{"id":69002,"date":"2007-07-13T00:00:00","date_gmt":"2007-07-13T00:00:00","guid":{"rendered":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/2007\/07\/13\/notre-crise-climatique-rubrique-analyse-volume-22-n17-du-25-mai-2007\/"},"modified":"2007-07-13T00:00:00","modified_gmt":"2007-07-13T00:00:00","slug":"notre-crise-climatique-rubrique-analyse-volume-22-n17-du-25-mai-2007","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/2007\/07\/13\/notre-crise-climatique-rubrique-analyse-volume-22-n17-du-25-mai-2007\/","title":{"rendered":"\u201cNotre crise climatique\u201d \u2014 Rubrique Analyse, Volume 22 n\u00b017 du 25 mai 2007"},"content":{"rendered":"<p><h2 class=\"common-article\">Notre crise climatique<\/h2>\n<\/p>\n<p><p>\t<strong>La crise climatique est l\u00e0&#8230; M\u00eame ceux qui contestent la validit\u00e9 de la th\u00e8se du r\u00e9chauffement climatique \u00e0 cause de l&rsquo;action humaine devraient en convenir<\/strong><\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tIl est vrai que notre Lettre d&rsquo;Analyse, ainsi que le site dedefensa.org qui en est issue dans l&rsquo;esprit, portent une vision du monde. Nous en donnons une d\u00e9finition dans notre texte de pr\u00e9sentation du site, avec une r\u00e9f\u00e9rence appuy\u00e9e aux antimodernes dont nous avons d\u00e9j\u00e0 parl\u00e9 (voir notre rubrique de defensa, <a href=\"http:\/\/www.dedefensa.org\/article.php?art_id=1754\" class=\"gen\">Volume 20, n\u00b020<\/a>, du 10 juillet 2005.) Nous trouvons l&rsquo;essentiel de notre d\u00e9finition dans cette d\u00e9finition de P\u00e9guy propos\u00e9e par Andr\u00e9 Compagnon (dans son livre <em>Les Antimodernes<\/em>), avec la remarque que la derni\u00e8re partie de phrase constitue le coeur vibrant de cette d\u00e9finition : P\u00e9guy, \u00ab<em>probablement le seul authentique antimoderne<\/em> [NDLR: de son temps?]<em>, antimoderne jusqu&rsquo;au jusque-boutisme<\/em> [&#8230;] le seul qui puisse dire<D> <strong><em>nous modernes tout en d\u00e9non\u00e7ant le moderne.<\/em><\/strong>\u00bb (Nous ne sommes pas de ceux qui ignorons le moderne, ce qu&rsquo;il est et ce qu&rsquo;il a fait. Nous le connaissons, souvent bien mieux que nombre de modernistes, et pour cela nous sommes absolument anti-modernes. Nous avons vu le monstre au fond des yeux.)<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tCette introduction est l\u00e0 pour fixer (rappeler?) nos rep\u00e8res, la structuration de notre pens\u00e9e et de notre perception du monde. C&rsquo;est avec cet outil qui est aussi une r\u00e9f\u00e9rence que nous abordons pour nos lecteurs notre tentative de d\u00e9finition de ce que nous nommons la crise climatique, de pr\u00e9f\u00e9rence \u00e0 des termes tels que r\u00e9chauffement climatique (\u00ab<em>global warming<\/em>). Pour expliciter clairement cette distinction, nous indiquons que le terme  crise climatique est \u00e0 la fois politique et historique tandis que le terme r\u00e9chauffement climatique est propos\u00e9 ici dans son acceptation fondamentale qui est d&rsquo;\u00eatre \u00e9videmment un terme scientifique.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tNotre pr\u00e9misse \u00e9galement fondamentale est que, par l&rsquo;\u00e9vidence autant que les divers effets, manifestations, cons\u00e9quences, etc., qui l&rsquo;accompagnent, la crise climatique est d\u00e9sormais une chose indiscutablement politique. Elle p\u00e8se sur les politiques, les oriente, affecte les d\u00e9cisions, les programmations et la prospective. Elle suscite incontestablement une interrogation historique et philosophique. Elle fait d\u00e9sormais partie de l&rsquo;universalit\u00e9 pr\u00e9sente de la pens\u00e9e. C&rsquo;est de cette fa\u00e7on que nous l&rsquo;abordons.<\/p>\n<h3>La querelle du sexe des anges: la responsabilit\u00e9 de l&rsquo;homme dans la crise climatique<\/h3>\n<\/p>\n<p><p>\tPendant un quart de si\u00e8cle depuis que la question de la d\u00e9gradation du climat est une pr\u00e9occupation majeure (d\u00e9j\u00e0 une conf\u00e9rence internationale des chefs d&rsquo;Etat et de gouvernement sur cette question avait eu lieu au printemps 1989 au Br\u00e9sil, et d\u00e9j\u00e0 annonc\u00e9e comme d\u00e9cisive), on a d\u00e9battu pour savoir si l&rsquo;homme avait une responsabilit\u00e9 dans le processus du r\u00e9chauffement climatique. La chose n&rsquo;a cess\u00e9 de prendre un tour pol\u00e9mique, en m\u00eame temps que de nombreux indices climatiques indiquaient effectivement une telle \u00e9volution du r\u00e9chauffement. Elle est m\u00eame devenue nettement politique et id\u00e9ologique avec l&rsquo;administration GW Bush. On a connu diverses interventions, falsifications, corruptions, etc., des pressions sur des scientifiques, des rapports orient\u00e9s, notamment de la part d&rsquo;une administration US et des lobbies p\u00e9troliers qui sont tr\u00e8s hostiles \u00e0 tout changement fondamental dans la structure et le fonctionnement de l&rsquo;\u00e9conomie.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tCes trois derni\u00e8res ann\u00e9es, un rassemblement proche de l&rsquo;unanimit\u00e9 s&rsquo;est fait autour de la r\u00e9alit\u00e9 du r\u00e9chauffement climatique n\u00e9cessitant des changements,  peut-\u00eatre radicaux, on verra,  dans la structure et le fonctionnement de l&rsquo;\u00e9conomie. Pourtant, une nouvelle vague de contestation est apparue, notamment en France. Elle est certes timide et de peu de puissance mais elle est tout de m\u00eame significative. Elle s&rsquo;exprime au nom d&rsquo;un rigorisme scientifique tr\u00e8s caract\u00e9ristique de la rationalit\u00e9 fran\u00e7aise, avec le but implicite de prot\u00e9ger le fondement m\u00eame du progr\u00e8s scientifique des attaques fondamentales qu&rsquo;on commence \u00e0 distinguer ici et l\u00e0.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tNous nous garderons bien de prendre position dans cette querelle. Le moins qu&rsquo;on doive dire est qu&rsquo;elle est singuli\u00e8rement pervertie par des arri\u00e8re-pens\u00e9es et des perceptions id\u00e9ologiques et pol\u00e9miques. Aujourd&rsquo;hui, certains adversaires de la th\u00e8se de la responsabilit\u00e9 humaine \u00e9voquent la possibilit\u00e9 d&rsquo;un gigantesque complot \u00e0 l&rsquo;\u00e9chelle mondiale,  sans pour autant expliquer les buts recherch\u00e9s par les comploteurs,  et ils comparent cette affaire \u00e0 une immense nouvelle affaire Galil\u00e9e,  o\u00f9 le r\u00f4le du savant italien serait tenu par ceux qui d\u00e9fendent la th\u00e8se de la non-responsabilit\u00e9 humaine. (C&rsquo;est notamment faire bien de l&rsquo;honneur \u00e0 Mobil Oil, qui tiendrait ainsi le r\u00f4le d&rsquo;un Galil\u00e9e postmoderniste, puisque le g\u00e9ant p\u00e9trolier US est l&rsquo;un des principaux animateurs de la lutte, par tous les moyens faut-il le dire, contre la th\u00e8se de la responsabilit\u00e9 humaine.)<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tArr\u00eatons l\u00e0. D&rsquo;abord, pour confirmer que nous ne pouvons nous prononcer d&rsquo;une fa\u00e7on acceptable, c&rsquo;est-\u00e0-dire scientifique, dans cette affaire. Ensuite, parce qu&rsquo;il nous semble que la querelle, m\u00eame si elle porte sur un th\u00e8me gigantesque, n&rsquo;en est pas moins du mod\u00e8le sexe des anges, et qu&rsquo;elle est peut-\u00eatre dommageable dans ses effets.  Plusieurs points justifient cette appr\u00e9ciation.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t D&rsquo;abord, la pression des \u00e9v\u00e9nements climatiques. Il est manifeste aujourd&rsquo;hui que le changement de climat est en route, tout le monde le reconna\u00eet, y compris les adversaires de la th\u00e8se de la responsabilit\u00e9 humaine. Pour la plupart de ces derniers, en effet, la question d\u00e9battue porte sur ce seul th\u00e8me de la responsabilit\u00e9 humaine dans un \u00e9v\u00e9nement climatique d\u00e9j\u00e0 en cours. Ils ne contestent pas que des mesures doivent \u00eatre prises par rapport \u00e0 cet \u00e9v\u00e9nement climatique.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t Ensuite, l&rsquo;enjeu strat\u00e9gique et politique de l&rsquo;\u00e9v\u00e9nement commence \u00e0 appara\u00eetre. Des \u00e9tudes d&rsquo;experts ou de groupements divers commencent \u00e0 prendre en compte les bouleversements n\u00e9s de la crise climatique et les pressions diverses qui vont s&rsquo;exercer sur les int\u00e9r\u00eats strat\u00e9giques existants. R\u00e9cemment, un groupe de onze g\u00e9n\u00e9raux et amiraux US \u00e0 la retraite a publi\u00e9 un rapport dans ce sens, texte notablement alarmiste. La crise climatique s&rsquo;impose alors que diverses crises des ressources font \u00e9galement leur apparition (p\u00e9trole, eau, etc.). Tout cela conduit \u00e0 la notion strat\u00e9giquement fondamentale de survivance. Quelle que soit la part prise dans cette \u00e9volution par la crise climatique <em>stricto sensu<\/em>, il appara\u00eet que nous \u00e9voluons tr\u00e8s rapidement vers une p\u00e9riode lutte de survivance, o\u00f9 les enjeux et les conflits qui en r\u00e9sulteront auront \u00e0 voir avec la survivance de groupes humains, voire de l&rsquo;esp\u00e8ce.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t Il faut insister sur cette notion de survivance, en observant qu&rsquo;elle n&rsquo;a qu&rsquo;un seul pr\u00e9c\u00e9dent depuis les temps des grandes \u00e9pid\u00e9mies et autres fl\u00e9aux de l&rsquo;histoire pr\u00e9-moderne. Il s&rsquo;agit de l&rsquo;an\u00e9antissement par l&rsquo;arme nucl\u00e9aire, qui a jou\u00e9 un r\u00f4le essentiel dans le caract\u00e8re exceptionnel de la Guerre froide. Encore ne s&rsquo;agissait-il, au contraire de la situation actuelle en bonne partie, que d&rsquo;un danger d&rsquo;annihilation th\u00e9orique, ma\u00eetrisable par l&rsquo;\u00eatre humain. Il n&#8217;emp\u00eache, cette perception de la Guerre froide et les premiers dangers environnementaux et climatiques avaient pouss\u00e9 la r\u00e9flexion strat\u00e9gique sur la piste des menaces de survivance. Un rapport du Pentagone, conduit par Fred C. Ikl\u00e9 (<em>Competitive Strategies<\/em>) fut publi\u00e9 sur cette question en 1988. L&rsquo;abandon de la r\u00e9flexion strat\u00e9gique sur cette question, tout comme l&rsquo;abandon de la lutte contre la crise climatique apr\u00e8s la r\u00e9union mondiale du printemps 1989, repr\u00e9sentent une faute et une faiblesse de gouvernement inou\u00efes, quelque chose qui devrait trouver une place d&rsquo;\u00e9quivalence pour le temps de paix et les actes non militaires \u00e0 la notion de crime contre l&rsquo;humanit\u00e9. Cet \u00e9chec monumental de la pr\u00e9vision politique et strat\u00e9gique est directement \u00e0 mettre au d\u00e9bit de l&rsquo;esprit d&rsquo;une \u00e9poque (les ann\u00e9es Clinton des deux mandats du pr\u00e9sident d\u00e9mocrate). Ces ann\u00e9es 1990 furent l&rsquo;\u00e9poque de la globalisation \u00e0 outrance (absolument pas contest\u00e9e, au contraire de la situation actuelle), de l&rsquo;ivresse de l&rsquo;optimisme am\u00e9ricaniste (exub\u00e9rance de la Bourse, diverses bulles \u00e9conomiques, etc.), de l&rsquo;hyper-lib\u00e9ralisme et de l&rsquo;\u00e9conomisme sans frein, de l&rsquo;investissement de pays \u00e9mergents ou ex-communistes (Argentine, Russie, etc.). Ces \u00e9v\u00e9nements contrecarr\u00e8rent toute r\u00e9flexion pouvant menacer de mettre en cause, de pr\u00e8s ou de loin, le mod\u00e8le de ce qu&rsquo;on nomma alors (le terme est de Edward Luttwak) le turbo-capitalisme.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tEn un sens, on dirait que le temps n&rsquo;est plus \u00e0 la sp\u00e9culation ni \u00e0 l&rsquo;analyse, mais \u00e0 l&rsquo;action. Cela est d&rsquo;autant plus le cas que cette action est tr\u00e8s difficile \u00e0 d\u00e9terminer (quel type d&rsquo;action et par qui) et \u00e0 mettre en marche, comme l&rsquo;on sait, \u00e0 cause des divergences de conceptions et d&rsquo;int\u00e9r\u00eats. La logique politique invite \u00e0 tout faire pour favoriser une mobilisation, quels que soient les fondements de cette mobilisation.<\/p>\n<h3>Anatomie de notre crise climatique<\/h3>\n<\/p>\n<p><p>\tPour autant, pour nous chroniqueurs et commentateurs, la question th\u00e9orique n&rsquo;est pas r\u00e9gl\u00e9e. Mais nous ne pouvons pr\u00e9tendre l&rsquo;aborder de mani\u00e8re honn\u00eate et efficace qu&rsquo;en abandonnant le terrain scientifique. Par cons\u00e9quent, et <em>stricto sensu<\/em>, la pol\u00e9mique sur la responsabilit\u00e9 directe ou pas, cons\u00e9quente ou pas, de l&rsquo;activit\u00e9 humaine dans le processus du r\u00e9chauffement climatique ne nous int\u00e9resse pas. Nous la jugeons n\u00e9gligeable et, pire encore, \u00e9ventuellement contre-productive en ce qu&rsquo;elle mobilise l&rsquo;attention sur l&rsquo;accessoire aux d\u00e9pens de l&rsquo;essentiel.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tIl nous appara\u00eet d&rsquo;autre part que la question de la responsabilit\u00e9 humaine, c&rsquo;est-\u00e0-dire la question des activit\u00e9s \u00e9conomiques humaines avec leurs cons\u00e9quences, au sens le plus large, doit \u00eatre plac\u00e9e dans un contexte beaucoup plus large. Il s&rsquo;agit du contexte universel et historique \u00e0 la fois, avec des manifestations, des effets et des cons\u00e9quences mat\u00e9rielles, environnementales et humaines, dans tous les domaines possibles. Il nous appara\u00eet \u00e9galement que cette question ne peut \u00eatre s\u00e9par\u00e9e du contexte id\u00e9ologique (et politique par cons\u00e9quent) o\u00f9 elle se d\u00e9veloppe.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tUn exemple frappant est celui de l&rsquo;Union Sovi\u00e9tique. On n&rsquo;a pas assez mis en \u00e9vidence combien ce ph\u00e9nom\u00e8ne essentiellement id\u00e9ologique et \u00e9conomiste de d\u00e9veloppement massif et acc\u00e9l\u00e9r\u00e9 que fut l&rsquo;URSS est li\u00e9 \u00e0 des effets terrifiants au niveau de la d\u00e9gradation de l&rsquo;environnement, tant naturel qu&rsquo;humain. Nous ne parlons pas ici de la validit\u00e9 de la doctrine marxiste mais de l&rsquo;\u00e9tat d&rsquo;esprit. Il est manifeste que les dirigeants sovi\u00e9tiques avaient comme but principal un d\u00e9veloppement \u00e9conomique massif et acc\u00e9l\u00e9r\u00e9, sans aucune autre consid\u00e9ration, notamment pour les effets environnementaux (tant naturels qu&rsquo;humains, r\u00e9p\u00e9tons-le). De ce point de vue, la situation \u00e9volutive de l&rsquo;ultra-lib\u00e9ralisme (ce qu&rsquo;on surnomme le turbo-capitalisme) sous la forme de la globalisation ne diff\u00e8re pas de ce que fut la situation \u00e9volutive de l&rsquo;URSS.  Le principe voudrait que tout soit sacrifi\u00e9 \u00e0 la productivit\u00e9, \u00e0 la rentabilit\u00e9 et \u00e0 l&rsquo;efficacit\u00e9 \u00e9conomique. C&rsquo;est l&rsquo;id\u00e9e d&rsquo;\u00e9conomie de force propos\u00e9e par Arnaud Dandieu et Robert Aron en 1931 (<em>La d\u00e9cadence de la nation fran\u00e7aise<\/em>) totalement mise en application.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tLe r\u00e8gne du communisme en URSS, apr\u00e8s avoir sembl\u00e9 \u00e0 certains comme globalement positif par rapport \u00e0 la Russie tsariste, est finalement apparu, lorsque les comptes purent \u00eatre faits, comme une catastrophe universelle sans pr\u00e9c\u00e9dent pour ce pays. Le syst\u00e8me engendra, dans un m\u00eame mouvement aux effets incontestablement li\u00e9s, une terrifiante d\u00e9gradation de l&rsquo;environnement, un terrible appauvrissement culturel, intellectuel et spirituel. Il n&rsquo;est pas sans int\u00e9r\u00eat d&rsquo;observer que cette affreuse situation fut exactement prolong\u00e9e et dramatiquement aggrav\u00e9e, \u00e9galement sur tous les plans environnementaux (naturels et humains), par l&rsquo;introduction brutale du capitalisme en Russie dans les ann\u00e9es 1990. Cela \u00e9tablit indubitablement, \u00e0 notre sens, la parent\u00e9 \u00e9voqu\u00e9e plus haut entre communisme et capitalisme.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tC&rsquo;est n\u00e9cessairement dans ce contexte, \u00e9clair\u00e9 par l&rsquo;exemple communiste, qu&rsquo;il faut placer la question du r\u00e9chauffement climatique pour parvenir \u00e0 une bonne d\u00e9finition et une d\u00e9finition juste de la crise climatique. Quelle que soit la mesure de la responsabilit\u00e9 humaine dans la question du r\u00e9chauffement climatique, il appara\u00eet \u00e9vident que le d\u00e9veloppement \u00e9conomique tel qu&rsquo;il a \u00e9t\u00e9 poursuivi, et tel qu&rsquo;il est poursuivi, fournit un cadre id\u00e9al (!) pour une \u00e9ventuelle \u00e9volution catastrophique des cons\u00e9quences du r\u00e9chauffement climatique.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tIl y a bien entendu des aspects \u00e9vidents. Les concentrations urbaines, la d\u00e9pendance humaine des processus et activit\u00e9s nourrissant la d\u00e9gradation environnementale et le r\u00e9chauffement climatique, le syst\u00e8me de communication poussant \u00e0 une consommation aveugle, un environnement artificiel qui brise les rapports entre l&rsquo;\u00eatre humain et l&rsquo;environnement naturel font partie de ces \u00e9vidences. Il y a \u00e9galement, et c&rsquo;est peut-\u00eatre plus int\u00e9ressant, des aspects moins convenus et plus inattendus. La d\u00e9gradation culturelle de l&rsquo;humanit\u00e9, l&rsquo;amorphie et le conformisme de la pens\u00e9e, l&rsquo;abandon des r\u00e8gles rigoureuses d&rsquo;\u00e9ducation, des cadres structur\u00e9s de la soci\u00e9t\u00e9, le triomphe de l&rsquo;individualisme, contribuent d\u00e9cisivement \u00e0 r\u00e9duire, voire \u00e0 annihiler les capacit\u00e9s de conscience de l&rsquo;humanit\u00e9 face \u00e0 la progression de la catastrophe environnementale g\u00e9n\u00e9rale. D&rsquo;une fa\u00e7on plus g\u00e9n\u00e9rale, nous ne faisons ici que d\u00e9tailler le th\u00e8me, d\u00e9velopp\u00e9 dans notre pr\u00e9c\u00e9dent num\u00e9ro (rubrique <em>Analyse<\/em>) de la laideur triomphante.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tC&rsquo;est dans ce sens qu&rsquo;il nous para\u00eet que la question du r\u00e9chauffement climatique ne peut \u00eatre laiss\u00e9e aux scientifiques. Elle doit se comprendre dans un cadre beaucoup plus vaste, qui va de la destruction de l&rsquo;environnement \u00e0 un corpus d&rsquo;id\u00e9ologies soumettant les conditions de d\u00e9veloppement du monde au <em>diktat<\/em> de la sp\u00e9cificit\u00e9 humaine, que ce soit la raison prise comme description du monde plut\u00f4t que comme outil pour d\u00e9crire le monde, que ce soit le progr\u00e8s des conditions mat\u00e9rielles, que ce soit l&rsquo;\u00e9conomie elle-m\u00eame lorsqu&rsquo;elle devient \u00e9conomisme et pr\u00f4ne le d\u00e9veloppement pour le d\u00e9veloppement.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tC&rsquo;est \u00e9galement en fonction des conditions cr\u00e9\u00e9es par l&rsquo;homme que le r\u00e9chauffement climatique, quelle qu&rsquo;en soit l&rsquo;origine, a toutes les chances (!) d&rsquo;alimenter d&rsquo;une fa\u00e7on d\u00e9cisive ce ph\u00e9nom\u00e8ne plus vaste que nous nommons crise climatique. Les conditions de la civilisation font que la fameuse capacit\u00e9 d&rsquo;adaptation de l&rsquo;esp\u00e8ce humaine, tant vant\u00e9e comme une des caract\u00e9ristiques la distinguant radicalement des esp\u00e8ces animales, est en train d&rsquo;appara\u00eetre paradoxalement comme une contrainte qui peut acc\u00e9l\u00e9rer les cons\u00e9quences catastrophiques de la crise climatique.  Cette capacit\u00e9 d&rsquo;adaptation a \u00e9volu\u00e9 en s&rsquo;\u00e9loignant de plus en plus de sa condition naturelle pour d\u00e9pendre de plus en plus de conditions artificielles qui elles-m\u00eames alimentent la crise. Par exemple, l&rsquo;homme s&rsquo;adapte d&rsquo;autant plus \u00e0 la chaleur qu&rsquo;il dispose de la climatisation, qui est un outil artificiel qui contribue fortement \u00e0 la d\u00e9gradation g\u00e9n\u00e9rale de l&rsquo;environnement. L&rsquo;homme intervient de plus en plus en fonction d&rsquo;une r\u00e9alit\u00e9 cr\u00e9\u00e9e par lui-m\u00eame, et non plus en fonction de la r\u00e9alit\u00e9 du monde. Ce qu&rsquo;il croit \u00eatre la ma\u00eetrise du monde est en r\u00e9alit\u00e9 devenu la perception faussaire du monde.<\/p>\n<h3>Crise climatique ou crise de civilisation?<\/h3>\n<\/p>\n<p><p>\tIl est \u00e9vident qu&rsquo;il y a, dans les r\u00e9actions diverses \u00e0 la crise du r\u00e9chauffement climatique, des arri\u00e8re-pens\u00e9es qui mesurent la v\u00e9ritable ampleur du d\u00e9bat, de l&rsquo;enjeu de son issue. On peut distinguer ce ph\u00e9nom\u00e8ne notamment dans deux attitudes contradictoires:<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t  Les adversaires de la th\u00e8se de la responsabilit\u00e9 humaine, s&rsquo;ils insistent pour rester sur le seul champ scientifique, n&rsquo;en donnent pas moins comme argument implicite de leurs th\u00e8ses la n\u00e9cessit\u00e9 d&#8217;emp\u00eacher le d\u00e9veloppement d&rsquo;une r\u00e9action anti-progr\u00e8s et anti-scientifique.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t  Les partisans d&rsquo;une r\u00e9action \u00e9nergique et rapide contre le r\u00e9chauffement climatique, regroup\u00e9s notamment autour du rapport Stern (octobre 2006) pr\u00e9conisant une action syst\u00e9matique au niveau de l&rsquo;adaptation du syst\u00e8me, ont \u00e9galement \u00e0 l&rsquo;esprit la d\u00e9fense du syst\u00e8me. Stern avertit ses interlocuteurs: si le syst\u00e8me ne r\u00e9agit pas en investissant une part de ses capacit\u00e9s dans la lutte contre le r\u00e9chauffement, il sera oblig\u00e9 de payer le prix fort plus tard. L\u00e0 aussi, on trouve la position \u00e9vidente d&rsquo;une d\u00e9fense du progr\u00e8s et d&rsquo;un d\u00e9veloppement bas\u00e9 sur la science (les technologies), derri\u00e8re la d\u00e9fense du syst\u00e8me.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tCes deux r\u00e9actions ont ceci de paradoxal qu&rsquo;elles sont contradictoires. Cette contradiction et la v\u00e9h\u00e9mence de l&rsquo;argumentation qu&rsquo;on constate d&rsquo;une fa\u00e7on g\u00e9n\u00e9rale ne font qu&rsquo;illustrer la tension fondamentale qui sous-tend ce d\u00e9bat. Comme on le constate ais\u00e9ment, lorsqu&rsquo;il s&rsquo;agit de passer \u00e0 une approche plus concr\u00e8te, le d\u00e9bat d\u00e9rive \u00e9videmment vers des situations de contestation politique. On le voit avec l&rsquo;argument de certains pays pauvres, qui r\u00e9sistent aux demandes de limitation des effets du progr\u00e8s \u00e9conomique selon l&rsquo;argument \u00e9videmment honorable que leur pauvret\u00e9 r\u00e9sulte des in\u00e9galit\u00e9s du syst\u00e8me, et que cette p\u00e9nalisation qu&rsquo;on leur demande est dans leur cas doublement injuste. On le voit avec les appr\u00e9ciations strat\u00e9giques qui se d\u00e9veloppent, selon lesquelles les cons\u00e9quences de la crise climatique vont tr\u00e8s rapidement se traduire en termes d&rsquo;affrontement strat\u00e9gique. En effet, il est temps de parler clairement de la crise climatique comme d&rsquo;une crise syst\u00e9mique, comme de la crise syst\u00e9mique par excellence,  si l&rsquo;on veut, pour paraphraser le mot fameux, la m\u00e8re de toutes les crises syst\u00e9miques.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tNous sommes prisonniers en effet d&rsquo;un corpus puissant de type id\u00e9ologique et moral, qui lie fermement tous les aspects de notre civilisation (de notre syst\u00e8me). Les rapports sont serr\u00e9s, avec des effets en cascade selon que l&rsquo;un ou l&rsquo;autre \u00e9l\u00e9ment est soumis \u00e0 des pressions. Nous sommes les premiers responsables de cette situation, parce que notre syst\u00e8me n&rsquo;a cess\u00e9 de s&rsquo;affirmer comme absolument totalitaire depuis la chute du communisme et l&rsquo;affirmation de la globalisation. C&rsquo;est la premi\u00e8re fois qu&rsquo;un tel ph\u00e9nom\u00e8ne se produit, une telle unicit\u00e9 officielle des conceptions, des valeurs, des m\u00e9thodes, des objectifs (et de l&rsquo;absence de sens, diront certains, ce qui est peut-\u00eatre le plus solide des ciments); un tel conformisme des pens\u00e9es, allant jusqu&rsquo;\u00e0 l&rsquo;homog\u00e9n\u00e9isation des communicatons et des langues; une telle culture officielle, ou culture populaire,  pour r\u00e9pondre au conformisme,  homog\u00e9n\u00e9is\u00e9e, gommant les diff\u00e9rences. La globalisation du syst\u00e8me, c&rsquo;est la globalisation des profits et des conceptions, mais c&rsquo;est aussi la globalisation des fragilit\u00e9s et des vuln\u00e9rabilit\u00e9s.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tD\u00e9j\u00e0, certains avatars ont port\u00e9 des coups puissants au syst\u00e8me dans son ensemble. Pour illustrer la diversit\u00e9 que nous voulons mettre en \u00e9vidence, nous dirions que les \u00e9checs sanglants de l&rsquo;aventure am\u00e9ricaniste depuis le 11 septembre, notamment en Irak, et la perte de cr\u00e9dit de la puissance am\u00e9ricaniste qui s&rsquo;ensuit, constituent un ph\u00e9nom\u00e8ne dont les effets se font sentir dans tout le syst\u00e8me, affectant m\u00eame le cr\u00e9dit apport\u00e9 au d\u00e9veloppement technologique (par le biais de l&rsquo;\u00e9chec des forces arm\u00e9es US qui en sont sur\u00e9quip\u00e9es). On voit bien que nous pla\u00e7ons les aventures irakiennes et autres dans le contexte du syst\u00e8me et de la globalisation.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tC&rsquo;est de cette fa\u00e7on qu&rsquo;il faut, nous semble-t-il, appr\u00e9hender le d\u00e9veloppement de la crise climatique avec les effets qu&rsquo;elle va faire sentir autant au niveau des jugements que des psychologies. L&rsquo;\u00e9normit\u00e9 de cette crise, autant au niveau de sa r\u00e9alit\u00e9 qu&rsquo;au niveau de sa symbolique, fait \u00e9videmment que son effet sera n\u00e9cessairement tr\u00e8s puissant. Il nous para\u00eet impensable que son d\u00e9veloppement ne conduise pas \u00e0 des mises en question de moins en moins s\u00e9lectives et de plus en plus syst\u00e9miques, comme c&rsquo;est \u00e9videmment le cas de le dire. Il nous para\u00eet \u00e9vident que les r\u00e9actions vont d\u00e9passer de plus en plus le seul cadre des causes suppos\u00e9es du r\u00e9chauffement climatique pour affecter la notion m\u00eame de progr\u00e8s dans son ensemble, et la science elle-m\u00eame.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tOn retrouve alors une r\u00e9flexion d\u00e9sormais classique, que nous avons nous-m\u00eames d\u00e9velopp\u00e9e, que l&rsquo;expert et chercheur britannique Anatol Lieven a parfaitement synth\u00e9tis\u00e9e dans un article dans l&rsquo;International Herald Tribune, le 26 d\u00e9cembre 2006. Lieven s&rsquo;appuyait sur le rapport Stern et les recommandations qu&rsquo;il fait pour lutter contre le r\u00e9chauffement climatique et en limiter radicalement les effets. Il observait combien un \u00e9chec du syst\u00e8me \u00e0 suivre ces recommandations portait un tr\u00e8s grave danger de d\u00e9stabilisation g\u00e9n\u00e9rale,  et syst\u00e9mique, \u00e9videmment. L\u00e0 aussi, c&rsquo;est \u00e9videmment, derri\u00e8re des termes comme capitalisme global et d\u00e9mocratie occidentale, la question du Progr\u00e8s qui est pos\u00e9e:<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t\u00ab<em>The question now facing us is whether global capitalism and Western democracy can follow the Stern report&rsquo;s recommendations, and make the limited economic adjustments necessary to keep global warming within bounds that will allow us to preserve our system in a recognizable form; or whether our system is so dependent on unlimited consumption that it is by its nature incapable of demanding even small sacrifices from its present elites and populations.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t\u00bbIf the latter proves the case, and the world suffers radically destructive climate change, then we must recognize that everything that the West now stands for will be rejected by future generations. The entire democratic capitalist system will be seen to have failed utterly as a model for humanity and as a custodian of essential human interests.<\/em>\u00bb<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tLe syst\u00e8me occidental, syst\u00e8me ultime fond\u00e9 sur la finalit\u00e9 et la fatalit\u00e9 du Progr\u00e8s, d\u00e9couvre d\u00e9sormais que sa puissance \u00e9norme rec\u00e8le une faiblesse \u00e0 mesure<\/p>\n<h3>Autant une crise par elle-m\u00eame qu&rsquo;un r\u00e9v\u00e9lateur de notre crise de civilisation.<\/h3>\n<\/p>\n<p><p>\tLa crise climatique met en \u00e9vidence que la plus grande puissance de la civilisation occidentale devenue un syst\u00e8me colossal et de moins en moins contr\u00f4lable rec\u00e8le sa plus grande faiblesse,  peut-\u00eatre une faiblesse mortelle. Cette immense puissance de notre syst\u00e8me g\u00e9n\u00e9ral est sa formidable capacit\u00e9 d&rsquo;int\u00e9gration, qui d\u00e9multiplie les puissances disponibles. Elle donne ses r\u00e9sultats les plus d\u00e9cisifs en atteignant son paroxysme, qui est \u00e9galement  son apog\u00e9e ind\u00e9passable, avec la globalisation.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tCette capacit\u00e9 d&rsquo;int\u00e9gration, qui est effectivement la recette de la puissance d\u00e9vastatrice du syst\u00e8me et qui semblait \u00eatre le verrou du d\u00e9veloppement maximal du progr\u00e8s, appara\u00eet d\u00e9sormais comme une terrible, peut-\u00eatre une mortelle faiblesse. Le syst\u00e8me est devenu un v\u00e9ritable maillage dans sa structure int\u00e9gr\u00e9e, avec une solidarit\u00e9 m\u00e9canique entre tous ses \u00e9l\u00e9ments. Si un maillon important c\u00e8de, il appara\u00eet que le reste tendrait \u00e9videmment \u00e0 suivre, dans un mouvement classique de d\u00e9tricotage. Cela para\u00eet bien devoir \u00eatre le cas avec la crise climatique, tr\u00e8s grave, tr\u00e8s mena\u00e7ante, tr\u00e8s symbolique et difficilement contr\u00f4lable.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tLa psychologie joue \u00e9videmment un r\u00f4le capital dans ce processus, et un r\u00f4le qui est devenu \u00e9videmment tr\u00e8s puissant \u00e0 cause des moyens \u00e9galement tr\u00e8s puissants de la communication. (Ce ph\u00e9nom\u00e8ne de la communication ne peut \u00eatre ni brid\u00e9, ni contr\u00f4l\u00e9 parce qu&rsquo;il est la poutre de sout\u00e8nement du syst\u00e8me pass\u00e9 \u00e0 sa phase ultime de globalisation.) La psychologie, dans ce cas, c&rsquo;est la perception humaine de la l\u00e9gitimit\u00e9 du progr\u00e8s, d\u00e9j\u00e0 mise en cause par les \u00e9checs politiques du syst\u00e8me depuis quelques ann\u00e9es, et qui pourrait \u00eatre totalement an\u00e9antie par la perception de ce qu&rsquo;est la crise climatique.<\/p>\n<\/p>\n<p><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Notre crise climatique La crise climatique est l\u00e0&#8230; M\u00eame ceux qui contestent la validit\u00e9 de la th\u00e8se du r\u00e9chauffement climatique \u00e0 cause de l&rsquo;action humaine devraient en convenir Il est vrai que notre Lettre d&rsquo;Analyse, ainsi que le site dedefensa.org qui en est issue dans l&rsquo;esprit, portent une vision du monde. 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