00:00","guid":{"rendered":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/2006\/09\/30\/le-princeton-project-ou-lair-martial-du-bon-vieux-temps\/"},"modified":"2006-09-30T00:00:00","modified_gmt":"2006-09-30T00:00:00","slug":"le-princeton-project-ou-lair-martial-du-bon-vieux-temps","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/2006\/09\/30\/le-princeton-project-ou-lair-martial-du-bon-vieux-temps\/","title":{"rendered":"Le Princeton Project, ou l&rsquo;air martial du bon vieux temps"},"content":{"rendered":"<p><h2 class=\"common-article\">Le Princeton Project, ou l&rsquo;air martial du bon vieux temps<\/h2>\n<\/p>\n<p><p>\tVoici l&rsquo;effort majeur pour tenter de sauver l&rsquo;h\u00e9ritage g\u00e9n\u00e9ral de la puissance am\u00e9ricaniste et de son syst\u00e8me d&rsquo;influence dans le monde. Il s&rsquo;agit du Princeton Project, pr\u00e9sent\u00e9 le 26 septembre.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t  C&rsquo;est un effort massif de tout l&rsquo;<em>establishment<\/em> US, l&rsquo;appareil acad\u00e9mique li\u00e9 au syst\u00e8me de s\u00e9curit\u00e9 nationale, avec des appoints de la finance, du <em>Corporate Power<\/em> et des militaires.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t  Le Princeton Project rassemble une myriade d&rsquo;instituts travaillant sur ce projet depuis plus de deux ans, avec une autre myriade de participants ratiss\u00e9s tr\u00e8s large. C&rsquo;est en effet ratisser large que rassembler dans la m\u00eame \u00e9quipe (plus de 400 experts) de consultants, Charles Krauthammer du Washington <em>Post<\/em>,  <\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tWilliam Kristol du <em>Weekly Standard<\/em>, Paul Krugman du New York <em>Times<\/em> et de la Woodrow Wilson School of Public and International Affairs, et Charles A. Kupchan du Council on Foreign Relations et de Georgetown University.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t  Le Princeton Project est une tentative de lancer un projet global structurant qui redonne des couleurs convenables \u00e0 l&rsquo;am\u00e9ricanisme et stoppe l&rsquo;actuel mouvement de d\u00e9sint\u00e9gration du syst\u00e8me. Le projet va \u00eatre balad\u00e9 dans les prochains mois un peu partout dans le monde pour rameuter les soutiens.<\/p>\n<h3>Un projet pour le XXI\u00e8me si\u00e8cle et pour le monde<\/h3>\n<\/p>\n<p><p>\tJim Lobe pr\u00e9sente succinctement, sur   <a href=\"http:\/\/atimes.com\/atimes\/Front_Page\/HI29Aa01.html\" class=\"gen\">Atimes.com<\/a>, le Princeton Project. (Par ailleurs, le Princeton Project dispose de son <a href=\"http:\/\/www.wws.princeton.edu\/ppns\/\" class=\"gen\">site propre<\/a>, sur lequel le <a href=\"http:\/\/www.wws.princeton.edu\/ppns\/report\/FinalReport.pdf\" class=\"gen\">principal rapport<\/a> du groupe est disponible. Le programme est tout entier dans son titre : <em>Forging a world of liberty under law  U.S. National Security in the 21st Century<\/em>.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tLobe : \u00ab<em>After two years of consultations with more than 400 members of the US foreign-policy elite, a project headed by two leading international-relations academics is calling for the adoption of a new grand strategy designed to address multiple threats and strengthen Washington&rsquo;s commitment to a reformed and reinvigorated multilateral order.<\/em><\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t\u00bb<em>In a wide-ranging report released in Washington on Wednesday, the project suggested that the policies pursued by President George W Bush since September 11, 2001, had been simplistic  even counter-productive  for the challenges facing the United States in the 21st century.<\/em> <\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t\u00bb<em>To be effective, according to the report, US policy needed to rely less on military power and more on other tools of diplomacy; less on its own strength exercised unilaterally and more on cooperation with other democratic states; and less on rapid democratization based on popular elections and more on building what it called popular, accountable, rights-regarding [PAR] governments.<\/em> <\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t\u00bb<em>The report also calls for performing radical surgery on the international institutions created in the aftermath of World War II, including significantly increasing membership in the United Nations Security Council and developing a Concert of Democracies that would provide an alternative forum for collective action, including the use of force.<\/em>\u00bb <\/p>\n<h3>Un projet Bush <em>light<\/em><\/h3>\n<\/p>\n<p><p>\tQuel est le contenu du Princeton Project? Pour le d\u00e9finir, on dirait que c&rsquo;est du Bush <em>light<\/em>, comme il y a du Coca <em>light<\/em>.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t  Certes, on garde la strat\u00e9gie des frappes pr\u00e9ventives mais vraiment sans exag\u00e9rer n&rsquo;est-ce pas, et avec du renseignement moral pour la justifier. (\u00ab<em>While endorsing Bush&rsquo;s position that preventive strikes represent a necessary tool in fighting terror networks &#8230; they should be proportionate and based on intelligence that adheres to strict standards.<\/em>\u00bb)<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t  D&rsquo;accord, on peut attaquer d&rsquo;autres pays mais avec mod\u00e9ration et avec le soutien international qui va bien  (\u00ab<em>Similarly, the preventive use of force against states should be very rare, employed only as a last resort and authorized by a multilateral institution  preferably a reformed Security Council.<\/em>\u00bb) <\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t  Bien entendu, on continue \u00e0 chanter la d\u00e9mocratie partout mais d&rsquo;une fa\u00e7on plus mesur\u00e9e, c&rsquo;est-\u00e0-dire une d\u00e9mocratie qui nous donnerait des r\u00e9sultats plus mall\u00e9ables que, par exemple, le Hamas chez les Palestiniens,  et ainsi la d\u00e9mocratie devint-elle PAR (\u00ab<em>US policy needed to rely<\/em> [] <em>less on rapid democratization based on popular elections and more on building what it called popular, accountable, rights-regarding [PAR] governments.<\/em>\u00bb)<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t  On continue la guerre contre la terreur mais en la d\u00e9gradant, en abandonnant les pompeuses \u00e9tiquettes qui font d\u00e9sordre et, il faut bien le dire, rendent difficiles le ralliement des amis et les relations,  une id\u00e9e  remarquablement bien dans <a href=\"http:\/\/www.dedefensa.org\/article.php?art_id=3135\" class=\"gen\">l&rsquo;air du temps<\/a>. (\u00ab<em>The report also assails administration efforts at framing the struggle against terrorism as a war similar to World War II or the Cold War because it lends legitimacy and respect to an enemy that deserves neither; the result is to strengthen, not degrade our adversary. Instead of a global war on terror, Washington should employ a global counterinsurgency strategy that focuses on global law enforcement, intelligence and special operations.<\/em>\u00bb) <\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tD&rsquo;autre part, on r\u00e9forme radicalement (<em>radical surgery<\/em>) toutes les institutions internationales pour les faire correspondre au monde nouveau qui est en train de na\u00eetre.  On d\u00e9veloppe un nouveau Conseil de S\u00e9curit\u00e9, avec beaucoup, beaucoup plus de membres-veto, on d\u00e9veloppe \u00ab<em>a Concert of Democracies that would provide an alternative forum for collective action, including the use of force.<\/em>\u00bb Sur la question de l&rsquo;usage de cette force justement, on en fera usage, certes, mais plus mod\u00e9r\u00e9ment, et y m\u00e9langeant ce que les Am\u00e9ricains nomment du <em>soft power<\/em><\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tVeut-on des id\u00e9es plus pr\u00e9cises ? On les a. Washington, bien s\u00fbr, doit prendre la t\u00eate (<em>take the lead<\/em>) du probl\u00e8me isra\u00e9lo-palestinien, pour le r\u00e9gler d&rsquo;une mani\u00e8re \u00e9quitable et \u00e0 la satisfaction de tous ; sur l&rsquo;Iran, tout doit s&rsquo;arranger puisque les USA donneraient leur garantie de s\u00e9curit\u00e9 \u00e0 l&rsquo;Iran et l&rsquo;Iran abandonnerait ses projets nucl\u00e9aires ; plus question de contenir agressivement la Chine mais lui permettre de \u00ab<em>r\u00e9aliser ses ambitions l\u00e9gitimes \u00e0 l&rsquo;int\u00e9rieur de la communaut\u00e9 internationale<\/em>\u00bb.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tEt ainsi de suite. Rien ne manque et le monde baigne dans une atmosph\u00e8re rose-bonbon. C&rsquo;est un projet \u00e0 la fois internationaliste, n\u00e9o-wilsonien mais pas trop, avec les alli\u00e9s d\u00fbment consult\u00e9s, embrigad\u00e9s avec politesse et invit\u00e9s tr\u00e8s aimablement \u00e0 former les rangs sans tout de m\u00eame faire trop de chahut. <\/p>\n<h3>Le pyromane et\/est le pompier indispensable<\/h3>\n<\/p>\n<p><p>\tOn se permettra de pr\u00e9senter notre commentaire g\u00e9n\u00e9ral sur cette proposition avec l&rsquo;\u00e9nonc\u00e9 de quelques paradoxes.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tParadoxes? Voil\u00e0 ce pays qui, depuis 1945, assure la ma\u00eetrise du monde : qui, depuis 1945, a pr\u00e9sid\u00e9 aux principales entreprises de d\u00e9structuration de l&rsquo;ordre du monde (\u00e0 son profit, naturellement), y compris la d\u00e9structuration des syst\u00e8mes qu&rsquo;il avait lui-m\u00eame institu\u00e9s au d\u00e9part de la p\u00e9riode (ONU, Bretton Woods) ; qui, depuis 1945, a aliment\u00e9 une course aux armements et la prolif\u00e9ration des armements \u00e0 une \u00e9chelle sans pr\u00e9c\u00e9dent ; qui, depuis 1945, a lanc\u00e9 une campagne de d\u00e9culturation du reste du monde au profit de la culture am\u00e9ricaniste r\u00e9duite aux profits et aux loisirs nivel\u00e9s au plus bas ; qui, depuis le 11 septembre 2001, a acc\u00e9l\u00e9r\u00e9 jusqu&rsquo;\u00e0 l&rsquo;inimaginable ce rythme de d\u00e9structuration du monde en y ajoutant les campagnes de destruction syst\u00e9matique et violente, dans une atmosph\u00e8re d&rsquo;unanimisme patriotard de sa direction, toutes tendances confondues,  voil\u00e0 donc le pays qui se pr\u00e9sente en sauveur restructurant du monde, avec un projet peaufin\u00e9, chiad\u00e9, ruisselant du luxe et des largesses des \u00e9tablissements universitaires am\u00e9ricanistes, et qui entend organiser le monde dans la stabilit\u00e9, l&rsquo;ordre et la loi.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tLe pyromane se pr\u00e9sente comme le pompier principal, voire le pompier indispensable (comme pourrait dire Madeleine Albright). Le pays qui ne cesse depuis 2001 de violer toutes les lois internationales qui passent \u00e0 port\u00e9e de missile se pr\u00e9sente avec un projet fond\u00e9 sur la loi internationale pour restaurer l&rsquo;ordre mondial.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tSi Washington est conscient d&rsquo;avoir un probl\u00e8me, Washington continue \u00e0 ne douter de rien quant \u00e0 sa capacit\u00e9 de l&rsquo;\u00e9craser comme les Am\u00e9ricanistes ont pris l&rsquo;habitude de faire (R\u00e9plique fameuse du g\u00e9n\u00e9ral US : \u00ab<em>En Am\u00e9rique, on ne r\u00e9sout pas les probl\u00e8mes, on les \u00e9crase<\/em>\u00bb). Par-dessus tout, Washington ne doute certainement pas une seule seconde que tout le monde suive la consigne g\u00e9n\u00e9rale de ne pas mettre une seule seconde en doute la capacit\u00e9 de Washington \u00e0 restaurer l&rsquo;ordre et le r\u00e8gne de la loi pour le reste du monde.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tOn peut \u00e9tudier si l&rsquo;on veut le contenu id\u00e9ologique et intellectuel du Princeton Project ; on peut d&rsquo;ores et d\u00e9j\u00e0 \u00eatre s\u00fbr qu&rsquo;il est marqu\u00e9 par le r\u00e8gne de la psychologie de l&rsquo;<a href=\"http:\/\/www.dedefensa.org\/article.php?art_id=2679\" class=\"gen\">inculpabilit\u00e9<\/a>.<\/p>\n<h3>Du temps o\u00f9 l&rsquo;Am\u00e9rique \u00e9tait aim\u00e9e<\/h3>\n<\/p>\n<p><p>\tUn autre paradoxe de ce rapport, \u00e9galement n\u00e9 de cette m\u00eame tendance \u00e0 l&rsquo;inculpabilit\u00e9, est qu&rsquo;on y trouve un long d\u00e9veloppement sur l&rsquo;anti-am\u00e9ricanisme, dont on nous rappelle qu&rsquo;il est \u00e9crasant depuis 2001. On conna\u00eet par ailleurs, les donn\u00e9es, les causes, les tendances de cette \u00e9volution.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tAinsi appara\u00eet-il paradoxal que ce pays, qui est \u00e9videmment aujourd&rsquo;hui le plus ha\u00ef du monde, pr\u00e9sente un plan si ambitieux tout entier bas\u00e9 sur une capacit\u00e9 d&rsquo;influence suppos\u00e9e irr\u00e9sistible. Peut-\u00eatre les Am\u00e9ricains, qui ont l&rsquo;habitude de recevoir des r\u00e9ponses positives \u00e0 l&rsquo;OTAN ou \u00e0 l&rsquo;ONU lorsqu&rsquo;ils sollicitent le soutien d&rsquo;un petit pays, concluent-ils \u00e0 la persistance  de leur capacit\u00e9 d&rsquo;influence ing\u00e9nue et non int\u00e9ress\u00e9e? L\u00e0 aussi, inculpabilit\u00e9 entre leurs pratiques av\u00e9r\u00e9es et les conclusions ang\u00e9liques et auto-promotionnelles qu&rsquo;ils en tirent.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t(Dans <em>Le Monde<\/em> du 28 septembre, Paul Kennedy rapporte un compte rendu du <em>Financial Times<\/em> du 31 ao\u00fbt. \u00ab<em>Il s&rsquo;agit du compte rendu d&rsquo;une \u00e9tude extr\u00eamement d\u00e9taill\u00e9e de deux \u00e9conomistes d&rsquo;Harvard, Ilyana Kuziemko et Eric Werker, intitul\u00e9e : Combien vaut un si\u00e8ge au Conseil de s\u00e9curit\u00e9? Aide \u00e9trang\u00e8re et corruption aux Nations Unies. On y d\u00e9couvre que quand un pays pauvre a la chance d&rsquo;obtenir un si\u00e8ge de deux ans au Conseil de s\u00e9curit\u00e9, c&rsquo;est comme s&rsquo;il gagnait \u00e0 la loterie : l&rsquo;aide au d\u00e9veloppement qu&rsquo;il re\u00e7oit des Etats-Unis augmente d&rsquo;un coup, de 59% en moyenne. Mais d\u00e8s que son mandat touche \u00e0 son terme, le niveau de l&rsquo;aide revient \u00e0 son point de d\u00e9part. Les auteurs examinent diff\u00e9rentes hypoth\u00e8ses pour expliquer ces variations, mais ils concluent que les \u00e9l\u00e9ments jouent bien plus en faveur de l&rsquo;hypoth\u00e8se de la corruption que&#8230; des autres hypoth\u00e8ses.<\/em>\u00bb)<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tLa v\u00e9rit\u00e9 est que les USA peuvent encore intervenir sur des situations de conjoncture, sur des coups, gr\u00e2ce \u00e0 ce qu&rsquo;il leur reste de puissance corruptrice et selon l&rsquo;argument de la seule pression de la corruption. Pour ce qui est de cette influence structurelle de prestige et de r\u00e9f\u00e9rence qui exista r\u00e9ellement et forma l&rsquo;essentiel de leur puissance dans les ann\u00e9es de Guerre froide, les choses ont radicalement chang\u00e9. Le Princeton Project ne tient aucun compte de cette \u00e9volution.<\/p>\n<h3>Du temps o\u00f9 l&rsquo;Am\u00e9rique \u00e9tait l&rsquo;hyperpuissance bienveillante <\/h3>\n<\/p>\n<p><p>\tPlus encore : tout se passe, en lisant le Princeton  Project, comme si l&rsquo;Am\u00e9rique avait le m\u00eame statut de puissance aujourd&rsquo;hui qu&rsquo;elle avait en 2002. L\u00e0 aussi subsiste un mythe, celui de la puissance militaire am\u00e9ricaniste, bien entendu pr\u00e9sent\u00e9e en version Bush <em>light<\/em>, c&rsquo;est-\u00e0-dire selon l&rsquo;id\u00e9e d&rsquo;une <em>benevolent power<\/em>. Quand l&rsquo;on sait que c&rsquo;\u00e9tait un des arguments de campagne de GW Bush (plus d&rsquo;humilit\u00e9 dans la puissance, un <em>compassionate conservative<\/em>)&#8230;<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tIl s&rsquo;agit d&rsquo;une resuc\u00e9e des arguments de l&rsquo;\u00e9poque Clinton sur l&rsquo;hyperpuissance sage et mesur\u00e9e. La sagesse et la mesure ont disparu depuis le 11 septembre 2001,  dans tous les cas la pr\u00e9tention \u00e0 la sagesse et \u00e0 la mesure, car l&rsquo;on peut douter \u00e9galement qu&rsquo;elles aient jamais exist\u00e9. Pire encore : la puissance dans son caract\u00e8re irr\u00e9sistible et ind\u00e9niable a \u00e9galement disparu dans les chaudrons bouillonnants de l&rsquo;Irak et de l&rsquo;Afghanistan (et indirectement, avec <em>Tsahal<\/em> am\u00e9ricanis\u00e9e face au Hezbollah).<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tL\u00e0 encore, l&rsquo;impression est que le Princeton Project se trompe d&rsquo;\u00e9poque.<\/p>\n<h3>Faire du pseudo-neuf avec le bon vieux temps<\/h3>\n<\/p>\n<p><p>\tPlus encore (suite) Effectivement, c&rsquo;est l&rsquo;impression puissante qui en ressort : le Princeton Project pourrait avoir \u00e9t\u00e9 r\u00e9dig\u00e9 <em>in illo tempore<\/em>. C&rsquo;est une proposition d&rsquo;un autre temps. Il aurait pu \u00eatre \u00e9crit en 1945, en 1946 ou en 1947 Mais en 2006?<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tLe Princeton Project, ce projet pour une refondation de la domination habile et \u00e9vidente de la puissance US sur un monde fa\u00e7onn\u00e9 \u00e0 l&rsquo;image de ce qu&rsquo;\u00e9tait l&rsquo;Am\u00e9rique avant 9\/11, avant Clinton, avant la chute du mur, voire avant le Viet-n\u00e2m, est d&rsquo;abord un puissant et richissime exercice en nostalgie.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tLes r\u00e9f\u00e9rences au pass\u00e9 ne manquent pas, on dirait <em>de facto<\/em>.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t  La pr\u00e9sence des \u00e9l\u00e9phants du bon vieux temps qu&rsquo;on a signal\u00e9e, mais aussi l&rsquo;influence du couple Shultz-Rohatyn, que <a href=\"http:\/\/www.larouchepub.com\/other\/2006\/3329dlc_truman.html\" class=\"gen\">certains<\/a> accusent de vouloir ressusciter le mouvement de la Synarchie mondiale des ann\u00e9es d&rsquo;avant la Deuxi\u00e8me Guerre mondiale.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t(Selon la revue <em>Executive Intelligenc Review<\/em> [EIR] r\u00e9f\u00e9renc\u00e9e, \u00ab<em>the Princeton Project teamed up with Felix Rohatyn&rsquo;s own center at Middlebury College, Vermont in October 2004, to host a conference promoting the privatization of national security, which openly advocated a \u00a0\u00bbnew feudalism\u00a0\u00bb modelled on the British East India Company, to serve the requirements of an American neo-imperialism. (See EIR, March 31 and April 7, 2006.) The Princeton Project and the Progressive Policy Institute are officially listed as partner organizations of the Truman Project.<\/em>\u00bb)<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t  La pr\u00e9sence dans les organismes les plus influents pour le projet d&rsquo;instituts comme le Truman National Security Project, qui s&rsquo;appuie sur la r\u00e9f\u00e9rence de Harry Truman pour pr\u00e9senter une vision d&rsquo;une r\u00e9affirmation de l&rsquo;h\u00e9g\u00e9monie US par les conceptions plus <em>soft<\/em> (que celles des r\u00e9publicains), internationalistes, etc., telles qu&rsquo;elles furent d\u00e9velopp\u00e9es \u00e0 la fin des ann\u00e9es 1940. On observe aussi la revitalisation  d&rsquo;un autre programme qui ram\u00e8ne les n\u00e9o-conservateurs \u00e0 leur origine d\u00e9mocrate du temps de Henry <em>Scoop<\/em> Jackson, s\u00e9nateur d\u00e9mocrate de l&rsquo;Etat de Washington, fameux dans les ann\u00e9es 1970.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t(EIR : \u00ab<em>While it may be a coincidence, the Truman Project was launched at nearly the identical moment that another new project&rsquo; was being launched across the Atlantic, at Britain&rsquo;s Cambridge University, called the Henry Jackson Society. Named after the late U.S. Sen. Henry Scoop&rsquo; Jackson (D-Wa.), whose 1976 failed campaign for the Democratic Party Presidential nomination launched the neo-con movement, the group is actually dominated by the new generation of British Tory Party MPs. The group&rsquo;s founding principles are a carbon copy of the Truman Project&rsquo;s beliefs. The Jackson Society&rsquo;s International Patrons include Americans: Bruce Jackson, Robert Kagan, William Kristol, Clifford May, Richard Perle, Joshua Muravchik, and Michael McFaul.<\/em>\u00bb)<\/p>\n<h3>Un Plan Marshall pour l&rsquo;am\u00e9ricanisme<\/h3>\n<\/p>\n<p><p>\tConclusion : <em>Much ado for nothing<\/em> une fois de plus? Le Princeton Project ne fait que r\u00e9p\u00e9ter les m\u00eames propositions, la m\u00eame sagesse inn\u00e9e de l&rsquo;am\u00e9ricanisme, la m\u00eame \u00e9vidente exceptionnalit\u00e9 am\u00e9ricaniste depuis 60 ans pour la p\u00e9riode pr\u00e9sente, depuis la cr\u00e9ation des Etats-Unis d&rsquo;une fa\u00e7on plus g\u00e9n\u00e9rale.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tOn a pu appr\u00e9cier suffisamment combien nous doutons du succ\u00e8s final du Princeton Project. Il n&#8217;emp\u00eache qu&rsquo;il deviendra une r\u00e9f\u00e9rence, notamment pour ceux qui, \u00e0 Washington, entendent mettre sur orbite quelque chose de nouveau d&rsquo;ici 2008. La tentative se heurtera au d\u00e9sordre end\u00e9mique, \u00e0 l&rsquo;\u00e9clatement des pouvoirs, aux visions partisanes et aux emportements hyst\u00e9riques et au conformisme de fer qui caract\u00e9risent aujourd&rsquo;hui la situation politique dans la capitale am\u00e9ricaniste.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tEn attendant, le Princeton Project est un signe de plus de l&rsquo;\u00e9tat plus que pr\u00e9occupant o\u00f9 se trouve le syst\u00e8me. Lorsqu&rsquo;on cherche \u00e0 si grands frais et avec tant d&rsquo;ambitions affich\u00e9es une porte de sortie de la situation courante, c&rsquo;est que cette situation est bien pr\u00e9occupante.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tAvec le Princeton Project, on a curieusement l&rsquo;impression d&rsquo;un nouveau Plan Marshall  pour sauver l&rsquo;am\u00e9ricanisme, cette fois.<\/p>\n<\/p>\n<p><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Le Princeton Project, ou l&rsquo;air martial du bon vieux temps Voici l&rsquo;effort majeur pour tenter de sauver l&rsquo;h\u00e9ritage g\u00e9n\u00e9ral de la puissance am\u00e9ricaniste et de son syst\u00e8me d&rsquo;influence dans le monde. Il s&rsquo;agit du Princeton Project, pr\u00e9sent\u00e9 le 26 septembre. C&rsquo;est un effort massif de tout l&rsquo;establishment US, l&rsquo;appareil acad\u00e9mique li\u00e9 au syst\u00e8me de s\u00e9curit\u00e9&hellip;&nbsp;<\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":0,"comment_status":"","ping_status":"","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"neve_meta_sidebar":"","neve_meta_container":"","neve_meta_enable_content_width":"","neve_meta_content_width":0,"neve_meta_title_alignment":"","neve_meta_author_avatar":"","neve_post_elements_order":"","neve_meta_disable_header":"","neve_meta_disable_footer":"","neve_meta_disable_title":"","footnotes":""},"categories":[3],"tags":[3228,3717,3084,2681,5954,3784,3014,3248],"class_list":["post-68051","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-analyse","tag-crise","tag-marshall","tag-mobilisation","tag-plan","tag-princeton","tag-project","tag-systeme","tag-washington"],"jetpack_featured_media_url":"","_links":{"self":[{"href":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/68051","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=68051"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/68051\/revisions"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=68051"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=68051"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=68051"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}