{"id":68656,"date":"2007-03-26T00:00:00","date_gmt":"2007-03-26T00:00:00","guid":{"rendered":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/2007\/03\/26\/lallemagne-nous-interesse\/"},"modified":"2007-03-26T00:00:00","modified_gmt":"2007-03-26T00:00:00","slug":"lallemagne-nous-interesse","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/2007\/03\/26\/lallemagne-nous-interesse\/","title":{"rendered":"<strong><em>L&rsquo;Allemagne nous int\u00e9resse\u2026<\/em><\/strong>"},"content":{"rendered":"<p><h3>L&rsquo;Allemagne nous int\u00e9resse<\/h3>\n<\/p>\n<p><\/p>\n<p><p>\t26 mars 2007  L&rsquo;Allemagne nous int\u00e9resse, c&rsquo;est-\u00e0-dire que nous la percevons brusquement, \u00e0 cause de cette d\u00e9sormais fameuse crise des euromissiles-II, comme un porteur essentiel (quoique temporaire) d&rsquo;un courant fondamental de d\u00e9stabilisation en Europe (d\u00e9stabilisation de cette Europe qui fait partie du syst\u00e8me am\u00e9ricaniste). Nous disons bien : porteur (comme on dit : porteur d&rsquo;eau) et non acteur. Les dirigeants allemands n&rsquo;ont plus pr\u00e9sentement assez de force structurante pour \u00eatre autre chose que des portefaix occasionnels du destin de la grande Histoire, des temporaires ; certains diront : tant mieux et on peut les comprendre ; tant mieux, dans tous les cas, qu&rsquo;ils prennent en charge cette chose essentielle. Il faut dire que l&rsquo;aveugle politique des gens de Washington ne leur laisse pas de choix. Dieu, s&rsquo;Il en a le loisir, reconna\u00eetra les siens&#8230;<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tPour autant, le fait est l\u00e0. Il faut applaudir <a href=\"http:\/\/www.dedefensa.org\/article.php?art_id=3837\" class=\"gen\">Joschka Fischer<\/a>, ce personnage de pi\u00e8tre int\u00e9r\u00eat, parce qu&rsquo;il se trouve dans une occurrence o\u00f9 sa vanit\u00e9 et ses int\u00e9r\u00eats le poussent \u00e0 pousser l&rsquo;Allemagne \u00e0 jouer ce r\u00f4le qui nous importe,  en imaginant, lui, qu&rsquo;elle sera plus qu&rsquo;un portefaix,  et laissons-le r\u00eaver, il n&rsquo;en sera que plus mal vu par ses amis de l&rsquo;universit\u00e9 de Princeton. Ces gens plac\u00e9s en position de se pr\u00e9tendre des \u00e9lites ne m\u00e9ritent aucune autre consid\u00e9ration.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tLe destin collectif de l&rsquo;Allemagne, par contre, est une chose qui m\u00e9rite de l&rsquo;attention. Pour enrichir la documentation \u00e0 cet \u00e9gard, nous publions ci-dessous le texte de la rubrique <em>Contexte<\/em> de notre Lettre d&rsquo;Analyse (papier) <em>de defensa &#038; eurostrat\u00e9gie<\/em>. Nous tentons d&rsquo;y esquisser une r\u00e9flexion sur les positions et les relations des rapports entre pacifisme et anti-am\u00e9ricanisme en Allemagne, entre les deux crises que nous mettons souvent en parall\u00e8le (euromissiles et euromissiles-II) <\/p>\n<h2 class=\"common-article\">Une rencontre explosive<\/h2>\n<\/p>\n<p><p>\t<strong>Le projet BMD du Pentagone provoque des d\u00e9structurations explosives. L&rsquo;Allemagne est un cas en pointe, avec des souvenirs de 1977-1983<\/strong><\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tOn s&rsquo;attachera ici \u00e0 une remarque que rapporte le quotidien en ligne des affaires europ\u00e9ennes, <em>EU Observer<\/em>, le 6 mars 2007, avec le commentaire rapide qu&rsquo;il ajoute. La personnalit\u00e9 (allemande) cit\u00e9e est Martin Schulz, chef du groupe socialiste du Parlement europ\u00e9en et membre du parti social-d\u00e9mocrate SPD, par cons\u00e9quent membre de la coalition que dirige Angela Merkel.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t\u00ab<em>The topic has to be discussed at the European Council<\/em> [8-9 March] <em>because it is a central theme for the EU, he told Spiegel Online.<\/em> [&#8230;] <em>The chancellor should resist the planned defence system, he said expressing pacifist and Russia-friendly sentiments in the SPD party.<\/em>\u00bb<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tCette remarque r\u00e9sume un ph\u00e9nom\u00e8ne d&rsquo;une tr\u00e8s grande importance politique. Il s&rsquo;agit de l&rsquo;expression d&rsquo;un sentiment pacifiste allemand portant sur une mati\u00e8re europ\u00e9enne et impliquant les \u00c9tats-Unis d&rsquo;une part (le r\u00e9seau BMD que veut d\u00e9velopper le Pentagone, avec des bases en Pologne et en Tch\u00e9quie), la Russie de l&rsquo;autre (les r\u00e9actions d&rsquo;alerte strat\u00e9gique de la Russie devant les projets du Pentagone), des pays de l&rsquo;UE enfin (la Pologne et la Tch\u00e9quie).<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tCette m\u00eame remarque doit nous appara\u00eetre comme un raccourci clair et particuli\u00e8rement r\u00e9v\u00e9lateur parce qu&rsquo;elle noue un lien entre le pass\u00e9 (la crise des euromissiles de 1977-1987, dont nous avons parl\u00e9 dans notre derni\u00e8re rubrique Contexte) et l&rsquo;actuelle crise des BMD anti-missiles; entre l&rsquo;Allemagne d&rsquo;hier et l&rsquo;Allemagne d&rsquo;aujourd&rsquo;hui. Ce lien est aussi un noeud gordien, quelque chose d&rsquo;explosif pour l&rsquo;Europe elle-m\u00eame et pour l&rsquo;Allemagne pr\u00e9cis\u00e9ment,  avec les r\u00e9percussions sur le personnel politique allemand qu&rsquo;on peut observer pr\u00e9cis\u00e9ment (la demande de Schulz pour le Conseil europ\u00e9en a \u00e9t\u00e9 imm\u00e9diatement suivie d&rsquo;effets).<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tC&rsquo;est ce dernier point (l&rsquo;Allemagne) qui nous int\u00e9resse. Il s&rsquo;agit d&rsquo;analyser l&rsquo;\u00e9volution psychologique de ce pays devant cette crise que nous baptisons euromissiles-II. L&rsquo;important, ce qui nous int\u00e9resse ici \u00e9videmment, c&rsquo;est le passage d&rsquo;une r\u00e9alit\u00e9 th\u00e9orique (le pacifisme allemand face \u00e0 la guerre contre la terreur) \u00e0 une r\u00e9alit\u00e9 concr\u00e8te europ\u00e9enne; et la rencontre concr\u00e8te entre ce pacifisme et le premier v\u00e9ritable sentiment anti-am\u00e9ricaniste allemand.<\/p>\n<h3>Du pacifisme \u00e0 l&rsquo;anti-am\u00e9ricanisme et retour: une \u00e9volution allemande<\/h3>\n<\/p>\n<p><p>\tDans les ann\u00e9es de la crise des euromissiles, de 1977 \u00e0 1987, mais en fait avec le point culminant de l&rsquo;\u00e9motion populaire entre 1980 et 1983,  essentiellement 1981 et 1982,  le pacifisme allemand se mit \u00e0 nu. Il \u00e9tait alors bien facile de lui trouver une mine id\u00e9ologique bien suspecte. Mitterrand, dans son discours de Bruxelles (printemps 1981) et avant de plaider la cause de la fermet\u00e9 devant le Bundestag, r\u00e9suma cela d&rsquo;un mot rest\u00e9 c\u00e9l\u00e8bre: \u00ab<em>Les pacifistes sont \u00e0 l&rsquo;Ouest, les missiles sont \u00e0 l&rsquo;Est.<\/em>\u00bb<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tA cette \u00e9poque, le pacifisme allemand \u00e9tait moqu\u00e9 et accus\u00e9 comme menant en droite ligne au neutralisme et faisant le jeu de Moscou. L&rsquo;anti-am\u00e9ricanisme qui le compl\u00e9tait \u00e9tait restreint et ne venait qu&rsquo;\u00e0 une petite seconde place dans le comportement du public allemand; il \u00e9tait, quant \u00e0 lui, encore plus suspect de manipulation id\u00e9ologique (d&rsquo;autant plus que les <em>Pershing<\/em> II et GLCM am\u00e9ricains \u00e9taient envoy\u00e9s en Europe \u00e0 la demande expresse des dirigeants allemands). A son terme, en 1985-87, cette crise avait fermement accroch\u00e9 une notion de culpabilit\u00e9 \u00e0 l&rsquo;id\u00e9e d&rsquo;anti- am\u00e9ricanisme dans l&rsquo;esprit du public allemand. La m\u00eame chose pouvait se dire, par extension, du pacifisme allemand.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tLa chute du Mur ne changea pas vraiment cette situation. L&rsquo;id\u00e9e de \u00a0\u00bbdividendes de la paix\u00a0\u00bb (d\u00e9mobilisation avec la fin de la Guerre froide) ne fut pas un concept fondamental de l&rsquo;esprit allemand de la p\u00e9riode. Le grand bouleversement de la r\u00e9unification d&rsquo;une part, la crise des Balkans jusqu&rsquo;\u00e0 la guerre du Kosovo d&rsquo;autre part, rendirent difficile une telle \u00e9volution. Un troisi\u00e8me point est que la fin de la Guerre froide amenait effectivement une r\u00e9duction des engagements militaires (et des budgets correspondants) allemands sans qu&rsquo;il soit pour autant question de \u00a0\u00bbpaix\u00a0\u00bb comme dans l&rsquo;expression \u00a0\u00bbdividendes de la paix\u00a0\u00bb. Simplement, la guerre changeait de quartier et se d\u00e9pla\u00e7ait de l&rsquo;Europe vers les p\u00e9riph\u00e9ries dont les Balkans \u00e9taient d&rsquo;ailleurs l&rsquo;avant-poste: guerre du Golfe (1990), terrorisme, etc., et ce qui suivit apr\u00e8s le 11 septembre 2001.  L&rsquo;Allemagne n&rsquo;\u00e9tait pas vraiment concern\u00e9e, n&rsquo;ayant pas de force de projection.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tLa question des anti-missiles, ce que nous nommons la crise \u00a0\u00bbantimissiles-II\u00a0\u00bb, change tout cela. C&rsquo;est une crise strat\u00e9gique, avec une tension tr\u00e8s concr\u00e8te, notamment avec la Russie qu&rsquo;on juge cette fois dans son droit, avec la Pologne, avec les USA qui agissent en trouble-f\u00eates europ\u00e9ens. A nouveau se pose la question du pacifisme allemand et de ses \u00e9ventuels rapports avec l&rsquo;anti-am\u00e9ricanisme.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tDepuis septembre 2001 s&rsquo;est d\u00e9velopp\u00e9 en Allemagne, comme dans la plupart des pays du monde, un tr\u00e8s puissant courant d&rsquo;anti-am\u00e9ricanisme. La chose est suffisamment document\u00e9e pour qu&rsquo;on ne s&rsquo;attarde ni \u00e0 la d\u00e9montrer, ni \u00e0 l&rsquo;expliciter. C&rsquo;est dans ce cadre qu&rsquo;intervient l&rsquo;affaire des BMD,  ou plut\u00f4t qu&rsquo;elle \u00e9clate, car elle est latente depuis le printemps de 2001 (tourn\u00e9e de Wolfowitz en Europe pour exposer les projets BMD de la nouvelle administration) et d\u00e9clar\u00e9e depuis 2003 (d\u00e9but des n\u00e9gociations entre les USA et la Pologne pour l&rsquo;installation d&rsquo;une base de missiles anti-missiles). Ce d\u00e9calage est un avatar de communication d\u00fb essentiellement \u00e0 l&rsquo;attitude russe. Ce n&rsquo;est qu&rsquo;\u00e0 partir du moment o\u00f9 les Russes proclament que l&rsquo;affaire BMD est grave (discours de Poutine \u00e0 Munich le 10 f\u00e9vrier, suivi de diverses d\u00e9clarations de dirigeants civils et militaires), que celle-ci devient effectivement grave. Ce n&rsquo;est qu&rsquo;alors qu&rsquo;on commence \u00e0 (re)parler du pacifisme allemand (voir Schulz). Il est manifeste que le pacifisme n&rsquo;est pas, dans ce cas, la cause principale de la sensibilit\u00e9 allemande au probl\u00e8me, mais bien l&rsquo;anti-am\u00e9ricanisme.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tL&rsquo;\u00e9quation psychologique de 1977-87 est renvers\u00e9e. Il y a une correspondance avec le r\u00f4le des Am\u00e9ricains. S&rsquo;ils n&rsquo;\u00e9taient pas la cause de la crise en 1977, loin s&rsquo;en faut, ils peuvent pr\u00e9tendre \u00e0 ce r\u00f4le en 2007, sans la moindre difficult\u00e9 de compr\u00e9hension de cette \u00e9volution. L&rsquo;anti-am\u00e9ricanisme suit cette hi\u00e9rarchie. Ainsi retrouve-t-on une crise strat\u00e9gique de la gravit\u00e9 de celle de 1977, avec l&rsquo;Allemagne en son centre, mais o\u00f9 le sentiment essentiel est pass\u00e9 du pacifisme \u00e0 l&rsquo;anti-am\u00e9ricanisme. C&rsquo;est une situation r\u00e9volutionnaire.<\/p>\n<h3>Un anti-am\u00e9ricanisme et un pacifisme sans culpabilit\u00e9: une nouveaut\u00e9 pour l&rsquo;Allemagne<\/h3>\n<\/p>\n<p><p>\tIl est vrai que l&rsquo;Allemagne, qui attendait beaucoup de la fin de la Guerre froide et de la r\u00e9unification, n&rsquo;a cess\u00e9 d&rsquo;\u00eatre d\u00e9\u00e7ue. A aucun moment, elle ne s&rsquo;est lib\u00e9r\u00e9e de la tutelle qui, durant la Guerre froide, l&rsquo;a compl\u00e8tement envelopp\u00e9e. Il s&rsquo;agit moins de son pass\u00e9 de la Deuxi\u00e8me Guerre mondiale que de l&rsquo;univers de conformisme o\u00f9 elle s&rsquo;est enferm\u00e9e, conformisme o\u00f9 il faut placer son \u00a0\u00bbdevoir de repentance\u00a0\u00bb qui a agi plus comme une st\u00e9rilisation de la pens\u00e9e \u00e0 l&rsquo;aide du st\u00e9r\u00e9otype que comme la lib\u00e9ration de la pens\u00e9e qui constitue le seul rem\u00e8de \u00e0 cet emprisonnement. Ainsi est-elle pass\u00e9e du conformisme de ses folies hitl\u00e9riennes au conformisme d&rsquo;un syst\u00e8me dont on mesure aujourd&rsquo;hui l&rsquo;autre forme de folie qu&rsquo;est le nihilisme qui le conduit.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tL&rsquo;Allemagne avait justement conclu de son pass\u00e9 que seul le cadre europ\u00e9en lui permettrait un v\u00e9ritable repentir d\u00e9bouchant sur la lib\u00e9ration de sa pens\u00e9e. Mais l&rsquo;Europe qu&rsquo;elle a favoris\u00e9e \u00e9tant celle du st\u00e9r\u00e9otype nihiliste, le rem\u00e8de s&rsquo;est av\u00e9r\u00e9 pire que le mal. Dans la pratique, cela a conduit l&rsquo;Allemagne \u00e0 favoriser cette Europe de la suj\u00e9tion qui nous emprisonne tous, contredisant radicalement les esp\u00e9rances que certains avaient plac\u00e9es dans la soi-disant \u00a0\u00bbamiti\u00e9\u00a0\u00bb franco-allemande jug\u00e9e n\u00e9cessaire pour l&rsquo;Europe en question. La r\u00e9unification et les espoirs de r\u00e9surgence de grande puissance apais\u00e9e que l&rsquo;Allemagne y avait plac\u00e9s se sont av\u00e9r\u00e9s \u00eatre un tr\u00e8s grave \u00e9chec et une douloureuse tromperie. L&rsquo;Allemagne d&rsquo;aujourd&rsquo;hui est plus que jamais une masse sans consistance au coeur de l&rsquo;Europe.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tCes circonstances n\u00e9gatives nous paraissent bien assez fortes pour consid\u00e9rer l&rsquo;id\u00e9e que la crise euromissiles-II est une occasion inattendue et exceptionnelle pour l&rsquo;Allemagne,  donc, pour l&rsquo;Europe. Ce que certains d\u00e9signent comme le d\u00e9mon de l&rsquo;Allemagne,  son pacifisme presque pointilleux \u00e0 force d&rsquo;\u00eatre l\u00e9galiste,  est toujours pr\u00e9sent, mais il a pris une seconde place. Le premier sentiment qui doit conduire l&rsquo;Allemagne dans cette crise est un anti-am\u00e9ricanisme d&rsquo;une nouvelle sorte, un anti-am\u00e9ricanisme europ\u00e9en (comme on dit: un anti-am\u00e9ricanisme au nom de l&rsquo;Europe). C&rsquo;est un argument beaucoup plus fort que les illusions sentimentales de l&rsquo;amiti\u00e9 franco-allemande. Il n&rsquo;y a plus d&rsquo;amiti\u00e9 franco-allemande mais il y a d\u00e9sormais un anti-am\u00e9ricanisme europ\u00e9en. C&rsquo;est une autre fa\u00e7on de rencontrer la France, non par le sentiment mais par la n\u00e9cessit\u00e9.  Dans cette entreprise, l&rsquo;Allemagne devrait \u00eatre aid\u00e9e sur son Est par la Russie, dont les int\u00e9r\u00eats sont \u00e9galement rencontr\u00e9s par cette \u00e9volution. La Russie recherche \u00e9galement une issue lib\u00e9ratoire pour tenter de se lib\u00e9rer d&rsquo;un syst\u00e8me qui n&rsquo;a pris que quelques ann\u00e9es pour la ravager \u00e0 un degr\u00e9 inou\u00ef de saccage, durant l&rsquo;\u00e8re Eltsine. Poutine vaut ce qu&rsquo;il vaut et nul ne lui demande d&rsquo;\u00eatre un premier prix de vertu; mais, venu apr\u00e8s l&rsquo;ectoplasme Eltsine, il repr\u00e9sente l&rsquo;\u00e9vidence de la nation russe.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tL&rsquo;absurde entreprise du d\u00e9ploiement des anti-missiles US repr\u00e9sente une \u00e9trange clef bureaucratique pour ouvrir une porte ferm\u00e9e \u00e0 double tour au nez de l&rsquo;Europe, et tenue cadenass\u00e9e depuis des d\u00e9cennies. Ce n&rsquo;est pas un affrontement de puissances europ\u00e9ennes, ou une r\u00e9surgence de certaines puissances europ\u00e9ennes dont cette affaire est la clef. Il y a longtemps que ces jeux d&rsquo;un autre temps sont d\u00e9pass\u00e9s, incongrus et impossibles \u00e0 jouer. Il y a aujourd&rsquo;hui, en marche, une logique continentale qui lie les pays d&rsquo;Europe, y compris la Russie comme compl\u00e9ment de l&rsquo;Europe. L&rsquo;\u00e9vidence du mouvement rencontre l&rsquo;int\u00e9r\u00eat de ses composants. Ce n&rsquo;est pas \u00e0 une r\u00e9affirmation de puissance que nous conduit tout cela mais \u00e0 la possible lib\u00e9ration d&rsquo;un continent, et chacun a sa contribution \u00e0 apporter comme ses int\u00e9r\u00eats \u00e0 rencontrer.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tL&rsquo;Allemagne est dans une position de d\u00e9part heureuse dans cette crise. C&rsquo;est l&rsquo;anti-am\u00e9ricanisme qui, par la force des choses impos\u00e9es par l&rsquo;am\u00e9ricanisme, y a la premi\u00e8re place. Que les dirigeants allemands en soient satisfaits ou pas nous importe peu puisque nous importe seule cette fameuse force des choses. L&rsquo;anti-am\u00e9ricanisme en t\u00eate, le pacifisme allemand trouve sa justification et sa vertu puisqu&rsquo;il s&rsquo;exerce \u00e0 bon escient. La partie n&rsquo;est pas gagn\u00e9e d&rsquo;avance, tant s&rsquo;en faut, mais elle est jouable. C&rsquo;est une situation de d\u00e9part de crise qui est sans pr\u00e9c\u00e9dent.<\/p>\n<\/p>\n<p><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>L&rsquo;Allemagne nous int\u00e9resse 26 mars 2007 L&rsquo;Allemagne nous int\u00e9resse, c&rsquo;est-\u00e0-dire que nous la percevons brusquement, \u00e0 cause de cette d\u00e9sormais fameuse crise des euromissiles-II, comme un porteur essentiel (quoique temporaire) d&rsquo;un courant fondamental de d\u00e9stabilisation en Europe (d\u00e9stabilisation de cette Europe qui fait partie du syst\u00e8me am\u00e9ricaniste). 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