{"id":68750,"date":"2007-04-28T00:00:00","date_gmt":"2007-04-28T00:00:00","guid":{"rendered":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/2007\/04\/28\/bae-et-les-eclairantes-contradictions-de-la-globalisation\/"},"modified":"2007-04-28T00:00:00","modified_gmt":"2007-04-28T00:00:00","slug":"bae-et-les-eclairantes-contradictions-de-la-globalisation","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/2007\/04\/28\/bae-et-les-eclairantes-contradictions-de-la-globalisation\/","title":{"rendered":"<strong><em>BAE et les \u00e9clairantes contradictions de la globalisation<\/em><\/strong>"},"content":{"rendered":"<p><h2 class=\"common-article\">BAE et les \u00e9clairantes contradictions de la globalisation<\/h2>\n<\/p>\n<p><\/p>\n<p><p>\t28 avril 2007  Le <em>Financial Times<\/em> publie la nouvelle selon laquelle <a href=\"http:\/\/www.dedefensa.org\/article.php?art_id=3922\" class=\"gen\">l&rsquo;affaire<\/a> BAE-<em>Yamamah<\/em> a \u00e9t\u00e9 l&rsquo;objet d&rsquo;une d\u00e9marche officielle US aupr\u00e8s du Royaume-Uni. (Comme on le sait, l&rsquo;affaire vient de conna\u00eetre de nouveaux d\u00e9veloppements dans le cadre de l&rsquo;enqu\u00eate men\u00e9e au sein de <a href=\"http:\/\/www.dedefensa.org\/article.php?art_id=3922\" class=\"gen\">l&rsquo;OCDE<\/a>. Effectivement, le cas para\u00eet de plus en plus s\u00e9rieux, d&rsquo;autant que personne ne semble pr\u00e9dispos\u00e9 \u00e0 c\u00e9der, que les Britanniques se conduisent sans \u00e9gard pour personne et que personne \u00e0 l&rsquo;OCDE, y compris les amis US, ne veut faire le moindre cadeau aux Britanniques.)<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tLe <em>FT<\/em> nous <a href=\"http:\/\/www.ft.com\/cms\/s\/b008fd02-f45c-11db-88aa-000b5df10621.html\" class=\"gen\">annonce<\/a> donc que l&rsquo;ambassade des USA \u00e0 Londres est intervenue avec vigueur aupr\u00e8s du gouvernement de Sa Majest\u00e9. Cela se passait en janvier. C&rsquo;\u00e9tait \u00e0 propos des ennuis de BAE et de la fa\u00e7on dont le gouvernement Blair \u00e9tait intervenu pour emp\u00eacher le Special Fraud Office (SFO) d&rsquo;aller au terme de son enqu\u00eate sur BAE (<em>Yamamah<\/em>). L&rsquo;important est bien entendu qu&rsquo;il s&rsquo;agit d&rsquo;une protestation formelle, un acte diplomatique officiel.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t\u00ab<em>The US issued a formal diplomatic protest to the British government over its decision to drop a fraud investigation into alleged bribery of Saudi officials by arms manufacturer BAE Systems.<\/em><\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t\u00bb<em>The verbal protest was delivered in January by a US embassy official in London to the UK Foreign Office within days of the decision being taken in December. Several governments, including the US, had raised the issue at a meeting of the anti-bribery working group of the Paris-based Organisation for Economic Co-Operation and Development.<\/em><\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t\u00bb<em>The d\u00e9marche, though discreetly delivered, was nonetheless strikingly forceful for a key military and security ally.<\/em><\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t\u00bb<em>Diplomatic insiders told the Financial Times that Washington said the British decision put the Blair government in breach of both the spirit and the letter of the OECD anti-corruption convention that requires member states to have a level playing field in which to conduct commercial relations.<\/em><\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t\u00bb<em>It is also embarrassing for BAE, whose corporate responsibility report, published this month, plays down the controversy.<\/em><\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t\u00bb<em>The views of the US government are critical for BAE, which has built extensive interests in the country and harbours ambitions to break into the top tier of Pentagon contractors through acquisitions. The British company last year made 36 per cent of its sales to the US government, compared with 38 per cent from its domestic market. Mike Turner, BAE&rsquo;s chief executive, who has consistently denied wrongdoing by the company, has said the probe by the UK&rsquo;s Serious Fraud Office has not had an impact on US expansion plans.<\/em><\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t\u00bb<em>Institutional shareholders and major customers are taking the approach of assuming we are innocent, unless proved otherwise, BAE said yesterday.<\/em><\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t\u00bb<em>The company&rsquo;s corporate responsibility report devotes two paragraphs to the controversy. One expresses disappointment that media coverage appears to assume guilt, unsupported by any evidence, and in spite of the company&rsquo;s consistent denials. The other welcomes the timely conclusion of the Saudi inquiry.<\/em>\u00bb<\/p>\n<h3>La fable de BAE et la globalisation<\/h3>\n<\/p>\n<p><p>\tOn s&rsquo;exclamera,  une fois de plus, sans aucun doute: mais de quoi s&rsquo;occupe donc les Am\u00e9ricains? La r\u00e9ponse, pour une fois, ne montrera aucune marque particuli\u00e8re d&rsquo;anti-am\u00e9ricanisme de notre part : de leurs affaires. Parce que BAE est BAE, qu&rsquo;<strong>officiellement<\/strong> 36% de son chiffre d&rsquo;affaires vient du Pentagone contre 38% du MoD britannique,  et qu&rsquo;<strong>officieusement<\/strong>, \u00e0 cause de la participation de BAE \u00e0 des programmes ultra-secrets (<em>black programs<\/em>), cette proportion est peut-\u00eatre plus grande, et la part DoD d\u00e9passant dans ce cas la part MoD.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tTout cela ne signifie pas que les USA ne peuvent supporter l&rsquo;id\u00e9e m\u00eame de la corruption. Au contraire, ils la manient avec maestria, les grandes entreprises du complexe militaro-industriel n&rsquo;ayant de le\u00e7on \u00e0 recevoir de personne dans ce domaine. Mais ils la manient \u00e9galement, la corruption, avec une certaine discr\u00e9tion qui permet de garder l&rsquo;essentiel, c&rsquo;est-\u00e0-dire l&rsquo;apparence de la vertu. Ce que les USA reprochent \u00e0 BAE (et aux gouvernements britanniques successifs depuis le d\u00e9but des contrats <em>Yamamah<\/em> en 1985), c&rsquo;est d&rsquo;en faire trop et de le faire trop ouvertement, de fa\u00e7on trop voyante.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tL&rsquo;affrontement gouvernement britannique (BAE) <em>versus<\/em> OCDE est quelque chose d&rsquo;insupportable pour Washington ; non par soudain acc\u00e8s d&rsquo;enthousiasme pour le multilat\u00e9ralisme et pour l&rsquo;internationalisme mais simplement parce que l&rsquo;apparence de vertu doit \u00eatre particuli\u00e8rement soign\u00e9e dans ces enceintes internationales, parce que l&rsquo;apparence de la vertu fait partie de l&rsquo;\u00e9quilibre du syst\u00e8me. Or, r\u00e9p\u00e9tons-le, si BAE est pr\u00e9tendument britannique, si la querelle avec l&rsquo;OCDE concerne \u00e9videmment Londres et son gouvernement, il reste que, d\u00e9sormais, BAE est tellement am\u00e9ricanis\u00e9 qu&rsquo;il en est compl\u00e8tement am\u00e9ricaniste dans la perception US. Une soci\u00e9t\u00e9 qui a acc\u00e8s \u00e0 tous les programmes secrets du Pentagone ne peut \u00eatre que cela.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tAinsi trouve-t-on, par un \u00e9trange et ironique raccourci impliquant les deux plus s\u00fbrs partisans de la globalisation, le premier cas fondamental mettant en sc\u00e8ne un affrontement direct entre les int\u00e9r\u00eats nationaux les plus essentiels (ceux pour une soci\u00e9t\u00e9 de d\u00e9fense et de haute technologie) et la logique corruptrice et d\u00e9structurante de la globalisation.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t&bull; Les int\u00e9r\u00eats nationaux britanniques sont pr\u00e9sent\u00e9s comme mis en cause par l&rsquo;attaque de l&rsquo;OCDE, dans la mesure o\u00f9 cette attaque risque de mettre au grand jour le syst\u00e8me g\u00e9n\u00e9ral de corruption sur lequel repose le monde politique dirigeant britannique (depuis 1985). On observera qu&rsquo;il s&rsquo;agit d&rsquo;int\u00e9r\u00eats nationaux assez pi\u00e8tres, bien \u00e0 la mesure de la stature des dirigeants en place, mais c&rsquo;est ici le principe qui nous int\u00e9resse. Du point de vue de ce principe et si l&rsquo;on s&rsquo;en fait les chantres \u00e0 tout prix (<em>right or wrong, my country<\/em>), les Britanniques n&rsquo;ont pas tort.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t&bull; Les int\u00e9r\u00eats nationaux des USA sont pr\u00e9sent\u00e9s comme mis en cause par la situation de corruption de BAE et sa place abusive dans le syst\u00e8me de direction britannique. L\u00e0 aussi, on peut ricaner sur l&rsquo;hypocrisie, la tromperie et la fausset\u00e9 de telles accusations, mais pas sur la validit\u00e9 du principe si l&rsquo;on tient compte de tout ce que l&rsquo;on sait (et de tout ce que l&rsquo;on vient de rappeler pr\u00e9c\u00e9demment).<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tAinsi trouve-t-on par excellence le cas insoluble auquel conduit la globalisation. Il est d&rsquo;autant plus insoluble qu&rsquo;il porte sur une mati\u00e8re sur laquelle on n&rsquo;a pas coutume de transiger, qui est la question des industries de d\u00e9fense (hautes technologies, int\u00e9r\u00eats de la puissance militaire, etc). <\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tLa d\u00e9monstration est impeccable. La globalisation conduit n\u00e9cessairement \u00e0 des impasses parce qu&rsquo;elle m\u00e9lange des mati\u00e8res inconciliables. De m\u00eame qu&rsquo;elle pr\u00e9tend organiser la libre concurrence et le march\u00e9 libre alors qu&rsquo;elle cr\u00e9e en r\u00e9alit\u00e9 des monopoles, de m\u00eame elle finit par exacerber les int\u00e9r\u00eats nationaux faits de divers facteurs (dont le puissant facteur politique) alors qu&rsquo;elle r\u00e9alise une op\u00e9ration qui est le <em>nec plus ultra<\/em> de la globalisation (BAE nous a assez chant\u00e9 qu&rsquo;il devenait une soci\u00e9t\u00e9 transatlantique, c&rsquo;est-\u00e0-dire ni britannique (plus britannique), ni am\u00e9ricaine. Le moyen que la globalisation pr\u00e9tend animer pour parvenir \u00e0 ses fins (les int\u00e9r\u00eats particuliers, ceux des actionnaires ou de tous autres acteurs \u00e9conomiques, comme l&rsquo;on dit) conduit en r\u00e9alit\u00e9 \u00e0 des situations inextricables de conflit d&rsquo;int\u00e9r\u00eats (nationaux, politiques, etc).<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tL&rsquo;am\u00e9ricanisation de BAE s&rsquo;est faite sans le moindre probl\u00e8me, gr\u00e2ce aux manipulations d&rsquo;actionnaires. C&rsquo;\u00e9tait l&rsquo;arch\u00e9type de l&rsquo;op\u00e9ration de globalisation r\u00e9ussie. Le r\u00e9sultat, nous l&rsquo;avons aujourd&rsquo;hui : un conflit portant sur des sujets aussi exigeants et cons\u00e9quents que la corruption comme arme politique, l&rsquo;intrusion d&rsquo;une soci\u00e9t\u00e9 de technologies avanc\u00e9es dans les rapports de deux syst\u00e8mes politiques se pr\u00e9tendant alli\u00e9s et se d\u00e9couvrant adversaires, des ing\u00e9rences syst\u00e9matiques dans les mati\u00e8res les plus sensibles, des actes diplomatiques d&rsquo;ing\u00e9rence et ainsi de suite. La globalisation organise chaos et d\u00e9structuration ; on ne se plaindra pas trop lorsqu&rsquo;il s&rsquo;av\u00e8re que les victimes les plus visibles dans ce cas sont les chantres de la globalisation.<\/p>\n<\/p>\n<p><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>BAE et les \u00e9clairantes contradictions de la globalisation 28 avril 2007 Le Financial Times publie la nouvelle selon laquelle l&rsquo;affaire BAE-Yamamah a \u00e9t\u00e9 l&rsquo;objet d&rsquo;une d\u00e9marche officielle US aupr\u00e8s du Royaume-Uni. (Comme on le sait, l&rsquo;affaire vient de conna\u00eetre de nouveaux d\u00e9veloppements dans le cadre de l&rsquo;enqu\u00eate men\u00e9e au sein de l&rsquo;OCDE. 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