{"id":69160,"date":"2007-08-28T00:00:00","date_gmt":"2007-08-28T00:00:00","guid":{"rendered":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/2007\/08\/28\/dilemme-paradoxe-quiproquo-ambiguite\/"},"modified":"2007-08-28T00:00:00","modified_gmt":"2007-08-28T00:00:00","slug":"dilemme-paradoxe-quiproquo-ambiguite","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/2007\/08\/28\/dilemme-paradoxe-quiproquo-ambiguite\/","title":{"rendered":"Dilemme, paradoxe, quiproquo, ambigu\u00eft\u00e9\u2026"},"content":{"rendered":"<p><h2 class=\"titleset_a.deepblue\" style=\"color:#0f3955; font-size:2em\">Dilemme, paradoxe, quiproquo, ambigu\u00eft\u00e9&hellip;<\/h2>\n<\/p>\n<p><p>28 ao&ucirc;t 2007 &mdash; Sarko peut-il traiter les probl\u00e8mes structurels de la civilisation en place de la m\u00eame fa\u00e7on lorsque ces probl\u00e8mes se trouvent au c&oelig;ur d&rsquo;une crise et lorsqu&rsquo;ils se trouvent \u00e0 sa marge? Lorsqu&rsquo;ils se trouvent bien distingu\u00e9s et lorsqu&rsquo;ils se trouvent indistincts? Il a l&rsquo;air de croire que oui, ce qui est une position de tacticien persuad\u00e9 que la question strat\u00e9gique est r\u00e9solue. D&rsquo;o&ugrave; sa position d&rsquo;annonce tr\u00e8s dure <strong>sur<\/strong> la crise iranienne, et non pas n\u00e9cessairement et plus que pr\u00e9c\u00e9demment <strong>contre<\/strong> l&rsquo;Iran, &mdash; c&rsquo;est-\u00e0-dire un ton contrastant avec le ton chiraquien d&rsquo;effacement, &mdash; et nous parlons bien du ton, de la forme, et non du fond. La chose venant apr\u00e8s la visite anecdotique et ambigu\u00eb de Kouchner en Irak produit une impression, voulue ou pas, de d\u00e9placement de la France vers la politique belliciste des USA, &mdash; ou de mise en lumi\u00e8re de cette politique belliciste par la France c&rsquo;est selon. L&rsquo;un dans l&rsquo;autre, l&rsquo;impression devient <strong>interpr\u00e9tation<\/strong> puis \u00e9v\u00e9nement politique fondamental. L&rsquo;ensemble conduit \u00e0 un gros risque de confrontation, <em>volens nolens<\/em>.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>Ah oui, pr\u00e9cision pour que nous soyons bien d&rsquo;accord : il s&rsquo;agit d&rsquo;une confrontation <strong>avec les USA<\/strong>, bien entendu.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>Voici maintenant pour l&rsquo;interpr\u00e9tation, cette analyse tr\u00e8s explicite et assez juste quant \u00e0 la perception qu&rsquo;on en aura, essentiellement \u00e0 Washington. Le texte est de la gentille Elaine Sciolino, de l&rsquo;International <em>Herald Tribune<\/em> du <a class=\"gen\" href=\"http:\/\/www.iht.com\/articles\/2007\/08\/27\/europe\/france.php\">27 ao&ucirc;t<\/a> ; quelques paragraphes plus loin, description de l&rsquo;effarement du brave Fran\u00e7ois Heisbourg, peu habitu\u00e9 \u00e0 ces \u00e9carts de langage qu&rsquo;on n&rsquo;entend gu\u00e8re dans les s\u00e9minaires.<\/p>\n<\/p>\n<blockquote class=\"normal\" style=\"font-size:1.05em;\">\n<p><p>&laquo;<em>In his first major foreign policy speech as president of France, Nicolas Sarkozy said Monday that Iran could be attacked militarily if it did not live up to its international obligations to curb its nuclear program.<\/em><\/p>\n<\/p>\n<p><p>&raquo;<em>Addressing France&rsquo;s ambassadorial corps, Sarkozy stressed that such an outcome would be a disaster. He did not say that France would ever participate in military action against Iran or even tacitly support such an approach.<\/em><\/p>\n<\/p>\n<p><p>&raquo;<em>But the mere fact that he raised the specter of the use of force is likely to be perceived by Iran as a warning of the consequences of its continuing course of action and by the Bush administration as acceptance of its line that no option, including the use of force, can be excluded.<\/em><\/p>\n<\/p>\n<p><p>(&hellip;)<\/p>\n<\/p>\n<p><p>&raquo;<em>Although Sarkozy&rsquo;s aides said that French policy had not changed, some foreign policy experts were stunned by the blunt, if brief remark.<\/em><\/p>\n<\/p>\n<p><p>&raquo;<em>\u00ab\u00a0This came out of the blue,\u00a0\u00bb said Fran\u00e7ois Heisbourg, special adviser to the Foundation for Strategic Research in Paris and author of a forthcoming book on Iran&rsquo;s nuclear program. \u00ab\u00a0To actually say that if diplomacy fails the choice will be to accept a nuclear Iran or bomb Iran, this is a diplomatic blockbuster.\u00a0\u00bb<\/em>&raquo;<\/p>\n<\/p>\n<\/blockquote>\n<p><p>Sarko semble donc avoir appel\u00e9 un chat un chat et dit tout haut ce que tous les commentateurs divers et vari\u00e9s, libres et pas libres, \u00e9crivent absolument tous les jours depuis f\u00e9vrier 2005 (la premi\u00e8re annonce de Bush, \u00e0 Bruxelles, selon laquelle \u00ab\u00a0toutes les options [concernant l&rsquo;Iran] sont sur la table\u00a0\u00bb): la possibilit\u00e9 d&rsquo;une attaque contre l&rsquo;Iran. D&rsquo;autre part, il ne fait que proclamer l&rsquo;\u00e9vidence. C&rsquo;est une lapalissade d&rsquo;affirmer que si la diplomatie \u00e9choue, on en sera r\u00e9duit \u00e0 l&rsquo;alternative entre l&rsquo;acceptation du fait accompli (si l&rsquo;Iran produit vraiment une arme nucl\u00e9aire) et un bombardement de l&rsquo;Iran ; c&rsquo;est un point notable mais pas vraiment stup\u00e9fiant que Sarkozy juge cette alternative \u00ab\u00a0catastrophique\u00a0\u00bb. D&rsquo;ailleurs et \u00e0 la premi\u00e8re audition, la phrase terrible relev\u00e9e par Sciolino comme un fait fondamental ne vient que dans le troisi\u00e8me paragraphe du compte-rendu du <em>Monde<\/em> du <a class=\"gen\" href=\"http:\/\/www.lemonde.fr\/web\/article\/0,1-0@2-3224,36-947743@51-947771,0.html\">27 ao&ucirc;t<\/a>. Nous parlons bien d&rsquo;<strong>interpr\u00e9tations<\/strong>&hellip;<\/p>\n<\/p>\n<blockquote class=\"normal\" style=\"font-size:1.05em;\">\n<p><p>&laquo;<em>Le pr\u00e9sident fran\u00e7ais, qui s&rsquo;est entretenu le 11 ao&ucirc;t aux Etats-Unis avec George Bush, r\u00e9it\u00e8re \u00e0 propos de l&rsquo;Iran \u00ab\u00a0l&rsquo;enti\u00e8re d\u00e9termination de la France dans la d\u00e9marche actuelle\u00a0\u00bb des grandes puissances \u00ab\u00a0alliant sanctions croissantes, mais aussi ouverture, si l&rsquo;Iran fait le choix de respecter ses obligations\u00a0\u00bb en suspendant ses activit\u00e9s d&rsquo;enrichissement d&rsquo;uranium. \u00ab\u00a0Cette d\u00e9marche est la seule qui puisse nous permettre d&rsquo;\u00e9chapper \u00e0 une alternative catastrophique : la bombe iranienne ou le bombardement de l&rsquo;Iran\u00a0\u00bb.<\/em>&raquo;<\/p>\n<\/p>\n<\/blockquote>\n<p><p>Pour le reste, il y a beaucoup de choses dans ce discours, qui seront d\u00e9taill\u00e9es avec le temps et qui peuvent \u00eatre d&rsquo;ores et d\u00e9j\u00e0 mesur\u00e9es. (Nous en voyons <a class=\"gen\" href=\"http:\/\/www.dedefensa.org\/article.php?art_id=4365\">l&rsquo;une<\/a> ou <a class=\"gen\" href=\"http:\/\/www.dedefensa.org\/article.php?art_id=4366\">l&rsquo;autre<\/a> dans notre rubrique <em>Bloc-Notes<\/em> du jour.)<\/p>\n<\/p>\n<p><p>Restons-en \u00e0 l&rsquo;Iran pour ce cas puisque c&rsquo;est le choix que nous impose l&rsquo;imm\u00e9diat ; restons-en \u00e0 cette <strong>interpr\u00e9tation<\/strong> spectaculaire, ponctu\u00e9e par cette affirmation (juste) que<\/p>\n<\/p>\n<blockquote class=\"normal\" style=\"font-size:1.05em;\">\n<p><p>&laquo;<em>la crise autour de l&rsquo;Iran est \u00ab\u00a0sans doute la plus grave qui p\u00e8se sur l&rsquo;ordre international\u00a0\u00bb.<\/em>&raquo;&hellip;<\/p>\n<\/p>\n<\/blockquote>\n<p><p>La question, sur ce point, est tout de m\u00eame de savoir quelle sorte de crise. La crise iranienne est certes la crise conjoncturelle la plus grave, mais certainement pas une crise syst\u00e9mique comme il y a quelques-unes aujourd&rsquo;hui, crise en substance bien plus grave ; ou bien, si l&rsquo;on parle des relations Europe-USA au travers de cette crise iranienne, &mdash; alors, peut-\u00eatre oui, nous atteignons le niveau d&rsquo;une crise syst\u00e9mique, &mdash; ou bien, nous l&rsquo;atteindrons sous peu.<\/p>\n<\/p>\n<p><h3 class=\"subtitleset_b.deepblue\" style=\"color:#0f3955; font-size:1.65em; font-variant:small-caps\">Du peu d&rsquo;importance d&rsquo;\u00eatre anti- ou pro-am\u00e9ricain<\/h3>\n<\/p>\n<p><p>Le paradoxe du langage ferme et clair sur une question comme la crise iranienne est qu&rsquo;il g\u00e9n\u00e8re l&rsquo;ambigu\u00eft\u00e9, alimente le quiproquo et peut conduire au dilemme, &mdash; ce qui peut \u00eatre qualifi\u00e9 d&rsquo;effet paradoxal et nourrit toutes les interpr\u00e9tations. Les r\u00e9actions de la presse britannique sont exemplaire \u00e0 cet \u00e9gard. Le <em>Times<\/em> y voit un discours de guerre contre l&rsquo;Iran tandis que le <em>Financial Times<\/em> ne mentionne pas une <strong>seule<\/strong> fois le mot \u00ab\u00a0Iran\u00a0\u00bb dans son compte-rendu du discours.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>Sur l&rsquo;Europe, Sarko est \u00e0 l&rsquo;aise, comme il l&rsquo;a montr\u00e9 ces derniers mois. Il appuie ses fortes paroles et son action d\u00e9cid\u00e9e sur le principe de la nation fran\u00e7aise. Il traite les probl\u00e8mes structurels de la civilisation en place &mdash; la question de la souverainet\u00e9, la question de la globalisation ou de la supranationalit\u00e9 mettant en cause cette souverainet\u00e9 &mdash; en s&rsquo;appuyant sur l&rsquo;\u00e9vidence de la nation \u00e0 laquelle il a montr\u00e9 une grande sensibilit\u00e9. Ces probl\u00e8mes sont au c&oelig;ur du champ de son action. Le tacticien est \u00e0 l&rsquo;aise parce que la strat\u00e9gie est claire et \u00e9vidente.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>Sur l&rsquo;Iran, il se trouve dans une situation o&ugrave; les probl\u00e8mes structurels de la civilisation en place sont d\u00e9plac\u00e9s vers les marges de la crise, c&rsquo;est-\u00e0-dire mal identifi\u00e9s et incertains. Le tacticien reste plus que jamais partisan de sa m\u00e9thode mais la strat\u00e9gie est bien plus incertaine. En effet, pourquoi la France s&rsquo;oppose-t-elle \u00e0 un Iran nucl\u00e9aire? Pour sauvegarder le principe de la non-prolif\u00e9ration ou pour s&rsquo;opposer \u00e0 l&rsquo;accession de l&rsquo;Iran au rang de puissance nucl\u00e9aire alors que ce pays est entour\u00e9 de deux puissances nucl\u00e9aires (Isra\u00ebl et le Pakistan) et menac\u00e9 par une troisi\u00e8me (les USA)? La France n&rsquo;a-t-elle pas elle-m\u00eame une position bien ambigu\u00eb sur cette question du principe de la non-prolif\u00e9ration qu&rsquo;elle rejetait absolument lorsqu&rsquo;elle d\u00e9veloppa son propre armement nucl\u00e9aire, &mdash; lequel armement lui sert, c&rsquo;est une \u00e9vidence de grand poids, \u00e0 affirmer sa souverainet\u00e9 et son ind\u00e9pendance? L&rsquo;Iran ne peut-il affirmer sa souverainet\u00e9 et son ind\u00e9pendance de cette fa\u00e7on? Le tacticien est-il fix\u00e9 sur cette question de savoir si l&rsquo;Iran est un pays \u00ab\u00a0m\u00e9chant\u00a0\u00bb (l'\u00a0\u00bbaxe du mal\u00a0\u00bb)? Adopte-t-il dans ce cas la vision \u00ab\u00a0kouchn\u00e9rienne\u00a0\u00bb, moralo-humanitaire, ou la vision gaullienne qu&rsquo;il semble pr\u00f4ner dans le cadre europ\u00e9en?<\/p>\n<\/p>\n<p><p>Et que fera la France si, demain, les USA effectuent des attaques ponctuelles contre des bases de l&rsquo;IRGC (Gardiens de la R\u00e9volution Islamique), organisation class\u00e9e \u00ab\u00a0terroriste\u00a0\u00bb par ces m\u00eames USA et jug\u00e9e d&rsquo;une fa\u00e7on exp\u00e9ditive coupable d&rsquo;intervenir en Irak? Car, dans ce cas, les attaques se feraient selon le principe du \u00ab\u00a0droit de suite\u00a0\u00bb (transform\u00e9 en <a class=\"gen\" href=\"http:\/\/www.dedefensa.org\/article.php?art_id=4343\">\u00ab\u00a0devoir de suite\u00a0\u00bb<\/a> par la vertu am\u00e9ricaniste) ayant rapport avec la situation irakienne et non en raison du nucl\u00e9aire&hellip; Le langage clair et ferme du tacticien a soulev\u00e9 plus de questions qu&rsquo;il n&rsquo;a apport\u00e9 de r\u00e9ponses. C&rsquo;est effectivement que sa strat\u00e9gie reste incertaine. On ne peut affirmer &laquo;[u]<em>n Iran dot\u00e9 de l&rsquo;arme nucl\u00e9aire est pour moi inacceptable<\/em>&raquo; sans pr\u00e9ciser si c&rsquo;est une affirmation tactique (pour amener les Iraniens \u00e0 en rabattre) ou si c&rsquo;est une strat\u00e9gie (dans ce cas, \u00ab\u00a0le langage ferme et clair\u00a0\u00bb doit pr\u00e9ciser que dans le cas de \u00ab\u00a0l&rsquo;alternative catastrophique\u00a0\u00bb les avions fran\u00e7ais seront aux c\u00f4t\u00e9s des avions am\u00e9ricains, et peut-\u00eatre isra\u00e9liens, lors de l&rsquo;attaque de l&rsquo;Iran).<\/p>\n<\/p>\n<p><p>Car le probl\u00e8me, comme l&rsquo;a excellemment not\u00e9 Sciolino, c&rsquo;est que chacun entend le discours comme il veut. Le <em>Financial Times<\/em> en ignorant l&rsquo;aspect iranien, Dick Cheney \u00e0 la Maison-Blanche en n&rsquo;entendant que cela, et \u00e0 sa fa\u00e7on :<\/p>\n<\/p>\n<blockquote class=\"normal\" style=\"font-size:1.05em;\">\n<p><p>&laquo;<em>the mere fact that he raised the specter of the use of force is likely to be perceived by<\/em> [&hellip;] <em>the Bush administration as acceptance of its line that no option, including the use of force, can be excluded<\/em>&raquo;.<\/p>\n<\/p>\n<\/blockquote>\n<p><p>L&rsquo;attaque de l&rsquo;Iran est-elle une option d&rsquo;ores et d\u00e9j\u00e0 accept\u00e9e et devenue automatique en cas d&rsquo;\u00e9chec de la diplomatie? Non, puisque l&rsquo;instance internationale (l&rsquo;ONU) n&rsquo;en a m\u00eame pas d\u00e9battu. Or, nous dit Sarko, &laquo;<em>la France est et demeure hostile \u00e0 cette guerre<\/em>&raquo; (celle contre l&rsquo;Irak) parce qu&rsquo;elle fut lanc\u00e9e d&rsquo;une fa\u00e7on unilat\u00e9rale, hors du cadre de la l\u00e9galit\u00e9 internationale ; cela implique, selon cette bonne logique cart\u00e9sienne dont elle est friande, que la France reste ferme sur le principe de la l\u00e9galit\u00e9 internationale et qu&rsquo;elle n&rsquo;acceptera pas une attaque contre l&rsquo;Iran hors du cadre de l&rsquo;ONU.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>(Il ne faut jamais oublier que la France ne s&rsquo;est pas oppos\u00e9e \u00e0 l&rsquo;attaque de l&rsquo;Irak en tant que telle mais \u00e0 l&rsquo;attaque de l&rsquo;Irak sans autorisation de l&rsquo;ONU. Tout le monde sait que les Fran\u00e7ais avaient donn\u00e9 des garanties aux Anglo-Saxons : si la guerre \u00e9tait autoris\u00e9e par l&rsquo;ONU, la France y aurait particip\u00e9. Avoir fait de Chirac \u00e0 cette occasion un anti-am\u00e9ricain est l&rsquo;une des grandes blagues du d\u00e9but de notre si\u00e8cle. C&rsquo;\u00e9tait dans ce cas un l\u00e9galiste du droit international ; mais il se trouve qu&rsquo;adopter cette position vous conduit \u00e0 la confrontation avec les USA, <em>volens nolens<\/em>. C&rsquo;est le probl\u00e8me central, voyez-vous.)<\/p>\n<\/p>\n<p><p>&hellip; Et c&rsquo;est ainsi qu&rsquo;on en arrive au dilemme.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>Allons jusqu&rsquo;au bout de l&rsquo;hypoth\u00e8se qui est le pire des cas, celui o&ugrave; l&rsquo;option diplomatique est \u00e9puis\u00e9e. D&rsquo;abord, qui dira que cette option est \u00e9puis\u00e9e? Que fera la France si les USA lancent une attaque sans autorisation de l&rsquo;ONU? Que fera-t-elle si la question vient \u00e0 l&rsquo;ONU, si le principe de l&rsquo;attaque est rejet\u00e9e (les Chinois et les Russes ont un droit de veto), si les USA d\u00e9cident de se passer de l&rsquo;ONU, ce qui est tout de m\u00eame une sous-hypoth\u00e8se \u00e0 envisager? Car, apr\u00e8s un tel discours et surtout l&rsquo;<strong>interpr\u00e9tation<\/strong> qu&rsquo;en donneront les extr\u00e9mistes US, la France-Sarko sera plac\u00e9e par ses \u00ab\u00a0amis am\u00e9ricains\u00a0\u00bb devant le choix : soutenir l&rsquo;attaque, voire y participer, ou trahir \u00ab\u00a0sa parole\u00a0\u00bb, &mdash; une fois de plus, et d&rsquo;une fa\u00e7on pire encore que ce que fit la France-Chirac dans le cas de l&rsquo;Irak. Et comme \u00ab\u00a0la France c&rsquo;est la France\u00a0\u00bb, biologiquement incapable de se d\u00e9barrasser de ses r\u00e9flexes d&rsquo;ind\u00e9pendance et de souverainet\u00e9 dans le cadre du droit international&#8230;<\/p>\n<\/p>\n<p><p>Le tacticien sera au bout de son chemin, confront\u00e9 \u00e0 son ambigu\u00eft\u00e9 strat\u00e9gique, &mdash; non pas \u00e0 l&rsquo;\u00e9gard de l&rsquo;Iran mais \u00e0 l&rsquo;\u00e9gard des USA. Ne l&rsquo;accablons pas car ce n&rsquo;est pas nouveau. L&rsquo;ambigu\u00eft\u00e9 de la strat\u00e9gie fran\u00e7aise concerne bien la question des relations avec les USA. De ce point de vue, c&rsquo;\u00e9tait d\u00e9j\u00e0 le cas avec Chirac. Devant la difficult\u00e9 du cas, Chirac avait choisi de s&rsquo;endormir en attendant la fin de son mandat. Le tacticien Sarko a choisi le langage ferme et clair, &mdash; on ne pouvait douter de lui \u00e0 cet \u00e9gard. Avec cette annonce du discours et les effets de l&rsquo;annonce, Sarko nous confirme donc que la <strong>vraie<\/strong> crise syst\u00e9mique politique de notre temps, c&rsquo;est bien celle des relations avec les USA. Dans ce cadre et dans ces conditions, la crise iranienne devient syst\u00e9mique et entre effectivement dans la cat\u00e9gorie encombr\u00e9e de \u00ab\u00a0la plus grave crise qui p\u00e8se sur l&rsquo;ordre international\u00a0\u00bb. La diff\u00e9rence entre Sarko et Chirac, c&rsquo;est qu&rsquo;avec Sarko on risque d&rsquo;aller plus vite \u00e0 la crise syst\u00e9mique centrale des relations avec les USA ; amiti\u00e9 avec les USA ou pas, antiam\u00e9ricanisme ou pas.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>Alors, savoir si Sarko est anti- ou pro-am\u00e9ricain&hellip;<\/p><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Dilemme, paradoxe, quiproquo, ambigu\u00eft\u00e9&hellip; 28 ao&ucirc;t 2007 &mdash; Sarko peut-il traiter les probl\u00e8mes structurels de la civilisation en place de la m\u00eame fa\u00e7on lorsque ces probl\u00e8mes se trouvent au c&oelig;ur d&rsquo;une crise et lorsqu&rsquo;ils se trouvent \u00e0 sa marge? Lorsqu&rsquo;ils se trouvent bien distingu\u00e9s et lorsqu&rsquo;ils se trouvent indistincts? 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