{"id":68834,"date":"2007-05-26T00:00:00","date_gmt":"2007-05-26T00:00:00","guid":{"rendered":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/2007\/05\/26\/errare-humanum-est-daccord-mais-est-il-toujours-question-dhumain\/"},"modified":"2007-05-26T00:00:00","modified_gmt":"2007-05-26T00:00:00","slug":"errare-humanum-est-daccord-mais-est-il-toujours-question-dhumain","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/2007\/05\/26\/errare-humanum-est-daccord-mais-est-il-toujours-question-dhumain\/","title":{"rendered":"<em>Errare Humanum Est<\/em>, d&rsquo;accord, mais est-il toujours question d&rsquo;humain ?"},"content":{"rendered":"<p><p>C&rsquo;est un incident sans v\u00e9ritable signification politique, mais un incident tout de m\u00eame peu ordinaire. Il nous semble qu&rsquo;il est assez significatif pour m\u00e9riter quelques observations. Cela se passe \u00e0 l&rsquo;ONU, hier, \u00e0 une session du Conseil de S\u00e9curit\u00e9. L&rsquo;ambassadeur US Zalmay Khalilzad, qui pr\u00e9side le Conseil, prend la parole et lit le document pr\u00e9sentant la position officielle du Conseil sur le Darfour, d\u00e9cid\u00e9e apr\u00e8s de longues discussions. Il lit et d\u00e9taille une position tr\u00e8s dure contre le gouvernement soudanais. Un moment de silence, puis intervention du Russe : mais ce n&rsquo;est pas le texte sur lequel nous nous sommes mis d&rsquo;accord. On se consulte, on relit : oui, oui, on s&rsquo;est tromp\u00e9, Zalmay Khalilzad a lu un mauvais texte. (La position du Conseil est beaucoup plus nuanc\u00e9e, \u00e9dulcor\u00e9e, etc.) On fait comme si cette r\u00e9union n&rsquo;avait jamais eu lieu, on recommence avec le bon texte<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tPr\u00e9cisions sur cet incident par Reuters, <a href=\"http:\/\/rawstory.com\/showarticle.php?src=http%3A%2F%2Fnews.yahoo.com%2Fs%2Fnm%2F20070525%2Fod_uk_nm%2Fou<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tkoe_uk_un_council_rerun\u00a0\u00bb class=\u00a0\u00bbgen\u00a0\u00bb>hier soir<\/a> :<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t\u00ab<em>U.S. Ambassador Zalmay Khalilzad had to reconvene the U.N. Security Council and rerun a meeting on Friday after reading the wrong statement on Sudan, effectively wiping an entire council session out of history.<\/em><\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t\u00bb<em>At the first session, Khalilzad, current president of the council, read out a hard-hitting statement denouncing aerial bombardment in the troubled Darfur region in a clear critique of the Sudanese government.<\/em><\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t\u00bb<em>When the session ended, Russian Ambassador Vitaly Churkin was the first to point out that the statement was not the one that the council&rsquo;s 15 members had agreed, participants said.<\/em><\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t\u00bb<em>After about 10 minutes, officials managed to corral diplomats wandering off for the weekend back into the council chamber. Khalilzad opened a new meeting under the same serial number at which he read out a more anodyne statement that just urged all parties in Darfur, rebels included, to end violence.<\/em><\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t\u00bb<em>He read an old version of the statement at the first meeting, U.S. mission spokesman Benjamin Chang said of Khalilzad. That first one (session) never happened. U.N. officials agreed that in effect the earlier session had been superseded.<\/em><\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t\u00bb<em>Khalilzad&rsquo;s only admission of error at the second meeting was when he concluded by saying with a grin: The meeting IS adjourned, stressing the word is.<\/em><\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t\u00bb<em>Afterward, he told reporters: There were two words that were there in the first statement that shouldn&rsquo;t have been there. It was late in the day, Friday, administration under a degree of stress, but you know, we&rsquo;re all human beings, it happens.<\/em>\u00bb<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tKhalilzad exag\u00e8re dans le sens de minimiser la chose, pour minimiser son erreur qui pourrait n&rsquo;\u00eatre pas loin d&rsquo;\u00eatre consid\u00e9r\u00e9e comme une faute. Il s&rsquo;agissait bien plus que de deux mots de trop, d&rsquo;apr\u00e8s les t\u00e9moignages de ces r\u00e9unions. Les deux textes \u00e9taient <strong>tr\u00e8s<\/strong> diff\u00e9rents, essentiellement par le sens, entre un texte mettant en accusation le seul gouvernement  soudanais et un texte invitant toutes les parties (y compris les rebelles) \u00e0 cesser les violences et \u00e0 n\u00e9gocier. <\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tKhalilzad ne s&rsquo;est aper\u00e7u de rien, mais aussi nombre des auditeurs. On ne fera pas \u00e0 l&rsquo;ambassadeur US l&rsquo;injure de croire qu&rsquo;il a agi d\u00e9lib\u00e9r\u00e9ment. Il s&rsquo;agit plut\u00f4t d&rsquo;un exemple du fonctionnement des grands organismes et aussi des gouvernements nationaux qui, tous, d\u00e9pendent de vastes bureaucraties pour \u00e9noncer une politique et les prises de position qui en d\u00e9coulent. Ces processus bureaucratiques diluent \u00e0 la fois les responsabilit\u00e9s et les engagements personnels de jugement. Ils diluent \u00e9galement l&rsquo;esprit critique et la perception active des individus. L&rsquo;erreur expos\u00e9e ici est spectaculaire et, par cons\u00e9quent, promise \u00e0 \u00eatre rapidement r\u00e9par\u00e9e. Mais il existe aussi des erreurs plus subreptices, des implications moins visibles qui ne sont pas redress\u00e9es, qui ne sont souvent m\u00eame pas identifi\u00e9es. Cela conduit \u00e0 des engagements qui ne correspondent pas n\u00e9cessairement aux politiques d\u00e9cid\u00e9es, jusqu&rsquo;\u00e0 un point o\u00f9, de gauchissements en gauchissements (terme technique et non id\u00e9ologique), on parvient \u00e0 des changements tr\u00e8s importants.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tL&rsquo;un des effets pr\u00e9ventifs de ces risques inh\u00e9rents au processus bureaucratique est de rechercher une homog\u00e9n\u00e9isation maximale, pour \u00e9viter justement que les risques soient trop graves et leurs effets trop dommageables. On se trouve dans une situation de syst\u00e8me, o\u00f9 la psychologie humaine est directement mise en cause et souvent emprisonn\u00e9e dans des processus qui la contraignent, o\u00f9 les jugements sont par cons\u00e9quent eux-m\u00eames contraints. Cette situation d&rsquo;automatisme r\u00e9duit le r\u00f4le humain parfois dans une mesure consid\u00e9rable. On serait sans doute \u00e9tonn\u00e9 de d\u00e9couvrir combien de politiques, combien de d\u00e9cisions aujourd&rsquo;hui sont dues \u00e0 ces caract\u00e9ristiques. Cela ne joue nullement dans un seul sens ; l&rsquo;homog\u00e9n\u00e9isation ne va pas n\u00e9cessairement dans le sens de la mod\u00e9ration comme on pourrait en faire l&rsquo;hypoth\u00e8se mais dans le sens du conformisme de la pens\u00e9e. L&rsquo;on sait depuis le 11 septembre 2001 que ce conformisme va dans le sens de l&rsquo;extr\u00e9misme et de la radicalisation syst\u00e9matiques.<\/p>\n<\/p>\n<p><\/p>\n<p><p>\tMis en ligne le 26 mai 2007 \u00e0 10H23<\/p><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>C&rsquo;est un incident sans v\u00e9ritable signification politique, mais un incident tout de m\u00eame peu ordinaire. Il nous semble qu&rsquo;il est assez significatif pour m\u00e9riter quelques observations. Cela se passe \u00e0 l&rsquo;ONU, hier, \u00e0 une session du Conseil de S\u00e9curit\u00e9. 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