{"id":68429,"date":"2007-01-19T00:00:00","date_gmt":"2007-01-19T00:00:00","guid":{"rendered":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/2007\/01\/19\/est-ce-une-premiere-attaque-serieuse-contre-le-complexe-militaro-industriel\/"},"modified":"2007-01-19T00:00:00","modified_gmt":"2007-01-19T00:00:00","slug":"est-ce-une-premiere-attaque-serieuse-contre-le-complexe-militaro-industriel","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/2007\/01\/19\/est-ce-une-premiere-attaque-serieuse-contre-le-complexe-militaro-industriel\/","title":{"rendered":"<strong><em>Est-ce une premi\u00e8re attaque s\u00e9rieuse contre le complexe militaro-industriel?<\/em><\/strong>"},"content":{"rendered":"<p><h2 class=\"common-article\">Est-ce une premi\u00e8re attaque s\u00e9rieuse contre le complexe militaro-industriel?<\/h2>\n<\/p>\n<p><\/p>\n<p><p>\t19 janvier 2007  Les attaques contre BAE et les revers de cette soci\u00e9t\u00e9 s&rsquo;accumulent. Bien entendu, on sait le r\u00f4le qu&rsquo;a jou\u00e9 dans cette situation le scandale <em>Yamamah<\/em>, qui est d&rsquo;ailleurs toujours d&rsquo;actualit\u00e9, cette fois dans les eaux dangereuses pour la bonne r\u00e9putation du Royaume-Uni de l&rsquo;<a href=\"http:\/\/www.dedefensa.org\/article.php?art_id=3605\" class=\"gen\">OCDE<\/a>. L&rsquo;OCDE a effectivement d\u00e9cid\u00e9 que le Royaume-Uni m\u00e9ritait un <a href=\"http:\/\/news.independent.co.uk\/uk\/politics\/article2165459.ece\" class=\"gen\">avertissement s\u00e9rieux<\/a>. Il compte revenir sur le cas en <a href=\"http:\/\/www.spacewar.com\/reports\/OECD_Scolds_Britain_On_Halt_To_BAE_Saudi_Probe_999.html\" class=\"gen\">mars prochain<\/a>,  apr\u00e8s enqu\u00eate approfondie et avec un rapport circonstanci\u00e9.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tEpuis\u00e9s par ces pressions, les ministres du gouvernement Blair sont conduits \u00e0 nous confier ce secret extraordinaire que BAE \u00ab<em>n&rsquo;est pas au-dessus des lois<\/em>\u00bb. On en chancelle, abasourdi par la vigueur de la r\u00e9v\u00e9lation. (\u00ab<em>Yesterday, <\/em>[(17 January)] <em>Lord Goldsmith, the Attorney-General, said that BAE Systems was not beyond the law. In a letter to Sir Menzies Campbell, the leader of the Liberal Democrats, he said that he had told the Serious Fraud Office to pursue other investigations into BAE contracts vigorously.<\/em>\u00bb)<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tHier, le m\u00eame Lord Goldsmith d\u00e9clarait devant ses pairs, commentant le communiqu\u00e9 de l&rsquo;OCDE : \u00ab<em>It is very important to make it clear that dropping the investigation into alleged bribes paid by BAE Systems  and it was not an entirely comfortable decision  doesn&rsquo;t mean we are backing off in any way from our commitment to tackling international corruption. On the contrary, I am clear we should re-double our efforts. I have told the director of the Serious Fraud Office that he should vigorously pursue current investigations, which include a number of other cases against BAE, and that we need to do all we can to make sure that he has the resources to do so.<\/em>\u00bb<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tIl faut tout de m\u00eame faire un recomptage des mises en cause de BAE ces derni\u00e8res semaines.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t  Bien s\u00fbr, il y a <em>Yamamah<\/em>. Le sauvetage <a href=\"http:\/\/www.dedefensa.org\/article.php?art_id=3479\" class=\"gen\">in extremis<\/a> de tout le syst\u00e8me-BAE fond\u00e9 sur cette architecture de corruption mise en place depuis 1985 pourrait s&rsquo;av\u00e9rer sur le terme une \u00e9tonnante victoire \u00e0 la Pyrrhus.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t  Les suites de ce qui aurait d\u00fb \u00eatre une conclusion de cette affaire sont connues, et embarrassantes,  jusque et y compris des prises de position embarrassantes de <a href=\"http:\/\/www.dedefensa.org\/article.php?art_id=3507\" class=\"gen\">forces<\/a> qu&rsquo;on croyait acquises au groupe industriel de l&rsquo;armement.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t   L&rsquo;affaire va jusqu&rsquo;\u00e0 impliquer la mauvaise humeur du fameux Intelligence Service, ou <a href=\"http:\/\/www.dedefensa.org\/article.php?art_id=3595\" class=\"gen\">MI6<\/a>, qui a refus\u00e9 de signer un document du gouvernement garantissant la vertu de la d\u00e9cision prise le 15 d\u00e9cembre dernier d&rsquo;abandonner l&rsquo;enqu\u00eate.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t  Dans l&rsquo;intervalle, deux march\u00e9s suspects, l&rsquo;un en <a href=\"http:\/\/www.dedefensa.org\/article.php?art_id=3552\" class=\"gen\">Afrique du Sud<\/a> et l&rsquo;autre en <a href=\"http:\/\/www.dedefensa.org\/article.php?art_id=3592\" class=\"gen\">Tanzanie<\/a> sont apparus au grand jour. Les limiers du Serious Fraud Office s&rsquo;en occupent.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t  Dans l&rsquo;intervalle (bis), l&rsquo;increvable <em>Guardian<\/em>, qui s&rsquo;av\u00e8re le plus pr\u00e9cieux auxiliaire du SFO, <a href=\"http:\/\/www.dedefensa.org\/article.php?art_id=3552\" class=\"gen\">r\u00e9v\u00e9lait<\/a> que les patrons du groupe, Mike Turner et Dick Evans, sont nomm\u00e9ment d\u00e9sign\u00e9s dans un document compromettant du SFO :<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t\u00ab<em>BAE&rsquo;s chief executive, Mike Turner, is named along with the former chairman, Sir Dick Evans, and two other executives, in a document dated June 26 last year.<\/em><\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t\u00bb<em>The document is a request for mutual legal assistance sent from the SFO in London to authorities in South Africa, where a \u00a31.5bn aircraft deal with Britain is under investigation. The SFO&rsquo;s dossier says: There is reasonable cause to believe that all the above-named persons and company have committed offences of corruption. It was leaked to the Mail &#038; Guardian, a Johannesburg newspaper.<\/em>\u00bb<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tOn ne doit pas parler de concertation dans toutes ces attaques (th\u00e9orie du complot). On doit plut\u00f4t constater l&rsquo;\u00e9vidence : le poids pris par BAE, la crudit\u00e9 de ses actions, la fa\u00e7on exempte de vergogne que cette soci\u00e9t\u00e9 pratique dans l&rsquo;art de la corruption, l&rsquo;impression qu&rsquo;elle donne de se croire au-dessus des lois, l&rsquo;impression qu&rsquo;elle donne \u00e9galement d&rsquo;exercer par son influence un empire sans limite sur les forces politiques, et d&rsquo;en user sans vergogne,  tout cela semble exacerber les oppositions apr\u00e8s la cristallisation du cas avec <em>Yamamah<\/em>. Que ce soit le SFO, le <em>Guardian<\/em>, le parti lib\u00e9ral, l&rsquo;OCDE ou la <em>City<\/em>, il semble qu&rsquo;on commence \u00e0 \u00eatre exc\u00e9d\u00e9 par BAE.<\/p>\n<h3>BAE les exasp\u00e8re tous&#8230;<\/h3>\n<\/p>\n<p><p>\tIl appara\u00eet que cette s\u00e9quence d&rsquo;\u00e9v\u00e9nements est autre chose qu&rsquo;anecdotique. On distingue un courant de contestation s&rsquo;exprimant dans diff\u00e9rents milieux influents et qui trouve une ample justification dans les diverses activit\u00e9s de BAE. Si <em>Yamamah<\/em> est le d\u00e9tonateur et l&rsquo;une des principales causes de cette r\u00e9action, c&rsquo;est finalement toutes les activit\u00e9s, la fa\u00e7on d&rsquo;\u00eatre et d&rsquo;agir de BAE qui sont en cause. La chose est d&rsquo;autant plus importante que BAE repr\u00e9sente, par un concours de circonstances autant que par l&rsquo;orientation et la puissance de ses activit\u00e9s, un ph\u00e9nom\u00e8ne d\u00e9passant largement le cadre industriel ou de la fabrication et du commerce des armements. BAE est devenu en vingt ans (depuis les premiers contrats <em>Yamamah<\/em>) un ph\u00e9nom\u00e8ne d&rsquo;influence et de contr\u00f4le politiques, \u00e0 la fois britannique et transatlantique. (Sur l&rsquo;historique des contrats <em>Yamamah<\/em>, on peut lire notre <em>Analyse<\/em> de <a href=\"http:\/\/www.dedefensa.org\/article.php?art_id=3610\" class=\"gen\">ce jour<\/a>.)<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tLe passage de BAE de la sph\u00e8re britannique \u00e0 la sph\u00e8re transatlantique, avec son am\u00e9ricanisation, s&rsquo;est fait depuis 1998-99. Aujourd&rsquo;hui, BAE est un des principaux contractants du Pentagone. La soci\u00e9t\u00e9 britannique est devenue une partie du complexe-militaro-industriel (CMI) am\u00e9ricaniste, et une partie importante en raison de l&rsquo;influence qu&rsquo;elle exerce au Royaume-Uni et pour le maintien des relations sp\u00e9ciales impliquant l&rsquo;alignement du Royaume-Uni sur les USA.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tC&rsquo;est dans ce contexte g\u00e9n\u00e9ral qu&rsquo;il faut appr\u00e9cier l&rsquo;attaque lanc\u00e9e contre BAE. Il faut d&rsquo;abord mesurer combien cette attaque est diverse. L&rsquo;exasp\u00e9ration \u00e0 l&rsquo;encontre de BAE se manifeste aussi bien dans des milieux politiques, financiers, bureaucratiques et juridiques. Il ne s&rsquo;agit pas d&rsquo;une op\u00e9ration marginale de moralisation ni d&rsquo;une op\u00e9ration id\u00e9ologique d&rsquo;opposition au marchand de canons qu&rsquo;est BAE,  toutes circonstances promises \u00e0 l&rsquo;\u00e9chec en raison de la marginalisation et de l&rsquo;irresponsabilit\u00e9 politique qu&rsquo;elles impliquent. Il s&rsquo;agit d&rsquo;une r\u00e9action politique profonde, qui rec\u00e8le des cons\u00e9quences graves si elle va \u00e0 son terme. Ira-t-elle \u00e0 son terme, justement? L&rsquo;engagement de l&rsquo;affaire <em>Yamamah<\/em> devant l&rsquo;OCDE, l&rsquo;alacrit\u00e9 du SFO sur d&rsquo;autres affaires BAE font penser que la r\u00e9action contre la soci\u00e9t\u00e9 britannique n&rsquo;est pas loin d&rsquo;\u00eatre hors de contr\u00f4le.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tLes connexions de BAE avec le CMI am\u00e9ricaniste rendent cette affaire extr\u00eamement importante. Si les enqu\u00eates et pol\u00e9miques se poursuivent, on se trouverait <em>de facto<\/em> devant la premi\u00e8re attaque s\u00e9rieuse contre le CMI. Le fait qu&rsquo;elle ne soit pas lanc\u00e9e en tant que telle, qu&rsquo;elle soit inadvertante, avec certaines parties qu&rsquo;on aurait crues plut\u00f4t favorables \u00e0 BAE (la <em>City<\/em>), rendent la chose paradoxalement plus cr\u00e9dible. BAE ne s&rsquo;attendait certainement pas \u00e0 de telles attaques et, le plus souvent, il a n\u00e9glig\u00e9 leur importance (c&rsquo;est le cas des enqu\u00eates du SFO) et leurs effets en s&rsquo;appuyant sur son influence, laissant finalement se d\u00e9velopper diverses offensives tr\u00e8s dommageables. C&rsquo;est dans cette sorte d&rsquo;occurrence, o\u00f9 rien n&rsquo;est vraiment pr\u00e9vu ni pr\u00e9visible, que surviennent des accidents qui peuvent \u00eatre d\u00e9vastateurs pour les machines et les organisations les mieux structur\u00e9es.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tIl ne faut pas s&rsquo;y tromper. BAE est un empire, qui a port\u00e9 \u00e0 son extr\u00eame le syst\u00e8me de la corruption, de l&rsquo;influence, de la collusion transatlantique et de son d\u00e9veloppement au cur de ce complexe militaro-industriel dont le poids p\u00e8se si fortement sur les relations internationales. Aucune autre soci\u00e9t\u00e9, y compris Lockheed Martin aux USA, n&rsquo;a une activit\u00e9 subversive et d\u00e9structurante si diverse, notamment dans cette mesure o\u00f9 BAE a assur\u00e9 jusqu&rsquo;ici une domination compl\u00e8te de l&rsquo;<em>establishment<\/em> britannique. C&rsquo;est sur ce point, peut-\u00eatre, que les choses commencent \u00e0 c\u00e9der. L&rsquo;attaque contre BAE, qui suit plus une r\u00e9action de la nature des choses qu&rsquo;une r\u00e9action organis\u00e9e, constitue un champ int\u00e9ressant o\u00f9 envisager que le complexe militaro-industriel pr\u00e9sente une vuln\u00e9rabilit\u00e9 inattendue.<\/p>\n<\/p>\n<p><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Est-ce une premi\u00e8re attaque s\u00e9rieuse contre le complexe militaro-industriel? 19 janvier 2007 Les attaques contre BAE et les revers de cette soci\u00e9t\u00e9 s&rsquo;accumulent. Bien entendu, on sait le r\u00f4le qu&rsquo;a jou\u00e9 dans cette situation le scandale Yamamah, qui est d&rsquo;ailleurs toujours d&rsquo;actualit\u00e9, cette fois dans les eaux dangereuses pour la bonne r\u00e9putation du Royaume-Uni de&hellip;&nbsp;<\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":0,"comment_status":"","ping_status":"","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"neve_meta_sidebar":"","neve_meta_container":"","neve_meta_enable_content_width":"","neve_meta_content_width":0,"neve_meta_title_alignment":"","neve_meta_author_avatar":"","neve_post_elements_order":"","neve_meta_disable_header":"","neve_meta_disable_footer":"","neve_meta_disable_title":"","_jetpack_memberships_contains_paid_content":false,"footnotes":""},"categories":[10],"tags":[3792,3012,3858,3123,3367,4364],"class_list":["post-68429","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-faits-et-commentaires","tag-bae","tag-complexe","tag-corruption","tag-militaro-industriel","tag-ocde","tag-yamamah"],"jetpack_featured_media_url":"","jetpack_sharing_enabled":true,"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/68429","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=68429"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/68429\/revisions"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=68429"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=68429"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=68429"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}