{"id":68401,"date":"2007-01-12T00:00:00","date_gmt":"2007-01-12T00:00:00","guid":{"rendered":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/2007\/01\/12\/la-guerre-civile-embrase-washington\/"},"modified":"2007-01-12T00:00:00","modified_gmt":"2007-01-12T00:00:00","slug":"la-guerre-civile-embrase-washington","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/2007\/01\/12\/la-guerre-civile-embrase-washington\/","title":{"rendered":"<strong><em>La \u201cguerre civile\u201d embrase Washington<\/em><\/strong>"},"content":{"rendered":"<p><h2 class=\"common-article\">La guerre civile embrase Washington<\/h2>\n<\/p>\n<p><\/p>\n<p><p>\t12 janvier 2007  Les \u00e9v\u00e9nements ont leur propre rythme et leur propre dynamique, surtout dans notre \u00e9poque virtualiste et m\u00e9diatique o\u00f9 la communication amplifie et dramatise ce que le conformisme chercherait d&rsquo;abord \u00e0 banaliser. Ainsi en est-il du discours du 10 janvier du pr\u00e9sident am\u00e9ricain. Bien que l&rsquo;essentiel de son annonce et de son contenu f\u00fbt connu, l&rsquo;existence de cette annonce et de son contenu, et leur publicit\u00e9 ont provoqu\u00e9 de tr\u00e8s fortes r\u00e9actions.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tPrenons deux r\u00e9actions qui dessinent le caract\u00e8re de la crise.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t  \u00ab<em>Isolated Bush faces rebellion over Iraq  Congress to reject plan  Public against extra troops<\/em>\u00bb, \u00e9crit en titre le <em>Guardian<\/em> de <a href=\"http:\/\/www.guardian.co.uk\/Iraq\/Story\/0,,1988743,00.html\" class=\"gen\">ce matin<\/a>. Cela revient \u00e0 constater que Washington a effectivement bascul\u00e9 dans la guerre.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t  Une phrase cit\u00e9e plus loin du <em>leader<\/em> de la majorit\u00e9 d\u00e9mocrate au S\u00e9nat Harry Reid (\u00ab<em>In choosing to escalate the civil war, the president virtually stands alone<\/em>\u00bb) est extr\u00eamement ambigu\u00eb : ne d\u00e9signe-t-il pas plus justement la guerre civile \u00e0 Washington que la guerre civile en Irak?<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tChuck Hagel, un s\u00e9nateur r\u00e9publicain  et un v\u00e9t\u00e9ran de la guerre du Viet-n\u00e2m, qualifie le plan Bush de \u00ab<em>most dangerous foreign policy blunder in this country since Vietnam.<\/em>\u00bb Il dit encore : \u00ab<em>This is a dangerously wrong-headed strategy that will drive America deeper into an unwinnable swamp at great cost.<\/em>\u00bb Recevant Javier Solana en visite \u00e0 Washington il y a deux semaines, Hagel lui avait dit que jamais une atmosph\u00e8re aussi sombre n&rsquo;avait r\u00e9gn\u00e9 \u00e0 Washington, de m\u00e9moire de parlementaire. Hagel avait donn\u00e9 au Haut Repr\u00e9sentant europ\u00e9en l&rsquo;impression que Washington \u00e9tait entr\u00e9 dans une crise int\u00e9rieure d&rsquo;une gravit\u00e9 sans pr\u00e9c\u00e9dent, une crise peut-\u00eatre plus grave dans ses cons\u00e9quences que le Watergate.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tL&rsquo;explosion de m\u00e9contentement qui a accueilli le discours de GW est une indication s\u00e9rieuse pour nous dire que la capitale am\u00e9ricaniste est au bord de la crise,  crise nerveuse autant que crise politique d&rsquo;ailleurs. Pour l&rsquo;instant, pourtant, avec un pr\u00e9sident qui tient \u00e0 son plan et un Congr\u00e8s qui n&rsquo;a pas le pouvoir constitutionnel de bloquer ce plan, la situation est formellement dans l&rsquo;impasse. C&rsquo;est dans cette impasse et \u00e0 cause d&rsquo;elle que la tension est en train de transformer la psychologie de cette situation, qu&rsquo;une atmosph\u00e8re de guerre civile constitutionnelle est en train de s&rsquo;installer \u00e0 Washington. <\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tLes r\u00e9actions du Congr\u00e8s et des commentateurs sont infiniment plus fortes et dramatiques que ce qu&rsquo;on pouvait attendre. Il existe d&rsquo;ores et d\u00e9j\u00e0 au Congr\u00e8s une dynamique insurrectionnelle \u00e0 l&rsquo;encontre du pr\u00e9sident. C&rsquo;est une situation sans pr\u00e9c\u00e9dent dans notre \u00e9poque moderne. (De ce point de vue \u00e9galement, comparaison vaut raison : m\u00eame le Watergate n&rsquo;avait pas connu un tel emportement des \u00e9v\u00e9nements. Ceux-ci \u00e9taient plus contenus, plus contr\u00f4l\u00e9s.)<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tLisez ces cinq premiers paragraphes de l&rsquo;article du <em>Guardian<\/em> d\u00e9j\u00e0 cit\u00e9 pour mieux saisir l&rsquo;enfi\u00e8vrement des esprits \u00e0 Washington et observer qu&rsquo;aujourd&rsquo;hui la guerre a embras\u00e9 la capitale des Etats-Unis. (Les enqu\u00eates statistiques montrent parall\u00e8lement  une aggravation extr\u00eame de l&rsquo;opposition de la population US au plan de renforcement.)<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t\u00ab<em>President George Bush faced increasing isolation last night after his much-vaunted new strategy for Iraq met with overwhelming public and political opposition.<\/em><\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t\u00bb<em>Mr Bush and his most senior staff embarked on a huge public relations exercise to sell the plan to send an extra 20,000 troops to Iraq, aware of formidable opposition in Congress which already promises an embarrassing vote next week rejecting the new strategy.<\/em><\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t\u00bb<em>In contrast to the deference the president enjoyed in his first six years in office, he is confronting for the first time a combination of reinvigorated Democrats and rebellious Republicans. Harry Reid, the Democratic majority leader in the Senate, said: In choosing to escalate the civil war, the president virtually stands alone.<\/em><\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t\u00bb<em>Mr Reid said he had the votes of about 10 dissident Republican senators, and predicted that the passage of a resolution, with bipartisan support, would mark the beginning of the end of the war.<\/em><\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t\u00bb<em>The wave of scepticism and outright hostility that greeted the president&rsquo;s new strategy to pacify Baghdad and other parts of Iraq with a beefed-up US force marks a significant change in America&rsquo;s attitude to Iraq. A Washington Post-ABC poll carried out after Mr Bush&rsquo;s televised address on Wednesday showed that 61% opposed the plan, while just 36% backed it. In another poll by Associated Press and Ipsos, 70% of Americans said they were against sending more troops.<\/em>\u00bb<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t(Il faut noter que la motion signal\u00e9e ici et dont le S\u00e9nat doit d\u00e9battre la semaine prochaine est symbolique et n&rsquo;a pas valeur l\u00e9gale d&rsquo;obligation. Elle n&rsquo;a aucun pouvoir contre la d\u00e9cision du pr\u00e9sident. Elle propose simplement de marquer la d\u00e9sapprobation du S\u00e9nat. Elle serait, si elle est vot\u00e9e, per\u00e7ue comme une s\u00e9v\u00e8re d\u00e9faite symbolique pour GW, mais en aucune fa\u00e7on ne rec\u00e8le la moindre obligation constitutionnelle. Elle exacerbera le conflit sans le r\u00e9soudre.)<\/p>\n<h3>GW est coupable mais pas responsable<\/h3>\n<\/p>\n<p><p>\tWashington nous r\u00e9serve et nous r\u00e9servera encore des surprises. On ne peut en aucune fa\u00e7on pr\u00e9sumer du d\u00e9roulement et de l&rsquo;issue de la crise. (Cela au moins est s\u00fbr, il s&rsquo;agit bien d\u00e9sormais  d&rsquo;une crise,  laquelle peut effectivement devenir <em>the mother of all constitutionnal crisis<\/em>.)<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tLe caract\u00e8re de cette crise, ce qui fait sa gravit\u00e9, est  essentiellement psychologique, donc insaisissable. Cela explique qu&rsquo;elle soit impossible \u00e0 pr\u00e9voir.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tCe caract\u00e8re psychologique vient de la fausset\u00e9 des enjeux. Les d\u00e9mocrates ont une excellente cause, la popularit\u00e9 pour eux, le soutien du public, le ralliement d&rsquo;une partie des r\u00e9publicains, mais ils se sont interdits d&rsquo;utiliser les grands moyens qui sont donn\u00e9s \u00e0 l&rsquo;ex\u00e9cutif contre le pr\u00e9sident,  essentiellement la proc\u00e9dure de mise  en accusation. (Mais s&rsquo;ils les utilisaient, peut-\u00eatre auraient-ils moins de soutien et, de toutes les fa\u00e7ons, ils seraient plac\u00e9s devant une longue proc\u00e9dure alors que la crise fait rage en Irak et qu&rsquo;il y a urgence. Il y a l\u00e0 un cas de blocage du syst\u00e8me, une mise en lumi\u00e8re des limites du syst\u00e8me US, de l&rsquo;\u00e9quilibre  <em>check &#038; balance<\/em>  tant vant\u00e9 de sa Constitution. Au bout du compte et selon les circonstances, l&rsquo;\u00e9quilibre peut devenir la matrice de la paralysie, puis de l&rsquo;impuissance.)<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tLe probl\u00e8me du Congr\u00e8s en g\u00e9n\u00e9ral, et des d\u00e9mocrates bien s\u00fbr, c&rsquo;est qu&rsquo;ils sont complices et partie prenante dans le conflit irakien. Ils ont soutenu son d\u00e9clenchement, sa dur\u00e9e, etc. ; ils ne sont pas du tout hostiles au projet imp\u00e9rial qui l&rsquo;a sous-tendu. D&rsquo;une fa\u00e7on plus large, le Congr\u00e8s et les d\u00e9mocrates comprennent la dangerosit\u00e9 de cette crise, qui est une menace grave contre la validit\u00e9 et l&rsquo;\u00e9quilibre du syst\u00e8me. Cela aussi les freine dans les mesures qu&rsquo;ils pourraient prendre, mais exacerbe \u00e0 mesure leur frustration (toujours la psychologie).<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tLeur probl\u00e8me est qu&rsquo;ils ont en face d&rsquo;eux un homme qui, pour une raison ou pour une autre, ne partage pas ces pr\u00e9occupations. M\u00eame s&rsquo;il est compl\u00e8tement une cr\u00e9ature du syst\u00e8me, GW n&rsquo;a pas \u00e0 coeur la solidarit\u00e9 du syst\u00e8me. C&rsquo;est un curieux paradoxe et une contradiction \u00e9clairante : \u00e9tant parfaitement cr\u00e9ature du syst\u00e8me, c&rsquo;est-\u00e0-dire pur individualiste, GW n&rsquo;a \u00e9videmment pas le r\u00e9flexe de solidarit\u00e9 qu&rsquo;il faut pour contribuer, m\u00eame en cas de crise grave, \u00e0 prot\u00e9ger le syst\u00e8me en dernier recours (c&rsquo;est ce qu&rsquo;on d\u00e9signe sous l&rsquo;expression ronflante de <em>bipartisan issue<\/em>).<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tC&rsquo;est essentiellement l&rsquo;attitude de GW, son ent\u00eatement, son refus de sortir de son monde virtualiste, qui sont la cause du caract\u00e8re psychologique de la crise, et de l&rsquo;acc\u00e9l\u00e9ration de l&rsquo;aggravation de la psychologie de la crise. Mais le pr\u00e9sident n&rsquo;est pas n\u00e9cessairement l&rsquo;explication de la crise, laquelle est \u00e0 chercher dans les m\u00e9canismes du syst\u00e8me (le Congr\u00e8s a un poids consid\u00e9rable mais il n&rsquo;a pas de v\u00e9ritable pouvoir de censure, rapidement r\u00e9alisable, contre le gouvernement : ou bien il a trop de poids ou bien il n&rsquo;a pas assez de pouvoir). GW est coupable mais pas responsable.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t(Et puisqu&rsquo;il est irresponsable, il est, comme la crise elle-m\u00eame, impr\u00e9visible. Cela fait qu&rsquo;un prolongement de cette crise washingtonienne pourrait \u00e9galement se trouver du c\u00f4t\u00e9 de l&rsquo;Iran, si GW choisit d&rsquo;\u00e9tendre le conflit irakien vers ce pays.)<\/p>\n<\/p>\n<p><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>La guerre civile embrase Washington 12 janvier 2007 Les \u00e9v\u00e9nements ont leur propre rythme et leur propre dynamique, surtout dans notre \u00e9poque virtualiste et m\u00e9diatique o\u00f9 la communication amplifie et dramatise ce que le conformisme chercherait d&rsquo;abord \u00e0 banaliser. Ainsi en est-il du discours du 10 janvier du pr\u00e9sident am\u00e9ricain. Bien que l&rsquo;essentiel de son&hellip;&nbsp;<\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":0,"comment_status":"","ping_status":"","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"neve_meta_sidebar":"","neve_meta_container":"","neve_meta_enable_content_width":"","neve_meta_content_width":0,"neve_meta_title_alignment":"","neve_meta_author_avatar":"","neve_post_elements_order":"","neve_meta_disable_header":"","neve_meta_disable_footer":"","neve_meta_disable_title":"","_jetpack_memberships_contains_paid_content":false,"footnotes":""},"categories":[10],"tags":[3285,4518,3228,3009,3198,3099],"class_list":["post-68401","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-faits-et-commentaires","tag-congres","tag-constitution","tag-crise","tag-democrates","tag-gw","tag-psychologie"],"jetpack_featured_media_url":"","jetpack_sharing_enabled":true,"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/68401","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=68401"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/68401\/revisions"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=68401"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=68401"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=68401"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}