{"id":68150,"date":"2006-10-31T00:00:00","date_gmt":"2006-10-31T00:00:00","guid":{"rendered":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/2006\/10\/31\/langleterre-a-trouve-sa-juste-cause\/"},"modified":"2006-10-31T00:00:00","modified_gmt":"2006-10-31T00:00:00","slug":"langleterre-a-trouve-sa-juste-cause","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/2006\/10\/31\/langleterre-a-trouve-sa-juste-cause\/","title":{"rendered":"L&rsquo;Angleterre a trouv\u00e9 sa \u201cjuste cause\u201d"},"content":{"rendered":"<p><h2 class=\"common-article\">L&rsquo;Angleterre a trouv\u00e9 sa juste cause<\/h2>\n<\/p>\n<p><p>\t31 octobre 2006  Sortie de crise? Peut-\u00eatre, mais par le haut, par le Tr\u00e8s-Haut Nous parlons de la crise que conna\u00eet le Royaume-Uni depuis l&rsquo;aveugle engagement de Blair derri\u00e8re les Am\u00e9ricains en Irak. La crise climatique pourrait \u00eatre, pour ce m\u00eame Royaume-Uni, le moyen de sortir de  cette crise de confiance qui ressemble par instants \u00e0 une crise de syst\u00e8me. Mais sans Blair au bout du compte puisqu&rsquo;il devrait nous quitter au printemps prochain  mais sa sortie pourrait en \u00eatre facilit\u00e9e par les flonflons et la gloriole.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tLes effets m\u00e9diatiques du rapport Stern, pr\u00e9sent\u00e9 publiquement hier, ne laissent aucun doute. Il s&rsquo;agit d&rsquo;un tr\u00e8s grand \u00e9v\u00e9nement de communication, par cons\u00e9quent un tr\u00e8s grand \u00e9v\u00e9nement <strong>de gouvernement<\/strong>. Cela est d&rsquo;autant plus \u00e9vident qu&rsquo;il y a certainement une mati\u00e8re o\u00f9 le gouvernement britannique est pass\u00e9 ma\u00eetre, et c&rsquo;est celle de la communication et de l&rsquo;exploitation m\u00e9diatique.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t(Qu&rsquo;il s&rsquo;agisse, en plus, d&rsquo;un tr\u00e8s grand \u00e9v\u00e9nement tout court dans la mesure o\u00f9 il fait passer la crise climatique dans le domaine tr\u00e8s concret de l&rsquo;\u00e9conomie et dans la mesure o\u00f9 il soul\u00e8ve des probl\u00e8mes de civilisation consid\u00e9rables, <a href=\"http:\/\/www.dedefensa.org\/article.php?art_id=3300\" class=\"gen\">nous n&rsquo;en doutons pas<\/a> un instant. Nous avons toujours consid\u00e9r\u00e9 la question de la crise climatique, depuis qu&rsquo;elle est pos\u00e9e, comme une <a href=\"http:\/\/www.dedefensa.org\/article.php?art_id=1014\" class=\"gen\">question de civilisation<\/a> compl\u00e8tement fondamentale.) <\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tLisez ces quelques paragraphes du <em>Guardian<\/em>, et vous sentez la jubilation de l&rsquo;action politique dans l&rsquo;unit\u00e9 retrouv\u00e9e. \u00ab<em>In a clear sign that the issue unites No 10 and the Treasury<\/em>\u00bb (c&rsquo;est-\u00e0-dire Blair et Brown), \u00e9crit le journal, ce qui nous en dit des tonnes sur le reste, o\u00f9 les deux hommes s&rsquo;affront\u00e8rent et s&rsquo;affrontent, et notamment l&rsquo;Irak.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t\u00ab<em>The UK is to use the warnings of irreversible climate change and the biggest economic slump since the 1930s, outlined in yesterday&rsquo;s Stern review, to press for a new global deal to curb carbon emissions.<\/em><\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t\u00bb<em>The government is urgently pushing ahead on the issue because the existing Kyoto protocol runs out in 2012, and there is no binding agreement to extend it. Downing Street is seeking the outline of a package with the G8 industrial nations and five leading developing countries by next year, or 2008 at the latest.<\/em><\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t\u00bb<em>Tony Blair will lobby the German chancellor, Angela Merkel, to put the need for international cooperation on climate change at the heart of Germany&rsquo;s G8 presidency when it begins in January.<\/em><\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t\u00bb<em>In a clear sign that the issue unites No 10 and the Treasury, Gordon Brown will also be pushing for a radical rethink of the United Nations and the World Bank which, he believes, are not equipped to oversee a carbon trading scheme, including the principles on which carbon emission allocations would be handed out to individual countries.<\/em><\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t\u00bb<em>Downing Street sources said the prime minister wanted a framework that included a target for stabilising CO2 emissions, a global scheme to cap and trade carbon emissions, a global investment fund for new green technologies and action to stop deforestation. The agreement would include three countries that were not part of Kyoto  the United States, China and India.<\/em><\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t\u00bb<em>Launching the review into the economics of climate change by the Treasury economist Sir Nicholas Stern, the prime minister said: Without radical measures to reduce carbon emissions within the next 10-15 years, there is compelling evidence to suggest we might lose the chance to control temperature rises. The review said a business as usual&rsquo; model could result in temperatures rising by 5C above pre-industrial levels, leading to a cut of 5-20% in global living standards.<\/em><\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t\u00bb<em>Mr Brown, who shared a platform with Mr Blair at yesterday&rsquo;s launch, said it was no longer enough for economic policy to be based around growth and full employment. In the 21st century, our new objectives will be threefold: growth, full employment and environmental care.<\/em>\u00bb<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tCurieux sentiment : ce rapport d&rsquo;apocalypse est du miel pour le monde politique britannique, le <em>New Labour<\/em> et le gouvernement. Il devient le symbole de la possible unit\u00e9 retrouv\u00e9e ; pour Blair, c&rsquo;est la voie inattendue pour terminer son mandat de Premier ministre sur une note prestigieuse ; pour Brown, c&rsquo;est l&rsquo;occasion de commencer le sien, au printemps 2007, avec une autorit\u00e9 inesp\u00e9r\u00e9e.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tMais tout cela est de la petite cuisine politicienne. L&rsquo;ironie est que cette cuisine porte sur la crise la plus grave que la civilisation ait eu et ait \u00e0 affronter, et qu&rsquo;elle va permettre sans doute (gr\u00e2ce aux qualit\u00e9s de communication des Britanniques) \u00e0 cette crise d&rsquo;\u00eatre consid\u00e9r\u00e9e dans toutes ses implications et dans son extr\u00eame urgence. Certains pourraient conclure, en philosophant autour de l&rsquo;\u00e9vidence, que les voies de la sagesse sont, comme celles du Seigneur, absolument imp\u00e9n\u00e9trables.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tOn verra.<\/p>\n<h3>Puisque <em>The devil is in the details<\/em><\/h3>\n<\/p>\n<p><p>\t On verra car, en attendant, on comprend que le rapport Stern et l&rsquo;action qu&rsquo;il pr\u00e9conise portent sur une mati\u00e8re absolument explosive. Le d\u00e9fi est de plusieurs ordres.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t  La crise climatique elle-m\u00eame, son d\u00e9roulement, son extension, son acc\u00e9l\u00e9ration, ses effets.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t  Les implications politiques du d\u00e9bat autour de l&rsquo;\u00e9ventuelle d\u00e9cision de l&rsquo;affronter avec des mesures extr\u00eames.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t  Les implications pour notre civilisation, au niveau du mode de vie, de l&rsquo;organisation politique, du syst\u00e8me lui-m\u00eame, des mesures qui seraient prises et des mesures qui s&rsquo;imposeraient.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tIl y a l\u00e0 bien plus de questions pos\u00e9es que de r\u00e9ponses envisag\u00e9es. Les Britanniques veulent une d\u00e9cision de lutte g\u00e9n\u00e9rale contre le r\u00e9chauffement climatique pour 2008,  c&rsquo;est-\u00e0-dire une d\u00e9cision globale, universelle, une globalisation sans exception de cette croisade.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t2008 ? GW Bush sera toujours aux commandes  et l&rsquo;on sait que la position des USA (de Washington en l&rsquo;occurrence) tient une place centrale dans la probl\u00e9matique de la lutte contre le r\u00e9chauffement climatique. Les Britanniques arriveront-ils \u00e0 le convaincre ? Arriveront-ils \u00e0 emporter l&rsquo;adh\u00e9sion du monde politique washingtonien, dont on sait l&rsquo;\u00e9clatement et la multiplicit\u00e9 des int\u00e9r\u00eats, avec la puissance des int\u00e9r\u00eats p\u00e9troliers \u00e0 l&rsquo;int\u00e9rieur de ce monde  dont on sait qu&rsquo;ils (ces int\u00e9r\u00eats) s&rsquo;opposent \u00e0 toute id\u00e9e de restriction ou de contr\u00f4le de l&rsquo;activit\u00e9 \u00e9conomique ?<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tM\u00eame id\u00e9ologiquement, il existe d&rsquo;\u00e9normes obstacles. Les courants extr\u00e9mistes am\u00e9ricanistes, qui dominent la sc\u00e8ne washingtonienne, les n\u00e9o-conservateurs et d&rsquo;autres, sont hostiles \u00e0 cette sorte d&rsquo;intervention comme ils sont hostiles \u00e0 toutes sortes de r\u00e9gulation.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tEnfin, il y a la psychologie. Comment parvenir \u00e0 faire basculer l&rsquo;int\u00e9r\u00eat du monde washingtonien de l&rsquo;obsession irakienne et  de l&rsquo;obsession terroriste \u00e0 la pr\u00e9occupation urgente et massive de la crise climatique ? Comment envisager la place de la crise climatique dans la psychologie washingtonienne ? On sait que la psychologie washingtonienne a besoin d&rsquo;un ennemi pour s&rsquo;int\u00e9resser \u00e0 une crise. Dans cette crise climatique, on ne trouve pas vraiment d&rsquo;ennemi ; et s&rsquo;il en faut vraiment un, alors ce serait plut\u00f4t du c\u00f4t\u00e9 du <em>Corporate Power<\/em>, qui rechigne \u00e0 toutes restrictions dans ses activit\u00e9s, qu&rsquo;on le trouverait. Il y a de quoi d\u00e9stabiliser la fragile psychologie washingtonienne.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tCette situation implique que la renaissance de la vie politique britannique et la mobilisation contre la crise climatique passent par un risque majeur qui concerne (notamment) les relations sp\u00e9ciales du Royaume-Uni avec les USA. On dira : quelle importance par rapport \u00e0 l&rsquo;enjeu, qui est (qui serait) le sort de la plan\u00e8te ? Les Britanniques, justement, ont un proverbe pour cela : <em>The devil is in the details<\/em>.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tCela ne signifie pas que l&rsquo;alerte \u00e0 la crise climatique risque d&rsquo;\u00eatre \u00e9touff\u00e9e, ou de se perdre dans les m\u00e9andres byzantins des relations USA-UK en crise. La crise climatique, c&rsquo;est comme le diable : une fois sortie de sa bouteille, nous ne nous en d\u00e9barrasserons plus. Cela signifie plut\u00f4t que cette alerte, \u00e0 laquelle le syst\u00e8me politique britannique \u00e0 bout de souffle semble d\u00e9cid\u00e9 \u00e0 lier son sort, peut conduire \u00e0 bien des remous politiques, et rapidement.<\/p>\n<\/p>\n<p><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>L&rsquo;Angleterre a trouv\u00e9 sa juste cause 31 octobre 2006 Sortie de crise? 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