{"id":69240,"date":"2007-09-19T00:00:00","date_gmt":"2007-09-19T00:00:00","guid":{"rendered":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/2007\/09\/19\/feuille-de-route-de-la-crise-iranienne\/"},"modified":"2007-09-19T00:00:00","modified_gmt":"2007-09-19T00:00:00","slug":"feuille-de-route-de-la-crise-iranienne","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/2007\/09\/19\/feuille-de-route-de-la-crise-iranienne\/","title":{"rendered":"\u201cFeuille de route\u201d de la crise iranienne"},"content":{"rendered":"<p><h2 class=\"titleset_a.deepblue\" style=\"color:#0f3955;font-size:2em;\">\u00ab\u00a0Feuille de route\u00a0\u00bb de la crise iranienne<\/h2>\n<\/p>\n<p><p>19 septembre 2007 &mdash; La crise iranienne a atteint ces derniers jours un nouveau paroxysme de la tension. (Il devrait y en avoir d&rsquo;autres, la crise iranienne connaissant un d\u00e9veloppement chaotique plus qu&rsquo;ordonn\u00e9.) Il s&rsquo;agit d&rsquo;un \u00ab\u00a0moment\u00a0\u00bb de la crise o&ugrave; l&rsquo;on peut distinguer un \u00ab\u00a0ordre de bataille\u00a0\u00bb plus pr\u00e9cis\u00e9ment \u00e9clair\u00e9. La radicalisation de la crise met un peu mieux en \u00e9vidence les positions des uns et des autres.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>Ci-dessous, quelques observations sur trois aspects de cette crise.<\/p>\n<\/p>\n<p><h3 class=\"subtitleset_b.deepblue\" style=\"color:#0f3955;font-size:1.65em;font-variant:small-caps;\">L&rsquo;orientation fran\u00e7aise: durcissement<\/h3>\n<\/p>\n<p><p>La position fran\u00e7aise est clairement <strong>per\u00e7ue<\/strong> comme un durcissement contre l&rsquo;Iran. On voit s&rsquo;accentuer l&rsquo;observation que nous faisions au <a class=\"gen\" href=\"http:\/\/www.dedefensa.org\/article.php?art_id=4364\">lendemain<\/a> du discours de Sarkozy du 27 ao&ucirc;t: &laquo;<em>Le paradoxe du langage ferme et clair sur une question comme la crise iranienne est qu&rsquo;il g\u00e9n\u00e8re l&rsquo;ambigu\u00eft\u00e9, alimente le quiproquo et peut conduire au dilemme, &mdash; ce qui peut \u00eatre qualifi\u00e9 d&rsquo;effet paradoxal et nourrit toutes les interpr\u00e9tations.<\/em>&raquo; L&rsquo;interpr\u00e9tation dominante est d&rsquo;ores et d\u00e9j\u00e0 que la France s&rsquo;aligne sur les USA, simplement parce qu&rsquo;elle a affirm\u00e9 de fa\u00e7on spectaculaire certains aspects de la crise ou de sa politique existant depuis d\u00e9j\u00e0 un certain temps. La tactique naturelle de Sarkozy (\u00ab\u00a0le langage ferme et clair\u00a0\u00bb) au niveau europ\u00e9en a donn\u00e9 des r\u00e9sultats qu&rsquo;on doit juger favorables, en lib\u00e9rant la France de certaines contraintes; la cause en est que la situation europ\u00e9enne est suffisamment claire pour permettre cela. Dans le cas de cette crise iranienne, avec l&rsquo;aide d&rsquo;un ministre des affaires \u00e9trang\u00e8res ennemi des vraies nuances et de l&rsquo;habilet\u00e9 discr\u00e8te, cette tactique produit un effet contraire; elle enferme la France dans des contraintes extr\u00eamement lourdes. Affirmer et r\u00e9affirmer que \u00ab\u00a0l&rsquo;arme nucl\u00e9aire iranienne est inacceptable\u00a0\u00bb est un acte politique inutile et risqu\u00e9 o&ugrave; l&rsquo;on risque des <a class=\"gen\" href=\"http:\/\/www.dedefensa.org\/article.php?art_id=4442\">d\u00e9mentis<\/a> f\u00e2cheux.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>Ce que nous sugg\u00e8re \u00e9galement cette crise (et aussi, parall\u00e8lement, \u00ab\u00a0la question de l&rsquo;OTAN\u00a0\u00bb comme l&rsquo;appelle <a class=\"gen\" href=\"http:\/\/www.dedefensa.org\/article.php?art_id=4397\">Hubert V\u00e9drine<\/a>), c&rsquo;est l&rsquo;hypoth\u00e8se d&rsquo;une situation plus large que le d\u00e9bat autour de la position politique du pr\u00e9sident de la R\u00e9publique, et renfor\u00e7ant ou suscitant cette position. On peut d\u00e9velopper cette hypoth\u00e8se autour de l&rsquo;id\u00e9e que la bureaucratie et l&rsquo;appareil de s\u00e9curit\u00e9 nationale fran\u00e7ais (affaires \u00e9trang\u00e8res, d\u00e9fense, renseignement) sembleraient pousser \u00e0 l&rsquo;application de ce qu&rsquo;on pourrait interpr\u00e9ter comme une politique \u00ab\u00a0occidentaliste\u00a0\u00bb se d\u00e9marquant de la politique gaulliste traditionnelle.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>Cet appareil de s\u00e9curit\u00e9 nationale n&rsquo;est plus brid\u00e9 par un Chirac qui avait choisi la passivit\u00e9 dans cette crise (au contraire de la crise libanaise o&ugrave; il \u00e9tait dans la m\u00eame position que les USA). Par \u00ab\u00a0politique occidentaliste\u00a0\u00bb, on entendrait une politique plus affirm\u00e9e, voire \u00e0 tendance implicitement agressive dans certains cas, une politique de pression tr\u00e8s ferme \u00e0 l&rsquo;\u00e9gard ou \u00e0 l&rsquo;encontre de pays non-occidentaux ou hors de la zone d&rsquo;influence occidentale. Pourtant, on insiste bien chez les Fran\u00e7ais: la politique iranienne actuelle reste une politique autonome dont la cons\u00e9quence est, pour ce cas, d&rsquo;\u00eatre aux c\u00f4t\u00e9s de Washington. Dans d&rsquo;autres cas, ce pourrait \u00eatre diff\u00e9rent.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>Cette affirmation est confirm\u00e9e d&rsquo;une certaine fa\u00e7on par l&#8217;embarras fran\u00e7ais lorsqu&rsquo;est \u00e9voqu\u00e9e la possibilit\u00e9 d&rsquo;une attaque US unilat\u00e9rale. Cet embarras mesure les limites d&rsquo;une politique fran\u00e7aise r\u00e9duite \u00e0 une tactique et enferm\u00e9e dans la rigidit\u00e9 du discours sarkozien. Ou bien, la r\u00e9ponse est de dire: justement, le renforcement du front occidental suscit\u00e9 par la France tend \u00e0 freiner Washington en lui \u00f4tant une raison de briser ce front par une initiative militaire. C&rsquo;est compter sans le maximalisme de l&rsquo;\u00e9quipe Bush et, surtout, le d\u00e9sordre washingtonien. Mais l&rsquo;id\u00e9e d&rsquo;un \u00ab\u00a0d\u00e9sordre washingtonien\u00a0\u00bb n&rsquo;est pas un facteur objectif \u00e0 consid\u00e9rer dans le cadre d&rsquo;une politique fran\u00e7aise dans la tradition du Quai, qui s&rsquo;en tient aux seules politiques officielles, qui r\u00e9pugne \u00e0 prendre en compte des dimensions irrationnelles ou extr\u00e9mistes de la politique US. C&rsquo;est l\u00e0 o&ugrave; le b\u00e2t blesse dans la nouvelle approche fran\u00e7aise. Au contraire de contr\u00f4ler le maximalisme irresponsable de Washington, elle a de vilaines chances (?) de s&rsquo;en retrouver prisonni\u00e8re. Que fera-t-on \u00e0 ce moment? La guerre aux c\u00f4t\u00e9s de l&rsquo;U.S. Air Force?<\/p>\n<\/p>\n<p><p>Il existe un \u00ab\u00a0climat\u00a0\u00bb dans cette bureaucratie fran\u00e7aise, qui tend vers la radicalisation, &mdash; comme si elle n&rsquo;attendait que cela avec l&rsquo;arriv\u00e9e de Sarkozy. Les termes employ\u00e9s en donnent l&rsquo;esprit. Constatant une forte division en Europe (l&rsquo;Italie, l&rsquo;Espagne et d&rsquo;autres, contre des sanctions renforc\u00e9es contre l&rsquo;Iran), une source diplomatique fran\u00e7aise commente : &laquo;<em>le parti munichois est tr\u00e8s fort en Europe.<\/em>&raquo; L&#8217;emploi presque automatique du terme \u00ab\u00a0munichois\u00a0\u00bb dans ce cas est significatif. La pens\u00e9e par slogans est-elle consid\u00e9r\u00e9e comme un progr\u00e8s de la m\u00e9thode diplomatique? Peu importe cette sorte de questions, on se trouve pour l&rsquo;instant dans l&rsquo;ivresse des choses soi-disant nouvelles et des rumeurs \u00e9galement enivrantes de r\u00e9forme (de l&rsquo;appareil diplomatique fran\u00e7ais comme de la politique).<\/p>\n<\/p>\n<p><p>En attendant, le \u00ab\u00a0durcissement\u00a0\u00bb fran\u00e7ais, essentiellement par affirmation et accentuation de fa\u00e7on tonitruante et dramatique d&rsquo;une politique d\u00e9j\u00e0 en place, a obtenu des r\u00e9sultats qui laissent \u00e0 penser: une image ternie et une influence en d\u00e9clin dans les pays dits du tiers-monde; un isolement grandissant en Europe o&ugrave; nombre de pays europ\u00e9ens (l&rsquo;Autriche, l&rsquo;Italie, l&rsquo;Espagne) sont hostiles \u00e0 l&rsquo;id\u00e9e de sanctions aggrav\u00e9es (alors que les Fran\u00e7ais voudraient en faire une politique de l&rsquo;UE). La France pourrait-elle r\u00e9ussir cet \u00e9trange exploit d&rsquo;avoir \u00e9t\u00e9 minoritaire en Europe en 2003 pour s&rsquo;\u00eatre oppos\u00e9e \u00e0 la guerre US en Irak et de se retrouver minoritaire en Europe en 2007 pour se trouver sur la m\u00eame ligne que les USA contre l&rsquo;Iran? Dans ce cas, la politique iranienne de la France, avec ses effets \u00ab\u00a0collat\u00e9raux\u00a0\u00bb, d\u00e9force une politique europ\u00e9enne de la France qui a produit jusqu&rsquo;ici des effets favorables. Il faut savoir choisir ses priorit\u00e9s et distinguer les connexions entre elles.<\/p>\n<\/p>\n<p><h3 class=\"subtitleset_b.deepblue\" style=\"color:#0f3955;font-size:1.65em;font-variant:small-caps;\">La Russie en position de force<\/h3>\n<\/p>\n<p><p>Parmi les divers pays en lice, on observe avec int\u00e9r\u00eat la position russe. Une source diplomatique fran\u00e7aise met en \u00e9vidence le r\u00f4le de la Russie: &laquo;<em>Les Russes freinent au maximum. Ils ont une attitude politique forte, au contraire des Chinois dont la motivation est surtout commerciale. Leur jeu est clair dans cette crise. Il y a certes le cas iranien, mais il y a aussi la volont\u00e9 \u00e9vidente de nous faire payer diverses affaires, de l&rsquo;humiliation g\u00e9n\u00e9rale subie dans les ann\u00e9es 1990 \u00e0 l&rsquo;affaire des anti-missiles US en Europe. Dans cette crise iranienne, la Russie ne laissera pas faire<\/em>.&raquo;<\/p>\n<\/p>\n<p><p>Devant cette situation, une r\u00e9action est de temporiser, notamment en disant: attendons le d\u00e9part de Poutine, les Russes reviendront \u00e0 de meilleurs sentiments. Notre source en doute grandement : &laquo;<em>Ce n&rsquo;est pas une politique Poutine, c&rsquo;est une politique russe. Les Russes veulent nous faire payer les humiliations qu&rsquo;ils ont subies. Ils veulent bloquer la politique de Washington. La Russie est un acteur strat\u00e9gique majeur, qui tient beaucoup de cartes en main.<\/em>&raquo;<\/p>\n<\/p>\n<p><p>Nous aurions tendance \u00e0 accepter cette interpr\u00e9tation. Nous remarquons surtout que la Russie est le seul acteur qui, dans la crise iranienne, a une vision globale de la crise, plus large que le seul Iran. Pour elle, la crise iranienne ne peut se r\u00e9sumer \u00e0 l&rsquo;Iran. La crise englobe la r\u00e9gion et tous les acteurs politiques dans cette r\u00e9gion et autour, ce qui \u00e9largit l&rsquo;\u00e9valuation au champ global. La Russie estime ainsi que c&rsquo;est aussi la politique maximaliste US qui est en cause et qu&rsquo;alors il faut parler du reste, notamment des anti-missiles US en Europe.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>Il ne faut pas \u00e9carter la possibilit\u00e9 que la Russie, pour renforcer sa position actuelle dans la crise iranienne, d\u00e9cide de r\u00e9activer la crise des anti-missiles en Europe. Cela mettrait en \u00e9vidence de graves divisions transatlantiques et europ\u00e9ennes (un nombre important de partis socialistes de pays de l&rsquo;UE, celui de l&rsquo;Allemagne et ceux de pays du centre et de l&rsquo;Est dans l&rsquo;UE, viennent d&rsquo;adopter une position commune hostile au syst\u00e8me anti-missiles US). Le \u00ab\u00a0front occidental\u00a0\u00bb est diablement fragile dans ce cas, avec plusieurs gouvernements menac\u00e9s par leur situation parlementaire. R\u00e9p\u00e9tons notre observation d&rsquo;une autre fa\u00e7on: la Russie est, dans la crise iranienne, le seul pays h\u00e9ritier de la m\u00e9thode gaulliste de consid\u00e9rer les crises dans leur cadre global, &mdash; autant pour la France, qui a abdiqu\u00e9 cette m\u00e9thode dans cette crise en faisant sa strat\u00e9gie d&rsquo;une tactique (durcissement diplomatique pour obtenir un recul iranien).<\/p>\n<\/p>\n<p><p>La \u00ab\u00a0nouvelle\u00a0\u00bb position fran\u00e7aise est \u00e9galement caract\u00e9ris\u00e9e par la russophobie de l&rsquo;appareil de s\u00e9curit\u00e9 nationale fran\u00e7ais, attitude aussi novatrice que la r\u00e9f\u00e9rence au KGB et \u00e0 la Guerre froide, &mdash; on a la nouveaut\u00e9 qu&rsquo;on peut. Vous retrouvez cette russophobie m\u00eame chez les jeunes bureaucrates du Quai, comme si l&rsquo;enseignement \u00e9tait dispens\u00e9 \u00e0 l&rsquo;ENA par des strat\u00e8ges anti-sovi\u00e9tiques des ann\u00e9es 1960. Les Russes ont compris cela. Ils font jouer leurs habituelles tracasseries, elles aussi h\u00e9rit\u00e9es du bon vieux temps, &mdash; Guerre froide contre Guerre froide. Ainsi, on a repris les contr\u00f4les d&rsquo;identit\u00e9 tatillons du personnel de l&rsquo;ambassade de France \u00e0 Moscou.<\/p>\n<\/p>\n<p><h3 class=\"subtitleset_b.deepblue\" style=\"color:#0f3955;font-size:1.65em;font-variant:small-caps;\">Position autonome des institutions internationales<\/h3>\n<\/p>\n<p><p>Les institutions internationales tendent de plus en plus \u00e0 avoir une politique autonome des puissances (essentiellement occidentales) qui m\u00e8nent la politique de \u00ab\u00a0n\u00e9gociations-pressions\u00a0\u00bb avec l&rsquo;Iran. C&rsquo;est le cas d&rsquo;ElBaradei, directeur de l&rsquo;AIEA, qui fait l&rsquo;objet d&rsquo;une suspicion g\u00e9n\u00e9ralis\u00e9e des Occidentaux (&laquo;<em>Il a un jeu trouble<\/em>&raquo;, dit une source diplomatique fran\u00e7aise, l&rsquo;air entendu). D&rsquo;une certaine fa\u00e7on, on pourrait consid\u00e9rer que la position d&rsquo;ElBaradei, qui n&rsquo;adopte pas une attitude n\u00e9cessairement agressive contre l&rsquo;Iran, compense largement la position intrins\u00e8quement et hypocritement anti-iranienne du \u00ab\u00a0front occidental\u00a0\u00bb, fond\u00e9e sur le sophisme d&rsquo;exiger de l&rsquo;Iran ce qu&rsquo;on se garde bien de demander \u00e0 Isra\u00ebl et au Pakistan. D&rsquo;autre part ElBaradei tient une carte ma&icirc;tresse : il est l&rsquo;homme-clef de la n\u00e9gociation. Sans lui, tout contact s\u00e9rieux est perdu avec T\u00e9h\u00e9ran, ce que ne veut pas le \u00ab\u00a0front occidental\u00a0\u00bb (contrairement aux extr\u00e9mistes de Washington).<\/p>\n<\/p>\n<p><p>Il est notable qu&rsquo;ElBaradei est soutenu \u00e0 fond par l&rsquo;ONU, qui fait une attaque indirecte contre le \u00ab\u00a0front occidentaliste\u00a0\u00bb en l&rsquo;accusant de risquer une perte de contr\u00f4le conduisant \u00e0 la guerre. C&rsquo;est ce qu&rsquo;observe le <em>Guardian<\/em> <a class=\"gen\" href=\"http:\/\/www.guardian.co.uk\/international\/story\/0,,2171395,00.html\">d&rsquo;hier<\/a>.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>&laquo;<em>The UN&rsquo;s chief nuclear weapons inspector yesterday warned against the use of force against Iran, in what UN officials said was an attempt to halt an \u00ab\u00a0out of control\u00a0\u00bb drift to war.<\/em><\/p>\n<\/p>\n<p><p>&raquo;<em>His outspoken remarks, which drew a parallel between Iran and Iraq, appeared to take aim at the US and Britain. They followed comments on Sunday night by the French foreign minister, Bernard Kouchner, who said: \u00ab\u00a0We have to prepare for the worst,\u00a0\u00bb adding \u00ab\u00a0the worst is war\u00a0\u00bb.<\/em><\/p>\n<\/p>\n<p><p>&raquo;<em>\u00ab\u00a0I would not talk about any use of force,\u00a0\u00bb Mohamed ElBaradei told reporters at the International Atomic Energy Agency headquarters in Vienna. \u00ab\u00a0There are rules on how to use force, and I would hope that everybody would have gotten the lesson after the Iraq situation, where 700,000 innocent civilians have lost their lives on the suspicion that a country has nuclear weapons.\u00a0\u00bb<\/em>&raquo;<\/p>\n<\/p>\n<p><p>(Appendice \u00e0 la situation \u00ab\u00a0hors de contr\u00f4le\u00a0\u00bb mentionn\u00e9e dans l&rsquo;extrait, \u00e0 propos de la d\u00e9claration de Kouchner, par un commentaire britannique refl\u00e9tant une politique britannique plut\u00f4t mesur\u00e9e, paradoxalement plus mesur\u00e9e que la fran\u00e7aise: &laquo;<em>A British official said yesterday that when the French foreign minister had raised the spectre of a conflict, he was \u00ab\u00a0stating the obvious\u00a0\u00bb. \u00ab\u00a0The worst case scenario is a war with Iran, but meanwhile we are seeking a diplomatic solution,\u00a0\u00bb the official said.<\/em>&raquo;)<\/p>\n<\/p>\n<p><h3 class=\"subtitleset_b.deepblue\" style=\"color:#0f3955;font-size:1.65em;font-variant:small-caps;\">En conclusion<\/h3>\n<\/p>\n<p><p>Malgr\u00e9 les apparences, la crise iranienne s&rsquo;est remarquablement diversifi\u00e9e. Elle comprend divers risques et inconnues. Nous aurions tendance \u00e0 retenir trois remarques.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>&bull; La France a modifi\u00e9 son approche au nom d&rsquo;une logique de fermet\u00e9 diplomatique. C&rsquo;est une curieuse \u00e9volution dans un temps o&ugrave; l&rsquo;on trouve partout des p\u00e9tards pr\u00eats \u00e0 exploser en conflits nucl\u00e9aires et o&ugrave; ce qui importerait, ce serait plut\u00f4t l&rsquo;habilet\u00e9 et la nuance diplomatiques. Pour autant, les Fran\u00e7ais refusent l&rsquo;accusation d&rsquo;alignement sur Washington. Ils mettent en place une m\u00e9canique contradictoire qui peut les conduire \u00e0 des graves d\u00e9boires, voire des affrontements avec d&rsquo;autres acteurs de la crise, y compris et paradoxalement avec les USA. (Les USA, eux, devraient consid\u00e9rer la position fran\u00e7aise comme un ralliement et \u00eatre inclin\u00e9s \u00e0 en user \u00e0 leur guise dans tous les cas, comme ils ont l&rsquo;habitude avec leurs \u00ab\u00a0alli\u00e9s\u00a0\u00bb [se renseigner aupr\u00e8s de Blair]. Cette sorte de perspective rec\u00e8le toutes les possibilit\u00e9s de heurt du monde.) Le constat amus\u00e9 qu&rsquo;on pourrait faire est que cette phase ressemble \u00e0 une sorte de purge; peut-\u00eatre cela fait-il trop longtemps que la diplomatie fran\u00e7aise r\u00eave d&rsquo;\u00eatre aux c\u00f4t\u00e9s des Am\u00e9ricains? Alors, il lui faut go&ucirc;ter \u00e0 la chose (\u00ab\u00a0sans \u00eatre align\u00e9e\u00a0\u00bb); c&rsquo;est une sorte de \u00ab\u00a0le Quai s&rsquo;ennuie\u00a0\u00bb (comme Viansson-Pont\u00e9 titrait &laquo;<em>La France s&rsquo;ennuie<\/em>&raquo; dans <em>Le Monde<\/em> de mars 1968), &mdash; qui vaut d&rsquo;ailleurs pour le domaine de la d\u00e9fense et des militaires \u00e9toil\u00e9s \u00e9galement. Il n&rsquo;est pas s&ucirc;r que cela dure plus que mai 68.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>&bull; Il y a deux approches de la crise iranienne \u00ab\u00a0\u00e0 l&rsquo;Ouest\u00a0\u00bb. L&rsquo;approche diplomatique qui concerne le seul probl\u00e8me du nucl\u00e9aire iranien est celle des Europ\u00e9ens (avec un doute pour les Britanniques qui ont des int\u00e9r\u00eats directs en Irak et les relations sp\u00e9ciales qu&rsquo;on sait avec les USA). Les USA consid\u00e8rent aujourd&rsquo;hui la crise iranienne plus en fonction de la crise irakienne qu&rsquo;en fonction du reste. Peut-\u00eatre les Fran\u00e7ais ont-ils \u00e9t\u00e9 inform\u00e9s ici ou l\u00e0, entre la poire et le fromage (Sarko lors de son d\u00e9jeuner d&rsquo;ao&ucirc;t avec GW), des intentions US dans la crise, notamment des intentions d&rsquo;attaque; mais ils devraient savoir, ces dirigeants fran\u00e7ais, que ces projets d&rsquo;attaque sont le quotidien de la r\u00e9v\u00e9lation m\u00e9diatique US depuis deux ans et que, surtout, une d\u00e9cision US serait directement connect\u00e9e aux \u00e9v\u00e9nements en Irak, &mdash; et alors, quel rapport direct avec les n\u00e9gociations sur le nucl\u00e9aire iranien? Cette diff\u00e9rence de perspective va peser d&rsquo;un poids de plus en plus lourd. Elle peut conduire \u00e0 des divergences dans des moments tr\u00e8s graves.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>&bull; Enferm\u00e9s dans une vision \u00e9troite de cette crise, sans la dimension globale et strat\u00e9gique qui importe, les Europ\u00e9ens se sont montr\u00e9s inattentifs aux d\u00e9g\u00e2ts \u00ab\u00a0collat\u00e9raux\u00a0\u00bb qu&rsquo;ils causent. Ils vont pourtant devoir s&rsquo;apercevoir qu&rsquo;ils ont un front Est fragile. Les Russes ne feront pas de cadeau, surtout aux Europ\u00e9ens de l&rsquo;UE dont ils n&rsquo;appr\u00e9cient pas les pressions politiques pour cause d&rsquo;humanitarisme et d&rsquo;exacerbation des passions des pays de l&rsquo;Est de l&rsquo;UE, &mdash; et ils ont beaucoup d&rsquo;imagination en ce moment. Comme on l&rsquo;a dit, ils peuvent r\u00e9activer des crises mena\u00e7ant la coh\u00e9sion transatlantique, voire intra-europ\u00e9enne (les anti-missiles). Ils ont l&rsquo;arme \u00e9nerg\u00e9tique, \u00e0 laquelle sont soumis nombre d&rsquo;Europ\u00e9ens. Les Russes ont beaucoup d&rsquo;atouts pour sortir comme les grands gagnants de cette crise (si sortie il y a), notamment parce qu&rsquo;ils ont la politique la plus ind\u00e9pendante et la plus souveraine en l&rsquo;occurrence.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>Les Fran\u00e7ais pr\u00f4nent depuis quelques ann\u00e9es le constat et la n\u00e9cessit\u00e9 d&rsquo;un monde multipolaire (Sarko le <a class=\"gen\" href=\"http:\/\/www.dedefensa.org\/article.php?art_id=4364\">27 ao&ucirc;t<\/a> apr\u00e8s Chirac). Ils l&rsquo;ont, aujourd&rsquo;hui, beaucoup plus qu&rsquo;ils ne pouvaient l&rsquo;esp\u00e9rer. Le triste paradoxe est que cette multipolarit\u00e9 qui devait et doit favoriser la France n&rsquo;est nullement exploit\u00e9e \u00e0 son avantage; la contradiction non moins attristante est que les Fran\u00e7ais semblent parfois croire qu&rsquo;une certaine forme d&rsquo;unipolarit\u00e9 (l&rsquo;unipolarit\u00e9 de l&rsquo;arrogance occidentale) peut encore survivre au sein de la multipolari\u00e9. A terme tr\u00e8s rapide, car les choses vont vite, ils devront tirer ou payer les cons\u00e9quences de cette conception.<\/p><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>\u00ab\u00a0Feuille de route\u00a0\u00bb de la crise iranienne 19 septembre 2007 &mdash; La crise iranienne a atteint ces derniers jours un nouveau paroxysme de la tension. (Il devrait y en avoir d&rsquo;autres, la crise iranienne connaissant un d\u00e9veloppement chaotique plus qu&rsquo;ordonn\u00e9.) Il s&rsquo;agit d&rsquo;un \u00ab\u00a0moment\u00a0\u00bb de la crise o&ugrave; l&rsquo;on peut distinguer un \u00ab\u00a0ordre de bataille\u00a0\u00bb&hellip;&nbsp;<\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":0,"comment_status":"","ping_status":"","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"neve_meta_sidebar":"","neve_meta_container":"","neve_meta_enable_content_width":"","neve_meta_content_width":0,"neve_meta_title_alignment":"","neve_meta_author_avatar":"","neve_post_elements_order":"","neve_meta_disable_header":"","neve_meta_disable_footer":"","neve_meta_disable_title":"","_jetpack_memberships_contains_paid_content":false,"footnotes":""},"categories":[3],"tags":[7057,3228,6771,2687,2773,2730,4590],"class_list":["post-69240","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-analyse","tag-aiea","tag-crise","tag-elbaradei","tag-france","tag-iran","tag-russie","tag-sarkozy"],"jetpack_featured_media_url":"","jetpack_sharing_enabled":true,"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/69240","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=69240"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/69240\/revisions"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=69240"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=69240"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=69240"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}