{"id":68106,"date":"2006-10-17T00:00:00","date_gmt":"2006-10-17T00:00:00","guid":{"rendered":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/2006\/10\/17\/stabiliser-lirak-ou-stabiliser-les-usa\/"},"modified":"2006-10-17T00:00:00","modified_gmt":"2006-10-17T00:00:00","slug":"stabiliser-lirak-ou-stabiliser-les-usa","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/2006\/10\/17\/stabiliser-lirak-ou-stabiliser-les-usa\/","title":{"rendered":"<strong><em>Stabiliser l&rsquo;Irak ou stabiliser les USA?<\/em><\/strong>"},"content":{"rendered":"<p><h2 class=\"common-article\">Stabiliser l&rsquo;Irak ou stabiliser les USA?<\/h2>\n<\/p>\n<p><p>\t17 octobre 2006  Le front int\u00e9rieur est-il en train de craquer? La campagne \u00e9lectorale aux USA pr\u00e9sente un tableau remarquablement \u00e9volutif. Une acc\u00e9l\u00e9ration de l&rsquo;intensit\u00e9 dramatique du processus, un alourdissement remarquable du climat peuvent \u00eatre constat\u00e9s. Comme l&rsquo;\u00e9crit <a href=\"http:\/\/antiwar.com\/justin\/?articleid=9869\" class=\"gen\">Justin Raimundo<\/a>, ces \u00e9lections sont en train de devenir un r\u00e9f\u00e9rendum sur la guerre en Irak.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tL&rsquo;expression est \u00e9galement utilis\u00e9e par divers sp\u00e9cialistes des questions de politique int\u00e9rieure aux USA, tout comme elle appara\u00eet en filigrane dans les sondages. Un texte du Washington <em>Post<\/em> du <a href=\"http:\/\/www.washingtonpost.com\/wp-dyn\/content\/article\/2006\/10\/15\/AR2006101500197.html\" class=\"gen\">15 octobre<\/a> nous en informe :<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t\u00ab<em>While a Capitol Hill sex scandal shook up Republicans and President George W. Bush&rsquo;s sinking popularity is weighing them down, public concern over Iraq is the dominant factor driving voters toward Democrats in the November 7 election.<\/em><\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t\u00bb<em>This election has become a referendum on Bush and a referendum on his principal policy, which in the minds of voters is Iraq, said pollster Andrew Kohut of the Pew Research Center. It is clear the public is angry with President Bush and therefore with Republicans for a war that has his name on it, he said.<\/em><\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t()<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t\u00bb<em>I&rsquo;ve never seen anything like it, independent pollster Dick Bennett of American Research Group said of the combination of anger and uncertainty among the public. The topic of Iraq dominates focus groups he conducts with voters, he said.<\/em><\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t\u00bb<em>What people want is some hope for the future. Who will make this better? They aren&rsquo;t hearing much of that, he said. Aside from gasoline prices, nothing is getting better for Republicans.<\/em>\u00bb<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tCette situation n&rsquo;\u00e9chappe pas aux caciques de l&rsquo;<em>establishment<\/em>. On s&rsquo;en aper\u00e7oit \u00e0 la publication des conclusions du Iraq Study Group (ISG), mandat\u00e9 par le Congr\u00e8s au printemps dernier avec l&rsquo;approbation de la Maison-Blanche, dirig\u00e9 par James Baker et comprenant 10 membres particuli\u00e8rement importants, des dirigeants et parlementaires d\u00e9mocrates et r\u00e9publicains. Le Los Angeles <em>Times<\/em> en a <a href=\"http:\/\/www.latimes.com\/news\/nationworld\/world\/la-fg-planb16oct16,0,4775251.story?coll=la-home-headlines\" class=\"gen\">publi\u00e9<\/a> (le 16 octobre) les principales orientations. On trouve des suggestions radicales comme cette \u00e9tonnante proposition de remplacer graduellement les forces US par des forces syriennes et iraniennes pour tenter de stabiliser l&rsquo;Irak.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tLe site <em>WSWS.org<\/em> donne (<a href=\"http:\/\/www.wsws.org\/articles\/2006\/oct2006\/isg-o17.shtml\" class=\"gen\">aujourd&rsquo;hui<\/a>) une bonne analyse de cette initiative. (Il faut la lire naturellement en \u00e9cartant les remarques trop id\u00e9ologiques qu&rsquo;on trouve dans le travail habituel de ce groupe <em>WSWS.org<\/em>.) Cette analyse met le doigt sur la dimension essentielle de cette situation, qui est la pr\u00e9occupation tr\u00e8s profonde et urgente de l&rsquo;<em>establishment<\/em> de la situation aux USA. L&rsquo;op\u00e9ration est donc plus de pr\u00e9venir un risque pour la stabilit\u00e9 aux USA que de r\u00e9soudre la question de la stabilit\u00e9 en Irak. <\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t\u00ab<em>Underpinning the formation of the ISG is the undeniable fact that the invasion of Iraq has become a catastrophe for US imperialism. Three-and-a-half years on, the US is mired in a costly occupation that is descending into a bloody civil war between rival Sunni, Shiite and Kurdish factions of the Iraqi ruling class. Domestically, the Bush White House is arguably the most hated administration in American history. Communities all over the US are paying a bitter price for its lies and its program of militarism.<\/em><\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t\u00bb<em>Within the American establishment, there are political figures who are acutely conscious of the tremendous dangers that can arise from the current state of affairs. The extent of popular opposition is such that a movement is developing outside the two-party system and challenging not only the war in Iraq, but the corporate and financial elite in whose interests it was carried out.<\/em><\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t\u00bb<em>The ISG is the mechanism for a course correction that has the agreement of both senior Republicans and Democrats and seeks to remove Iraq from political debate. Its co-chair is James Baker III, a prominent member of the Reagan administration and the secretary of state under President Bush&rsquo;s father. In the September edition of the Washington Monthly, sources told journalist Robert Dreyfuss that Baker is primarily motivated by his desire to avoid a war at home that things will fall apart not on the battlefield but at home. So he wants a ceasefire in American politics.<\/em>\u00bb<\/p>\n<h3>S&rsquo;agit-il d&rsquo;un point de rupture ?<\/h3>\n<\/p>\n<p><p>\tNous avons souvent r\u00e9p\u00e9t\u00e9 que nous jugions que la situation int\u00e9rieure aux USA se trouvait dans un \u00e9tat de grande fragilit\u00e9 et d&rsquo;extr\u00eame tension  certainement depuis le 11 septembre 2001, et d&rsquo;une fa\u00e7on latente mais tr\u00e8s insistante avant le 11 septembre. Nous avons tout aussi souvent ajout\u00e9 que nous ignorions par quel biais, dans quelles circonstances, cette fragilit\u00e9 et cette tension pourraient s&rsquo;exprimer. La cause en est que des moyens nouveaux d&rsquo;expression de cette fragilit\u00e9 et de cette tension sont apparus, notamment dans le domaine de la communication et hors des canaux habituels.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tLa question qui se pose aujourd&rsquo;hui est \u00e9videmment de savoir si ce biais est trouv\u00e9. Il est manifeste que nombre de membres de l&rsquo;<em>establishment<\/em> le craignent (d&rsquo;o\u00f9 cette remarque de Dreyfuss, du Washington <em>Monthly<\/em> : \u00ab<em>Baker is primarily motivated by his desire to avoid a war at home that things will fall apart not on the battlefield but at home. So he wants a ceasefire in American politics<\/em>\u00bb)<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tIl est \u00e9vident que les r\u00e9sultats du 7 novembre, m\u00eame s&rsquo;ils conduisent \u00e0 une d\u00e9faite cuisante des r\u00e9publicains, ne vont pas d\u00e9samorcer un malaise qui est devenu  une \u00ab<em>combination of anger and uncertainty among the public<\/em>\u00bb dans une mesure jamais vue. Il est bien pr\u00e9cis\u00e9 dans toutes les analyses que le processus se d\u00e9gage compl\u00e8tement des processus habituels des grands partis. Il emploie notamment et principalement une <a href=\"http:\/\/www.dedefensa.org\/article.php?art_id=3268\" class=\"gen\">nouvelle voie d&rsquo;expression<\/a>, d\u00e9sormais arriv\u00e9e \u00e0 maturit\u00e9 : le <em>netroot<\/em> (action d&rsquo;information militante sur le <em>net<\/em>).<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tIl est \u00e9galement \u00e9vident que rien de ce qui, pour l&rsquo;instant, vient de Washington ne semble pouvoir d\u00e9samorcer la col\u00e8re montante du public am\u00e9ricain qui concerne \u00e9videmment Washington <em>as a whole<\/em>, sans distinction (surtout pas) de parti.  D&rsquo;o\u00f9 la pr\u00e9occupation de Baker et de l&rsquo;ISG, et la recherche forcen\u00e9e d&rsquo;une issue \u00e0 la catastrophe irakienne, au risque de se trouver dans des situations rocambolesques. (Imagine-t-on que les USA envisagent <strong>parall\u00e8lement<\/strong>, aujourd&rsquo;hui, de mani\u00e8re presque ouverte, d&rsquo;offrir une alliance strat\u00e9gique fondamentale avec l&rsquo;Iran pour r\u00e9soudre le probl\u00e8me irakien et de monter une attaque strat\u00e9gique majeure [certains continuent \u00e0 parler de l&#8217;emploi du nucl\u00e9aire] contre ce m\u00eame Iran?)<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tDe toutes les fa\u00e7ons, il appara\u00eet difficile de voir une des solutions envisag\u00e9es par l&rsquo;ISG se concr\u00e9tiser rapidement et de fa\u00e7on significative en une issue d&rsquo;apaisement qui satisfasse le public am\u00e9ricain. Il para\u00eet tout aussi difficile que le mouvement de col\u00e8re et de revendication que d\u00e9tectent les observateurs politiques trouve une expression plus ou moins institutionnelle, qui puisse le satisfaire jusqu&rsquo;\u00e0 d\u00e9samorcer sa potentialit\u00e9 explosive hors des normes de contr\u00f4le du syst\u00e8me. Il s&rsquo;agit d&rsquo;une situation bloqu\u00e9e qui doit \u00eatre caract\u00e9ris\u00e9e par un accroissement constant de la tension aliment\u00e9 par l&rsquo;aggravation tout aussi constante de la situation en Irak. C&rsquo;est dans une telle occurrence que le jugement signal\u00e9 plus haut s&rsquo;affirme encore plus, cette fois li\u00e9 \u00e0 une circonstance, voire \u00e0 un d\u00e9lai marqu\u00e9 (dans la mesure de l&rsquo;aggravation de la tension : tout cela doit \u00e9clater, s&rsquo;exprimer, d&rsquo;une fa\u00e7on quelconque  mais laquelle?).<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tIl est \u00e9galement possible qu&rsquo;une telle situation alimente, <em>a contrario<\/em>, les arguments de ceux qui veulent une attaque contre l&rsquo;Iran, sous l&rsquo;argument que cette attaque, en dramatisant d&rsquo;un cran suppl\u00e9mentaire la situation, permette \u00e0 la fois de dissiper ou de d\u00e9tourner la col\u00e8re populaire, et \u00e9ventuellement de modifier la situation en Irak. Quoi qu&rsquo;il en soit du projet lui-m\u00eame (l&rsquo;attaque contre l&rsquo;Iran), l&rsquo;\u00e9volution de la situation aux USA lie de plus en plus l&rsquo;id\u00e9e de ce projet \u00e0 la situation en Irak (et non plus \u00e0 la seule cause de la pouss\u00e9e iranienne vers le nucl\u00e9aire), et donc \u00e0 la situation int\u00e9rieure aux USA. Que ce projet se r\u00e9alise ou pas, il est possible qu&rsquo;il devienne de plus en plus un facteur de division \u00e0 l&rsquo;int\u00e9rieur de l&rsquo;<em>establishment<\/em> par rapport \u00e0 la situation int\u00e9rieure actuelle. C&rsquo;est une possibilit\u00e9 d&rsquo;accroissement suppl\u00e9mentaire de la complexit\u00e9 de la situation int\u00e9rieure US et de la difficult\u00e9 de la r\u00e9soudre.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tLa question g\u00e9n\u00e9rale d\u00e9sormais pos\u00e9e est de savoir si nous sommes proches, aux USA, d&rsquo;un point de rupture aux cons\u00e9quences impr\u00e9visibles. La conviction de plus en plus g\u00e9n\u00e9rale r\u00e9pandue dans l&rsquo;<em>establishment<\/em> que c&rsquo;est effectivement le cas est un \u00e9l\u00e9ment tr\u00e8s important pour r\u00e9pondre par l&rsquo;affirmative. La conviction qu&rsquo;une tension existe, dans ce cas, nourrit la tension. <\/p>\n<\/p>\n<p><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Stabiliser l&rsquo;Irak ou stabiliser les USA? 17 octobre 2006 Le front int\u00e9rieur est-il en train de craquer? La campagne \u00e9lectorale aux USA pr\u00e9sente un tableau remarquablement \u00e9volutif. Une acc\u00e9l\u00e9ration de l&rsquo;intensit\u00e9 dramatique du processus, un alourdissement remarquable du climat peuvent \u00eatre constat\u00e9s. Comme l&rsquo;\u00e9crit Justin Raimundo, ces \u00e9lections sont en train de devenir un r\u00e9f\u00e9rendum&hellip;&nbsp;<\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":0,"comment_status":"","ping_status":"","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"neve_meta_sidebar":"","neve_meta_container":"","neve_meta_enable_content_width":"","neve_meta_content_width":0,"neve_meta_title_alignment":"","neve_meta_author_avatar":"","neve_post_elements_order":"","neve_meta_disable_header":"","neve_meta_disable_footer":"","neve_meta_disable_title":"","_jetpack_memberships_contains_paid_content":false,"footnotes":""},"categories":[10],"tags":[4094,4479,6014,6013,5733],"class_list":["post-68106","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-faits-et-commentaires","tag-baker","tag-destabilisation","tag-isg","tag-netroots","tag-tension"],"jetpack_featured_media_url":"","jetpack_sharing_enabled":true,"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/68106","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=68106"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/68106\/revisions"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=68106"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=68106"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=68106"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}