{"id":68122,"date":"2006-10-21T00:00:00","date_gmt":"2006-10-21T00:00:00","guid":{"rendered":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/2006\/10\/21\/suez-1956-irak-2006-si-lon-veut-mais-en-respectant-lhistoire\/"},"modified":"2006-10-21T00:00:00","modified_gmt":"2006-10-21T00:00:00","slug":"suez-1956-irak-2006-si-lon-veut-mais-en-respectant-lhistoire","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/2006\/10\/21\/suez-1956-irak-2006-si-lon-veut-mais-en-respectant-lhistoire\/","title":{"rendered":"Suez-1956, Irak-2006? Si l&rsquo;on veut, mais en respectant l&rsquo;histoire"},"content":{"rendered":"<p><p>D\u00e9cid\u00e9ment, nous avons bien des h\u00e9sitations devant ce <a href=\"http:\/\/www.dedefensa.org\/article.php?art_id=3275\" class=\"gen\">parall\u00e8le<\/a> entre Suez-1956 et l&rsquo;Irak-2006. Il nous semble qu&rsquo;on transpose un peu trop directement nos obsessions et nos combats actuels sur l&rsquo;\u00e9poque d&rsquo;o\u00f9 est sorti le parall\u00e8le.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tL&rsquo;article du <a href=\"http:\/\/www.antiwar.com\/orig\/klare.php?articleid=9890\" class=\"gen\">20 octobre<\/a> sur le d\u00e9clin des empires (sur <em>Antiwar.com<\/em>) de Michael T. Klare, excellent sp\u00e9cialiste des probl\u00e8mes \u00e9nerg\u00e9tiques et notable et estimable opposant \u00e0 la politique bushiste, n&rsquo;apporte rien \u00e0 la gloire de l&rsquo;auteur. R\u00e9p\u00e9tons que le parall\u00e8le est discutable, ce qui signifie par d\u00e9finition qu&rsquo;il se discute ; mais le r\u00e9cit que fait Klare de la crise de Suez, par contre, est totalement surr\u00e9aliste et m\u00e9rite d&rsquo;\u00eatre appr\u00e9ci\u00e9 comme tel. Les pr\u00e9c\u00e9dents historiques sont un argument int\u00e9ressant de d\u00e9monstration, mais toujours \u00e0 manier avec le plus d&rsquo;exactitude possible. Dans ce cas, d\u00e9sol\u00e9 mais c&rsquo;est du pur d\u00e9lire.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tVoici le passage o\u00f9 Klare introduit un pr\u00e9c\u00e9dent d&rsquo;erreur d&rsquo;un empire (d&#8217;empires) sur le d\u00e9clin (par r\u00e9f\u00e9rence \u00e0 l&rsquo;actuelle aventure am\u00e9ricaniste) :<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t\u00ab<em>One of the most spectacular examples of such miscalculation in modern times  and an especially illuminating one  was the Suez Canal crisis of 1956. The crisis began in July 1956 when Egyptian President Gamal Abdel Nasser, angry at the West&rsquo;s failure to support construction of the Aswan High Dam on the Nile, nationalized the Suez Canal, then owned principally by a British-French company and long regarded as a preeminent symbol of the British Empire.<\/em><\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t\u00bb<em>A reasonable Anglo-French response to Nasser&rsquo;s move might have been to negotiate a dignified turnover of the canal (as President Carter did in 1977 with the Panama Canal, thereby removing a major irritant in U.S.-Latin America relations). But no: it was beneath their dignity to negotiate with rabble like Nasser. Instead, with images of imperial grandeur still fresh in their minds, the British and French embarked on Oct. 29, 1956, upon an invasion of Egypt (wisely bringing in the Israelis for a little backup).<\/em><\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t\u00bb<em>Then the second malady kicked in. From what can be reconstructed today, it never occurred to British and French leaders that their former subjects would even consider putting up any resistance to modern European armies, and so victory would occur swiftly. Instead, it was pure debacle. The British and French were far too few on the ground to win any military victories, and the Egyptians didn&rsquo;t cry uncle at the first sight of the Union Jack.<\/em><\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t\u00bb<em>Desperately, the British and French  who had first dismissed any need for American help  pleaded with then-President Eisenhower for American assistance. But Ike wasn&rsquo;t in a mood to help. Having seen which way the wind was blowing in the Middle East, he decided it was better to abandon his NATO allies than support the old imperialists in a battle with pan-Arab nationalism (which might then choose to align with Moscow). And so the British and French were forced to withdraw in utter humiliation.<\/em>\u00bb<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tIl est difficile d&rsquo;accumuler plus de contre-sens et de non-sens :<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t   Sur les causes de l&rsquo;exp\u00e9dition d&rsquo;abord. Certes, la propri\u00e9t\u00e9 du Canal joua son r\u00f4le mais l&rsquo;affaire \u00e9tait d&rsquo;abord politique : la d\u00e9fense de positions strat\u00e9giques et d&rsquo;influence pour les Britanniques, l&rsquo;affaire d&rsquo;Alg\u00e9rie pour les Fran\u00e7ais. (Notre appr\u00e9ciation est, pour le cas de la France, que la guerre d&rsquo;Alg\u00e9rie ne peut \u00eatre r\u00e9duite \u00e0 un combat pour la d\u00e9fense de l&rsquo;Empire. La question est beaucoup plus complexe, symbolis\u00e9e par le fait que l&rsquo;Alg\u00e9rie faisait administrativement partie de la France [quatre d\u00e9partements fran\u00e7ais]. La repentance anticolonialiste d\u00e9velopp\u00e9e comme une consigne conformiste a comme premier effet de brouiller toutes les r\u00e9alit\u00e9s.)<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t  Psychologiquement, pour la France dans tous les cas, l&rsquo;esprit de l&rsquo;exp\u00e9dition n&rsquo;avait rien d&rsquo;une entreprise n\u00e9o-coloniale, ou d&rsquo;un dessein imp\u00e9rial. La France de la IV\u00e8me R\u00e9publique peut difficilement \u00eatre appr\u00e9ci\u00e9e comme un r\u00e9gime imp\u00e9rial \u00e0 tendance expansionniste, m\u00eame sur le d\u00e9clin. Quant aux Britanniques, leur d\u00e9clin imp\u00e9rial \u00e9tait d\u00e9j\u00e0 consomm\u00e9 en 1956 et ils n&rsquo;\u00e9taient plus en Egypte. Ce d\u00e9clin \u00e9tait essentiellement d\u00fb \u00e0 une chose : l&rsquo;action anti-colonialiste des Am\u00e9ricains.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t  La description de l&rsquo;exp\u00e9dition de Suez est surr\u00e9aliste. Les Anglo-Fran\u00e7ais n&rsquo;ont jamais  \u00ab<em>dismissed any need for American help<\/em>\u00bb avant l&rsquo;op\u00e9ration, comme s&rsquo;ils avaient rejet\u00e9 par pr\u00e9tention glorieuse cette option. L&rsquo;op\u00e9ration fut mont\u00e9e dans le plus grand secret, essentiellement vis-\u00e0-vis des Am\u00e9ricains qui ne la connurent que lors du d\u00e9but des bombardements a\u00e9riens le 30 octobre.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t  Les op\u00e9rations terrestres dur\u00e8rent 48 heures et firent 33 tu\u00e9s du c\u00f4t\u00e9 franco-anglais (11 et 22 tu\u00e9s respectivement), 250 du c\u00f4t\u00e9 militaire \u00e9gyptien (il y eut des pertes civiles, plus de 1.000 tu\u00e9s selon les estimations les plus r\u00e9pandues). Le largage de troupes a\u00e9roport\u00e9es du 5 novembre avec la prise de Port-Fouad et l&rsquo;encerclement de Port-Sa\u00efd mena\u00e7ait directement le r\u00e9gime de Nasser. Il ne fut jamais question de demander l&rsquo;aide am\u00e9ricaine, bien entendu, puisque les Am\u00e9ricains avaient pris une position hostile d\u00e8s le 1er novembre. Pour sauver les Egyptiens, les Russes adress\u00e8rent un ultimatum nucl\u00e9aire aux Franco-Anglais,  d&rsquo;ailleurs plut\u00f4t formel que r\u00e9el, et aussit\u00f4t contr\u00e9 par les Am\u00e9ricains au nom de l&rsquo;\u00e9quilibre des superpuissances,  puis ils propos\u00e8rent une action militaire commune USA-URSS, \u00e9galement rejet\u00e9e. En attendant, la pression diplomatique US avait atteint son maximum, essentiellement contre les Britanniques (menaces de sanctions \u00e9conomiques et financi\u00e8res, de ruptures d&rsquo;approvisionnement en p\u00e9trole). Le 5 novembre au soir, l&rsquo;ONU ordonnait un cessez-le-feu par un vote en assembl\u00e9e g\u00e9n\u00e9rale. Londres c\u00e9da aux pressions US, dans des circonstances rest\u00e9es encore myst\u00e9rieuses quant aux d\u00e9lib\u00e9rations du cabinet. Les Isra\u00e9liens, qui avaient conquis le Sina\u00ef, accept\u00e8rent \u00e9galement le cessez-le-feu. Isol\u00e9s, les Fran\u00e7ais ne purent que suivre leurs alli\u00e9s.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t  Suez fut toujours per\u00e7u dans l&rsquo;arm\u00e9e fran\u00e7aise comme une victoire militaire confisqu\u00e9e par les civils et renfor\u00e7a l&rsquo;hostilit\u00e9 de ce corps vis-\u00e0-vis du r\u00e9gime. Suez tient une place non n\u00e9gligeable dans l&rsquo;attitude de l&rsquo;arm\u00e9e lors du renversement de la IV\u00e8me r\u00e9publique, \u00e0 partir du 13 mai 1958.  <\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t  Nous reviendrons n\u00e9cessairement sur cette affaire de Suez lors de <a href=\"http:\/\/www.dedefensa.org\/article.php?art_id=3276\" class=\"gen\">la pr\u00e9sentation<\/a> de notre nouveau site et de l&rsquo;adaptation du livre de John Charmley que nous offrirons \u00e0 la vente en ligne.<\/p>\n<\/p>\n<p><\/p>\n<p><p>\tMis en ligne le 21 octobre 2001 \u00e0 10H49<\/p><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>D\u00e9cid\u00e9ment, nous avons bien des h\u00e9sitations devant ce parall\u00e8le entre Suez-1956 et l&rsquo;Irak-2006. Il nous semble qu&rsquo;on transpose un peu trop directement nos obsessions et nos combats actuels sur l&rsquo;\u00e9poque d&rsquo;o\u00f9 est sorti le parall\u00e8le. L&rsquo;article du 20 octobre sur le d\u00e9clin des empires (sur Antiwar.com) de Michael T. 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