{"id":69055,"date":"2007-07-26T00:00:00","date_gmt":"2007-07-26T00:00:00","guid":{"rendered":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/2007\/07\/26\/lirremediable-fragilite-du-systeme\/"},"modified":"2007-07-26T00:00:00","modified_gmt":"2007-07-26T00:00:00","slug":"lirremediable-fragilite-du-systeme","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/2007\/07\/26\/lirremediable-fragilite-du-systeme\/","title":{"rendered":"L&rsquo;irr\u00e9m\u00e9diable fragilit\u00e9 du syst\u00e8me"},"content":{"rendered":"<p><h2 class=\"common-article\">L&rsquo;irr\u00e9m\u00e9diable fragilit\u00e9 du syst\u00e8me<\/h2>\n<\/p>\n<p><p>\tNous sommes dans un syst\u00e8me continu et absolu. Nous ne l&rsquo;avons pas voulu, ni m\u00eame choisi d&rsquo;ailleurs,  nous nous sommes convaincus que nous y <strong>sommes<\/strong>. C&rsquo;est la force et la fragilit\u00e9 \u00e0 la fois de ce formidable ph\u00e9nom\u00e8ne qu&rsquo;est notre syst\u00e8me de se pr\u00e9senter comme <strong>n\u00e9cessaire<\/strong>, par cons\u00e9quent sans alternative possible. Cette absence de choix est toute sa vertu,  car il faut qu&rsquo;il soit vertueux ou nous n&rsquo;y r\u00e9sisterions pas (voir la <a href=\"http:\/\/www.dedefensa.org\/article.php?art_id=4235\" class=\"gen\">politique de la morale<\/a>),  mais c&rsquo;est aussi, pour l&rsquo;esprit humain pr\u00e9tendument lib\u00e9r\u00e9 de toute contrainte, sa mal\u00e9diction. La libert\u00e9 sans un choix n&rsquo;en est pas une ; on peut dissimuler un temps le pot aux roses mais il d\u00e9passe trop de sous les rideaux.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tC&rsquo;est ce qui est en train de survenir en Europe, au syst\u00e8me lib\u00e9ral. Il est incontestable que Sarkozy, dans la sorte d&rsquo;inconscience que donne le vertige de l&rsquo;action qui ne s&#8217;embarrasse pas de trop penser, y est pour beaucoup. Cette rupture-l\u00e0 confronte l&rsquo;Europe \u00e0 son destin, dont les racines sont l&rsquo;Histoire m\u00eame de la civilisation occidentale.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tEn Am\u00e9rique, c&rsquo;est diff\u00e9rent. La crise y est bien plus profonde qu&rsquo;en Europe, parce que l&rsquo;\u00eele-continent (Raymond Aron) est referm\u00e9e sur elle-m\u00eame,  parce que, tout simplement, c&rsquo;est l&rsquo;Am\u00e9rique elle-m\u00eame qui joue son existence. Tocqueville notait en 1830 que la seule chose qui unit les Am\u00e9ricains c&rsquo;est l&rsquo;argent ; que leur caract\u00e8re, soumis au mouvement continuel qui seul produit la fortune rapide, est l&rsquo;inqui\u00e9tude ; d&rsquo;o\u00f9 un syst\u00e8me qui, pour soigner l&rsquo;inqui\u00e9tude, recherche la fortune, donc le mouvement, donc l&rsquo;inqui\u00e9tude. S&rsquo;il s&rsquo;agit d&rsquo;un cercle vicieux, l&rsquo;Am\u00e9rique en est psychologiquement la prisonni\u00e8re. Elle ne saurait souffrir la mise en cause parce que cette mise en cause la concerne elle-m\u00eame. L&rsquo;Am\u00e9rique est inscrite dans ce syst\u00e8me comme la Table des  Lois dans le marbre. Si le syst\u00e8me craque, le marbre est pulv\u00e9ris\u00e9 et les lois deviennent illisibles,  incoh\u00e9rentes, chaotiques et sans l\u00e9gitimit\u00e9. Les Am\u00e9ricains sont confront\u00e9s \u00e0 l&rsquo;alternative de la psychologie malade de l&rsquo;acceptation du syst\u00e8me devenu fou (GW, <em>neo-cons<\/em>, les chantres du syst\u00e8me, les extr\u00e9mistes de l&rsquo;am\u00e9ricanisme) et de la psychologie d\u00e9sesp\u00e9r\u00e9ment r\u00e9volt\u00e9e devant la folie r\u00e9v\u00e9l\u00e9e du syst\u00e8me.<\/p>\n<h3>Le lib\u00e9ralisme, notre prison sans barreaux<\/h3>\n<\/p>\n<p><p>\tLe paradoxe de ces derni\u00e8res ann\u00e9es, qui est aussi notre trag\u00e9die, est que nous nous sommes enferm\u00e9s nous-m\u00eames dans une prison sans barreaux. Nous nous sommes convaincus,  certains avec enthousiasme, certains avec r\u00e9signation, certains dans la plus compl\u00e8te ignorance  que le syst\u00e8me repr\u00e9sentait l&rsquo;in\u00e9luctable destin du monde. Nous nous sommes institu\u00e9s nos propres gardes-chiourmes. La particularit\u00e9 extraordinaire de cette situation, depuis la fin de la Guerre froide, est qu&rsquo;il nous semblait inutile de discuter de la n\u00e9cessit\u00e9, de la justesse et de la r\u00e9alit\u00e9 de la dictature du lib\u00e9ralisme.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t(Le m\u00eame Tocqueville, lors de ce m\u00eame voyage de 1830 dont le but officiel \u00e9tait l&rsquo;\u00e9tude du syst\u00e8me p\u00e9nitentiaire am\u00e9ricaniste [d\u00e9j\u00e0 am\u00e9ricaniste plus qu&rsquo;am\u00e9ricain], discutait avec ses interlocuteurs de m\u00e9thodes o\u00f9 l&rsquo;on pourrait emprisonner les prisonniers plus s\u00fbrement dans un mur de silence hors la communication officielle plus s\u00fbrement que derri\u00e8re des barreaux.)<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tLe cas fran\u00e7ais est le plus \u00e9tonnant. Le cart\u00e9sianisme fran\u00e7ais fit, dans ce cas, des ravages. Puisqu&rsquo;il en \u00e9tait ainsi, puisque la n\u00e9cessit\u00e9 de la situation \u00e9tait \u00e9vidente, il fallait la justifier par la raison. De l\u00e0, cet argument \u00e9vident, ou plut\u00f4t absurdement cart\u00e9sien, qu&rsquo;il fallait que la France s&rsquo;adapt\u00e2t, entr\u00e2t dans la globalisation comme si elle s&rsquo;en \u00e9tait tenue \u00e9cart\u00e9e jusqu&rsquo;alors. Cette id\u00e9e est compl\u00e8tement absurde, d&rsquo;une absurdit\u00e9 chaque jour d\u00e9montr\u00e9e par tous les chiffres disponibles d&rsquo;une part, par ce qu&rsquo;il en est de la globalisation du point de vue de son orthodoxie id\u00e9ologique. Cette id\u00e9e montre que trop de raison tue la raison en la transformant en d\u00e9raison. Elle prit corps au lendemain du r\u00e9f\u00e9rendum de Maastricht (le oui in extremis de 1992) et s&rsquo;acheva sur son double n\u00e9gatif, le non de mai 2005. Depuis, l&rsquo;argument de la n\u00e9cessit\u00e9 d&rsquo;entrer dans la globalisation a sonn\u00e9 comme le chant du cygne d&rsquo;une \u00e9cole de pens\u00e9e compl\u00e8tement totalitaire,  celle qui consid\u00e8re que le lib\u00e9ralisme est une nouvelle fa\u00e7on de respirer, rien de moins,  celle qui installe le totalitarisme au cur de la pens\u00e9e lib\u00e9rale, soi-disant lib\u00e9ratrice.<\/p>\n<h3>Destruction et reconstruction<\/h3>\n<\/p>\n<p><p>\tLa r\u00e9alit\u00e9, on la conna\u00eet, ou l&rsquo;on devrait en apprendre l\u00e0-dessus. Elle est qu&rsquo;apr\u00e8s un triomphe dans les ann\u00e9es 1990 concoct\u00e9 par le charmant Clinton au service des experts de Wall Street, la globalisation a commenc\u00e9 \u00e0 p\u00e9ricliter au tournant du si\u00e8cle, apr\u00e8s les catastrophes massives du Sud-Est asiatique, de la Russie, de l&rsquo;Argentine, etc.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tUne r\u00e9action s&rsquo;est organis\u00e9e d&rsquo;une fa\u00e7on naturelle et presque m\u00e9canique dirait-on, contre cette d\u00e9vastation. Elle a constitu\u00e9 assez naturellement, sans th\u00e9orie ni plan pr\u00e9con\u00e7us, sans publicit\u00e9 non plus (sans communication), une sorte d&rsquo;antidote improvis\u00e9e. Elle s&rsquo;est surtout d\u00e9velopp\u00e9e dans les pays d&rsquo;Asie, notamment et en partie \u00e0 partir du mod\u00e8le initial de la structure japonaise. Elle a ainsi pris \u00e0 contre-pied toutes les th\u00e9ories capitalistes qui annon\u00e7aient, apr\u00e8s les crises de 1997-98 (Tha\u00eflande, Cor\u00e9e du Sud notamment), que les pays d&rsquo;Asie \u00e9taient d\u00e9sormais conduits \u00e0 \u00e9pouser le capitalisme lib\u00e9ral et globalis\u00e9 sans aucun frein.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tLe politologue norv\u00e9gien <a href=\"http:\/\/en.wikipedia.org\/wiki\/Johan_Galtung\" class=\"gen\">Johan Galtung<\/a> d\u00e9finit ainsi cette alternative, dans son intervention du <a href=\"http:\/\/www.dedefensa.org\/article.php?art_id=4246\" class=\"gen\">12 juin 2007<\/a>, \u00ab<em>What Comes After The U.S. Empire?<\/em>\u00bb:<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t\u00ab<em>The two antidotes to the market mechanism that have been effective have been, on the one hand, a welfare state, and on the other hand, protectionism. Microcredit, you can forget about it, these are small drops in the bucket, giving relief to some small groups. The countries that practice it most, Bangladesh and Bolivia, are still at the bottom, economically speaking. The combination of selective protectionism and welfare state, that is the real stuff. The way Japan did it, the way Taiwan did it, the way South Korea did it, the way Hong Kong did it, the way Singapore did it, the way Malaysia did it, with considerable success. You find in the whole of the East Asia\/South East Asia conglomerate countries that have been doing exactly this. That is important, and the neo-liberal free market syndrome is of course against that.<\/em>\u00bb<\/p>\n<h3>Le mod\u00e8le am\u00e9ricain<\/h3>\n<\/p>\n<p><p>\tUne \u00e9volution similaire s&rsquo;est produite, dans une deuxi\u00e8me phase d&rsquo;organisation, ou de r\u00e9organisation,  voire m\u00eame de reconstruction,  dans des pays plus puissants, plus nationalement affirm\u00e9s et plus id\u00e9ologiquement handicap\u00e9s par leur pass\u00e9. De ce point de vue, on peut estimer que la Russie et la Chine ont suivi, par des voies et dans des circonstances diff\u00e9rentes, un chemin parall\u00e8le. A la subversion du capitalisme que repr\u00e9sente le mod\u00e8le asiatique classique, ils ont ajout\u00e9 la puissance.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tApr\u00e8s les d\u00e9vastations de leur sortie du communisme int\u00e9gral, y compris la phase eltsinienne de capitalisme sauvage de la Russie compl\u00e9tant la destruction de la Russie par le communisme en un temps remarquablement plus court, la Russie s&rsquo;est adapt\u00e9e au capitalisme. Il serait plus pr\u00e9cis de dire qu&rsquo;elle a adapt\u00e9 le capitalisme \u00e0 ses structures et \u00e0 ses traditions. La Chine faisait de m\u00eame, d&rsquo;une autre fa\u00e7on, parce qu&rsquo;elle a conserv\u00e9 du communisme une structure politique centralis\u00e9e. Le r\u00e9sultat fut la cr\u00e9ation d&rsquo;entreprises capitalistiques \u00e0 capitaux publics, ou sous forte influence publique. Ce fut le capitalisme cul par-dessus t\u00eate, une trahison absolument inimaginable de l&rsquo;esprit de la chose.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tC&rsquo;est contre cette tra\u00eetrise que les plus fervents pratiquants ext\u00e9rieurs du cat\u00e9chisme lib\u00e9ral sont conduits \u00e0 envisager de cr\u00e9er des mesures n\u00e9o-protectionnistes. Merkel <a href=\"http:\/\/www.dedefensa.org\/article.php?art_id=4241\" class=\"gen\">en appelle<\/a> \u00e0 l&rsquo;exemple am\u00e9ricaniste, la trop peu fameuse commission CFIUS (Commission on Foreign Investment in the US), sorte de chien de garde de premi\u00e8re ligne face aux investissements \u00e9trangers aux USA. La Commission europ\u00e9enne r\u00e9pond instantan\u00e9ment pr\u00e9sent.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tAppr\u00e9cions l&rsquo;ironie. Le <a href=\"http:\/\/www.ft.com\/cms\/s\/ebd1ce6a-299d-11dc-a530-000b5df10621.html\" class=\"gen\">4 juillet 2007<\/a>, le <em>Financial Times<\/em> publie l&rsquo;<a href=\"http:\/\/www.dedefensa.org\/article.php?art_id=4171\" class=\"gen\">interview<\/a> du chancelier de l&rsquo;Echiquie Alistair Darling, qui d\u00e9nonce la ligne protectionniste, notamment en ces termes : \u00ab<em>Or you can put the barriers up and, you know, whether it&rsquo;s stopping Dubai Ports taking over docks in the United States, or saying that Vietnam can&rsquo;t bring its shoes into Europe, or saying that I will stand behind my tub of yoghurt, I just don&rsquo;t think that that is a long-term strategy<\/em>\u00bb Le premier exemple cit\u00e9 (l&rsquo;affaire DPW en mars 2006 et la gestion des ports US) implique \u00e9videmment la logique de l&rsquo;action de la CFIUS : Darling la d\u00e9nonce le 4 juillet et Merkel la r\u00e9clame le 18.<\/p>\n<h3>Logique d&rsquo;Etat<\/h3>\n<\/p>\n<p><p>\tCe qui n&rsquo;\u00e9tait au d\u00e9part qu&rsquo;une attitude \u00e9conomique structurelle et d\u00e9fensive de pays confront\u00e9s aux attaques d\u00e9structurantes de la globalisation est devenu, principalement avec la Chine et la Russie, une attitude politique de renforcement et d&rsquo;affirmation de puissance,  une contre-attaque massive si l&rsquo;on veut. Cette transformation s&rsquo;est faite \u00e0 mesure du redressement \u00e9conomique de ces pays. Le constat historique selon lequel l&rsquo;\u00e9conomie n&rsquo;est qu&rsquo;un outil au service de la puissance politique nationale s&rsquo;est trouv\u00e9 confirm\u00e9. En l&rsquo;espace de cinq ans, la Russie a retrouv\u00e9 une puissance strat\u00e9gique qui s&rsquo;exprime en termes politiques \u00e0 cause du d\u00e9veloppement de sa puissance \u00e9conomique. Gazprom est aujourd&rsquo;hui un outil de la politique russe, de sa strat\u00e9gie, de sa g\u00e9opolitique.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tAinsi d\u00e9couvre-t-on que l&rsquo;outil \u00e9conomique est mani\u00e9e par le projet politique de la nation. Vieille m\u00e9thode parfaitement aff\u00fbt\u00e9e avec un capitalisme qui sert admirablement les structures politiques r\u00e9g\u00e9n\u00e9r\u00e9es,  mais dont le principe appara\u00eet brutalement, en pleine lumi\u00e8re, comme la trahison du capitalisme. Du coup, les aventures capitalistes habituelles (investissements, rachat de soci\u00e9t\u00e9s \u00e9trang\u00e8res, etc.) deviennent des offensives d&rsquo;investissement au profit de puissances politiques d\u00e9nonc\u00e9es par les chantres occidentaux du capitalisme (sauf les Britanniques, certes) jusqu&rsquo;\u00e0 r\u00e9clamer l&rsquo;installation d&rsquo;un n\u00e9o-protectionnisme. <\/p>\n<h3>Les multiples visages de la trahison<\/h3>\n<\/p>\n<p><p>\tLa question est de savoir si l&rsquo;on peut vraiment user du mot trahison (du capitalisme\/du lib\u00e9ralisme) lorsque l&rsquo;on parle de cette \u00e9volution (russo-chinoise notamment). Nous-m\u00eames, pouvons-nous avancer que la globalisation ait jamais \u00e9t\u00e9 une machine objective, qui serve \u00e9galement et d&rsquo;une fa\u00e7on \u00e9quitable tous les acteurs concern\u00e9s, qui soit exempte d&rsquo;interventions gouvernementales de la part des pays (du pays, si l&rsquo;on parle des USA) qui l&rsquo;ont initi\u00e9e. L&rsquo;affaire DPW et le jugement que nous en donne le chancelier de l&rsquo;Echiquier Darling suffit comme r\u00e9ponse pour d\u00e9crire l&rsquo;attitude des USA lorsque la s\u00e9curit\u00e9 nationale (ce concept si \u00e9largi pour l&rsquo;occasion) est en jeu.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tD&rsquo;une fa\u00e7on plus g\u00e9n\u00e9rale, l&rsquo;activisme de n&rsquo;importe quelle administration US pour ses entreprises, les connexions de personnes et d&rsquo;int\u00e9r\u00eats entre ces entreprises et le gouvernement, enfin la forme m\u00eame du syst\u00e8me am\u00e9ricaniste, tout cela vaut bien toutes les participations publiques du monde dans le capital d&rsquo;une soci\u00e9t\u00e9. Dans ce cas l&rsquo;Etat (c&rsquo;est-\u00e0-dire le gouvernement) n&rsquo;est pas dans les entreprises, il est le rabatteur des entreprises. Nul n&rsquo;ignore que ces entreprises US n&rsquo;ont qu&rsquo;une seule pr\u00e9occupation partag\u00e9e, o\u00f9 leur solidarit\u00e9 est \u00e9vidente. Aucune soci\u00e9t\u00e9 US, que ce soit Exxon, Coca Cola, MacDonald ou Lockheed Martin ne dissimule que sont but \u00e9vident et supr\u00eame est l&rsquo;am\u00e9ricanisation du monde, ou l&rsquo;expansion de l&rsquo;am\u00e9ricanisme.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tDans ce cas, qui est le cas fondamental du syst\u00e8me, la globalisation n&rsquo;est qu&rsquo;un masque, un faux-nez pour l&rsquo;am\u00e9ricanisation.<\/p>\n<h3>La logique de Sarko et le viol de l&rsquo;Europe<\/h3>\n<\/p>\n<p><p>\tDans ce cadre g\u00e9n\u00e9ral o\u00f9 soudain les pol\u00e9miques ont \u00e9t\u00e9 ranim\u00e9es autour des r\u00f4les respectifs de l&rsquo;Etat et du capitalisme alors qu&rsquo;on croyait l&rsquo;Etat enterr\u00e9 par le capitalisme, l&rsquo;intervention de Sarkozy vient \u00e0 son heure. Ce qu&rsquo;il trouve, c&rsquo;est une situation de l&rsquo;Etat paradoxalement <strong>r\u00e9g\u00e9n\u00e9r\u00e9e<\/strong>, du point de vue de la perception. A partir du moment o\u00f9 des puissances nouvelles (Russie surtout, Chine) montrent que l&rsquo;Etat peut tenir un r\u00f4le dans une \u00e9volution du capitalisme, cela signifie que l&rsquo;Etat n&rsquo;est pas une vieille chose d\u00e9ass\u00e9e. Certes, son r\u00f4le est l&rsquo;objet de pol\u00e9mique,  mais pol\u00e9miques non tranch\u00e9es apr\u00e8s tout,  et qui peut dire qui a raison des Russes, victimes dans les ann\u00e9es 1990 du capitalisme sauvage anglo-saxon, ou des Anglo-Saxons, qui manipulent le capitalisme \u00e0 leur avantage par la corruption et un Etats-rabatteur \u00e0 la place d&rsquo;un Etat-participant?<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tQuoi qu&rsquo;il en soit, Sarko vient \u00e0 son heure parce qu&rsquo;il a dans sa gibeci\u00e8re une rh\u00e9torique flambant neuve parce que restaur\u00e9e. La partition est de Henri Guenot et elle est magistralement interpr\u00e9t\u00e9e durant la campagne \u00e9lectorale. Il s&rsquo;agit de la r\u00e9habilitation de la nation et de son Etat, pour les \u00e9lecteurs fran\u00e7ais. La partition marche si bien qu&rsquo;elle est resservie \u00e0 Bruxelles, et avec <a href=\"http:\/\/www.dedefensa.org\/article.php?art_id=4136\" class=\"gen\">quel succ\u00e8s<\/a>. Mais le plus grand succ\u00e8s de Sarko \u00e0 Bruxelles est certainement involontaire. C&rsquo;est la mise \u00e0 nu d&rsquo;une r\u00e9alit\u00e9 jusqu&rsquo;alors ignor\u00e9e. C&rsquo;est, lorsque Blair se retrouve seul capitulant devant Sarko pour la suppression de l&rsquo;id\u00e9e de concurrence libre dans les objectifs de l&rsquo;UE, de montrer que le lib\u00e9ralisme est loin, bien loin de faire l&rsquo;unanimit\u00e9,  si loin qu&rsquo;il est en fait minoritaire dans cette assembl\u00e9e, lorsqu&rsquo;on l&rsquo;on va au fond des choses.<\/p>\n<h3>Le lib\u00e9ralisme (la globalisation) n&rsquo;est plus qu&rsquo;une option minoritaire<\/h3>\n<\/p>\n<p><p>\tEn effet, le message le plus important  et involontaire, lui aussi,  que les Britanniques nous pr\u00e9sentent ces derniers temps, c&rsquo;est certainement que rien n&rsquo;est fait, que le lib\u00e9ralisme est si loin d&rsquo;\u00eatre install\u00e9e qu&rsquo;il est en r\u00e9alit\u00e9 dans une situation de compl\u00e8te d\u00e9route. Constat involontaire, l\u00e0 aussi, et bien surprenant par rapport \u00e0 ce qui se disait il y a quelques mois encore. (Rappelez-vous les \u00e9chos de la France en campagne, obligeamment relay\u00e9s par le FT, qui disaient en substance ceci : la France, \u00e9videmment isol\u00e9e et retardataire, doit enfin entrer dans l&rsquo;Europe lib\u00e9ralis\u00e9e et dans la globalisation. L&rsquo;effectif sera alors au complet.)<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tOn d\u00e9couvre ce constat caract\u00e9ristique dans cet extrait de l&rsquo;interview du Chancelier de l&rsquo;Echiquier Darling d\u00e9j\u00e0 cit\u00e9.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t\u00ab<em>I think Europe has got a huge choice to make, you know, if it doesn&rsquo;t become more flexible, if its economy doesn&rsquo;t liberalise, it&rsquo;s going, big though it may be, sooner or later it is going to lose out, and, you know, you can&rsquo;t just make direct comparisons with the United States which is an equally big economy. The United States is one economy, you know, Europe is not in that happy state. Maybe a single market but you don&rsquo;t have to go too far to discover that some markets are more global than others and energy and values is a case in point where we all signed up to it in March and three months later you can see already that half of them are saying of course we must liberalise but not yet. So, I think there is an ideological battle there and I think Europe has got to, unless we make the reforms and, you know, some relation to labour market reforms, in relation to people&rsquo;s ability to trade, to open the process up, then, you know, we&rsquo;re going to get overtaken by these markets. It won&rsquo;t happen tomorrow, it won&rsquo;t happen next week, but it will happen.<\/em>\u00bb<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tAinsi, l&rsquo;Europe a un choix fondamental \u00e0 faire  si son \u00e9conomie ne se lib\u00e9ralise pas on signe un accord en mars (sur l&rsquo;\u00e9nergie) et six mois plus tard vous d\u00e9couvrez que la moiti\u00e9 des signataires disent que nous devons bien s\u00fbr lib\u00e9raliser mais pas tout de suite  Il y a une bataille id\u00e9ologique en cours Cela ne se fera pas demain, cela ne se fera pas la semaine prochaine mais cela se fera Nous avons compris: l&rsquo;Europe lib\u00e9ralis\u00e9e n&rsquo;est plus une r\u00e9alit\u00e9 qui attend impatiemment que le dernier r\u00e9fractaire (la France) se soumette mais une bataille id\u00e9ologique en cours o\u00f9 la victoire n&rsquo;est pas pour demain, dont le Chancelier Darling attend l&rsquo;issue heureuse comme les croyants attendent le Messie, pour le jour du Jugement Dernier.<\/p>\n<h3>Les Britanniques jusqu&rsquo;au bout<\/h3>\n<\/p>\n<p><p>\tLe croyant, le Crois\u00e9 du lib\u00e9ralisme est sur la d\u00e9fensive, ce qu&rsquo;il nous fait bien involontairement sentir avec sa rh\u00e9torique churchillienne, <em>circa<\/em> 1940 en attendant les amis d&rsquo;outre-Atlantique (\u00ab<em>It won&rsquo;t happen tomorrow, it won&rsquo;t happen next week, but it will happen.<\/em>\u00bb).  Il continue \u00e0 <a href=\"http:\/\/www.dedefensa.org\/article.php?art_id=4256\" class=\"gen\">se battre<\/a>, courageux comme la ch\u00e8vre de monsieur S\u00e9guin, le brave Alistair Darling. Le probl\u00e8me est que, cette fois, les cousins d&rsquo;outre-Atlantique ne seront pas au rende-vous. Eux qui sont d&rsquo;habitude la pr\u00e9tendue solution aux probl\u00e8mes britanniques, cette fois ils sont une partie importante du probl\u00e8me. (Darling le dit explicitement  mais s&rsquo;est-il avis\u00e9 de la signification de la chose ?  lorsqu&rsquo;il cite parmi les sacril\u00e8ges du n\u00e9o-protectionnisme l&rsquo;attitude US vis-\u00e0-vis de DPW dans l&rsquo;affaire des ports US : \u00ab<em>Or you can put the barriers up and, you know, whether it&rsquo;s stopping Dubai Ports taking over docks in the United States, or saying that Vietnam can&rsquo;t bring its shoes into Europe<\/em>\u00bb)<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tLe paradoxe de ce temps \u00e9trange est que la propagande britannique clame en g\u00e9n\u00e9ral que le monde entier (et l&rsquo;UE-sauf-la-France) est lib\u00e9ralis\u00e9e alors qu&rsquo;il semble bien aujourd&rsquo;hui qu&rsquo;il n&rsquo;y ait plus que le gouvernement britannique travailliste (avec la Commission europ\u00e9enne en d\u00e9route) pour l&rsquo;\u00eatre vraiment. Les Britanniques, dans leurs convulsions soi-disant machiav\u00e9liques et dans leur \u00e9tonnante conversion \u00e0 une attitude totalement id\u00e9ologique, repr\u00e9sentent les derniers repr\u00e9sentants d&rsquo;une \u00e9poque en voie tr\u00e8s rapide d&rsquo;extinction. Ils sont d\u00e9sormais les repr\u00e9sentants solitaires de l&rsquo;extr\u00eame fragilit\u00e9 d&rsquo;un syst\u00e8me qui s&rsquo;ab\u00eeme dans d&rsquo;horribles contradictions.<\/p>\n<\/p>\n<p><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>L&rsquo;irr\u00e9m\u00e9diable fragilit\u00e9 du syst\u00e8me Nous sommes dans un syst\u00e8me continu et absolu. Nous ne l&rsquo;avons pas voulu, ni m\u00eame choisi d&rsquo;ailleurs, nous nous sommes convaincus que nous y sommes. C&rsquo;est la force et la fragilit\u00e9 \u00e0 la fois de ce formidable ph\u00e9nom\u00e8ne qu&rsquo;est notre syst\u00e8me de se pr\u00e9senter comme n\u00e9cessaire, par cons\u00e9quent sans alternative possible.&hellip;&nbsp;<\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":0,"comment_status":"","ping_status":"","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"neve_meta_sidebar":"","neve_meta_container":"","neve_meta_enable_content_width":"","neve_meta_content_width":0,"neve_meta_title_alignment":"","neve_meta_author_avatar":"","neve_post_elements_order":"","neve_meta_disable_header":"","neve_meta_disable_footer":"","neve_meta_disable_title":"","_jetpack_memberships_contains_paid_content":false,"footnotes":""},"categories":[3],"tags":[4363,6819,5175,5133,5694,4035,6806,4590],"class_list":["post-69055","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-analyse","tag-capitalisme","tag-darling","tag-dpw","tag-dubai","tag-eu","tag-liberalisme","tag-neo-protectionnisme","tag-sarkozy"],"jetpack_featured_media_url":"","jetpack_sharing_enabled":true,"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/69055","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=69055"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/69055\/revisions"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=69055"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=69055"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=69055"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}