{"id":68600,"date":"2007-03-08T00:00:00","date_gmt":"2007-03-08T00:00:00","guid":{"rendered":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/2007\/03\/08\/ils-ont-cochonne-la-puissance-us\/"},"modified":"2007-03-08T00:00:00","modified_gmt":"2007-03-08T00:00:00","slug":"ils-ont-cochonne-la-puissance-us","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/2007\/03\/08\/ils-ont-cochonne-la-puissance-us\/","title":{"rendered":"Ils ont \u201ccochonn\u00e9\u201d la puissance US"},"content":{"rendered":"<p><p>Nous empruntons \u00e0 un texte de Laurent Muriawec, \u00ab<em>Tournants et virevoltes de la Maison-Blanche<\/em>\u00bb qui nous est signal\u00e9 tr\u00e8s judicieusement par notre lecteur Geo, sur notre Forum&rsquo; du <a href=\"http:\/\/www.dedefensa.org\/forum.php\" class=\"gen\">7 mars<\/a>, ces quatre derniers paragraphes. <\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t\u00ab<em>Mais si la pression exerc\u00e9e par Blair et quelques autres, et par les nouvelles majorit\u00e9s d\u00e9mocrates du Congr\u00e8s, peut avoir gain de cause, c&rsquo;est aussi, c&rsquo;est surtout en raison de la banqueroute intellectuelle de la Maison-Blanche : Bush peut, en l&rsquo;espace de quelques semaines, virevolter d&rsquo;une option \u00e0 son contraire, d&rsquo;un rejet tranch\u00e9 du Plan Baker \u00e0 son acceptation partielle, puis revenir en arri\u00e8re, demi-tour, droite ! Il peut zigzaguer de la promotion privil\u00e9gi\u00e9e de la d\u00e9mocratie, version Sharansky, \u00e0 l&rsquo;amadou distribu\u00e9 par Baker aux potentats saoudiens. Passer des initiatives tendant \u00e0 saigner les entreprises iraniennes, \u00e0 la pr\u00e9servation des espaces dont les ayatollahs ont besoin. L&rsquo;incoh\u00e9rence ali\u00e8ne les uns comme les autres. Elle interdit la constitution d&rsquo;une strat\u00e9gie.<\/em><\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t\u00bb<em>A la v\u00e9rit\u00e9, il n&rsquo;y a plus d&rsquo;administration Bush : il y a une demi-douzaine de centres de pouvoir en concurrence qui ne s&rsquo;inqui\u00e8tent plus, comme ce fut nagu\u00e8re le cas, des vell\u00e9it\u00e9s \u00e9ventuelles du patron. Lequel a essentiellement abdiqu\u00e9, sauf coups de menton \u00e9pisodiques, et plus spasmodiques qu&rsquo;efficaces. A laisser \u00e0 tout le monde la bride sur le cou, quitte \u00e0 resserrer les r\u00eanes de temps \u00e0 autres, Bush a gaspill\u00e9 son autorit\u00e9, ses \u00e9quipes rivales se sont \u00e9parpill\u00e9es, il s&rsquo;est condamn\u00e9 lui-m\u00eame \u00e0 ne pas avoir de politique. Plus s&rsquo;aggravent la confusion et le va-et-vient des politiques antinomiques, plus s&rsquo;alourdit le climat d&rsquo;opinion aux Etats-Unis: l\u00e0 o\u00f9 une politique d\u00e9termin\u00e9e gagnerait \u00e0 Bush le soutien populaire dont il a besoin pour faire passer ses choix, le trouble n\u00e9buleux qui entoure son action accro\u00eet la consternation de l&rsquo;\u00e9lectorat, qui lui retire donc son soutien. Bush perd ainsi sur tous les tableaux.<\/em><\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t\u00bb<em>De Washington \u00e9manent donc plusieurs courants diff\u00e9rents. Mlle Rice va discuter avec l&rsquo;Axe du Mal, cajoler le Saoudien et flatter le Palestinien ; Bob Gates au Pentagone va g\u00e9rer en t\u00e2chant de s&rsquo;\u00e9pargner les d\u00e9g\u00e2ts, mais il est un partisan connu et traditionnel du dialogue avec l&rsquo;Iran ; Steve Hadley, au Conseil national de s\u00e9curit\u00e9, va aiguiller les dossiers sans trop se soucier de leur contenu ; la CIA m\u00e8nera sa propre politique pro-sunnite et pro-saoudienne, en sabotant tout le reste pour ne pas courir de risque. Le directeur national du renseignement fera ceci, les diplomates feront cela. Bush fera de temps en temps des discours au ton martial qui rappelleront ses engagements ant\u00e9rieurs p\u00e9rim\u00e9s, la cr\u00e9dibilit\u00e9 en moins. La bureaucratie fera ce qu&rsquo;elle voudra. Le Congr\u00e8s taillera des croupi\u00e8res au pr\u00e9sident en se servant des armes dont il dispose  il peut couper les fonds, convoquer les responsables, les mettre sur le gril et, le cas \u00e9ch\u00e9ant, les envoyer \u00e0 fond de cale en faisant des journalistes ses acolytes. La presse et les m\u00e9dias continueront leur implacable travail de d\u00e9molition de Bush. Dormez, bonnes gens  pendant ce temps, les ayatollahs de l&rsquo;apocalypse, les pr\u00e9dicateurs saoudiens et les amis des Talibans dans l&rsquo;arm\u00e9e pakistanaise auront leurs aises. Bush envoie la balle en touche ou dans les tribunes, en esp\u00e9rant que le coup de sifflet final retentira avant qu&rsquo;elle ne soit remise en jeu.<\/em><\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t\u00bb<em>Il est certes possible que le pr\u00e9sident prenne un \u00e9ni\u00e8me tournant, lequel rectifiera les erreurs mais pas les cons\u00e9quences d\u00e9l\u00e9t\u00e8res du tournant pr\u00e9c\u00e9dent  l&rsquo;accumulation des incons\u00e9quences, cependant, a tant r\u00e9duit la marge de manuvre de Washington qu&rsquo;elle laisse l&rsquo;Irak en proie aux tourments, l&rsquo;Iran largement libre de ses mouvements, et le Moyen-Orient dans la confusion et la mont\u00e9e des p\u00e9rils. La derni\u00e8re ann\u00e9e de la pr\u00e9sidence de George W. Bush s&rsquo;annonce mal.<\/em>\u00bb<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tBien s\u00fbr, on peut diff\u00e9rer sur le fond de l&rsquo;analyse,  ce que nous faisons avec une joyeuse alacrit\u00e9. La menace pos\u00e9e par les mollahs, les visions cr\u00e9pusculaires et apocalyptiques du domaine, les analyses t\u00e9tanis\u00e9es de la puissance du terrorisme, etc., tout cela ressort de la culture n\u00e9o-conservatrice classique. Mais tous les chemins m\u00e8nent \u00e0 Rome lorsque Rome devient aussi immanquable.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tLe fait est que, la rage aidant, l&rsquo;analyse de l&rsquo;\u00e9tat du pouvoir \u00e0 Washington est bien vue. Ces quelques mots sont judicieux (sauf, peut-\u00eatre, ce qu&rsquo;il est implicitement dit du r\u00f4le de GW, <em>in illo tempore<\/em>, lorsqu&rsquo;on s&rsquo;imagine qu&rsquo;il dirigeait) : \u00ab<em>A la v\u00e9rit\u00e9, il n&rsquo;y a plus d&rsquo;administration Bush : il y a une demi-douzaine de centres de pouvoir en concurrence qui ne s&rsquo;inqui\u00e8tent plus, comme ce fut nagu\u00e8re le cas, des vell\u00e9it\u00e9s \u00e9ventuelles du patron. Lequel a essentiellement abdiqu\u00e9, sauf coups de menton \u00e9pisodiques, et plus spasmodiques qu&rsquo;efficaces.<\/em>\u00bb<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tMuriawec exprime ce qu&rsquo;on pourrait appr\u00e9cier comme le d\u00e9pit et la col\u00e8re d&rsquo;une partie de la tendance n\u00e9o-conservatrice devant la d\u00e9cadence acc\u00e9l\u00e9r\u00e9e du projet initial propos\u00e9 par cette tendance, et que l&rsquo;administration GW avait accept\u00e9 en grandes pompes. Tout cela, qui paraissait clair et assur\u00e9 au d\u00e9part, a sombr\u00e9 dans l&rsquo;incomp\u00e9tence, la corruption et l&rsquo;inefficacit\u00e9 stup\u00e9fiante de la puissance US. Le choc et la rancoeur donnent la lucidit\u00e9 du jugement. On appr\u00e9ciera cette analyse de Muriawec compar\u00e9e aux appr\u00e9ciations fascin\u00e9es qu&rsquo;il donnait en 2002 de cette m\u00eame puissance US, et des perspectives qu&rsquo;elle ouvrait. C&rsquo;est une bonne mesure du chemin parcouru. Muriawec exprime sans aucun doute le vrai sentiment des n\u00e9o-conservateurs, qu&rsquo;on pourrait r\u00e9sumer par cette exclamation d&rsquo;un colonel belge faite au roi Baudouin, en octobre 1960, devant le chaos sanglant des premiers mois de l&rsquo;ind\u00e9pendance accord\u00e9e au Congo par la Belgique : \u00ab<em>Sire, ils vous l&rsquo;ont cochonn\u00e9e<\/em>\u00bb  dans ce cas, bien s\u00fbr, parlant de la puissance US, avec le Roi comme premier responsable.<\/p>\n<\/p>\n<p><\/p>\n<p><p>\tMis en ligne le 8 mars 2007 \u00e0 06H47<\/p><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Nous empruntons \u00e0 un texte de Laurent Muriawec, \u00abTournants et virevoltes de la Maison-Blanche\u00bb qui nous est signal\u00e9 tr\u00e8s judicieusement par notre lecteur Geo, sur notre Forum&rsquo; du 7 mars, ces quatre derniers paragraphes. \u00abMais si la pression exerc\u00e9e par Blair et quelques autres, et par les nouvelles majorit\u00e9s d\u00e9mocrates du Congr\u00e8s, peut avoir gain&hellip;&nbsp;<\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":0,"comment_status":"","ping_status":"","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"neve_meta_sidebar":"","neve_meta_container":"","neve_meta_enable_content_width":"","neve_meta_content_width":0,"neve_meta_title_alignment":"","neve_meta_author_avatar":"","neve_post_elements_order":"","neve_meta_disable_header":"","neve_meta_disable_footer":"","neve_meta_disable_title":"","footnotes":""},"categories":[2],"tags":[868,3553,5890],"class_list":["post-68600","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-bloc-notes","tag-bush","tag-muriawec","tag-neo-con"],"jetpack_featured_media_url":"","_links":{"self":[{"href":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/68600","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=68600"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/68600\/revisions"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=68600"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=68600"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=68600"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}