{"id":68239,"date":"2006-11-26T00:00:00","date_gmt":"2006-11-26T00:00:00","guid":{"rendered":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/2006\/11\/26\/les-1347-jours-de-lirak\/"},"modified":"2006-11-26T00:00:00","modified_gmt":"2006-11-26T00:00:00","slug":"les-1347-jours-de-lirak","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/2006\/11\/26\/les-1347-jours-de-lirak\/","title":{"rendered":"Les 1.347 jours de l&rsquo;Irak&#8230;"},"content":{"rendered":"<p><h2 class=\"titleset_a.deepblue\" style=\"color:#0f3955;font-size:2em;\">Les 1.347 jours de l&rsquo;Irak&#8230;<\/h2>\n<\/p>\n<p><p>26 novembre 2006 &mdash; Puisque nous sommes au 1347\u00e8me jour depuis le 19 (ou le 20) mars 2003, puisque la \u00ab\u00a0guerre d&rsquo;Irak\u00a0\u00bb d\u00e9passe d\u00e9sormais en longueur, \u00e0 partir de ce jour, la Deuxi\u00e8me Guerre mondiale (version \u00ab\u00a0courte\u00a0\u00bb, am\u00e9ricaniste, celle qui \u00ab\u00a0marche\u00a0\u00bb le mieux et qui est la plus s\u00e9rieuse), &mdash; eh bien parlons-en.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>Il y a la fa\u00e7on conventionnelle quoique s\u00e9rieusement inform\u00e9e d&rsquo;en parler. Le <em>Financial Times<\/em> a publi\u00e9 le 21 novembre un <a class=\"gen\" href=\"http:\/\/www.ft.com\/cms\/s\/7f615464-7988-11db-b257-0000779e2340,dwp_uuid=17aab8bc-6e47-11da-9544-0000779e2340,print=yes.html\">article<\/a> l\u00e0-dessus, abordant l&rsquo;\u00e9v\u00e9nement de cette dur\u00e9e sur le th\u00e8me des \u00ab\u00a0cons\u00e9quences cach\u00e9es\u00a0\u00bb de cette guerre pour l&rsquo;Am\u00e9rique (<em>Hidden costs wait to surface from Iraq war&rsquo;s depths<\/em>).<\/p>\n<\/p>\n<p><p>&laquo;<em>On Sunday the Iraq war will enter its 1,347th day, thus overtaking the US&rsquo;s involvement in the second world war. The electorate expressed its disaffection with Iraq by delivering a Democratic victory in mid-term elections earlier this month, yet the conflict has barely caused a ripple in the daily life of most Americans.<\/em><\/p>\n<\/p>\n<p><p>&raquo;<em>Unlike previous wars, most notably Vietnam, where the US&rsquo;s formal engagement lasted almost three times as long, the economy has continued to look robust having exceeded 3 per cent growth in each of the years since ground forces entered Iraq on March 20 2003.<\/em><\/p>\n<\/p>\n<p><p>&raquo;<em>Nor has Iraq caused the kind of social turmoil that racked the US during its Vietnam engagement, remembered for mass demonstrations and student sit-ins. With 2,885 US deaths, compared with almost 60,000 in Vietnam and more than 300,000 in the second world war, the casualty rate has been relatively low.<\/em><\/p>\n<\/p>\n<p><p>&raquo;<em>But&hellip;<\/em> [&hellip;]<\/p>\n<\/p>\n<p><p>&raquo;<em>Mr Campbell, a former naval officer, describes Iraq as a war that is being \u00ab\u00a0funded by debt on a national credit card that is being financed by China\u00a0\u00bb. America&rsquo;s public debt has risen by more than a third to over $8,000bn (&euro;6,240bn, &pound;4,215bn) since the start of the Bush administration. China&rsquo;s foreign reserves, mostly held in US treasury bonds, are close to $1,000bn.<\/em><\/p>\n<\/p>\n<p><p>&raquo;<em>\u00ab\u00a0If you think of the Iraq war as a pool then it is still on the [US] surface,\u00a0\u00bb said Mr Campbell. \u00ab\u00a0But beneath it there are many concealed rocks.\u00a0\u00bb One such hidden cost could be a diminished appetite for international engagement &ndash; an \u00ab\u00a0Iraq syndrome\u00a0\u00bb to match the US&rsquo;s reduced self-confidence following Vietnam is more likely this time, says Steve Clemons at the New American Foundation in Washington.<\/em><\/p>\n<\/p>\n<p><p>&raquo;<em>\u00ab\u00a0It is too early to be sure what effect Iraq could have on the America public,\u00a0\u00bb he said. \u00ab\u00a0It could be anger, it could be isolationism or some longer-term malaise. There is still a lot that we cannot anticipate.\u00a0\u00bb Others are less pessimistic. \u00ab\u00a0America&rsquo;s standing in the world is as low as it has ever been,\u00a0\u00bb said Mr Nye. \u00ab\u00a0But people resent America because of our policies not because of who we are. We need to change our policies.\u00a0\u00bb<\/em>&raquo;<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\u00ab\u00a0Cons\u00e9quences cach\u00e9es\u00a0\u00bb? Pour les deviner, les pr\u00e9ciser, les mesurer d\u00e9j\u00e0, il convient de tenter d&rsquo;en distinguer les causes \u00ab\u00a0cach\u00e9es\u00a0\u00bb. La principale d&rsquo;entre elles se r\u00e9sume \u00e0 une tentative de r\u00e9pondre \u00e0 cette question de pur bon sens : pourquoi l&rsquo;Irak? Nullement un \u00ab\u00a0pourquoi?\u00a0\u00bb dans un sens strat\u00e9gique expliqu\u00e9 mais bien dans le sens fondamental de la conception et du sens.<\/p>\n<\/p>\n<p><h2 class=\"titleset_b.deepblue\" style=\"color:#0f3955;font-size:1.65em;font-variant:small-caps;\">Une querelle strat\u00e9gique m\u00e9diocre<\/h2>\n<\/p>\n<p><p>Il y a, derri\u00e8re cette question, le constat choquant de la disproportion des deux parties de cette partie engag\u00e9e il y a 16 ans, &mdash; partie jamais conclue et qui d\u00e9g\u00e9n\u00e8re aujourd&rsquo;hui dans le bouleversement et la mise en cause d&rsquo;une puissance terrestre sans pr\u00e9c\u00e9dent (les USA), voire dans le bouleversement d&rsquo;une civilisation enfant\u00e9e ou transform\u00e9e par cette puissance. Qu&rsquo;est donc all\u00e9e faire la puissante Am\u00e9rique avec ce pays de 25 millions d&rsquo;habitants qui n&rsquo;\u00e9tait qu&rsquo;une puissance r\u00e9gionale mineure? Comment a-t-elle pu se laisser emprisonner dans une querelle strat\u00e9gique dont les proportions atteignent aujourd&rsquo;hui des dimensions d&rsquo;un bouleversement fondamental des relations internationales, par le biais d&rsquo;une d\u00e9stabilisation profonde de ses fondements m\u00eames? Il y a l\u00e0 un myst\u00e8re historique dont l&rsquo;explication d\u00e9passe largement les donn\u00e9es strat\u00e9giques de l&rsquo;affrontement entre les USA et l&rsquo;Irak.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>Le cas est parfait. La guerre d&rsquo;Irak &mdash; celle d&rsquo;aujourd&rsquo;hui, \u00e0 son 1.347\u00e8me jour, <em>included<\/em> &mdash; a commenc\u00e9 le 25 juillet 1990, lorsque l&rsquo;ambassadrice des USA \u00e0 Bagdad April Glaspie fut re\u00e7ue par Saddam Hussein. Le myst\u00e8re de cet entretien n&rsquo;en est pas un m\u00eame si cet entretien est en g\u00e9n\u00e9ral dissimul\u00e9 comme s&rsquo;il \u00e9tait un myst\u00e8re. Un article publi\u00e9 il y a un an, et que nous avions mis en ligne sur ce site (1) \u00e0 cette \u00e9poque, rappelle les d\u00e9tails minutieux, les \u00ab\u00a0minutes\u00a0\u00bb m\u00eames, de cet entretien. Ces d\u00e9tails avaient \u00e9t\u00e9 expos\u00e9s en public, <em>in illo tempore<\/em>, apr\u00e8s que la crise d&rsquo;ao&ucirc;t 1990 ait \u00e9clat\u00e9.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>(Gaspie, express\u00e9ment mandat\u00e9e par Bush-p\u00e8re et Baker, avait affirm\u00e9 que les USA n&rsquo;avaient aucun int\u00e9r\u00eat engag\u00e9 par rapport aux revendications de Saddam sur le Kowe\u00eft, et par rapport \u00e0 une intervention militaire irakienne : &laquo;<em>We have no opinion on your Arab-Arab conflicts, such as your dispute with Kuwait. Secretary<\/em> [of State James] <em>Baker has directed me to emphasise the instruction, first given to Iraq in the 1960s, that the Kuwait issue is not associated with America.<\/em>&raquo; La m\u00eame d\u00e9claration publique fut reprise \u00e0 deux reprises, par deux fonctionnaires du d\u00e9partement d&rsquo;Etat, avant l&rsquo;attaque contre le Kowe\u00eft.)<\/p>\n<\/p>\n<p><p>L&rsquo;hypoth\u00e8se selon laquelle les USA ont d\u00e9lib\u00e9r\u00e9ment laiss\u00e9 \u00e9clater la crise en juillet 1990, qu&rsquo;ils l&rsquo;ont m\u00eame favoris\u00e9e, pour se donner un argument pour une action contre l&rsquo;Irak est s\u00e9rieuse \u00e0 la lumi\u00e8re de ces interventions publiques. Cela rend encore plus pressante la question de savoir ce que les Am\u00e9ricains attendaient de l&rsquo;aventure irakienne. Dans ce cas, &mdash; dans le cas de Bush-p\u00e8re et Baker en 1990, &mdash; nous serions effectivement tent\u00e9s par les explications simples, notamment le contr\u00f4le direct ou indirect du p\u00e9trole irakien et\/ou l&rsquo;affirmation militaire des USA dans la zone \u00e0 l&rsquo;occasion d&rsquo;une \u00ab\u00a0l\u00e9gitimation\u00a0\u00bb de leur pr\u00e9sence que donnerait la liquidation de la menace-Saddam.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>Dans tous les cas, ce rappel historique \u00e0 la lumi\u00e8re de la catastrophe inou\u00efe qu&rsquo;est devenu l&rsquo;Irak pour la puissance am\u00e9ricaniste permet de mesurer la petitesse et la pauvret\u00e9 de la pens\u00e9e strat\u00e9gique, surtout lorsqu&rsquo;elle est li\u00e9e comme c&rsquo;est probablement le cas \u00e0 des conceptions de comptables et rien d&rsquo;autre. La protection ou le contr\u00f4le de sources d&rsquo;approvisionnement est une strat\u00e9gie d\u00e9fensive, voire une strat\u00e9gie de survivance, et, qui plus est, une erreur strat\u00e9gique pure et simple dans des relations internationales caract\u00e9ris\u00e9es d&rsquo;abord par les rapports \u00e9conomiques de l&rsquo;offre et de la demande.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>Washington n&rsquo;a jamais accept\u00e9 l&rsquo;id\u00e9e m\u00eame de ce qui a fait sa puissance de la Guerre froide, qui est la capacit\u00e9 d&rsquo;influence bien plus que les moyens de coercition militaire. Cette capacit\u00e9 d&rsquo;influence fit, par exemple, que l&rsquo;Am\u00e9rique ne se trouva jamais plus forte au Moyen-Orient qu&rsquo;au moment de sa d\u00e9b\u00e2cle militaire au Viet-n\u00e2m. A cette \u00e9poque (Nixon-Kissinger en 1973-76), les USA poss\u00e9daient une influence pr\u00e9pond\u00e9rante en Egypte, en Isra\u00ebl, en Jordanie, en Iran, en Arabie et dans les pays du Golfe, et d&rsquo;excellentes relations avec l&rsquo;Irak et avec la Syrie.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>Le v\u00e9ritable reproche qu&rsquo;on peut faire aux USA depuis la fin de la Guerre froide n&rsquo;est pas de s&rsquo;\u00eatre conduits comme un empire mais, au contraire, de ne s&rsquo;\u00eatre pas conduits comme un empire. L&rsquo;abandon de la politique d&rsquo;influence, v\u00e9ritable clef du rayonnement imp\u00e9rial pour les USA, au profit de l&rsquo;outil militaire sous Reagan, confirm\u00e9 apr\u00e8s l&rsquo;effondrement sovi\u00e9tique, est une erreur absolument grossi\u00e8re. Le choix de la cible de la soi-disant \u00ab\u00a0affirmation imp\u00e9riale\u00a0\u00bb militaire, l&rsquo;Irak de Saddam, est path\u00e9tique de m\u00e9diocrit\u00e9. L&rsquo;Am\u00e9rique a abaiss\u00e9 la r\u00e9f\u00e9rence de sa propre puissance \u00e0 la mesure d&rsquo;une nation de second ordre, de 25 millions d&rsquo;habitants. Et, bien entendu, n&rsquo;ayant pu en \u00eatre quitte malgr\u00e9 les moyens \u00e9normes mis en place aussi bien en 1991 qu&rsquo;en 2003, l&rsquo;Am\u00e9rique, le faux-Empire, s&rsquo;est trouv\u00e9e plac\u00e9e en position d&rsquo;une vuln\u00e9rabilit\u00e9 exceptionnelle. Tout cela en 1.347 jours et quelques ann\u00e9es, &mdash; le temps d&rsquo;un empereur romain moyen, apr\u00e8s tout&hellip;<\/p>\n<\/p>\n<p><p>Cela nous en dit long sur la capacit\u00e9 historique et psychologique de l&rsquo;Am\u00e9rique. En ce sens, la catastrophe irakienne est, pour l&rsquo;Am\u00e9rique, le verdict de l&rsquo;Histoire sanctionnant ses pr\u00e9tentions imp\u00e9riales. <em>Peanuts<\/em>&hellip;<\/p>\n<\/p>\n<p><h4>Note<\/h4>\n<\/p>\n<p><p>(1) Article mis \u00e0 nouveau en ligne le remis en ligne le <a class=\"gen\" href=\"http:\/\/www.dedefensa.org\/article-quand_april_rencontrait_saddam_28_06_2008.html\">28 juin 2008<\/a>.<\/p><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Les 1.347 jours de l&rsquo;Irak&#8230; 26 novembre 2006 &mdash; Puisque nous sommes au 1347\u00e8me jour depuis le 19 (ou le 20) mars 2003, puisque la \u00ab\u00a0guerre d&rsquo;Irak\u00a0\u00bb d\u00e9passe d\u00e9sormais en longueur, \u00e0 partir de ce jour, la Deuxi\u00e8me Guerre mondiale (version \u00ab\u00a0courte\u00a0\u00bb, am\u00e9ricaniste, celle qui \u00ab\u00a0marche\u00a0\u00bb le mieux et qui est la plus s\u00e9rieuse), &mdash;&hellip;&nbsp;<\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":0,"comment_status":"","ping_status":"","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"neve_meta_sidebar":"","neve_meta_container":"","neve_meta_enable_content_width":"","neve_meta_content_width":0,"neve_meta_title_alignment":"","neve_meta_author_avatar":"","neve_post_elements_order":"","neve_meta_disable_header":"","neve_meta_disable_footer":"","neve_meta_disable_title":"","_jetpack_memberships_contains_paid_content":false,"footnotes":""},"categories":[10],"tags":[4940,4094,868,708,4943,3518,857,981],"class_list":["post-68239","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-faits-et-commentaires","tag-ambassadeur","tag-baker","tag-bush","tag-empire","tag-glaspie","tag-histoire","tag-irak","tag-saddam"],"jetpack_featured_media_url":"","jetpack_sharing_enabled":true,"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/68239","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=68239"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/68239\/revisions"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=68239"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=68239"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=68239"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}