{"id":68796,"date":"2007-05-14T00:00:00","date_gmt":"2007-05-14T00:00:00","guid":{"rendered":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/2007\/05\/14\/la-g4g-et-la-fin-de-la-globalisation\/"},"modified":"2007-05-14T00:00:00","modified_gmt":"2007-05-14T00:00:00","slug":"la-g4g-et-la-fin-de-la-globalisation","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/2007\/05\/14\/la-g4g-et-la-fin-de-la-globalisation\/","title":{"rendered":"La G4G et la fin de la globalisation"},"content":{"rendered":"<p><h2 class=\"common-article\">La G4G et la fin de la globalisation<\/h2>\n<\/p>\n<p><p>\t14 mai 2007  La Guerre de la 4\u00e8me G\u00e9n\u00e9ration (G4G) continue \u00e0 entretenir la r\u00e9flexion et \u00e0 gagner en vastitude, en diversit\u00e9 et en complexit\u00e9 dans l&rsquo;extension de sa d\u00e9finition. William S. Lind reste un auteur de r\u00e9f\u00e9rence (mais tr\u00e8s am\u00e9ricain, sinon am\u00e9ricaniste) sur le sujet et c&rsquo;est un article de lui qui nous arr\u00eate ici, \u00e0 propos d&rsquo;un autre auteur du domaine et de sa plus r\u00e9cente publication : John Robb et son livre <em>Brave New War: The Next Stage of Terrorism and the End of Globalization<\/em>.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tLa th\u00e8se de Robb, soutenue par Lind, est que la G4G est le principal moyen mis en uvre pour non seulement contrer la globalisation mise en place ces derni\u00e8res d\u00e9cennies mais \u00e9galement pour la d\u00e9truire. La destruction de la globalisation est en bonne voie, de la fa\u00e7on la plus spectaculaire dans la p\u00e9riode ouverte le 11 septembre par les actions terroristes et, <strong>surtout<\/strong> \u00e0 notre sens, par les r\u00e9actions des pouvoirs, voire des Etats qui se jugent soi-disant engag\u00e9s dans la d\u00e9fense de la globalisation. (Les guillemets sont n\u00e9cessaires tant l&rsquo;ambigu\u00eft\u00e9 est grande dans ces divers domaines et actions. La question de la d\u00e9finition de ces soi-disant pouvoirs et Etats est m\u00eame au centre de la r\u00e9flexion telle qu&rsquo;elle \u00e9volue, notamment avec le livre de Robb et le commentaire de Lind.)<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t  Le point principal que rel\u00e8ve Lind, c&rsquo;est donc que la G4G est en train de vaincre la globalisation. (L&rsquo;article de Lind, publi\u00e9 par United Press International, est notamment repris <a href=\"http:\/\/www.spacewar.com\/reports\/Brave_New_War_999.html\" class=\"gen\">ce jour<\/a> par <em>SpaceWar.com<\/em>) : \u00ab<em>While the White House and the Pentagon continue their long vacation in Cloud Cuckoo Land, in the real world the literature on Fourth Generation war continues to grow. An important addition is John Robb&rsquo;s new book, Brave New War: The Next Stage of Terrorism and the End of Globalization. As the title implies, this book dares to question the inevitability of the globalist future decreed by the internationalist elites, a one-world superstate where life is reduced to an administered satisfying of wants. <\/em>[] <em>Robb perceives, rightly, that the Brave New War of the Fourth Generation will put an end to the Brave New World.<\/em>\u00bb<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t  Lind rapporte que Robb formule quatre propositions d&rsquo;importance, qui structurent son livre et son analyse. La premi\u00e8re est technique et am\u00e8ne quelques r\u00e9serves de Lind. Pour notre part, nous ne nous y attacherons pas car il s&rsquo;agit d&rsquo;une observation d&rsquo;importance mineure, surtout du domaine de la technique. (\u00ab<em>The first is that the global guerillas of 4GW will use systems disruption to inflict massive damage on states at little cost to themselves. Modern states depend on the functioning of numerous overlaid networks  fuel pipelines, electric grids, etc.  which have critical linkages that are subject to attack.<\/em>\u00bb)<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t  La seconde remarque est plus int\u00e9ressante : \u00ab<em>Robb&rsquo;s second strategic observation I think is wholly correct: 4GW forces gain enormous strength from operating on an open-source basis. Anyone can play, a shared vision replaces top-down control, and methods evolve rapidly through lateral communication.<\/em>\u00bb Effectivement, l&rsquo;importance de ce que l&rsquo;auteur et Lind nomment OSW (<em>Open Source Warfare<\/em>) nous appara\u00eet \u00e9vidente. Nous serions \u00e9videmment tent\u00e9s d&rsquo;\u00e9largir le concept, ici r\u00e9duit aux seules actions terroristes, \u00e0 toute la dissidence qui se manifeste sur Internet, y compris des sites d&rsquo;information de type classique. Nos lecteurs auront compris que nous comptons <em>dedefensa.org<\/em> parmi les combattants de l&rsquo;OSW,  et nous aurons l&rsquo;occasion de revenir sur ce concept, sans aucun doute.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t  La troisi\u00e8me remarque est souvent faite par nous-m\u00eames : la puissance de la globalisation retourn\u00e9e contre elle-m\u00eame par ses adversaires (Internet, l\u00e0 aussi, exemple d\u00e9monstratif) : \u00ab<em>The combination of post-modern Open Source Warfare and pre-modern, non-state primary loyalties leads to the third observation, that 4GW turns globalization against itself.<\/em>\u00bb<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t La quatri\u00e8me et derni\u00e8re remarque concerne la conclusion de Robb, et notre avenir,  ou comment s&rsquo;en sortir sans la globalisation (contre la globalisation ?) : \u00ab<em>Finally, Robb correctly finds the antidote to 4GW not in Soviet-style state structures such as the Department of Homeland Security, but in decentralization. What Robb calls dynamic decentralized resilience means that, in concrete terms, security is again to be found close to home. Local police departments, local sources of energy such as roof-top solar arrays  I would add local farms that use sustainable agricultural practices  are the key to dealing with system perturbations. To the extent we depend on large, globalist, centralized networks we are insecure. Robb foresees that as state structures fail.<\/em>\u00bb<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tLa conclusion de William S. Lind, \u00e0 une r\u00e9serve centrale pr\u00e8s que nous d\u00e9velopperons ci-dessous, correspond assez \u00e0 notre sentiment. C&rsquo;est bien la modernit\u00e9 elle-m\u00eame qui est en cause, et non seulement les USA, ou le soi-disant Ouest. De m\u00eame pour l&rsquo;image de la modernit\u00e9 se suicidant en 1914,  mais l\u00e0 aussi avec des r\u00e9serves sur <a href=\"http:\/\/www.dedefensa.org\/article.php?art_id=3402\" class=\"gen\">l&rsquo;explication<\/a> de la chose : \u00ab<em>If this all sounds a bit like what happened as the Roman Empire fell, it should. The empire in this case is not America or even the West, but the state system and the force that produced the state, the modern age. Modernity shot itself in the head in 1914. How much longer ought we expect the body to live?<\/em>\u00bb<\/p>\n<h3>La question de l&rsquo;Etat-nation<\/h3>\n<\/p>\n<p><p>\tD&rsquo;une fa\u00e7on g\u00e9n\u00e9rale, nous avons une d\u00e9finition beaucoup plus vaste de la G4G que celle que ces auteurs US nous proposent. Nous avons tendance \u00e0 faire largement d\u00e9border ce concept du seul cadre militaire. Nous l&rsquo;\u00e9tendons \u00e0 des aspects culturels, psychologiques, institutionnels, politiques bien s\u00fbr, etc. (Ainsi, nous avons fait de la victoire du non en France, au r\u00e9f\u00e9rendum de mai 2005, une \u00e9tape importante de la G4G.) En fait, d\u00e9signer la G4G, pour nous, c&rsquo;est d\u00e9signer la r\u00e9action de la r\u00e9sistance structurelle au courant d\u00e9structurant de la globalisation, sans donner trop d&rsquo;importance aux moyens, aux buts, etc.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t(L&rsquo;aspect militaire n&rsquo;est effectivement pour nous qu&rsquo;un domaine du vaste spectre de la G4G,  m\u00eame s&rsquo;il est tr\u00e8s int\u00e9ressant, et avec des retomb\u00e9es conceptuelles parfois inattendues et toujours tr\u00e8s substantielles. Un exemple est dans la fa\u00e7on dont il r\u00e9duit \u00e0 n\u00e9ant, jusqu&rsquo;\u00e0 en faire une arme contre l&rsquo;adversaire, l&rsquo;usage que ce dernier fait des technologies avanc\u00e9es. Il y a, dans cette occurrence, une mise en cause de l&rsquo;usage syst\u00e9mique des technologies aboutissant \u00e0 la m\u00e9canisation et \u00e0 la virtualisation de notre civilisation, et \u00e0 sa d\u00e9cadence acc\u00e9l\u00e9r\u00e9e. De ce point de vue, et en nous appuyant sur <a href=\"http:\/\/www.dedefensa.org\/article.php?art_id=3402\" class=\"gen\">notre perception<\/a> de la Grande Guerre,  notamment de la bataille de Verdun,  nous partageons l&rsquo;avis de Lind sur l&rsquo;importance du conflit de 1914 comme un des points centraux de l&rsquo;\u00e9volution de la modernit\u00e9, \u00e0 la fois son triomphe et le commencement de sa chute.)<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tLe probl\u00e8me que soul\u00e8vent les r\u00e9flexions de Robb et les commentaires de Lind concerne moins le sort de la globalisation,  nous sommes enti\u00e8rement d&rsquo;accord avec le constat que ce sort est funeste,  que les sch\u00e9mas que pr\u00e9sentent les deux auteurs pour la p\u00e9riode post-globalisation.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t En fait, leur proposition revient \u00e0 se replier sur le localisme d\u00e9mocratique jeffersonien de l&rsquo;origine des USA, en l&rsquo;opposant au sch\u00e9ma f\u00e9d\u00e9ral, dont la globalisation ne serait qu&rsquo;une extension \u00e0 la plan\u00e8te enti\u00e8re. On comprend ce raisonnement mais on remarque qu&rsquo;il est typiquement am\u00e9ricain, sinon am\u00e9ricaniste. Entre l&rsquo;Etat f\u00e9d\u00e9ral moderniste, pr\u00e9dateur et d\u00e9structurant, et le repli sur le localisme jeffersonien, il semble n&rsquo;y avoir rien. Le jugement implicite, voire explicite de Lind est de mettre l&rsquo;Etat parmi les acquisitions du modernisme (notre soulign\u00e9 en gras) : \u00ab<em>The empire in this case is not America or even the West, but<\/em> <strong><em>the state system<\/em><\/strong> <em>and the force that produced<\/em> <strong><em>the state,<\/em><\/strong> <em>the modern age<\/em>\u00bb<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tNous avons une approche diff\u00e9rente. L&rsquo;Etat au sens de l&rsquo;Etat-nation n&rsquo;est nullement un enfant du modernisme, mais un enfant de la nation,  laquelle n&rsquo;est, \u00e0 son tour, nullement une fille du modernisme. La nation, et son \u00e9manation adaptative au processus moderniste de l&rsquo;Etat-nation, sont d&rsquo;abord une riposte transcendantale et identitaire \u00e0 la notion d&#8217;empire ; la nation et l&rsquo;Etat-nation sont \u00e9labor\u00e9s essentiellement par la France (dite la Grande Nation) face \u00e0 la pouss\u00e9e de substance imp\u00e9riale de l&rsquo;Eglise pr\u00e9tendant, aux XII\u00e8me-XIII\u00e8me si\u00e8cles, se substituer d\u00e9finitivement \u00e0 l&rsquo;Empire romain. Selon ce sch\u00e9ma, la modernit\u00e9 avec sa structure f\u00e9d\u00e9rale et sa tendance d\u00e9structurante (la globalisation) est beaucoup plus un enfant d\u00e9voy\u00e9,  R\u00e9forme oblige,  de la tentation <strong>v\u00e9ritablement<\/strong> imp\u00e9riale du Moyen-\u00c2ge que de la nation, bien s\u00fbr. Au contraire, la v\u00e9ritable nation, et l&rsquo;Etat lorsqu&rsquo;il est \u00e0 son service dans la notion d&rsquo;Etat-nation, sont les adversaires de cette pouss\u00e9e ; si l&rsquo;on juge qu&rsquo;ils sont \u00e9galement adversaires de la modernit\u00e9, dans tous les cas de ce que la modernit\u00e9 a de d\u00e9structurant, c&rsquo;est que la logique y pousse et que l&rsquo;Histoire ne le d\u00e9ment pas. (Il s&rsquo;agit l\u00e0 de remarques structurelles historiques bien plus que de remarques politiques mais elles nous semblent s&rsquo;adapter beaucoup mieux \u00e0 la situation pr\u00e9sente.)<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tSelon cette conception, les rares Etats-nations qui subsistent sont aujourd&rsquo;hui les adversaires de la globalisation bien  plus que ses complices. Le cas \u00e9vident est bien entendu la France, avec la Russie dans son processus actuel retrouvant certains des attributs de l&rsquo;Etat-nation (dans ce cas, rejet de l&rsquo;id\u00e9e de la Russie consid\u00e9r\u00e9e comme un empire, d&rsquo;ailleurs aujourd&rsquo;hui priv\u00e9e de ses attributs de conqu\u00eate au nom de la religion ou au nom de l&rsquo;id\u00e9ologie qui sont red\u00e9finis comme son ext\u00e9rieur proche, au profit d&rsquo;une identit\u00e9 plus affirm\u00e9e.)<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tIl nous semble que Lind, comme Robb d&rsquo;ailleurs, a une vision tr\u00e8s am\u00e9ricaniste de la question de la G4G et des conditions qui la suscitent. Cette vision implique une notion de l&rsquo;Etat tr\u00e8s \u00e9loign\u00e9e du v\u00e9ritable Etat dans le cas de l&rsquo;Etat-nation puisqu&rsquo;il s&rsquo;agit d&rsquo;une force d\u00e9structurante elle-m\u00eame priv\u00e9e d&rsquo;identit\u00e9 et de transcendance. Le r\u00f4le historique de l&rsquo;Etat en Europe est d&rsquo;\u00eatre au service de la nation, c&rsquo;est-\u00e0-dire de la transcendance et de l&rsquo;identit\u00e9. Le contraire de la notion am\u00e9ricaniste. Dans un cas (europ\u00e9en), l&rsquo;Etat est structurant et adversaire de la globalisation, dans l&rsquo;autre (am\u00e9ricaniste) il est d\u00e9structurant et bien entendu la cible de la G4G (dans ce cas, le terme d&rsquo;Etat nous para\u00eet d&rsquo;ailleurs impropre d&#8217;emploi).<\/p>\n<\/p>\n<p><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>La G4G et la fin de la globalisation 14 mai 2007 La Guerre de la 4\u00e8me G\u00e9n\u00e9ration (G4G) continue \u00e0 entretenir la r\u00e9flexion et \u00e0 gagner en vastitude, en diversit\u00e9 et en complexit\u00e9 dans l&rsquo;extension de sa d\u00e9finition. William S. 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