{"id":68378,"date":"2007-01-06T00:00:00","date_gmt":"2007-01-06T00:00:00","guid":{"rendered":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/2007\/01\/06\/la-grande-crise-peut-elle-passer-en-proces\/"},"modified":"2007-01-06T00:00:00","modified_gmt":"2007-01-06T00:00:00","slug":"la-grande-crise-peut-elle-passer-en-proces","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/2007\/01\/06\/la-grande-crise-peut-elle-passer-en-proces\/","title":{"rendered":"<strong><em>La Grande Crise peut-elle passer en proc\u00e8s?<\/em><\/strong>"},"content":{"rendered":"<p><h2 class=\"common-article\">La Grande Crise peut-elle passer en proc\u00e8s ?<\/h2>\n<\/p>\n<p><\/p>\n<p><p>\t6 janvier 2007  Nous nous r\u00e9f\u00e9rons \u00e0 notre <a href=\"http:\/\/www.dedefensa.org\/article.php?art_id=3521\" class=\"gen\">F&#038;C<\/a> du 29 d\u00e9cembre 2006 et, surtout, \u00e0 l&rsquo;article de Anatol Lieven du <a href=\"http:\/\/www.iht.com\/articles\/2006\/12\/28\/opinion\/edlieven.php\" class=\"gen\">28 d\u00e9cembre<\/a> 2006, qui est fortement pr\u00e9sent dans ce <em>F&#038;C<\/em>. Comme l&rsquo;on sait, Lieven traite le probl\u00e8me de ce que nous nommons la Grande crise, c&rsquo;est-\u00e0-dire la crise climatique et la mise en cause de notre syst\u00e8me, voire de notre civilisation, qu&rsquo;elle implique.  Le titre de son article nous dit tout \u00e0 ce propos : \u00ab<em>The end of the West as we know it?<\/em>\u00bb D&rsquo;autres <a href=\"http:\/\/www.dedefensa.org\/article.php?art_id=3526\" class=\"gen\">informations<\/a> confirment bien s\u00fbr que cette crise est aujourd&rsquo;hui devenue une pr\u00e9occupation centrale.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tC&rsquo;est Lieven lui-m\u00eame, par la formulation notamment de trois paragraphes de son article, qui nous a alert\u00e9s dans le sens que nous consid\u00e9rons aujourd&rsquo;hui. Ces trois paragraphes sont les suivants (en gras, soulign\u00e9s par nous, les mots qui nous int\u00e9ressent). <\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t\u00ab<em>If the latter proves the case, and the world suffers radically destructive climate change, then we must recognize that everything that the West now stands for will be rejected by<\/em> <strong><em>future generations.<\/em><\/strong> <em>The entire democratic capitalist system will be seen to have failed utterly as a model for humanity and as a custodian of essential human interests.<\/em><\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t()<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t\u00bb<em>If this comes to pass, what will<\/em> <strong><em>our descendants<\/em><\/strong> <em>make of a political and media culture that devotes little attention to this threat when compared with sports, consumer goods, leisure and a threat from terrorism that is puny by comparison? Will they remember us as great paragons of human progress and freedom? They are more likely to spit on our graves.<\/em><\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t\u00bb<em>Underlying Western free-market democracy, and its American form in particular, is the belief that this system is of permanent value to mankind: a New Order of the Ages, as the motto on the U.S. Great Seal has it. It is not supposed to serve only<\/em> <strong><em>the short- term<\/em><\/strong> <em>and selfish interests of existing Western populations. If our system is indeed no more than that, then it will pass from history even more utterly than Confucian China  and will deserve to do so.<\/em>\u00bb<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tLa question qui s&rsquo;est pos\u00e9e,  qui s&rsquo;est impos\u00e9e \u00e0 nous est celle-ci : ne peut-on d\u00e9j\u00e0 envisager que des proc\u00e9dures l\u00e9gales puissent \u00eatre lanc\u00e9es au nom de nos descendants, de ces futures g\u00e9n\u00e9rations, parce que nous n&rsquo;aurions pens\u00e9 qu&rsquo;au court-terme et leur aurions laiss\u00e9 un catastrophique long terme?<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tEn d&rsquo;autres termes (sic) se pose cette fascinante question : <\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t  <strong>une civilisation qui r\u00e9alise qu&rsquo;elle court \u00e0 sa perte \u00e0 cause de ses propres activit\u00e9s ne peut-elle se mettre en proc\u00e8s elle-m\u00eame au nom de son avenir ainsi compromis, parce qu&rsquo;elle n&rsquo;aurait pas modifi\u00e9 ces activit\u00e9s?<\/strong> ; <\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tet cette autre question, compl\u00e9mentaire et plus pratique :<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t  <strong>dans ce cas, ne peut-on forcer cette civilisation \u00e0 modifier ce comportement au nom des exigences de l&rsquo;avenir ?<\/strong><\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tNous envisageons ces deux questions \u00e0 premi\u00e8re vue absolument surr\u00e9alistes, effectivement parce qu&rsquo;un des aspects d&rsquo;une partie (l&rsquo;am\u00e9ricaniste) de notre civilisation est caract\u00e9ris\u00e9 notamment par deux choses qui nous int\u00e9ressent :<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t  le cas extr\u00eame de l&rsquo;absence compl\u00e8te de soucis, d&rsquo;attention, de pr\u00e9paration pour le long terme, notamment et pr\u00e9cis\u00e9ment pour la crise dont nous parlons ;<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t  le cas \u00e9galement extr\u00eame d&rsquo;un syst\u00e8me juridique hypertrophi\u00e9 envisageant, jusqu&rsquo;aux cas les plus baroques, que tout puisse \u00eatre mis en \u00e9quation juridique pour \u00eatre expos\u00e9, si n\u00e9cessaire, aux rigueurs de la loi, soit par des condamnations \u00e0 payer de tr\u00e8s fortes sommes, soit par des condamnations contre des biens et des personnes.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t C&rsquo;est en Am\u00e9rique qu&rsquo;on trouve le cas le plus caract\u00e9ristique de la faute et  de l&rsquo;outil le plus efficace pour punir la faute. C&rsquo;est donc en Am\u00e9rique, au d\u00e9part, qu&rsquo;il y a le plus de possibilit\u00e9s que puisse germer l&rsquo;id\u00e9e qu&rsquo;une partie civile quelconque se constitue contre un pouvoir, une collectivit\u00e9, etc.,  bref des autorit\u00e9s quelconques assumant des responsabilit\u00e9s dans le cas envisag\u00e9. Cette partie civile demanderait au syst\u00e8me juridique des condamnations, des d\u00e9dommagements ou des mesures d&rsquo;urgence pour redresser ou modifier ce qui appara\u00eet d\u00e9sormais comme de plus en plus probable, et pour une part non n\u00e9gligeable de la responsabilit\u00e9 de ces autorit\u00e9s-l\u00e0 : la destruction du cadre de vie auquel nos descendants ont droit selon les conceptions fondamentales du syst\u00e8me et la philosophie du Progr\u00e8s triomphant.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tPour autant, dans ce cas hypoth\u00e9tique extraordinaire que nous \u00e9voquons, la jurisprudence n&rsquo;a pas de fronti\u00e8re, de m\u00eame que la manifestation de la faute et les pr\u00e9judices subis. C&rsquo;est pour le compte qu&rsquo;on pourrait sugg\u00e9rer qu&rsquo;il serait judicieux d&rsquo;observer et d&rsquo;\u00e9ventuellement imiter le mod\u00e8le am\u00e9ricain.<\/p>\n<h3>De la jurisprudence consid\u00e9r\u00e9e comme un des beaux-arts<\/h3>\n<\/p>\n<p><p>\tNous avons consult\u00e9 un avocat d&rsquo;affaires travaillant dans le champ international et lui avons soumis notre hypoth\u00e8se. D&rsquo;abord amus\u00e9 et surpris, croyant peut-\u00eatre \u00e0 une plaisanterie de chroniqueur en mal de sensationnel, il a ensuite consid\u00e9r\u00e9 le cas avec int\u00e9r\u00eat. \u00ab<em>Le cas est gigantesque et un peu surr\u00e9aliste mais il n&rsquo;est certainement pas absurde. On a d\u00e9j\u00e0 vu des actions juridiques intent\u00e9es contre des autorit\u00e9s, publiques ou priv\u00e9es, \u00e0 cause de leurs actions ou de leurs inactions en toute connaissance de cause sur ou par rapport \u00e0 des situations naturelles, avec des cons\u00e9quences tr\u00e8s s\u00e9rieuses et pr\u00e9visibles pour des personnes et des biens. On a \u00e9galement vu,  je parle l\u00e0 de l&rsquo;aspect gigantesque qui ne doit pas nous d\u00e9courager  des proc\u00e8s intent\u00e9s et gagn\u00e9s contre des forces qu&rsquo;on jugeait \u00e0 premi\u00e8re vue inexpugnables, notamment contre l&rsquo;industrie du tabac aux USA.<\/em>\u00bb<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tNotre source estime qu&rsquo;il faut \u00e9videmment r\u00e9unir un dossier dans un sens compl\u00e8tement in\u00e9dit : un dossier s&rsquo;appuyant notamment sur la pr\u00e9vision, et sur la fa\u00e7on de r\u00e9agir face \u00e0 cette pr\u00e9vision.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t\u00ab<em>Mais il commence d&rsquo;ores et d\u00e9j\u00e0 \u00e0 y avoir ce qu&rsquo;on pourrait d\u00e9signer avec pr\u00e9cautions comme des \u00e9l\u00e9ments de preuve montrant que la pr\u00e9vision catastrophique est fond\u00e9e et qu&rsquo;elle menace effectivement le cadre de vie, voire la vie m\u00eame de nos descendants. De toutes les fa\u00e7ons, il existe d&rsquo;ores et d\u00e9j\u00e0 des \u00e9l\u00e9ments tr\u00e8s s\u00e9rieux montrant que la pr\u00e9vision pessimiste mais r\u00e9aliste parce qu&rsquo;en train d&rsquo;\u00eatre confirm\u00e9e existe d\u00e9j\u00e0 depuis un bon quart de si\u00e8cle, et que les r\u00e9actions ont \u00e9t\u00e9 erratiques, contradictoires et souvent irresponsables. En quelque sorte, le comportement actuel de ces autorit\u00e9s, notamment celles qui se pr\u00e9occupent d\u00e9sormais s\u00e9rieusement et urgemment du probl\u00e8me, rendrait d&rsquo;autant plus fautives l&rsquo;inaction et l&rsquo;inertie pass\u00e9es. Certes, on pourrait r\u00e9pliquer que ce constat pourrait pousser ces autorit\u00e9s \u00e0 ne rien faire aujourd&rsquo;hui pour ne pas mettre en \u00e9vidence leur inaction d&rsquo;hier, mais cela est pure sp\u00e9ciosit\u00e9 dans la mesure o\u00f9 l&rsquo;\u00e9vidence de la crise, de la faute si vous voulez, est d\u00e9sormais quasiment av\u00e9r\u00e9e. Il y aurait l\u00e0 une int\u00e9ressante plaidoirie \u00e0 faire et le tribunal serait plac\u00e9 devant un cas compl\u00e8tement in\u00e9dit.<\/em>\u00bb<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tIl faut noter que cette curieuse interrogation que nous soulevons se justifie selon le point de vue de consid\u00e9rer d\u00e9sormais que nous avons effectivement franchi le cap de ce que nous pourrions nommer la reconnaissance de l&rsquo;existence de la faute, voire du crime (dont les effets sont \u00e0 venir mais \u00e9galement de plus en plus pr\u00e9sents). 2006 semble s&rsquo;imposer comme l&rsquo;ann\u00e9e o\u00f9 l&rsquo;on a reconnu l&rsquo;existence de la crise climatique et de la gravit\u00e9 extraordinaire de la crise climatique (notamment gr\u00e2ce au <a href=\"http:\/\/www.dedefensa.org\/article.php?art_id=3300\" class=\"gen\">rapport Stern<\/a> de la fin octobre 2006). Nous citons \u00e0 l&rsquo;appui de constat cette introduction d&rsquo;un article du professeur, Sir David King, Chief Scientific Adviser du gouvernement britannique (le <a href=\"http:\/\/comment.independent.co.uk\/commentators\/article2116896.ece\" class=\"gen\">1er janvier 2007<\/a> dans <em>The Independent<\/em>), o\u00f9 le scientifique britannique nous signifie que, d\u00e9sormais, plus personne ne peut s\u00e9rieusement nier l&rsquo;existence de la crise climatique :<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t\u00ab<em>For those of us seeking to tackle the threat of climate change, 2006 was an encouraging year. At the start of the year, the conversation  when it took place at all  was about whether climate change was really happening. That discussion is now over.<\/em>\u00bb<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tL&rsquo;optimisme (<em>encouraging year<\/em>) de Sir David est \u00e9videmment paradoxal : \u00ab<em>At last, I&rsquo;m hopeful about climate change. Events last year have brought the prospect of tackling global warming a giant leap forward.<\/em>\u00bb Cet optimisme concerne la reconnaissance d&rsquo;une situation catastrophique et porte sur la d\u00e9cision de lutter contre ces d\u00e9veloppements dont nul ne peut plus contester qu&rsquo;ils seront de toutes les fa\u00e7ons dramatiques. Il renforce effectivement le dossier \u00e0 charge contre les autorit\u00e9s qui ont tant tard\u00e9 \u00e0 r\u00e9agir, pour ne rien dire de celles qui h\u00e9sitent encore \u00e0 le faire et encore moins de celles qui ignorent la chose.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t\u00ab<em>La question qui se pose, <\/em>poursuit notre source, <em>concerne l&rsquo;identification des responsabilit\u00e9s. Il est certain qu&rsquo;on penserait aux autorit\u00e9s nationales, mais \u00e9galement et surtout aux organisations internationales. Ces organisations ont en effet l&rsquo;ampleur de vue et le r\u00f4le de vigile de la communaut\u00e9 internationale qui les placent en position incontestable pour ce r\u00f4le. Pour nous, en Europe, on peut consid\u00e9rer que c&rsquo;est le r\u00f4le et la responsabilit\u00e9 des institutions europ\u00e9ennes, particuli\u00e8rement la Commission, de mettre en \u00e9vidence avec constance et insistance le danger terrifiant que rec\u00e8le la crise climatique pour l&rsquo;avenir et pour les g\u00e9n\u00e9rations \u00e0 venir. Si l&rsquo;on montre que ce ne fut pas le cas, et le dossier est fourni \u00e0 cet \u00e9gard, il y a effectivement une occurrence juridique du plus grand int\u00e9r\u00eat.<\/em>\u00bb <\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tCes remarques ouvrent un espace inattendu, d&rsquo;un consid\u00e9rable volume. On y trouve d\u00e9battue la question absolument fondamentale de la crise climatique qui va jusqu&rsquo;\u00e0 mettre en jeu des appr\u00e9ciations comme celle de la survie de l&rsquo;esp\u00e8ce ; la confrontation de cette question avec l&rsquo;activisme du citoyen (on dirait l&rsquo;activisme citoyen) ; les m\u00e9thodes anglo-saxonnes de juridisme avec les modes de confrontation entre l&rsquo;individu (plut\u00f4t que le citoyen) et les puissants groupes d&rsquo;int\u00e9r\u00eat, qu&rsquo;ils soient financiers ou institutionnels, qu&rsquo;ils soient priv\u00e9s ou publics. La crise climatique ouvre l&rsquo;espace de questions absolument folles : le citoyen et des groupes de citoyens, ou l&rsquo;individu et des groupes d&rsquo;individus, peuvent-ils interpeller une institution de la puissance de la Commission europ\u00e9enne et l&rsquo;assigner,  au sens propre et au sens figur\u00e9  \u00e0 propos de sa responsabilit\u00e9 dans la crise climatique, dont la puissance est telle qu&rsquo;elle d\u00e9passe toutes les notions habituelles du pouvoir, de la d\u00e9mocratie, de la politique, pour s&rsquo;attacher \u00e0 des notions fondamentales de l&rsquo;Histoire, de la philosophie du monde, du domaine spirituel? Peut-on assigner une institution qui para\u00eet intouchable \u00e0 propos d&rsquo;une affaire qui implique le destin de la civilisation et du monde? Peut-on d\u00e9gager une responsabilit\u00e9 institutionnelle dans une circonstance qui implique l&rsquo;application d&rsquo;un syst\u00e8me de pens\u00e9e et d&rsquo;action vieux de plusieurs si\u00e8cles, et dont on peut commencer \u00e0 se demander s&rsquo;il n&rsquo;est pas la voie royale du suicide de la civilisation?  Et plaider tout cela devant un tribunal?<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t\u00ab<em>J&rsquo;ignore si on le peut stricto sensu,<\/em>dit ironiquement notre source. <em>Nous sommes dans le domaine de la jurisprudence consid\u00e9r\u00e9e comme un des beaux-arts et dans le domaine de la crise de civilisation consid\u00e9r\u00e9e comme argument normal de plaidoirie. Cela fait beaucoup. L&rsquo;exceptionnel de cette situation est dans la confrontation de th\u00e8mes si \u00e9normes et si diff\u00e9rents et, pourtant, dans le constat que ce n&rsquo;est pas absurde. Car c&rsquo;est bien l\u00e0 la conclusion : cette sorte de proc\u00e8s n&rsquo;est pas, techniquement consid\u00e9r\u00e9e,  du domaine de l&rsquo;absurde. A mon avis, les dirigeants europ\u00e9ens feraient bien de consid\u00e9rer la chose comme autrement qu&rsquo;une id\u00e9e farfelue. Notre \u00e9poque nous r\u00e9serve bien des surprises, et les surprises d\u00e9filent \u00e0 une vitesse stup\u00e9fiante.<\/em>\u00bb<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tDes surprises, sans aucun doute. D&rsquo;ores et d\u00e9j\u00e0, divers cas potentiels commencent \u00e0 appara\u00eetre, qui peuvent d\u00e9boucher sur des conflits juridiques s\u00e9rieux o\u00f9 les th\u00e8mes envisag\u00e9s dans cette analyse seront effectivement \u00e9voqu\u00e9s,  ou pourraient l&rsquo;\u00eatre. Ils concernent certains \u00e0-c\u00f4t\u00e9s de la crise climatique qui ne sont pas tout \u00e0 fait le fondement de la crise elle-m\u00eame. Mais la logique est l\u00e0, et dans le syst\u00e8me juridique actuel, la logique est m\u00e8re de toutes les possibilit\u00e9s. On voit d\u00e9j\u00e0 dans une affaire comme l&rsquo;attaque d&rsquo;Exxon par l&rsquo;<a href=\"http:\/\/www.dedefensa.org\/article.php?art_id=3546\" class=\"gen\">Union of Concerned Scientists<\/a> (UCS) qu&rsquo;il existe un dossier qui ne demande qu&rsquo;\u00e0 \u00eatre officialis\u00e9 par une plainte. Le parall\u00e8le que propose l&rsquo;UCS du cas Exxon avec l&rsquo;industrie du tabac, qui eut finalement \u00e0 payer des dizaines, voire des centaines de $milliards pour son action nocive pour la sant\u00e9 publique et pour son action de d\u00e9sinformation dans ce cadre,  ce parall\u00e8le <em>speaks volume<\/em>, comme disent les amis anglophones<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tLes querelles transatlantiques concernant les pratiques commerciales et les r\u00e8glements de protection de l&rsquo;environnement sont grosses d&rsquo;un tel d\u00e9bat fondamental et de cette possibilit\u00e9 stup\u00e9fiante de voir la grande crise de notre civilisation et de notre syst\u00e8me devenir un argument fondamental de la plaidoirie devant le tribunal de notre syst\u00e8me judiciaire. C&rsquo;est le cas du conflit qui sourd entre les Am\u00e9ricains et les normes europ\u00e9ennes (notamment britanniques) concernant les limites de la pollution par les avions de ligne. L&rsquo;affaiblissement du pouvoir politique par rapport \u00e0 ses devoirs de protection des int\u00e9r\u00eats du citoyen, au profit d&rsquo;un syst\u00e8me m\u00e9caniste de profit sans frein ni r\u00e9glementation, conduit effectivement \u00e0 des occurrences o\u00f9 notre juridisme peut conduire \u00e0 son tour, dans une volte-face perverse (pour le syst\u00e8me) mais go\u00fbteuse (pour nous) \u00e0 des situations qu&rsquo;on jugerait comme folles et insens\u00e9es. <\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tAvec la crise climatique, en v\u00e9rit\u00e9, l&rsquo;Histoire telle que l&rsquo;ont voulue notre syst\u00e8me et ceux qui repr\u00e9sentent notre syst\u00e8me d\u00e9sormais en crise peut \u00eatre mise en proc\u00e8s au sens propre de l&rsquo;expression. En m\u00eame temps, ce proc\u00e8s nous conduit obligeamment au tribunal de l&rsquo;Histoire, pour la mise en cause des fondements d&rsquo;une civilisation confront\u00e9e \u00e0 sa crise ultime. Aujourd&rsquo;hui, les grands diff\u00e9rends se r\u00e8glent plus devant les tribunaux que sur les champs de bataille. C&rsquo;est un progr\u00e8s, se r\u00e9jouit le philosophe ; voire s&rsquo;il ne s&rsquo;agit pas du progr\u00e8s vers l&rsquo;absurde ultime, lorsque le progr\u00e8s en question aboutit \u00e0 mettre en proc\u00e8s le Progr\u00e8s lui-m\u00eame et ceux qui pr\u00e9tendent le conduire.<\/p>\n<\/p>\n<p><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>La Grande Crise peut-elle passer en proc\u00e8s ? 6 janvier 2007 Nous nous r\u00e9f\u00e9rons \u00e0 notre F&#038;C du 29 d\u00e9cembre 2006 et, surtout, \u00e0 l&rsquo;article de Anatol Lieven du 28 d\u00e9cembre 2006, qui est fortement pr\u00e9sent dans ce F&#038;C. 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