{"id":69040,"date":"2007-07-21T00:00:00","date_gmt":"2007-07-21T00:00:00","guid":{"rendered":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/2007\/07\/21\/iran-la-guerre-commerciale-plutot-que-les-porte-avions\/"},"modified":"2007-07-21T00:00:00","modified_gmt":"2007-07-21T00:00:00","slug":"iran-la-guerre-commerciale-plutot-que-les-porte-avions","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/2007\/07\/21\/iran-la-guerre-commerciale-plutot-que-les-porte-avions\/","title":{"rendered":"Iran : la guerre commerciale plut\u00f4t que les porte-avions?"},"content":{"rendered":"<p><h2 class=\"common-article\">Iran : la guerre commerciale plut\u00f4t que les porte-avions?<\/h2>\n<\/p>\n<p><p>\t21 juillet 2007  Une \u00e9volution d\u00e9sormais identifiable \u00e0 Washington pourrait introduire un facteur nouveau et important dans la crise iranienne. Il s&rsquo;agit du r\u00f4le du Congr\u00e8s, brusquement affirm\u00e9 dans cette crise, et, tout aussi brusquement mais pas de fa\u00e7on illogique, dans la direction d&rsquo;une guerre des sanctions pouvant toucher aussi bien l&rsquo;UE que l&rsquo;Iran. Rien n&rsquo;est encore fait dans ce sens mais tout est d\u00e9sormais possible, principalement une rupture d&rsquo;une politique exclusivement fix\u00e9e dans sa finalit\u00e9 sur une intervention militaire.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tLes nouvelles les plus r\u00e9centes concernent un durcissement du Congr\u00e8s \u00e0 l&rsquo;encontre, principalement, de soci\u00e9t\u00e9s europ\u00e9ennes qui entretiennent toujours des relations avec les Iraniens. Ces projets peuvent conduire \u00e0 une guerre commerciale. Le <em>Guardian<\/em> rapporte que des diplomates europ\u00e9ens jugent qu&rsquo;avec une telle attitude du Congr\u00e8s, \u00ab<em>la moindre sanction dans ce cadre constituerait sans aucun doute une violation des r\u00e8gles de l&rsquo;Organisation Mondiale du Commerce<\/em>\u00bb,  et, probablement, une riposte europ\u00e9enne \u00e0 ce niveau (plainte \u00e0 l&rsquo;OMC).<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tLe quotidien nous explique, dans ses \u00e9ditions du <a href=\"http:\/\/www.guardian.co.uk\/iran\/story\/0,,2130838,00.html\" class=\"gen\">20 juillet<\/a> :<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t\u00ab<em>An escalating crackdown by the US on foreign companies and banks doing business with Iran is provoking opposition in Britain and Europe, where diplomats say the action could lead to a trade war.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tCongress wants all international companies to end their investment in Iran and is pushing through a bill that would penalise companies which fail to do so. The British, along with other European governments, see the US approach as draconian and are lobbying against it.<\/em><\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t()<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t\u00bb<em>A senior British banking source said yesterday there was a great deal of annoyance in the City with the US approach. The two British banks most frequently mentioned in Washington in relation to Iran are HSBC and Standard Chartered. The source said both banks have scaled down their operations in Iran and maintain a modest presence in Tehran.<\/em><\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t\u00bb<em>But much of their former business, which consisted principally of managing payments between companies, has been picked up by German and French banks whose governments have resisted pressure from Washington, the source said.<\/em><\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t\u00bb<em>The state department has been pressing for disengagement for months. But the move is being given added impetus by the Iran counter-proliferation bill going through Congress that would penalise the American interests of companies that continue to have a presence in Iran. Tom Lantos, chairman of the House foreign affairs committee, said: Our goal must be zero foreign investment.<\/em><\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t\u00bb<em>The bill appears to have overwhelming support in Congress. Congress passed the Iran and Libya sanctions act in 1996 that threatened action against foreign governments and companies, but gave the state department discretion over when to implement it. The new legislation proposes to remove that discretion. The state department prefers persuasion to coercion, fearing the latter would alienate allies, and opposes the legislation.<\/em>\u00bb<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tEffectivement, l&rsquo;initiative du Congr\u00e8s rappelle la p\u00e9riode ouverte en 1996, au d\u00e9but du deuxi\u00e8me terme de la pr\u00e9sidence Clinton, avec la l\u00e9gislation Helms-Burton (du nom de deux s\u00e9nateurs r\u00e9publicains, dont un [Helms] de tendance extr\u00e9miste), qui conduisit \u00e0 plusieurs ann\u00e9es de pol\u00e9mique entre les l\u00e9gislateurs US et divers pays europ\u00e9ens, y compris les institutions europ\u00e9ennes, ainsi que nombre  d&rsquo;enqu\u00eates \u00e0 la limite de l&rsquo;ing\u00e9rence dans des pays souverains. Ce type de l\u00e9gislation est extr\u00eamement d\u00e9licat, dans la mesure o\u00f9 il met en effet syst\u00e9matiquement en cause des questions de souverainet\u00e9 puisque les l\u00e9gislateurs US pr\u00e9tendent agir contre des soci\u00e9t\u00e9s non-US, par le biais notamment de leurs filiales aux USA.<\/p>\n<h3>Le Congr\u00e8s reprend la main<\/h3>\n<\/p>\n<p><p>\tNous sommes peut-\u00eatre \u00e0 un tournant de la crise iranienne dans l&rsquo;hypoth\u00e8se o\u00f9 l&rsquo;\u00e9volution actuelle conduit effectivement \u00e0 un retour en force du Congr\u00e8s. Ce n&rsquo;est pas une perspective absurde, consid\u00e9rant l&rsquo;\u00e9volution de la situation \u00e0 Washington durant ces sept derniers mois.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t Elu en novembre 2006 avec une forte majorit\u00e9 d\u00e9mocrate, le Congr\u00e8s qui est install\u00e9 en janvier 2007 a d&rsquo;abord voulu s&rsquo;affirmer face au pr\u00e9sident sur la question directe des pouvoirs de guerre. La bataille porta essentiellement sur l&rsquo;Irak.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t L&rsquo;Iran occupait une place secondaire dans l&rsquo;esprit du Congr\u00e8s, au d\u00e9part de son affrontement avec le pr\u00e9sident. La possibilit\u00e9 d&rsquo;une attaque contre l&rsquo;Iran, tr\u00e8s fortement \u00e9voqu\u00e9e en f\u00e9vrier-mars 2007, y d\u00e9clencha une r\u00e9action hostile. On fr\u00f4la la possibilit\u00e9 du vote de l\u00e9gislations exigeant l&rsquo;accord du Congr\u00e8s pour toute initiative militaire du pr\u00e9sident contre l&rsquo;Iran.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t Depuis le printemps, 2007, les positions se sont exacerb\u00e9es. Le pr\u00e9sident est toujours belliciste mais sans la moindre autorit\u00e9. La situation en Irak pi\u00e9tine et chacun (le Congr\u00e8s et le pr\u00e9sident) tient l&rsquo;autre, emp\u00eachant la moindre \u00e9volution d\u00e9cisive. Sur l&rsquo;Iran, m\u00eame position : bellicisme confirm\u00e9 du pr\u00e9sident et surtout de Cheney mais position si affaiblie et moyens militaires si r\u00e9duits qu&rsquo;une initiative d&rsquo;attaque semble de plus en plus probl\u00e9matique.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t Le Congr\u00e8s a senti au cours du printemps qu&rsquo;il pouvait, sur l&rsquo;Iran, retrouver \u00e0 bon compte une vertu patriotique qu&rsquo;il pouvait craindre d&rsquo;avoir \u00e9corn\u00e9e avec sa critique de la guerre en Irak. D&rsquo;o\u00f9, depuis deux mois, un maximalisme constant contrastant avec la r\u00e9serve hostile \u00e0 la politique belliciste des premiers mois de l&rsquo;ann\u00e9e. La semaine derni\u00e8re, le S\u00e9nat condamnait une action suppos\u00e9e (sans preuve convaincante) des Iraniens contre des soldats US en Irak,  par 97 voix contre 0.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tPour transformer ce maximalisme en avantage politique qui se traduit pour lui en pr\u00e9\u00e9minence sur l&rsquo;ex\u00e9cutif, le Congr\u00e8s a \u00e9videmment tendance \u00e0 suivre ses propres m\u00e9thodes. Pas d&rsquo;intervention militaire, plut\u00f4t des l\u00e9gislations de plus en plus intrusives, voire autoritaires. Nous voil\u00e0 conduits \u00e0 la situation d\u00e9crite ci-dessus. La phase \u00e0 venir, tr\u00e8s rapidement si elle se concr\u00e9tise, serait pour le Congr\u00e8s d&rsquo;effectivement rechercher une position de <em>leadership<\/em> dans la politique US vis-\u00e0-vis de l&rsquo;Iran,  c&rsquo;est-\u00e0-dire, traduisons, la politique de confrontation US avec l&rsquo;Iran,  par le biais d&rsquo;une politique vigoureuse de sanctions, autant contre les Iraniens que contre les non-Iraniens commer\u00e7ant avec les Iraniens. Ce n&rsquo;est pas tant dans le but constructif d&rsquo;\u00e9viter un affrontement militaire que dans le but tr\u00e8s politicien de tenter de r\u00e9duire la position de cette pr\u00e9sidence totalement affaiblie et \u00e0 la d\u00e9rive dans un des derniers domaines o\u00f9 ses pouvoirs (ceux de d\u00e9clencher un conflit) restent d&rsquo;un effet possible consid\u00e9rable et, de ce point de vue, disproportionn\u00e9 et dangereux. L&rsquo;op\u00e9ration serait d&rsquo;autant plus int\u00e9ressante pour le Congr\u00e8s qu&rsquo;elle r\u00e9duirait en partie la critique contre lui de l&rsquo;anti-patriotisme en accompagnant la politique de sanctions maximales d&rsquo;une dialectique extr\u00eamement hostile et belliciste.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tBien entendu, une telle politique conduirait, comme les Europ\u00e9ens le craignent, \u00e0 des heurts qui peuvent \u00eatre violents avec ces m\u00eames Europ\u00e9ens. Ce n&rsquo;est pas pour d\u00e9plaire n\u00e9cessairement au Congr\u00e8s. L&rsquo;hostilit\u00e9 \u00e0 l&rsquo;Iran est consid\u00e9r\u00e9e par les politiciens de Washington comme une politique payante en p\u00e9riode \u00e9lectorale (une majorit\u00e9 d&rsquo;Am\u00e9ricains jugent l&rsquo;Iran comme un pays dangereux) et la d\u00e9nonciation de ceux des traditionnels alli\u00e9s qui se font complices de l&rsquo;Iran en commer\u00e7ant avec lui est consid\u00e9r\u00e9e comme une politique compl\u00e9mentaire encore plus populaire. On retrouve la logique de la d\u00e9nonciation des Fran\u00e7ais complices de Saddam, si largement et grossi\u00e8rement utilis\u00e9e en 2002-2003.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tCertains parlementaires, notamment chez des d\u00e9mocrates par ailleurs n\u00e9o-protectionnistes, peuvent estimer avoir l\u00e0 un argument de surench\u00e8re patriotique et unilat\u00e9raliste contre l&rsquo;administration GW Bush. Pour eux, entre la ligne diplomatique des tractations avec l&rsquo;Iran en coordination avec les Europ\u00e9ens et la ligne militariste d&rsquo;une attaque contre l&rsquo;Iran, il y a d\u00e9sormais le choix de cette ligne de confrontation des sanctions maximales autant contre l&rsquo;Iran que contre les faux-alli\u00e9s. Politiquement, alors qu&rsquo;on va entrer dans la phase active de pr\u00e9paration des \u00e9lections de novembre 2008, la perspective peut s&rsquo;av\u00e9rer politiquement payante.<\/p>\n<\/p>\n<p><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Iran : la guerre commerciale plut\u00f4t que les porte-avions? 21 juillet 2007 Une \u00e9volution d\u00e9sormais identifiable \u00e0 Washington pourrait introduire un facteur nouveau et important dans la crise iranienne. 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