{"id":68391,"date":"2007-01-09T00:00:00","date_gmt":"2007-01-09T00:00:00","guid":{"rendered":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/2007\/01\/09\/la-commission-son-agonie-et-la-crise-climatique-extrait-de-la-rubrique-de-defensa-volume-22-n07-du-10-decembre-2006\/"},"modified":"2007-01-09T00:00:00","modified_gmt":"2007-01-09T00:00:00","slug":"la-commission-son-agonie-et-la-crise-climatique-extrait-de-la-rubrique-de-defensa-volume-22-n07-du-10-decembre-2006","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/2007\/01\/09\/la-commission-son-agonie-et-la-crise-climatique-extrait-de-la-rubrique-de-defensa-volume-22-n07-du-10-decembre-2006\/","title":{"rendered":"<strong><em>La Commission, son agonie et la crise climatique \u2014 Extrait de la rubrique \u201cde defensa\u201d, Volume 22, n\u00b007 du 10 d\u00e9cembre 2006<\/em><\/strong>"},"content":{"rendered":"<p><h3>La Commission, son agonie et la crise climatique  Extrait de la rubrique de defensa, Volume 22, n\u00b007 du 10 d\u00e9cembre 2006<\/h3>\n<\/p>\n<p><p>\tCet extrait de la rubrique <em>de defensa<\/em>, dans notre Lettre d&rsquo;Analyse <em>dd&#038;e<\/em> du 10 d\u00e9cembre 2006 pr\u00e9sente une observation (tr\u00e8s) critique de l&rsquo;\u00e9volution de la Commission europ\u00e9enne face aux cons\u00e9quences de l&rsquo;\u00e9largissement et \u00e0 la r\u00e9affirmation des int\u00e9r\u00eats nationaux.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tL&rsquo;une des formules choisies par la pr\u00e9sidence (Barroso) pour tenter de bloquer cette \u00e9volution, voire de la renverser, consiste \u00e0 ouvrir l&rsquo;\u00e9norme dossier de la crise climatique  pour affirmer, paradoxe extraordinaire, que seule l&rsquo;ouverture des march\u00e9s et l&rsquo;hyper-lib\u00e9ralisme permettent de lutter contre elle,  donc, CQFD, que la Commission reste indispensable.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tContentons-nous d&rsquo;observer que, dans cette folle p\u00e9riode, les voies de la sagesse sont imp\u00e9n\u00e9trables, obscures et glauques. Mais au bout du compte, sonner l&rsquo;alarme \u00e0 la crise climatique, c&rsquo;est la sagesse m\u00eame.<\/p>\n<h2 class=\"common-article\">Destruction de l&rsquo;ordre<\/h2>\n<h3>Les ruines maquill\u00e9es<\/h3>\n<\/p>\n<p><p>\t<strong><em>Acc\u00e9l\u00e9ration impressionnante de la destruction des structures transnationales europ\u00e9ennes<\/em><\/strong><\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tUn observateur ironique et go\u00fbteur de paradoxes pourrait avancer que le veto mis par la Pologne, le 24 novembre, \u00e0 la signature de l&rsquo;accord strat\u00e9gique entre l&rsquo;UE et la Russie, a bien autant d&rsquo;importance que le grand sommet de l&rsquo;OTAN \u00e0 Riga. Ces deux actes (sont-ce des actes?) sont si compl\u00e8tement n\u00e9gatifs qu&rsquo;ils peuvent effectivement \u00eatre mis sur un pied d&rsquo;\u00e9galit\u00e9, malgr\u00e9 la disproportion apparente. Dans tous les cas, mettons-les en parall\u00e8le car ils constituent sans aucun doute une \u00e9volution impressionnante, dans le sens de la destruction, des structures transnationales europ\u00e9ennes h\u00e9rit\u00e9es de l&rsquo;ordre de l&rsquo;apr\u00e8s-guerre (apr\u00e8s la Deuxi\u00e8me Guerre mondiale).<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tPour conduire cette r\u00e9flexion, il faut adopter une forme d&rsquo;analyse qui renvoie aux nouvelles r\u00e9alit\u00e9s de l&rsquo;\u00e8re psychopolitique rempla\u00e7ant l&rsquo;\u00e8re g\u00e9opolitique (voir notre rubrique <em>de defensa<\/em> du 25 novembre). Il faut appr\u00e9cier les \u00e9v\u00e9nements selon la perception que notre psychologie en re\u00e7oit et nullement selon les affirmations et attributs traditionnels de la puissance de l&rsquo;\u00e9poque g\u00e9opolitique. De m\u00eame, il importe de bannir toute r\u00e9f\u00e9rence s\u00e9rieuse de fond venue des interpr\u00e9tations et analyses de source officielle en s&rsquo;en tenant \u00e0 des r\u00e9f\u00e9rences critiques utiles au raisonnement,. Les directions officielles occidentales, particuli\u00e8rement et singuli\u00e8rement celles des institutions qui nous int\u00e9ressent ici, sont totalement emprisonn\u00e9es dans le conformisme bureaucratique et n&rsquo;ont plus aucune capacit\u00e9 s\u00e9rieuse de rendre compte de la r\u00e9alit\u00e9 lorsqu&rsquo;elles pr\u00e9tendent nous informer. Elles sont engag\u00e9es dans une bataille d\u00e9sesp\u00e9r\u00e9e pour assurer la survivance de leur propre statut par le biais de l&rsquo;usage de ces r\u00e9f\u00e9rences d\u00e9pass\u00e9es auxquelles nous faisons allusion.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tLa perception \u00e0 laquelle nous nous r\u00e9f\u00e9rons concerne pour ce cas le r\u00f4le structurant fondamental qu&rsquo;ont jou\u00e9, depuis les ann\u00e9es 1949-1956, les institutions euro-atlantiques que sont l&rsquo;OTAN et l&rsquo;UE (Communaut\u00e9 europ\u00e9enne jusqu&rsquo;aux ann\u00e9es 1980). L&rsquo;habitude s\u00e9mantique h\u00e9rit\u00e9e de l&rsquo;\u00e8re g\u00e9opolitique permet de faire perdurer l&rsquo;id\u00e9e sommaire que ces deux institutions, telles qu&rsquo;elles sont actuellement et dans les r\u00f4les respectifs qu&rsquo;elles tiennent, sont de nature et d&rsquo;orientation diff\u00e9rentes, jusqu&rsquo;\u00e0 \u00e9voquer la possibilit\u00e9 d&rsquo;une concurrence; que l&rsquo;OTAN repr\u00e9sente une orientation atlantiste en liant des nations europ\u00e9ennes avec les USA au profit de ces derniers tandis que l&rsquo;UE repr\u00e9sente une orientation purement europ\u00e9enne en regroupant les pays europ\u00e9ens. Cette affirmation est une interpr\u00e9tation th\u00e9orique, ou une interpr\u00e9tation d\u00e9form\u00e9e c&rsquo;est selon, tendant \u00e0 accr\u00e9diter la th\u00e8se de l&rsquo;existence substantielle des deux organisations et, par cons\u00e9quent, \u00e0 affirmer comme r\u00e9elle la description de leurs fonctions th\u00e9oriques, voire de leurs fonctions rh\u00e9toriques.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tCes derni\u00e8res ann\u00e9es, notamment avec l&rsquo;acte d\u00e9cisif de l&rsquo;\u00e9largissement (celui de l&rsquo;OTAN comme celui de l&rsquo;UE, les deux vont de pair et renvoient \u00e0 la m\u00eame logique), ont confirm\u00e9 d&rsquo;une fa\u00e7on d\u00e9cisive un fait fondamental. Ces deux organisations ont leurs sorts li\u00e9s \u00e0 la conception du monde tel qu&rsquo;il a \u00e9t\u00e9 organis\u00e9 \u00e0 partir de 1945, selon les r\u00e8gles de la g\u00e9opolitique, selon des orientations politiques qui ont leurs racines dans la situation id\u00e9ologique de la Guerre froide.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t<strong>Il y a un besoin des \u00e9lites occidentales de nous faire croire \u00e0 la fiction europ\u00e9enne par rapport \u00e0 la fiction US, uniquement par rapport \u00e0 elle&#8230;<\/strong><\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tLe maquillage syst\u00e9matique qui nous est propos\u00e9 en guise d&rsquo;explication europ\u00e9enne  \u00e9largissement vers l&rsquo;Est, UE comme mod\u00e8le de gouvernance, partage des valeurs occidentales avec les USA par le biais de l&rsquo;OTAN,  est une n\u00e9cessit\u00e9 du pass\u00e9 des \u00e9lites en place. Le pass\u00e9isme, l&rsquo;obsolescence du maquillage progressiste (ou lib\u00e9ral si l&rsquo;on parle d&rsquo;\u00e9conomie) constituent un ph\u00e9nom\u00e8ne conceptuel tr\u00e8s int\u00e9ressant par sa puissance et sa dur\u00e9e. Ce maquillage a toutes les caract\u00e9ristiques du conformisme, qu&rsquo;on peut r\u00e9sumer d&rsquo;un trait: blocage (et non interdiction) de toute pens\u00e9e lib\u00e9ratrice. Il a les traits du ph\u00e9nom\u00e8ne auquel aboutit cette consigne: le suicide intellectuel, mais lentement, sans brutalit\u00e9 excessive.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tLa mise en place de la Commission Barroso co\u00efncide avec l&rsquo;acc\u00e9l\u00e9ration du ph\u00e9nom\u00e8ne, jusqu&rsquo;\u00e0 son verrouillage. Le climat \u00e0 l&rsquo;int\u00e9rieur de la bureaucratie de l&rsquo;UE est devenu d\u00e9testable,  pour ceux qui sont encore capables de s&rsquo;en aviser. \u00ab<em>Il faut \u00eatre op\u00e9rationnel<\/em>, nous dit une source. <em>Surtout, ne rien penser, ne pas sp\u00e9culer, mettre en cause, s&rsquo;interroger; mais agir, agir, agir encore, c&rsquo;est-\u00e0-dire d\u00e9velopper programme sur programme, pondre des notes pour des propositions d&rsquo;action, des plans de travail, mettre en place des task forces, des groupes de travail&#8230;<\/em>\u00bb Le r\u00e9sultat est une immense activit\u00e9 tournant \u00e0 vide, sur des fondations dont la crise est \u00e9vidente aujourd&rsquo;hui, d&rsquo;\u00c9tat-membre en \u00c9tat-membre, de r\u00e9f\u00e9rendum en r\u00e9f\u00e9rendum, rythm\u00e9e par le cat\u00e9chisme des valeurs de la moralit\u00e9 postmoderne qui vaut aussi bien pour le Charlemagne, pour le quartier-g\u00e9n\u00e9ral d&rsquo;Evere que pour les salons parisiens.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tCette m\u00eame certitude se rencontre effectivement \u00e0 l&rsquo;OTAN et renvoie \u00e9videmment aux r\u00e9f\u00e9rences transatlantiques fondant cet \u00e9trange m\u00e9lange d&rsquo;action fr\u00e9n\u00e9tique et simul\u00e9e (la bureaucratie est comme ces soldats marchant sur la sc\u00e8ne d&rsquo;un th\u00e9\u00e2tre en scandant marchons, marchons) et de pens\u00e9e verrouill\u00e9e sur un mod\u00e8le universel paralys\u00e9. Aucune r\u00e9forme du syst\u00e8me UE-OTAN n&rsquo;est plus d\u00e9sormais possible, \u00e0 l&rsquo;image de l&rsquo;impossibilit\u00e9 de r\u00e9former le syst\u00e8me am\u00e9ricaniste de Washington. L&rsquo;ensemble forme d\u00e9sormais une sorte d&rsquo;archipel bureaucratique, d&rsquo;une puissance extraordinaire mais compl\u00e8tement vaine, totalement inf\u00e9conde, immobile. Il s&rsquo;agit de la toute-puissance de l&rsquo;\u00e8re g\u00e9opolitique, qui s&rsquo;est form\u00e9e du temps de la Guerre froide, appuy\u00e9e sur la culture de la libert\u00e9 occidentale parfaitement r\u00e9pandue par les intellectuels de la CIA dans les ann\u00e9es 1945-60 (voir <em>Who Paid the Piper?<\/em>, l&rsquo;\u00e9tude d\u00e9cisive de Frances Stonor Saunders sur cette entreprise de r\u00e9g\u00e9n\u00e9ration de la culture occidentale).<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tOn mesure mal les changements intervenus dans les structures europ\u00e9ennes dans les deux ou trois derni\u00e8res ann\u00e9es. L&rsquo;activit\u00e9 de relations publiques se r\u00e9sume d\u00e9sormais \u00e0 une fr\u00e9n\u00e9tique et gigantesque entreprise de maquillage; d&rsquo;autant plus d\u00e9cid\u00e9e et organis\u00e9e qu&rsquo;elle ne fait la promotion de rien d&rsquo;autre que d&rsquo;elle-m\u00eame. C&rsquo;est dans cette situation que sont intervenus les deux \u00e9v\u00e9nements que nous mentionnons au d\u00e9but de cette chronique, dont on verra qu&rsquo;ils peuvent appara\u00eetre comme l&rsquo;ouverture d&rsquo;une phase finale et bienheureuse,  la confrontation de ce monstrueux artefact bureaucratique qu&rsquo;est l&rsquo;archipel transatlantique avec la r\u00e9alit\u00e9. Nous nuancerons donc le pessimisme du propos du rayon de lumi\u00e8re d&rsquo;une perspective d\u00e9stabilisatrice compl\u00e8tement destructrice. <\/p>\n<h3>Le sauvetage rat\u00e9<\/h3>\n<\/p>\n<p><p>\t<strong><em>L&rsquo;Europe institutionnelle a rat\u00e9 son sauvetage. Elle ne distingue plus son action nihiliste.<\/em><\/strong><\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tIl est certain que l&rsquo;Europe avait une chance en 2002-2004, jusqu&rsquo;\u00e0 l&rsquo;\u00e9largissement et la crise du r\u00e9f\u00e9rendum fran\u00e7ais. Elle \u00e9tait sur la voie d&rsquo;une certaine affirmation europ\u00e9enne. M\u00eame si les guillemets sont n\u00e9cessaires, il n&rsquo;en reste pas moins que l&rsquo;\u00e9pisode pouvait passer pour heureux, d&rsquo;un point de vue europ\u00e9en. Certains domaines d&rsquo;int\u00e9gration europ\u00e9enne s&rsquo;affirmaient, notamment le domaine de la s\u00e9curit\u00e9 (d\u00e9fense et diplomatie). L&rsquo;\u00e9pouvantable cacophonie de l&rsquo;attitude europ\u00e9enne vis-\u00e0-vis de l&rsquo;Irak pouvait \u00eatre consid\u00e9r\u00e9e comme accidentelle,  un accident de conjoncture et, surtout, de manipulation \u00e9hont\u00e9e, caus\u00e9e pour l&rsquo;essentiel par l&rsquo;activisme des groupes d\u00e9stabilisateurs am\u00e9ricanistes de la tendance <em>neocon<\/em> bien connue (le groupe Bruce P. Jackson, l&rsquo;activisme du Wall Street <em>Journal<\/em>, etc., manipulant les pays de l&rsquo;Est sur le point d&rsquo;entrer dans l&rsquo;Europe et s&rsquo;appuyant sur les atlantistes de service \u00e0 l&rsquo;Ouest,  le trio Blair-Aznar-Berlusconi).<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tDans le domaine des affaires strictement europ\u00e9ennes, notamment dans le travail inter-gouvernemental, il y avait une dynamique europ\u00e9enne bien r\u00e9elle, qui paraissait extr\u00eamement prometteuse,  ou bien, autre fa\u00e7on de voir, et acceptable \u00e0 la lumi\u00e8re de ce qui a suivi, qui pouvait faire illusion ou, dans tous les cas, entretenir des illusions. La question de la d\u00e9fense, qui est essentielle dans le processus europ\u00e9en, tenait un r\u00f4le pr\u00e9pond\u00e9rant dans cette appr\u00e9ciation de l&rsquo;\u00e9poque.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tLes \u00e9v\u00e9nements n&rsquo;ont pas permis la concr\u00e9tisation ni, encore moins, l&rsquo;int\u00e9gration de cette tendance. L&rsquo;\u00e9largissement a compl\u00e8tement annihil\u00e9 cette dynamique, d&rsquo;ailleurs par simple pesanteur institutionnelle. Comme l&rsquo;UEO \u00e0 partir de 1990-94, en s&rsquo;\u00e9largissant aux m\u00eames nouveaux europ\u00e9ens, l&rsquo;UE s&rsquo;est faite <em>hara-kiri<\/em> en s&rsquo;\u00e9largissant en 2004. La machine institutionnelle a atteint et d\u00e9pass\u00e9 son point de comp\u00e9tence pour entrer dans le domaine de la paralysie fonctionnelle autant que bureaucratique. On ne reviendra pas l\u00e0-dessus dans le d\u00e9tail parce que le cas rel\u00e8ve de l&rsquo;\u00e9vidence, parce que nous sommes 25 (ou 27, peu importe) dans l&rsquo;UE et que la paralysie de la d\u00e9cision est d\u00e9sormais install\u00e9e. Le r\u00e9f\u00e9rendum fran\u00e7ais de mai 2005 a prononc\u00e9 une sanction politique \u00e9clatante de cette situation; la rationalit\u00e9 fran\u00e7aise a tranch\u00e9, en appelant un chat (la paralysie et le <em>hara-kiri<\/em> de l&rsquo;UE) un chat.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tLa le\u00e7on qui peut \u00eatre tir\u00e9e de cet \u00e9pisode est que l&rsquo;UE est arriv\u00e9e \u00e0 un point o\u00f9 son aveuglement est d\u00e9sormais av\u00e9r\u00e9, o\u00f9 sa bureaucratisation et l&rsquo;appr\u00e9ciation virtualiste qui va avec ont pris compl\u00e8tement le dessus sur la perception des r\u00e9alit\u00e9s et la tentative d&rsquo;en tenir compte d&rsquo;une fa\u00e7on positive et politiquement constructive. Elle a effectivement atteint ce point qu&rsquo;on pourrait d\u00e9finir comme cet instant d\u00e9cisif du hara-kiri bureaucratique. Cette masse \u00e9norme de puissance bureaucratique est d\u00e9sormais plong\u00e9e dans l&rsquo;impuissance politique av\u00e9r\u00e9e, g\u00e9n\u00e9r\u00e9e d&rsquo;une fa\u00e7on quasi-automatique (c&rsquo;est-\u00e0-dire sans intention n\u00e9cessairement d\u00e9plorable et condamnable, et en d\u00e9pit de son \u00e9ventuelle bonne volont\u00e9 et de son d\u00e9sir de bien faire). L&rsquo;on est fond\u00e9 \u00e0 estimer que ses actes et ses initiatives sont d\u00e9sormais marqu\u00e9s du sceau du nihilisme, d\u00e9gageant par syst\u00e8me toujours plus d&rsquo;effets destructeurs que d&rsquo;effets positifs.<\/p>\n<h3>Barroso en chevalier vert<\/h3>\n<\/p>\n<p><p>\t<strong><em>De la crise climatique \u00e0 l&rsquo;anath\u00e8me anti-russe,  ou comment survivre avec le lib\u00e9ralisme<\/em><\/strong><\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tMais la Commission  ou, plut\u00f4t, son pr\u00e9sident  a pourtant trouv\u00e9 ses axes d&rsquo;affirmation. La Commission Barroso repr\u00e9sente un changement notable par rapport aux \u00e9quipes qui l&rsquo;ont pr\u00e9c\u00e9d\u00e9e, notamment par l&rsquo;\u00e9clatement du pouvoir et l&rsquo;absence de solidarit\u00e9 et de coordination dans l&rsquo;action. Les pressions du syst\u00e8me arriv\u00e9 \u00e0 l&rsquo;\u00e9tat de crise o\u00f9 il se trouve poussent les uns et les autres au cavalier seul. Dans cette mati\u00e8re, Barroso est pass\u00e9 ma\u00eetre. Il exploite les opportunit\u00e9s, qui sont \u00e0 la fois les th\u00e8mes \u00e0 la mode et les consignes implicites du syst\u00e8me dominant, et les rassemble dans un semblant de coh\u00e9rence. Ainsi en est-il du rassemblement qu&rsquo;il a r\u00e9ussi \u00e0 effectuer entre trois th\u00e8mes qui r\u00e9pondent \u00e0 ces tendances:<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t La crise climatique;<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t la croisade anti-russe;<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t l&rsquo;hyper-lib\u00e9ralisme \u00e9conomique.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t\u00ab<em>State-protected energy markets on the continent are to be liberalised by the European Commission to combat climate change and stem the growing influence of Russia<\/em>\u00bb, \u00e9crivait le 26 novembre <em>The Observer<\/em>, r\u00e9sumant la pens\u00e9e strat\u00e9gique du pr\u00e9sident Barroso. Le pr\u00e9sident Barroso pense que l&rsquo;ouverture maximum du march\u00e9 de l&rsquo;\u00e9nergie et la fin de l&rsquo;interventionnisme \u00e9tatique vont provoquer une union europ\u00e9enne sous la forme d&rsquo;un march\u00e9 g\u00e9n\u00e9ral avec toutes ses vertus, entra\u00eenant une affirmation victorieuse contre la Russie, provoquant dans ce pays une conversion au lib\u00e9ralisme, en m\u00eame temps qu&rsquo;entra\u00eenant une organisation de la lutte contre la crise climatique sous la forme de restrictions volontaires, de l&rsquo;apparition de nouvelles technologies et d&rsquo;une coordination.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tLe sch\u00e9ma barrosien est \u00e9trange parce qu&rsquo;il encha\u00eene des affirmations, ou des perspectives curieusement contradictoires. Esp\u00e9rer qu&rsquo;un march\u00e9 compl\u00e8tement lib\u00e9ralis\u00e9, c&rsquo;est-\u00e0-dire d\u00e9barrass\u00e9 de toutes contraintes r\u00e9gulatrices, imagine de se r\u00e9guler lui-m\u00eame sur simple incitation vertueuse est une utopie. Imaginer que les Russes seraient impressionn\u00e9s par cette \u00e9volution, si elle se produisait, est \u00e9galement utopique. Comment cet encha\u00eenement tr\u00e8s th\u00e9orique et particuli\u00e8rement irr\u00e9aliste peut-il \u00eatre envisag\u00e9? La r\u00e9ponse est dans le volet de la lutte contre la crise climatique. Le rapport Stern, surtout parce qu&rsquo;il vient des milieux anglo-saxons et financiers, a \u00e9cart\u00e9 toute contestation du fait de la crise climatique (on l&rsquo;a vu dans le dernier num\u00e9ro, chronique <em>de defensa<\/em>) et a suscit\u00e9 une adoption g\u00e9n\u00e9rale de son caract\u00e8re vertueux comme outil de promotion maximal pour tous les autres aspects de l&rsquo;id\u00e9ologie lib\u00e9rale en vogue. M\u00eame l&rsquo;affaire des rapports avec la Russie est pass\u00e9e \u00e0 cette moulinette: si l&rsquo;Europe s&rsquo;unit en un grand march\u00e9 d\u00e9r\u00e9gul\u00e9, la Russie c\u00e9dera, disent les th\u00e9oriciens. C&rsquo;est une bien curieuse id\u00e9e, dans la mesure o\u00f9 cette soi-disant Europe unie le sera fort peu dans les domaines qui comptent, le domaine politique et le domaine de la volont\u00e9 politique appuy\u00e9e sur la souverainet\u00e9.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tLes dirigeants institutionnels europ\u00e9ens oublient, s&rsquo;ils l&rsquo;ont jamais su, que la puissance na\u00eet de la r\u00e9alit\u00e9 souveraine d&rsquo;une nation ou d&rsquo;une collectivit\u00e9. La structure hyper-lib\u00e9rale qu&rsquo;ils poursuivent de leurs voeux est totalement, absolument antinomique de la souverainet\u00e9. Elle n&rsquo;offre qu&rsquo;une situation de type entropique, o\u00f9 les valeurs politiques sont totalement dilu\u00e9es, voire rong\u00e9es comme une mati\u00e8re sensible \u00e0 cet effet l&rsquo;est sous l&rsquo;action d&rsquo;un acide.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t<strong>Les ambitions \u00e9tranges de Barroso contr\u00e9es par l&rsquo;\u00e9trange cons\u00e9quence de l&rsquo;attitude de la Pologne<\/strong><\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tLa d\u00e9marche de Barroso offre le paradoxe de proposer comme moyen de lutte contre les effets catastrophiques (le <em>global warming<\/em>) d&rsquo;un syst\u00e8me \u00e9conomique bien connu (l&rsquo;hyper-lib\u00e9ralisme et le d\u00e9veloppement illimit\u00e9 et incontr\u00f4l\u00e9 qu&rsquo;il implique), l&rsquo;application maximale de ce syst\u00e8me \u00e0 l&rsquo;ensemble europ\u00e9en, dans ses parties qui y \u00e9chappent encore, notamment cette partie essentielle du march\u00e9 de l&rsquo;\u00e9nergie. On mesure les limites de l&rsquo;exercice,  mais l&rsquo;essentiel, pour Barroso, est fait,  l&rsquo;\u00e9cho m\u00e9diatique de son intervention et l&rsquo;intervention quasi-miraculeuse de la vertu (la lutte contre le <em>global warming<\/em>) dans son arsenal rh\u00e9torique qui permet de mener la guerre dans notre \u00e9poque virtualiste. Le reste, et notamment l&rsquo;\u00e9chec qui ne fait gu\u00e8re de doute de ses propositions telles qu&rsquo;elles ont \u00e9t\u00e9 \u00e9nonc\u00e9es dans l&rsquo;encha\u00eenement paradoxal qu&rsquo;on a d\u00e9crit, n&rsquo;a qu&rsquo;une importance accessoire. (Pour lui, sans aucun doute.)<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tUn point reste pourtant important \u00e0 la lumi\u00e8re d&rsquo;un autre \u00e9v\u00e9nement, et ce point qui fait justement l&rsquo;importance de cet \u00e9v\u00e9nement. Il s&rsquo;agit du veto mis par la Pologne \u00e0 l&rsquo;une des dimensions de la politique europ\u00e9enne actuelle. Le 24 novembre, les Polonais se sont oppos\u00e9s au texte entre l&rsquo;UE et la Russie sur les questions de l&rsquo;\u00e9nergie. Peu importe les raisons des actions des Polonais, fid\u00e8les depuis quelques ann\u00e9es \u00e0 leur r\u00f4le d&rsquo;insupportables leaders des ex-communistes devenus pro-am\u00e9ricanistes, tout cela venu de l&rsquo;Est. Ce qui importe est que cette \u00e9volution passe par un nationalisme ombrageux. On pardonne tout, \u00e0 la Commission et dans les milieux europ\u00e9ens conformes, \u00e0 la Pologne, \u00e0 cause de sa vertu de pays de l&rsquo;Est, de sa vertu pro-am\u00e9ricaniste, de sa vertu de nouvel Europ\u00e9en adepte (th\u00e9orique, rien de plus) des th\u00e8ses ultra-lib\u00e9rales. On a donc pardonn\u00e9 \u00e0 la Pologne un veto qui aurait entra\u00een\u00e9, s&rsquo;il avait \u00e9t\u00e9 fran\u00e7ais par exemple, une apoplexie de la critique intra-communautaire.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tPeu importe. Ce qui est fait est fait, m\u00eame si cela peut \u00eatre d\u00e9fait demain (en am\u00e9nageant les textes, on esp\u00e8re faire revenir la Pologne sur son veto). A propos d&rsquo;un aspect essentiel de la politique n\u00e9cessairement d\u00e9structurante de Barroso (la question de l&rsquo;\u00e9nergie et la question des rapports de l&rsquo;UE avec la Russie), et d\u00e9structurante dans le sens o\u00f9 cet aspect recherche la r\u00e9duction de l&rsquo;effet des souverainet\u00e9s nationales, c&rsquo;est le r\u00e9flexe national qui joue et qui bloque,  comble de l&rsquo;ironie et paradoxe savoureux,  dans le but avou\u00e9 d&rsquo;appuyer fortement un des aspects de la politique Barroso.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tL&rsquo;acte de la Pologne, qui s&rsquo;est fait dans le train-train des n\u00e9gociations communautaires, d&rsquo;une fa\u00e7on in\u00e9luctable de la part des Polonais, a l\u00e9galis\u00e9 en quelque sorte la pratique du veto au nom de l&rsquo;int\u00e9r\u00eat national. Depuis les ann\u00e9es 1960 et 1970, o\u00f9 il avait \u00e9t\u00e9 employ\u00e9 avec ardeur et volont\u00e9, le droit de veto avait \u00e9t\u00e9 repouss\u00e9 au nom de la mauvaise r\u00e9putation de ceux qui l&rsquo;avaient employ\u00e9 (les Fran\u00e7ais et les Anglais principalement). La Pologne est un pays plus petit que ces deux grands pays europ\u00e9ens, elle est couverte de vertus comme on l&rsquo;a vu, elle a donc effectivement donn\u00e9 le sceau de la faveur dont elle jouit \u00e0 la pratique du veto. Encore plus, elle a soumis la politique communautaire et, par cons\u00e9quent, toute tentative de Barroso de pousser les feux de la transformation de sa rh\u00e9torique virtualiste en v\u00e9ritable politique europ\u00e9enne, \u00e0 la surveillance sourcilleuse des nationalismes \u00e9ventuels manipulateurs de vetos. La Pologne est tout de m\u00eame utile.   <\/p>\n<h3>Les grandes ambitions<\/h3>\n<\/p>\n<p><p>\t<strong><em>Il y a des ambitions qui \u00e9puisent par leur ampleur. Barroso ne s&rsquo;en est pas avis\u00e9.<\/em><\/strong><\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tOn dira que la Commission europ\u00e9enne r\u00e9agit comme elle le peut, selon les opportunit\u00e9s qui s&rsquo;offrent \u00e0 elle. Les ambitions de Barroso sont d&rsquo;autant plus vastes qu&rsquo;est consid\u00e9rable le vide des r\u00e9alisations communautaires depuis l&rsquo;\u00e9largissement \u00e0 25. On dira simplement que la bureaucratie a horreur du vide et cela suffit,  car, pour le reste, ces ambitions ont la vastitude des projets sans espoir.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tEst-il bien utile de pr\u00e9ciser qu&rsquo;on voit bien mal comment les ambitions de Barroso pourraient \u00eatre rencontr\u00e9es? Il s&rsquo;agit de gesticulations qui soulignent, par contraste, la profondeur de la crise des institutions europ\u00e9ennes. Une fois encore, la Commission est autant une victime qu&rsquo;une instigatrice, et il n&rsquo;est pas s\u00fbr qu&rsquo;en l&rsquo;occurrence son pr\u00e9sident la serve comme elle le m\u00e9rite. Mais on sait que la Commission Barroso est \u00e0 l&rsquo;image de l&rsquo;hyper-lib\u00e9ralisme qu&rsquo;elle promeut sans vergogne,  faite de dirigeants enti\u00e8rement acquis \u00e0 l&rsquo;individualisme de leurs int\u00e9r\u00eats et penchants.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tL&rsquo;institution est paralys\u00e9e, \u00e0 l&rsquo;image de l&rsquo;Europe communautaire, selon un lien \u00e9vident de cause \u00e0 effet. Il s&rsquo;agit d&rsquo;une crise institutionnelle majeure refl\u00e9tant l&rsquo;extension absurde d&rsquo;un projet europ\u00e9en \u00e0 qui n&rsquo;a \u00e9t\u00e9 donn\u00e9 ni le temps ni les moyens de se d\u00e9finir pr\u00e9cis\u00e9ment. Mais c&rsquo;est le vicomte Davignon, un des plus flamboyants Commissaires europ\u00e9ens que la Belgique nous ait donn\u00e9s, qui disait en 1985, alors que nous \u00e9tions bien loin des 25 actuels, que chaque \u00e9largissement de l&rsquo;Europe r\u00e9pondait \u00e0 un r\u00e9flexe de fuite en avant dissimulant bien mal son impuissance; parce qu&rsquo;elle n&rsquo;arrivait pas \u00e0 r\u00e9soudre des probl\u00e8mes qui seraient encore bien moins solvables avec un ou plusieurs pays de plus.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tL&rsquo;institution europ\u00e9enne est en crise, \u00e0 l&rsquo;image du reste du monde et de son mentor am\u00e9ricaniste, alors que l&rsquo;Europe existe par la force des r\u00e9alit\u00e9s, que ce soit l&rsquo;actuelle situation politique ou que ce soit son Histoire puissante. Le mal des institutions transnationales est \u00e9galement un cas classique de fuite en avant, qui semble d\u00e9cid\u00e9ment la formule universelle de notre temps devant sa crise de civilisation. Ce r\u00e9flexe pousse \u00e0 des affrontements de plus en plus radicaux et de plus en plus d\u00e9sesp\u00e9r\u00e9s. Simplement, ils ont le m\u00e9rite de nous ramener \u00e0 l&rsquo;essentiel lorsque, \u00e0 force de radicalisation, ils finissent par s&rsquo;inscrire dans le grand courant d&rsquo;affrontement ultime qui secoue notre civilisation jusqu&rsquo;en ses tr\u00e9fonds, entre forces d\u00e9structurantes et forces structurantes.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tIl est malheureux et peu habile de s&rsquo;appuyer sur une cause aussi forte que la crise climatique pour livrer l&rsquo;attaque habituelle des institutions et forces transnationales radicalis\u00e9es contre la souverainet\u00e9  dans ce cas, la souverainet\u00e9 nationale,  qui s&rsquo;av\u00e8re la principale dynamique structurante dans notre crise. Cela ne trompera personne, certes, et cela risque m\u00eame de pr\u00e9cipiter certaines prises de conscience quant aux v\u00e9ritables causes de la crise climatique. (Il est toujours suspect de voir l&rsquo;incendiaire s&rsquo;offrir comme le pompier id\u00e9al face \u00e0 l&rsquo;incendie qui gronde.) En attendant, \u00e9clair\u00e9e \u00e0 cette lumi\u00e8re originale, la crise institutionnelle ne fait plus gu\u00e8re de doute.<\/p><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>La Commission, son agonie et la crise climatique Extrait de la rubrique de defensa, Volume 22, n\u00b007 du 10 d\u00e9cembre 2006 Cet extrait de la rubrique de defensa, dans notre Lettre d&rsquo;Analyse dd&#038;e du 10 d\u00e9cembre 2006 pr\u00e9sente une observation (tr\u00e8s) critique de l&rsquo;\u00e9volution de la Commission europ\u00e9enne face aux cons\u00e9quences de l&rsquo;\u00e9largissement et \u00e0&hellip;&nbsp;<\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":0,"comment_status":"","ping_status":"","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"neve_meta_sidebar":"","neve_meta_container":"","neve_meta_enable_content_width":"","neve_meta_content_width":0,"neve_meta_title_alignment":"","neve_meta_author_avatar":"","neve_post_elements_order":"","neve_meta_disable_header":"","neve_meta_disable_footer":"","neve_meta_disable_title":"","footnotes":""},"categories":[5],"tags":[4335,3392,1463,3228,3086,2827],"class_list":["post-68391","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-de-defensa","tag-barroso","tag-climatique","tag-commission","tag-crise","tag-dedefensa","tag-pologne"],"jetpack_featured_media_url":"","_links":{"self":[{"href":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/68391","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=68391"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/68391\/revisions"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=68391"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=68391"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=68391"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}